NATO - North Atlantic Treaty Organisation

L'OTAN et l'Afghanistan

The President of Afghanistan, Hamid Karzai and NATO Secretary General Anders Fogh Rasmussen shake hands after signing a declaration on Enduring Partnership.

L'objectif premier de l'OTAN en Afghanistan est d'aider les autorités afghanes à assurer efficacement la sécurité dans tout le pays et de veiller à ce que ce pays ne puisse plus jamais redevenir un sanctuaire pour les terroristes. Depuis août 2003, la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS) dirigée par l'OTAN conduit des opérations de sécurité, tout en se consacrant également à la formation et au développement des Forces de sécurité nationales afghanes (ANSF). Lancé en 2011, le processus de transition vers la prise en charge par les Afghans de la pleine responsabilité de la sécurité devrait se terminer fin 2014, lorsque la mission de la FIAS arrivera à son terme. L'OTAN dirigera alors une mission de suivi pour continuer de soutenir le développement des compétences des ANSF. La coopération élargie entre l'OTAN et l'Afghanistan se poursuivra également dans le cadre de l'accord de partenariat durable, signé en 2010 au sommet de Lisbonne. Le haut représentant civil de l’OTAN met en œuvre les objectifs politico-militaires de l’Alliance en Afghanistan, en liaison avec le gouvernement afghan, la société civile, les représentants de la communauté internationale et les pays voisins.

  • La mission de la FIAS

    Déployée en 2001 – initialement sous la direction de certains Alliés sur la base d'une rotation semestrielle – la FIAS a été chargée, sous mandat de l'ONU, d'aider le gouvernement afghan à maintenir la sécurité, dans un premier temps à Kaboul et dans les alentours exclusivement. L'OTAN ayant accepté de prendre le commandement de la force en août 2003, le Conseil de sécurité a progressivement autorisé l'extension des opérations de la FIAS à l'ensemble du pays en octobre 2006. La FIAS est présente dans le pays à la demande expresse du gouvernement démocratiquement élu de la République islamique d'Afghanistan.

    En juillet 2012, des soldats de cinquante pays étaient affectés à la mission. Parmi eux, 22 pays partenaires de l'OTAN à travers le monde opérant aux côtés des 28 pays de l'Alliance. (Pour plus d'informations sur les pays contributeurs et sur les effectifs, voir la carte de la FIAS ci-contre.)

    Dans le cadre de l’effort global de la communauté internationale, la FIAS travaille à créer les conditions qui permettront au gouvernement afghan d'exercer son autorité dans tout le pays. Pour atteindre cet objectif, la FIAS mène des opérations de sécurité pour protéger le peuple afghan, neutraliser les réseaux d'insurgés et empêcher les extrémistes de trouver refuge en Afghanistan. En outre, la FIAS forme, conseille et assiste les forces de sécurité nationales afghanes, afin qu'elles puissent assumer ces responsabilités en matière de sécurité. (Plus d'informations sur le mandat de la FIAS et sur ses tâches)

  • La transition vers la prise en charge par les Afghans de la responsabilité en matière de sécurité et au-delà

    D'ici fin 2014, les forces de sécurité nationales afghanes devraient assumer l'entière responsabilité de la sécurité de leur population et de leur territoire, et la mission de la FIAS prendra fin. Le processus de transition vers la prise en charge par les Afghans de la pleine responsabilité de la sécurité – connu sous le nom d'Inteqal en dari et en pachtou – a été lancé en 2011 et progresse bien. Avec l'annonce d'une quatrième liste de secteurs amenés à entrer dans le processus de transition – en décembre 2012 –, environ 87 pour cent de la population vivra bientôt dans des zones dont la sécurité est assurée par les forces afghanes.

