Soutien à la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS) et aux forces armées afghanes
Au printemps 2008, la Russie a offert de soutenir la FIAS dirigée par l’OTAN sous mandat des Nations Unies en Afghanistan, en facilitant le transit terrestre par le territoire russe de biens non militaires destinés aux pays contribuant à la FIAS. Des arrangements analogues ont été conclus avec les autres pays de transit, ce qui a permis d’ouvrir en 2010 cet important itinéraire de ravitaillement pour la FIAS. Au sommet de Lisbonne, les dirigeants des pays du COR ont approuvé les modifications aux arrangements conclus en 2008 pour autoriser le transit terrestre de marchandises non létales en provenance et à destination de l'Afghanistan. Un accord permettant le transit retour multimodal (combinant les modes de transport ferroviaire et aérien) d’équipements de la FIAS via le territoire russe a été signé en juillet 2012.
Les dirigeants des pays du COR sont convenus à Lisbonne de créer un fonds d'affectation spéciale destiné à la maintenance des hélicoptères, de manière à aider les forces armées afghanes à utiliser et à maintenir plus efficacement leur flotte d'hélicoptères. Lancé officiellement en mars 2011, le projet vise à fournir une capacité, bien nécessaire, de maintenance et de réparation, y compris des pièces de rechange et une formation technique. L'Allemagne pilote le projet et l’Agence OTAN d'entretien et d'approvisionnement (NAMSA) joue le rôle d'agent d’exécution. Au cours de la première phase du projet, dix pays donateurs (Croatie, République tchèque, Danemark, Allemagne, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Russie, Turquie et États‑Unis) ont apporté quelque 23 millions de dollars sous la forme de contributions financières et de contributions en nature. Une formation sur mesure destinée au personnel chargé de la maintenance des hélicoptères de l'armée de l'air afghane a débuté en avril 2012 à l'usine de maintenance aéronautique de Novossibirsk (Russie), qui, dans le cadre du projet, sert de centre de formation principal pour le personnel afghan de maintenance. Fin avril 2013, trente techniciens de maintenance auront suivi avec succès la formation initiale. Certains personnels ont aussi participé à un stage de formation des formateurs, dispensé par l’armée de l’air croate. Le lancement de la deuxième phase du projet devrait être approuvé par les ministres des Affaires étrangères des pays du COR en avril 2013.
Formation à la lutte antidrogue de personnels d'Afghanistan et d'Asie centrale
En décembre 2005, les ministres des Affaires étrangères des pays du COR ont lancé un projet pilote sur la formation à la lutte antidrogue de personnels d'Afghanistan et d'Asie centrale, destiné à aider à combattre les menaces que pose le trafic de stupéfiants afghans. Ce projet visait à renforcer les capacités locales et à favoriser la mise en réseau et la coopération à l'échelon régional en permettant à des États membres du COR de partager leur expertise avec des officiers de rang intermédiaire originaires d'Afghanistan, du Kazakhstan, de la République Kirghize, du Tadjikistan, du Turkménistan et d'Ouzbékistan. Le Pakistan est devenu en 2010 le septième pays participant.
Ce projet est mis en œuvre en coopération avec l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC). Il est mené conjointement par de nombreux pays du COR (Belgique, Bulgarie, Canada, République tchèque, Danemark, Allemagne, Grèce, Hongrie, Islande, Lettonie, Luxembourg, Pays-Bas, Norvège, Roumanie, Russie, Slovénie, Espagne, Turquie, Royaume-Uni, États-Unis) et par deux pays contributeurs non membres du COR (Finlande, depuis 2007, et Ukraine, depuis 2012), avec le concours des sept pays bénéficiaires.
Une formation sédentaire est dispensée dans un des quatre établissements, en Turquie, en Russie ou aux États-Unis, et des stages itinérants ont lieu dans chacun des sept pays participants. Au sommet de Lisbonne, les dirigeants des pays du COR sont convenus d’élargir le champ du projet afin d’accroître leur aide directe au renforcement futur des capacités institutionnelles. À la fin 2012, plus de 2 500 officiers avaient bénéficié d’une formation dans le cadre du projet.
