NATO - North Atlantic Treaty Organisation

Les relations entre l’OTAN et ses partenaires du monde entier

L’OTAN coopère, sur une base individuelle, avec un certain nombre de pays partenaires qui ne font pas partie de ses autres cadres de partenariat (c’est-à-dire le Conseil de partenariat euro-atlantique/Partenariat pour la paix, le Dialogue méditerranéen et l’Initiative de coopération d’Istanbul). Officiellement désignés comme les “partenaires du monde entier ” – mais souvent, plus simplement, comme les “partenaires mondiaux” – il s’agit de l’Australie, du Japon, de la République de Corée, de la Nouvelle-Zélande, du Pakistan, de l’Iraq, de l’Afghanistan et de la Mongolie.

Ces pays développent une coopération avec l’OTAN dans des domaines d’intérêt mutuel, et notamment les défis de sécurité émergents, et certains d’entre eux contribuent activement à des opérations de l’OTAN, soit militairement soit sous une autre forme. Chaque partenaire mondial choisit les domaines dans lesquels il souhaite coopérer avec l’OTAN, ainsi que l’étendue de cette coopération, dans un esprit d’avantages mutuels et de réciprocité.

Au cours des dernières années, l’OTAN a développé des relations bilatérales avec chacun de ces pays. Les partenaires mondiaux ont désormais le même accès que tous les autres partenaires aux activités de partenariat. Les activités vont des opérations et des exercices conjoints au renforcement de la formation au niveau stratégique, à l’information, au renseignement et aux échanges technologiques.

L’importance d’une ouverture en direction de pays et d’organisations dans le monde a été soulignée par le Concept stratégique adopté au sommet de Lisbonne en novembre 2010. À Lisbonne,  en effet, les dirigeants des pays alliés ont exprimé leur intention, dans le cadre d’un effort ciblé de réforme de la politique de partenariats de l’OTAN, de mieux interagir avec les partenaires mondiaux qui apportent une contribution importante à la sécurité. Conformément aux décisions prises à Lisbonne, une nouvelle politique de partenariat a été entérinée par les ministres des Affaires étrangères à leur réunion de Berlin, en avril 2011.

La nouvelle politique traitera tous les partenaires sur un pied d’égalité et leur offrira la même base de coopération et de dialogue. Par ailleurs, il existe désormais de plus nombreuses possibilités de tenir des réunions dans des configurations assouplies, permettant aux pays de l’OTAN et aux partenaires de se retrouver dans les cadres de partenariat existants et au delà, ainsi qu’avec d’autres pays avec lesquels l’OTAN pourrait ne pas avoir de programme bilatéral de coopération. Une réunion de ce type s’est ainsi tenue en septembre 2011 au siège de l’OTAN pour étudier la question de la lutte contre la piraterie, avec la participation de représentants de 47 pays et organisations engagés dans des opérations de lutte contre la piraterie dans l’océan Indien. D’autres réunions du même ordre se sont tenues en vue de consulter les partenaires sur différentes questions, comme le partenariat ou la lutte antidrogue en Afghanistan.

  • Soutien des opérations dirigées par l’OTAN

    Les contributions significatives des parten aires du monde entier aux opérations dirigées par l’OTAN ont eu une incidence directe et bénéfique pour la paix et la sécurité au niveau international.
    Dans les Balkans, les forces argentines et chiliennes ont travaillé aux côtés de l’Alliance pour assurer la sécurité en Bosnie Herzégovine. Au Kosovo, l’Argentine a aidé le personnel de l’OTAN à apporter une aide médicale et sociale à la population, et coopère depuis 1999 à la mise en œuvre des accords de paix.

    En Afghanistan, un certain nombre de partenaires mondiaux comme l’Australie, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, travaillent aux côtés des Alliés dans le cadre de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS). D’autres pays, comme le Japon, soutiennent les efforts de stabilisation de la FIAS en Afghanistan sans pour autant participer militairement, mais en finançant un grand nombre de projets de développement et en envoyant des officiers de liaison.

    Le soutien du Pakistan aux efforts déployés par l’OTAN et la communauté internationale en Afghanistan demeure essentiel au succès de la mission de l’Alliance, malgré les diverses difficultés rencontrées au cours des derniers mois. L’OTAN demeure résolue à participer et à coopérer avec le Pakistan, en vue d’obtenir son soutien à la stabilisation de l’Afghanistan.