    Le renforcement des compétences et du leadership des ANSF permet à la mission de la FIAS d'évoluer, de passer progressivement d'un rôle de combat à un rôle plus axé sur la facilitation et visant à former, à conseiller et à assister les forces de sécurité nationales afghanes afin de s'assurer qu'elles sont en mesure d'assumer pleinement leurs responsabilités de sécurité d'ici à la fin de la transition. En étroite coordination avec les autorités afghanes, la FIAS réduira ses forces progressivement et de façon responsable, à mesure que la transition avance, jusqu'au terme prévu de la transition, à la fin de 2014. (Plus d'information sur la transition)

    L'engagement de l'OTAN en Afghanistan est ferme et le restera au-delà de la transition. Au sommet de l'OTAN à Chicago en mai 2012, les Alliés ont approuvé une mission de suivi dirigée par l'OTAN, chargée de continuer à soutenir le développement des forces de sécurité nationales afghanes après 2014. Ce ne sera pas une mission de combat, mais une mission de formation, de conseil et d’assistance. Le cadre politique général de cette nouvelle mission a été entériné en octobre 2012, lors d’une réunion des ministres de la Défense des pays de l’OTAN avec leurs homologues des pays non OTAN qui fournissent des troupes à la FIAS. Une ébauche plus détaillée de la mission post-2014 sera mise au point en 2013.

    Au sommet de Chicago, les dirigeants des pays de l’Alliance ont également réfléchi à la meilleure manière de continuer d'aider les forces de sécurité afghanes après 2014. C'est à la communauté internationale dans son ensemble qu'il revient de contribuer au financement de cet effort. L'OTAN participera à ce processus, aux termes qui doivent encore être finalisés.

    Ce point figurait aussi en bonne place à l'ordre du jour de la conférence sur l'Afghanistan qui s'est tenue à Tokyo en 2012 (déclaration de Tokyo) et qui avait pour but d'ouvrir la voie au développement durable de l'Afghanistan, compte tenu de l'après-2014. La conférence de Tokyo a également permis d'énoncer les domaines dans lesquels le gouvernement afghan doit continuer de progresser. À cette occasion, le gouvernement s'est engagé à mettre en application les engagements et les valeurs inscrits dans la Constitution afghane concernant la démocratie, l'état de droit et la bonne gouvernance, y compris la lutte contre la corruption et la promotion des droits de l'homme (annexe de la conférence de Tokyo sur responsabilisation mutuelle).

    La coopération élargie entre l'OTAN et l'Afghanistan se poursuivra également au-delà de 2014 dans le cadre du partenariat durable – un accord signé au sommet de l'OTAN à Lisbonne en 2010 (voir ci-dessous).

  • Développer les compétences des forces de sécurité nationales afghanes

    Le développement de forces de sécurité nationales afghanes professionnelles, performantes et autonomes est un élément fondamental des efforts déployés par la FIAS et l'objectif premier de la mission OTAN de formation en Afghanistan (NTM-A). C'est ce qui permet la mise en œuvre du processus de transition jusqu'en 2014, mais aussi ce qui guide l'engagement à long terme de l'OTAN envers l'Afghanistan.

    Depuis sa création en 2002, l'armée nationale afghane (ANA) est passée d'une force axée sur l'infanterie à une armée à part entière comprenant à la fois des éléments de combat et des capacités facilitatrices – comme la police militaire, le renseignement, l'ouverture d'itinéraires, l'appui tactique, les services de santé, l'aviation et la logistique. La police nationale afghane (ANP) a vu son rôle évoluer de la lutte contre l'insurrection vers une fonction de police civile, qui s'accompagne du développement de diverses capacités allant des enquêtes criminelles au contrôle de la circulation. Par ailleurs, les forces aériennes afghanes comptent désormais plus de 150 pilotes formés et 96 aéronefs, dont des hélicoptères de combat, des hélicoptères d’attaque, des hélicoptères de transport et des avions légers.

    Les ANSF ont atteint l’objectif qui avait été fixé pour octobre 2012, à savoir constituer une force d’environ 352 000 soldats, aviateurs et policiers.

    Mission OTAN de formation en Afghanistan

    Lancée le 21 novembre 2009, la mission OTAN de formation en Afghanistan (NTM-A) regroupe les activités de formation menées par l'OTAN et par les pays. Elle travaille en étroite collaboration avec les ministères afghans de la Défense et de l'Intérieur, ainsi qu'en collaboration avec la Mission de police de l’Union européenne en Afghanistan (EUPOL) et la Force de gendarmerie européenne (FGE). Actuellement, 38 pays contribuent à la NTM-A.

    Les tâches essentielles de la NTM-A sont, entre autres, la formation et le mentorat des forces de sécurité nationales afghanes, le soutien au socle de la formation institutionnelle de l'ANA, et la réforme de l'ANP au niveau des districts et plus localement. La NTM-A vise aussi à combler les lacunes de l'ANA pour ce qui est des capacités facilitatrices (notamment appui aérien rapproché, évacuation sanitaire et renseignement) au travers de programmes de type « formation des formateurs ».