Lutte contre le terrorisme
En décembre 2004, les ministres des Affaires étrangères des pays du COR ont lancé un « plan d'action du COR contre le terrorisme » visant à améliorer la coordination générale et à donner des orientations stratégiques en ce qui concerne la coopération dans ce domaine. Les dirigeants des pays du COR ont souligné, en novembre 2010 à Lisbonne, l'importance que continue d'avoir la coopération dans la lutte contre le terrorisme, et une version actualisée du plan d’action contre le terrorisme a été approuvée par les ministres des Affaires étrangères des pays du COR en avril 2011 à Berlin. Un premier exercice civilo-militaire sur table consacré à la lutte contre le terrorisme a été conduit en mars 2012 au siège de l'OTAN dans le cadre du COR.
Des échanges d'informations et des consultations approfondies sur divers aspects de la lutte contre le terrorisme ont lieu régulièrement dans le cadre du COR. Au titre de l'Initiative sur l'espace aérien en coopération (voir ci-dessous), un système d'échange d'informations a été mis en place pour assurer la transparence dans la gestion de la circulation aérienne et pour fournir la notification rapide d’activités aériennes suspectes, de manière à aider à prévenir des attentats terroristes, comme ceux perpétrés le 11 septembre 2001 contre les États-Unis. Dans le domaine scientifique et technique, des travaux sont menés sur le projet STANDEX, qui vise à développer des technologies qui permettront la détection à distance des explosifs dans les réseaux de transport en commun. Des essais doivent avoir lieu en 2013. La lutte contre les engins explosifs improvisés constitue un autre axe important des travaux en cours.
Au fil des ans, plusieurs navires russes ont été déployés à l'appui de l’opération Active Endeavour, l'opération maritime de lutte contre le terrorisme menée par l'OTAN en Méditerranée.
Initiative sur l'espace aérien en coopération (CAI)
L'Initiative sur l'espace aérien en coopération (CAI), qui vise à empêcher les terroristes d'utiliser un avion pour lancer des attaques comme celles du 11‑Septembre, est désormais opérationnelle. Elle permet d’assurer la transparence en ce qui concerne la circulation aérienne et de notifier rapidement des activités aériennes suspectes, améliorant ainsi la transparence, la prévisibilité et l’interopérabilité dans la gestion de l’espace aérien.
Sur la base d'une étude de faisabilité qui s'est achevée en 2005, des besoins détaillés ainsi qu'un plan de projet ont été approuvés pour permettre un échange réciproque de données sur la circulation aérienne entre des centres situés dans des pays de l'OTAN et en Russie. La mise en œuvre a débuté en 2006 et le système a atteint sa capacité opérationnelle en décembre 2011.
L’état de préparation opérationnelle du système CAI a fait l’objet d’une démonstration lors du premier exercice de lutte contre le terrorisme réalisé en temps réel et en conditions de vol réel – Vigilant Skies 2011, qui s’est déroulé en juin 2011. Un exercice de simulation assisté par ordinateur, visant à tester et à uniformiser les processus, les procédures et les capacités, s'est déroulé en novembre 2012. Un autre exercice réel doit avoir lieu en septembre 2013.
Au total, dix millions d’euros environ ont été investis dans le projet CAI. Les pays qui ont contribué financièrement au projet sont le Canada, les États-Unis, la France, la Grèce, la Hongrie, l’Italie, le Luxembourg, la Norvège, la Pologne, la Russie, le Royaume-Uni et la Turquie. Le système CAI est ouvert à la participation d’autres pays. La Finlande et l’Ukraine ont fait savoir qu’elles souhaitaient participer à cette initiative.
L’Agence OTAN de consultation, de commandement et de contrôle (NC3A) pilote la partie OTAN du système CAI, et le logiciel a été acheté à EUROCONTROL. Du côté russe, c'est la société d'État de gestion de la circulation aérienne qui est responsable de la mise en œuvre technique du système, sous la direction de l'autorité fédérale chargée de la navigation aérienne. La composante russe du système a été réalisée et fournie par l'entreprise Almaz-Antey.
Le système CAI comporte deux centres de coordination - l’un à Moscou, l’autre à Varsovie -, ainsi que des stations de coordination locales en Russie (Mourmansk, Kaliningrad, Rostov-sur-le-Don) et dans des États membres de l'OTAN (Bodø (Norvège), Varsovie (Pologne) et Ankara (Turquie)).

