En 2010, au travers de son concept stratégique, l'OTAN a pris acte de ce que le degré de sophistication croissant des cyberattaques imposait qu'elle s'attelle d'urgence à la protection de ses systèmes d'information et de communication si elle entendait préserver sa sécurité.
Le 8 juin 2011, les ministres de la Défense des pays de l'OTAN ont approuvé une nouvelle version de la politique de cyberdéfense, qui énonce une vision claire des efforts à mener en matière de cyberdéfense dans l'ensemble de l'Alliance, ainsi qu'un plan d'action connexe pour sa mise en œuvre. En octobre 2011, les ministres ont approuvé les détails du plan d'action.
Cette nouvelle version de la politique propose une approche coordonnée de la cyberdéfense dans l'ensemble de l'OTAN et met l'accent sur la prévention des cyberattaques et sur le développement de la résilience. Toutes les structures de l'OTAN seront placées sous un dispositif de protection centralisé, et de nouvelles règles seront appliquées en matière de cyberdéfense. La politique précise les mécanismes politiques et opérationnels de la réponse de l'Organisation aux cyberattaques, et elle intègre la cyberdéfense dans le processus de planification de défense de l'OTAN. Elle définit en outre les modalités selon lesquelles l'OTAN apportera aux Alliés qui en auront fait la demande une aide dans leurs initiatives de cyberdéfense, le but étant d'optimiser l'échange d'informations et la connaissance de la situation, ainsi que la collaboration et l'interopérabilité sécurisée à partir de normes OTAN agréées. Enfin, cette politique énonce les principes de la coopération, dans le domaine de la cyberdéfense, de l'OTAN avec les pays partenaires, les organisations internationales, le secteur privé et le monde universitaire.
En février 2012, un marché d'une valeur de 58 millions d'euros a été attribué en vue de l'établissement d'une capacité OTAN de réaction aux incidents informatiques (NCIRC), qui devrait être pleinement opérationnelle d'ici fin 2012. Une Cellule de veille cybernétique, dont le rôle sera de renforcer le partage du renseignement et la connaissance de la situation, est également sur le point d'être mise en place.
En mai 2012, au sommet de Chicago, les chefs d'État et de gouvernement ont réaffirmé qu'ils étaient déterminés à renforcer les moyens de cyberdéfense de l'Alliance en plaçant tous les réseaux de l'OTAN sous un dispositif centralisé de protection et en mettant en œuvre les éléments essentiels de la capacité opérationnelle totale de la NCIRC d'ici fin 2012.
Le 1er juillet 2012, dans le cadre de la réforme des agences – qui s’inscrit dans le processus actuel de réforme de l'OTAN –, l'Agence OTAN d’information et de communication (NCIA) a été créée. Cette agence facilitera les choses pour ce qui est de placer tous les organismes OTAN sous une protection centralisée, et elle offrira des avantages opérationnels importants et permettra de réaliser des économies à long terme.