    Le lancement de la NTM-A s'est fait parallèlement à la mise en place du commandement interarmées de la FIAS (IJC), qui est axé sur les opérations. Tandis que la NTM-A met l’accent sur la formation des nouvelles recrues et sur la création d’une capacité de formation institutionnelle pour les ANSF, le développement de l'armée et de la police nationales afghanes se poursuit sur le terrain. L'IJC est responsable de la formation des unités des ANSF déployées, et ce par des conseils et une assistance, alors que les forces de la FIAS adoptent progressivement un rôle plus axé sur l'assistance aux forces de sécurité.

  • Le partenariat durable entre l'OTAN et l'Afghanistan

    Au sommet de Lisbonne, en novembre 2010, l'Alliance et l'Afghanistan ont réaffirmé leurs liens à long terme par la signature d'une déclaration de partenariat durable. Ce document, qui marque la poursuite de l'engagement de l'OTAN à l'égard de l'Afghanistan, constitue le cadre politique d'une future coopération renforcée, en particulier dans les domaines du développement des capacités des forces de sécurité nationales afghanes et de la réforme du secteur de la sécurité. Le premier ensemble d'activités à mener dans le cadre du partenariat durable, approuvé par les ministres des Affaires étrangères en avril 2011, regroupe un certain nombre d'initiatives qui, avant, étaient menées séparément. Au fil du temps, le partenariat durable sera adapté en fonction de l'évolution de la nature de la mission de l'OTAN et de ses relations avec l'Afghanistan.

    Aujourd'hui, la coopération dans le cadre du partenariat durable prend notamment les formes suivantes :

    • efforts de renforcement des capacités, tels que les programmes de formation militaire professionnelle ;
    • cours visant à promouvoir la lutte contre la corruption et les initiatives de bonne gouvernance, y compris dans le cadre du programme pour le développement de l'intégrité ;
    • aide au secteur de l'aviation civile afghane pour sa mise en conformité aux normes internationales ;
    • une politique « Acheter Afghan » pour identifier les sociétés afghanes avec lesquelles la FIAS peut passer des contrats ;
    • le projet SOIE-Afghanistan, qui permet aux universités et institutions gouvernementales afghanes de Kaboul de disposer à un prix raisonnable de connexions internet à haut débit par satellite et par fibre optique ;
    • formation aux plans civils d'urgence et à la préparation aux catastrophes ;
    • action de diplomatie publique visant à faire mieux comprendre l'OTAN et son rôle en Afghanistan.
  • La collaboration avec les partenaires

    Relever les défis de l'Afghanistan nécessite une approche globale incluant les acteurs civils et militaires et visant non seulement à assurer la sécurité, mais aussi à promouvoir la bonne gouvernance, l'état de droit et le développement à long terme. L'Alliance joue un rôle de soutien auprès du gouvernement afghan et travaille en étroite coordination avec d'autres partenaires internationaux, dont la Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan, la Banque mondiale, l'Union européenne et le secteur du développement.

    En outre, elle collabore étroitement avec de nombreux pays non membres pour contribuer à sécuriser l'avenir de l'Afghanistan. Actuellement, 22 pays partenaires – certains de régions très éloignées comme l'Australie et l'Amérique latine – fournissent des troupes à la FIAS. Au total, ils représentent près d'un quart de tous les pays membres de l'Organisation des Nations Unies, ce qui montre bien que la mission de la FIAS bénéficie d'un large soutien international. Depuis de nombreuses années, l'Australie est le principal contributeur de troupes non OTAN. La Géorgie – actuellement le deuxième plus grand contributeur de troupes non membre de l'OTAN – devrait devenir le principal contributeur, après les déploiements prévus à l'automne 2012.

    Parallèlement à la mise à disposition de troupes, de nombreux partenaires soutiennent autrement la mission de la FIAS et les objectifs de la communauté internationale en Afghanistan, par exemple par l'octroi d'autorisations de survol et la conclusion d'accords de transit, ou par un soutien financier au développement des compétences des forces de sécurité nationales afghanes et à des projets de développement. On trouvera ci-dessous quelques exemples de cet important soutien.