Défense contre les missiles de théâtre/contre les missiles balistiques
La coopération dans le domaine de la défense antimissile de théâtre (TMD), qui porte sur le danger sans précédent que pose pour les forces déployées la présence croissante de missiles balistiques toujours plus précis, dure déjà depuis quelques années. Une étude visant à évaluer les niveaux possibles d’interopérabilité des systèmes de défense antimissile de théâtre dont sont dotés la Russie et les États membres de l’OTAN a ainsi été lancée en 2003.
Trois exercices de poste de commandement ont eu lieu : le premier aux États-Unis en mars 2004, le deuxième aux Pays-Bas en mars 2005, et le troisième en Russie en octobre 2006. Des exercices assistés par ordinateur ont eu lieu en Allemagne en janvier 2008 et en mars 2012. Avec l'étude sur l'interopérabilité, ces exercices ont pour but de servir de base pour des améliorations futures dans le domaine de l'interopérabilité et de permettre l'élaboration de mécanismes et de procédures applicables aux opérations conjointes menées dans le secteur de la défense antimissile de théâtre.
En décembre 2009, un Groupe de travail du COR sur la défense antimissile a été mis en place. Il a été chargé de tirer les enseignements du travail antérieur de coopération en matière de défense antimissile de théâtre et d'échanger des vues sur la possibilité d'une coopération mutuellement bénéfique sur la défense antimissile balistique, en se fondant pour cela sur une évaluation conjointe de la menace des missiles.
Au sommet de Lisbonne, les dirigeants des pays du COR ont approuvé l’évaluation conjointe des menaces liées aux missiles balistiques et sont convenus de réfléchir ensemble à la poursuite de la coopération dans le domaine de la défense antimissile. Ils ont décidé de reprendre la coopération en matière de défense antimissile de théâtre, qui a été suspendue en août 2008, et de procéder à une analyse conjointe approfondie du cadre futur à mettre en place pour la coopération sur la défense antimissile.
Même si des divergences persistent sur le thème de la défense antimissile balistique, les discussions se poursuivent. À Chicago, les dirigeants des pays de l’OTAN ont souligné que la capacité de défense antimissile prévue par l'OTAN n'était pas dirigée contre la Russie et ne porterait pas atteinte à son potentiel de dissuasion stratégique. Elle est destinée à assurer la défense contre des menaces potentielles venant d'au-delà de la zone euro-atlantique. Bien que regrettant les mesures et les déclarations récurrentes de la Russie dirigées contre le système de défense antimissile de l'OTAN, les Alliés se sont félicités de constater que la Russie était disposée à poursuivre le dialogue afin de trouver un moyen de développer la coopération future sur la défense antimissile.
L'OTAN est résolue à travailler dans le cadre du Conseil OTAN-Russie pour déterminer la manière dont les systèmes de défense antimissile indépendants de l'OTAN et de la Russie pourraient être associés pour renforcer la sécurité européenne. Les Alliés attendent avec intérêt l'établissement du Centre OTAN-Russie de fusion des données sur la défense antimissile qu'il est proposé de créer et du Centre conjoint des plans et opérations. Ils ont également proposé d'élaborer un nouveau régime de transparence fondé sur l'échange régulier d'informations concernant les capacités de défense antimissile respectives de l'OTAN et de la Russie.
Non-prolifération et maîtrise des armements
Le COR a engagé le dialogue sur un nombre croissant de questions relatives à la non-prolifération des armes de destruction massive (ADM). Des recommandations concrètes visant à renforcer les dispositions de non-prolifération existantes ont été faites. Des échanges de vues approfondis et des réunions d'experts ont été organisés pour explorer les possibilités de coopération pratique dans le domaine de la protection contre les armes nucléaires, biologiques et chimiques. Des travaux sont menés pour analyser les tendances mondiales en matière de prolifération des ADM et de leurs vecteurs, et pour examiner les domaines où les pays du COR peuvent travailler ensemble au niveau politique afin de promouvoir de réels efforts multilatéraux en matière de maîtrise des armements, de désarmement et de non-prolifération.