    La participation des pays partenaires aux opérations de soutien de la paix dirigées par l’OTAN est régie par le Cadre politico-militaire, qui a été élaboré pour les opérations du Partenariat pour la paix (PPP) dirigées par l’OTAN. Ce cadre prévoit l’association des pays contributeurs à la planification et à la constitution de forces par l'intermédiaire du Centre de coordination internationale établi au Commandement allié Opérations. Faisant fond sur les enseignements tirés et renforçant les habitudes de coopération établies dans le cadre de la KFOR et de la FIAS, les Alliés ont décidé, au sommet de Lisbonne, en 2010, de réexaminer le cadre politico-militaire, afin d’actualiser la manière dont l’OTAN coopère avec les pays partenaires et élabore avec eux les décisions concernant les opérations et les missions auxquelles ils contribuent.

    En règle générale, les forces des partenaires mondiaux qui participent aux opérations sont soumises aux mêmes conditions que les forces des pays de l'OTAN. Cela signifie que ces pays sont associés au processus décisionnel, par le biais de leur participation aux travaux des comités et du détachement d’officiers de liaison dans les quartiers généraux opérationnels ou auprès du SHAPE. Ces forces opèrent souvent sous le commandement direct du commandant opérationnel, qui donne ses ordres par l’intermédiaire des quartiers généraux des divisions multinationales. Le Conseil tient des réunions périodiques, aux niveaux des ambassadeurs, des ministres et des chefs d’État et de gouvernement, pour un examen et un débat sur les opérations. La réunion sur la FIAS qui aura pour cadre le sommet de Chicago, en mai 2012, en est un exemple.

  • Évolution des relations

    L’OTAN entretient depuis les années 1990, sur une base ad hoc, un dialogue avec des pays qui ne sont pas membres de ses cadres formels de partenariat. Toutefois, l’intervention de l’OTAN en dehors de sa région immédiate – notamment en Afghanistan et en Libye – a accru la nécessité et la possibilité d’une interaction renforcée au niveau mondial. Il apparaît clairement que l’émergence de menaces mondiales exige la coopération d’une gamme élargie de pays pour faire face avec succès aux défis tels que le terrorisme, la prolifération, la piraterie ou les cyberattaques. Le dialogue avec ces pays peut aussi aider l’OTAN à éviter des crises et, le cas échéant, à gérer une opération pendant toutes ses phases.

    Depuis 1998, et conformément à un ensemble de lignes directrices générales sur les relations avec les pays alors désignés sous l’appellation de “pays de contact”, l’OTAN a invité des pays de diverses régions du monde à participer à ses activités, ateliers, exercices et conférences. Cette décision a marqué un changement de politique pour l’Alliance, permettant à ces  pays d’avoir accès, avec l’approbation au cas par cas du Conseil, aux activités proposées dans le cadre des partenariats structurés de l’OTAN.

    Des mesures significatives ont été prises au sommet de Riga, en 2006, pour renforcer la pertinence opérationnelle de la coopération que l'OTAN entretient tant avec les pays associés à ses cadres de partenariat structurés qu'avec d'autres partenaires du monde entier. Ces mesures ont été renforcées par les décisions prises au sommet de Bucarest, en 2008, qui ont défini un ensemble d’objectifs pour ces relations et créé des mécanismes pour un renforcement du dialogue politique, avec notamment des réunions du Conseil de l’Atlantique Nord avec les ministres des pays concernés, des pourparlers de haut niveau et des réunions avec les ambassadeurs. En outre, des programmes de travail annuels (alors appelés paquets individuels et adaptés d’activités en coopération) ont été développés plus avant.

    Au sommet de Lisbonne, en 2010, les Alliés étaient convenus d’élaborer, avant la réunion des ministres des Affaires étrangères qui s’est tenue en avril 2011 à Berlin, une politique de partenariat plus efficace et plus souple. À cet effet, ils ont décidé:

    • de rationaliser les outils de partenariat de l'OTAN afin d'ouvrir l'ensemble des activités et des exercices de coopération aux partenaires et d’harmoniser les programmes de partenariat; 
    • de mieux interagir avec les partenaires du monde entier qui apportent une contribution importante à la sécurité, et de s’ouvrir aux partenaires pertinents afin de renforcer la confiance, d'accroître la transparence et de développer la coopération pratique; 
    • d’établir des formules souples permettant d’examiner les défis de sécurité avec les partenaires et renforcer les forums de dialogue politique existants; et 
    • de tirer profit des améliorations apportées aux mécanismes OTAN de formation  et de réfléchir aux moyens d’accroître l’aptitude des divers partenaires à renforcer leurs capacités.

    Dans le cadre de ses activités d’ouverture en direction de pays et d’organisations qui, dans le monde entier, partagent l'intérêt de l'Alliance pour des relations internationales pacifiques, l’OTAN cherche aussi à développer son dialogue avec des pays qui n’ont pas établi avec elle de programmes formels de coopération bilatérale. Il s’agit notamment de la Chine, de l’Inde, de Singapour, de l’Indonésie, de la Malaisie et de la Colombie.

Mis à jour le: 15-May-2012 13:47