    Coopération avec des pays de la région

    Les pays de la région, notamment le Pakistan, ont un rôle important à jouer pour garantir durablement la paix, la stabilité et la sécurité en Afghanistan. Ils ont un intérêt commun à réduire la menace que représente l'extrémisme, à promouvoir la sécurité régionale et à résoudre le problème du trafic de drogues. L'OTAN partage les mêmes intérêts et préoccupations. L'une des principales voies de ravitaillement de l'OTAN vers et depuis l'Afghanistan passe au sud par le Pakistan. Les partenaires de l'OTAN en Asie centrale (le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, le Turkménistan et l’Ouzbékistan) apportent tous, sous une forme ou une autre, un soutien à la FIAS – par exemple en autorisant le survol de leur territoire ou en louant des bases militaires à des pays de l’Alliance. Le Kazakhstan et l’Ouzbékistan (ainsi que la Russie, le Bélarus et l’Ukraine) ont mis à disposition leur réseau ferroviaire pour permettre l'acheminement vers l'Afghanistan des approvisionnements non létaux le long d'un itinéraire Nord.

    Coopération OTAN-Russie

    L’OTAN et la Russie ont un intérêt commun s'agissant de la stabilisation de l’Afghanistan et de l'ensemble de la région. Plusieurs initiatives sont en cours pour aider à stabiliser le pays. Un projet OTAN-Russie a pour objet d'aider les forces armées afghanes à exploiter et à maintenir en condition leur flotte d'hélicoptères, à l'heure où le transfert aux Afghans de la responsabilité de la sécurité devient effectif. La formation de techniciens à la maintenance des hélicoptères de l'armée afghane a débuté sur le sol russe en avril 2012. Dans le cadre d'un autre projet, également réussi, quelque 2 000 agents de la lutte antidrogue d'Afghanistan, d'Asie centrale et du Pakistan ont suivi à ce jour une formation, ce qui contribue à développer une capacité régionale face à la menace du trafic de stupéfiants.

    Depuis 2008, la Russie facilite le transit par son territoire de biens non militaires destinés aux pays contribuant à la FIAS, et ce à l'appui de la mission. L'accord de transit conclu entre l'OTAN et la Russie s'est avéré essentiel au développement de l'itinéraire de ravitaillement nord vers l'Afghanistan, car il a permis la liaison ferroviaire entre la Russie, l'Ukraine, l'Ouzbékistan et le Kazakhstan. Limité dans un premier temps aux matériels non létaux en provenance de pays membres de l'OTAN, l'accord a été élargi aux pays non OTAN fournisseurs de troupes et au transit retour, au sommet de l'OTAN qui s'est tenu à Lisbonne en novembre 2010. L'accord actuel permet le transport de fret par voie ferroviaire à destination et en provenance de l'Afghanistan. Au sommet de Chicago en mai 2012, les dirigeants des pays de l'OTAN se sont félicités des progrès accomplis pour ce qui est d'établir des arrangements avec les partenaires d'Asie centrale et avec la Russie, accords qui permettront un transit retour multimodal, combinant les modes de transport ferroviaire et aérien pour l'acheminement des équipements de la FIAS via le territoire russe.

    Coopération avec le Japon

    Bien qu'il ne soit pas un fournisseur de troupes, le Japon prend part à un éventail de projets visant à renforcer les capacités de la FIAS. En mai 2011, le Japon avait accordé 2,49 milliards USD d'aide à l'Afghanistan, une contribution qui s'ajoutait à la centaine de membres d'organismes d'aide japonais mis à disposition. En particulier, le Japon apporte depuis 2007, en coordination avec la FIAS, un soutien financier à des projets dans le domaine de la sécurité humaine dans plusieurs régions d'Afghanistan. Il conserve une présence directe au sein du bureau du haut représentant civil de l'OTAN en Afghanistan pour aider à coordonner les 20 millions de financement au travers des projets d'aide financière japonaise aux petits projets locaux. En outre, le Japon a contribué généreusement à un projet faisant appel à des fonds d'affectation spéciale du Partenariat de l'OTAN en Afghanistan et visant à améliorer la gestion des stocks et la sécurité physique des munitions, et il a aussi apporté d'importantes contributions au fonds d'affectation spéciale consacré à l'ANA pour équiper et soutenir l'armée nationale afghane, notamment 20 millions USD pour des programmes d'alphabétisation en février 2012, en plus des fournitures médicales.