Le COR a également servi de cadre pour des discussions franches et ouvertes sur des questions liées à la maîtrise des armements conventionnels, comme le traité FCE, le traité Ciel ouvert ou les mesures de confiance et de sécurité. L'une des toutes premières priorités de l'ensemble des pays du COR est d'œuvrer en faveur de la ratification du Traité adapté sur les forces conventionnelles en Europe. Les Alliés se sont déclarés préoccupés après l’annonce par la Russie de la « suspension » unilatérale de sa participation au traité à compter de décembre 2007. Des divergences de vues demeurent sur ce point, mais les Alliés restent déterminés à ratifier le Traité adapté. Des discussions sur la manière d'y parvenir sont actuellement menées avec la Russie, tant dans le cadre du Conseil OTAN-Russie que dans celui de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).
Au sommet de Lisbonne, les dirigeants des pays du COR ont souligné qu’ils soutenaient fermement la redynamisation et la modernisation du régime de maîtrise des armements conventionnels en Europe et qu’ils étaient prêts à poursuivre le dialogue sur les questions relatives à la maîtrise des armements, au désarmement et à la non-prolifération présentant un intérêt pour le COR. Une déclaration commune du COR concernant la septième conférence d'examen de la Convention sur les armes biologiques ou à toxines a été approuvée en décembre 2011.
Questions relatives aux armes nucléaires
Dans le domaine nucléaire, les experts ont établi un recueil de termes et de définitions et organisé des échanges sur les doctrines et la stratégie nucléaires.
Des experts et des représentants de Russie et de pays de l’OTAN ont également assisté en tant qu'observateurs à quatre exercices sur le terrain de réponse à un accident impliquant des armes nucléaires, lesquels se sont déroulés en Russie (2004), au Royaume-Uni (2005), aux États-Unis (2006) et en France (2007). Dans le prolongement de ces quatre exercices, la Russie et les pays de l'OTAN ont aussi participé, en juin 2011, à un exercice sur table portant sur la réaction à une situation d'urgence née d'un incident lié aux armes nucléaires. Le fait que des experts soient invités à assister à ce type d’exercice contribue à accroître la transparence, permet de parvenir à une compréhension commune des procédures de réponse à ce type d’accident et donne la pleine assurance que les États membres de l'OTAN dotés de l'arme nucléaire (France, Royaume-Uni et États-Unis) et la Russie sont parfaitement capables de réagir de façon efficace à une situation d'urgence, quelle qu'elle soit, impliquant des armes nucléaires. Des séminaires d’experts ont également été consacrés à l'examen de la doctrine et de la stratégie nucléaires (2005, 2009 et 2011), des enseignements tirés d'incidents et d'accidents liés à des armes nucléaires (2007) et des mesures à prendre en cas de détection d’engin nucléaire ou radiologique improvisé (2010).
Coopération entre militaires
Depuis la création du COR, les arrangements de liaison militaire ont été renforcés, tant dans les commandements alliés Opérations et Transformation qu'à Moscou. Parmi les objectifs clés de la coopération entre militaires, on citera le renforcement de la confiance et de la transparence, ainsi que l'amélioration de la capacité des forces de l'OTAN et de celles de la Russie à se préparer ensemble à mener d'éventuelles opérations militaires conjointes à l'avenir.
La coopération entre militaires a repris, après une suspension temporaire au lendemain de la crise géorgienne d’août 2008. Elle est actuellement axée sur six domaines de coopération – logistique, lutte antiterroriste, recherche et sauvetage en mer, lutte antipiraterie, défense antimissile de théâtre/défense antimissile et échanges entre académies militaires – ainsi que sur des activités militaires du même ordre.
En juin 2005, des « Orientations politico-militaires pour le renforcement de l'interopérabilité entre les forces de la Russie et celles des pays de l'OTAN » ont été approuvées par les ministres de la Défense des pays du COR.
Parmi les autres documents clés, on citera la Convention sur le statut des forces applicable au Partenariat pour la paix (signée par la Russie en 2004 et ratifiée par le Parlement russe en mai 2007), qui vise à faciliter la coopération entre militaires ainsi que d'autres activités de coopération pratique, en particulier le déploiement de forces participant à des opérations et exercices conjoints.
Lutte contre la piraterie
La lutte contre la piraterie est l’un des principaux enjeux d’intérêt commun recensés au cours de la revue conjointe du COR sur les défis de sécurité communs du XXIe siècle, dont le rapport a été approuvé à Lisbonne en novembre 2010. Une coopération au niveau tactique s’est développée depuis la fin de 2008 entre les navires des Alliés et les bâtiments russes.
L’OTAN et la Russie ont décidé d’explorer les moyens de renforcer leur coopération dans la lutte contre la piraterie. Faisant fond sur leur coopération militaire tactique au large de la Corne de l’Afrique, elles cherchent à renforcer l’échange et la coordination des informations et envisagent les possibilités d’appui mutuel, en matière de ravitaillement en carburant et d’assistance médicale par exemple, pour les navires participant à des opérations de lutte contre la piraterie.
Recherche et sauvetage d’équipages de sous-marins
Depuis la signature en février 2003 d'un accord-cadre sur la coopération en matière de recherche et sauvetage en mer d’équipages de sous-marins, les travaux se sont intensifiés dans ce domaine, ce qui a permis de mener une opération de sauvetage en situation réelle.
Pour la première fois, un sous-marin de la marine russe a été pleinement intégré dans un exercice dirigé par l’OTAN, lors de l’exercice de recherche et sauvetage « Bold Monarch 2011 », qui s’est déroulé au large de la côte sud de l’Espagne, du 30 mai au 10 juin 2011. Le sous-marin Alrosa était encadré par trois autres navires russes : un navire de sauvetage de sous-marins, un navire de sauvetage et un transporteur de colis lourds.
Précédemment, en juin 2005, la Russie avait participé à l'exercice « Sorbet Royal ». L’expérience acquise et les réseaux mis en place pendant cet exercice ont contribué au succès de l’opération de sauvetage, qui s’est déroulée dans des conditions réelles, en août 2005, au large de la presqu’île du Kamtchatka en Russie. En 2008, la Russie avait participé à l’exercice « Bold Monarch ».
Gestion de crise
L'OTAN et la Russie coopèrent depuis longtemps dans le domaine de la gestion de crise. En fait, entre 1996 et 2003, la Russie a été le pays non OTAN qui a fourni le plus gros contingent de troupes dans le cadre des opérations de maintien de la paix dirigées par l'OTAN. L’étroite coopération dans les Balkans a été capitale pour l'amélioration des relations et la construction de la confiance entre les forces armées russes et celles des pays de l’Alliance.
Depuis 2002, le COR a pris des mesures pour se préparer à une éventuelle coopération future dans ce domaine, et il a notamment adopté, en septembre 2002, un texte portant sur les « aspects politiques d'un concept générique d'opérations de maintien de la paix menées conjointement par l'OTAN et la Russie ». Il s’agit, dans ce document, de rechercher des approches communes, d'établir un cadre pour la consultation, la planification et la prise de décisions au tout début d'une crise, et de définir les problèmes liés à l'organisation d'exercices et de stages de formation conjoints. Le concept a été testé au cours d’un exercice procédural, qui s’est déroulé en trois phases, entre mai 2003 et septembre 2004.
Transparence, stratégie et réforme de la défense
Dans un souci de construction de la transparence et de la confiance mutuelles, un dialogue a été engagé sur les questions doctrinales, la stratégie et la politique, et notamment les rapports avec la réforme de la défense, les questions relatives aux armes nucléaires, ainsi que l'organisation générale et la posture des forces.
Les initiatives lancées précédemment dans le domaine de la réforme de la défense étaient axées sur la réorganisation des forces armées, la gestion des ressources humaines et financières, la réforme des industries de défense, la gestion des conséquences de la réforme de la défense, et le volet défense de la lutte contre le terrorisme. Les services linguistiques de l’OTAN et de la Russie ont également produit – et achevé en 2011 – un glossaire de la coopération OTAN-Russie, destiné à faciliter la coopération pratique et la compréhension au sein du COR.
De 2002 à 2008, un Centre OTAN-Russie de réinsertion a contribué à faciliter la reconversion du personnel militaire russe dégagé des cadres, ainsi que son retour à la vie civile, en fournissant des informations sur la recherche d'emplois et la réinsertion, en organisant des stages de formation professionnelle, en offrant des services de placement, ainsi que des cours d'anglais et de gestion à l'intention des petites et moyennes entreprises. Mis en place à Moscou en juillet 2002, le Centre a alors étendu progressivement ses activités à d’autres régions. Pendant la durée de vie du projet, quelque 2 820 militaires dégagés des cadres des forces armées russes ont bénéficié d'un programme de reconversion et plus de 80 % d'entre eux ont trouvé un emploi dans le secteur civil après leur formation ou avec l'aide de l'Unité de placement du Centre.
Coopération en matière d’industries de défense
La vaste « Étude sur la coopération OTAN-Russie en matière d'industries de défense et de recherche et technologie (R&T) pour la défense », qui a été lancée en janvier 2005 et achevée en 2007, a conclu qu'il serait intéressant de conjuguer les capacités scientifiques et technologiques pour faire face aux menaces mondiales.
Logistique
La logistique constitue la clé de voûte de toute opération militaire ; or, dans l’environnement de sécurité d’aujourd’hui, la nécessité de disposer de forces plus mobiles et de mener des opérations multinationales impose de mieux coordonner et de mutualiser les ressources chaque fois que c’est possible. Diverses initiatives portent sur la coopération logistique, dans le secteur civil comme dans le secteur militaire.
Des réunions et des séminaires ont été organisés dans le but d'établir une solide base de compréhension mutuelle dans le domaine logistique grâce au partage d'informations dans des domaines comme les politiques, les doctrines et les structures de la logistique, ou le retour d’expérience. Des possibilités de coopération pratique sont actuellement recherchées dans des domaines comme le transport aérien, le ravitaillement en vol, les services de santé ou l’épuration de l’eau. La coopération est actuellement étendue à l’étude des capacités potentielles et au renforcement de l’interopérabilité à l’appui d’opérations futures, notamment en Afghanistan.
Situations d'urgence dans le domaine civil
L'OTAN et la Russie coopèrent depuis 1996 à la mise sur pied d'une capacité qui permettra de mener des actions conjointes de réponse à des situations d'urgence, comme des tremblements de terre ou des inondations, et de coordonner en amont la détection et la prévention des catastrophes. Par ailleurs, c'est sur proposition de la Russie qu'a été créé en 1998 le Centre euro-atlantique de coordination des réactions en cas de catastrophe (EADRCC), qui coordonne les réponses aux catastrophes entre tous les pays membres du Conseil de partenariat euro-atlantique (CPEA) (regroupant les 28 pays de l'OTAN et les 22 pays partenaires).
Dans le cadre du COR, la coopération dans ce domaine a été axée avant tout sur le développement de capacités permettant de gérer les conséquences d'un attentat terroriste. Deux exercices de réponse à une catastrophe ont été organisés en Russie (à Bogorodsk en 2002 et à Kaliningrad en 2004), et un autre s'est déroulé en Italie en 2006 ; ces exercices ont débouché sur l'adoption de recommandations concrètes pour la gestion des conséquences. Un autre exercice sur table concernant la gestion des conséquences a eu lieu en Norvège en 2010. Les travaux réalisés actuellement portent sur la réduction des risques, le renforcement des capacités et la coopération dans le domaine de la préparation du secteur civil et de la gestion des conséquences en rapport avec des événements très médiatisés.
Menaces et défis nouveaux
La coopération scientifique et technologique entre l'OTAN et la Russie remonte à 1998. Au fil des années, les scientifiques russes ont été les plus nombreux à bénéficier des bourses octroyées dans le cadre des programmes scientifiques de l'OTAN qui favorisent la collaboration et la recherche entre les scientifiques de pays de l'OTAN et de pays partenaires.
Dans le cadre du Comité du COR pour la science au service de la paix et de la sécurité (SPS), des travaux prometteurs sont consacrés à la manière de faire face aux menaces et défis nouveaux grâce à la coopération scientifique et environnementale. Parmi les secteurs clés, on citera la détection d'explosifs (comme le projet STANDEX mentionné précédemment), la protection contre les agents chimiques, biologiques, radiologiques ou nucléaires, la cybersécurité, les conséquences psychologiques et sociales du terrorisme, la sécurité des transports, les problèmes environnementaux en rapport avec la défense, la sécurité environnementale et l'écoterrorisme, ainsi que la prévision et la prévention des catastrophes.
Sensibilisation du public aux activités du Conseil OTAN-Russie (COR)
Le site web du COR (http://www.nato-russia-council.info/), destiné à mieux faire connaître les activités menées par le COR, a été lancé en juin 2007. Tous les pays du COR ont fait part de leur volonté d’expliquer à l’opinion publique les avantages de la coopération OTAN-Russie.