NATO - North Atlantic Treaty Organisation

La Force de réaction de l'OTAN

Au centre de la transformation de l'OTAN

La Force de réaction de l’OTAN (NRF) est une force multinationale à haut niveau de préparation, faisant appel aux technologies de pointe et regroupant des composantes terre, air, mer et des forces spéciales que l’Alliance peut déployer rapidement partout où cela est nécessaire.

Elle comprend trois parties : un élément de commandement et contrôle de la structure de commandement de l’OTAN, la Force de réaction immédiate (IRF), force interarmées d’environ 13 000 hommes à haut niveau de préparation fournis par les Alliés, et un pool de forces de réaction, qui peut venir compléter l’IRF en fonction des besoins.

  • But

    La NRF a pour but premier de permettre une réponse militaire rapide à une crise émergente, que ce soit pour des objectifs de défense collective ou pour des opérations de réponse aux crises.

    Cette force donne à l’OTAN les moyens de réagir rapidement n’importe où dans le monde à divers types de crises. Elle est aussi le moteur de la transformation de l’OTAN sur le plan militaire.

    Une force qui tourne

    La NRF fonctionne sur le principe de la rotation : les pays affectent des unités des forces terrestres, aériennes, navales ou des forces spéciales auprès de l’IRF pour une période de six mois. À partir de 2012, les périodes de rotation passeront de six à douze mois.

    La NRF est également ouverte aux pays partenaires, sur approbation du Conseil de l'Atlantique Nord.

    À cet égard, la souplesse offerte par le pool de forces de réaction, qui permet aux pays d’apporter des contributions à leur discrétion et pour la durée de leur choix, présente un intérêt tout particulier.

    Avant de participer à l’IRF, les unités se préparent au niveau national puis s’entraînent avec les autres participants à la force multinationale. La rotation des unités au sein de la NRF permet la diffusion progressive, dans toute l’Alliance, des normes de haut niveau, des concepts et des technologies propres à cette force, et concourt ainsi à la réalisation d’un des objectifs clés de la NRF, à savoir la poursuite de la transformation des forces alliées.

    Le commandement opérationnel de la NRF est actuellement assuré en alternance par les commandements OTAN de forces interarmées de Brunssum et de Naples.

    Un puissant ensemble

    L’IRF est composée des éléments suivants :

    • une composante terre de la taille d'une brigade, articulée autour de trois groupements tactiques et de leurs appuis et soutiens ;
    • une composante mer, articulée autour des groupes maritimes permanents OTAN et des groupes permanents OTAN de lutte contre les mines ;
    • une composante air (combat et appui) ;
    • des forces spéciales ;
    • une équipe opérationnelle de défense CBRN (chimique, biologique, radiologique et nucléaire).

    Avant utilisation, la force sera adaptée (en taille et en capacité) pour répondre aux exigences propres à l’opération dans laquelle elle est engagée.

    Tout type de mission, partout dans le monde

    La NRF apporte une assurance visible de la cohésion de l’OTAN et de son engagement envers la dissuasion et la défense collective. Pour chacune de ses rotations, la force doit se préparer à remplir un large éventail de missions – par exemple, contribuer à la préservation de l'intégrité territoriale, procéder à une démonstration de force, conduire des opérations de soutien de la paix, de secours en cas de catastrophe, de protection des infrastructures critiques, de sécurité et, dans le cadre d'une force plus importante, des opérations d'entrée initiale.

    Des éléments de la NRF ont contribué à assurer la protection à l’occasion des Jeux olympiques de l’été 2004, à Athènes, et ont été déployés pour soutenir l'élection présidentielle de septembre 2004 en Afghanistan.

    La NRF a également participé à des opérations de secours en cas de catastrophe.

    • En septembre et octobre 2005, des avions de la NRF ont acheminé de l’aide donnée aux États-unis par les pays membres de l'OTAN et les pays partenaires après le passage de l’ouragan Katrina.
    • D’octobre 2005 à février 2006, des éléments de la NRF sont intervenus au secours du Pakistan dans les zones dévastées par le tremblement de terre du 8 octobre. Des avions de la NRF ont participé à un pont aérien qui a acheminé près de 3 500 tonnes d’aide d’urgence au Pakistan, tandis que des techniciens et du personnel médical de la NRF étaient déployés dans le pays pour porter secours aux victimes.
  • Évolution

    L’initiative portant sur la Force de réaction de l’OTAN a été annoncée au Sommet de Prague, en novembre 2002.

    Le général James Jones, commandant suprême des Forces alliées en Europe, avait alors déclaré : « …L’OTAN ne massera plus les grandes unités que nécessitait la Guerre froide, mais elle sera dotée de forces agiles et robustes, qui seront maintenues à des niveaux de préparation gradués, pour que l’Alliance soit mieux à même de faire face aux menaces du XXIe siècle. »

    Le concept de la NRF a été approuvé par les ministres de la Défense en juin 2003 à Bruxelles.

    Du concept à la réalité

    Le 13 octobre 2004, lors d’une réunion informelle des ministres de la Défense des pays de l’OTAN à Poiana Brasov (Roumanie), le secrétaire général de l’OTAN et le commandant suprême des Forces alliées en Europe ont officiellement annoncé que la NRF avait atteint sa capacité opérationnelle initiale d’environ 17 000 hommes et qu’elle était prête à assumer la gamme complète de ses missions.

    Les capacités de la NRF ont été testées lors d’un exercice réel de grande envergure, Steadfast Jaguar 06, qui a eu lieu en juin 2006 dans les Îles du Cap-Vert. La difficulté des lieux visait précisément à faire la démonstration et la preuve de la viabilité du concept de la NRF.

    Au sommet de Riga que l'OTAN a tenu en novembre 2006, il a été annoncé que la NRF avait atteint sa capacité opérationnelle totale et qu'elle disposait désormais de quelque 25 000 hommes.

    Depuis lors, les modalités de constitution de la NRF ont été adaptées deux fois, en 2008 et 2010, pour rendre le processus de génération de forces plus souple, et ainsi faciliter les contributions de forces qui devenaient difficiles en raison du tempo opérationnel continuellement élevé en Iraq, en Afghanistan et ailleurs dans le monde. Afin d'encourager encore la génération de forces, les Alliés se sont fixé des objectifs nationaux volontaires pour les contributions de forces.

  • Authorité

    La décision de déployer la NRF est une décision politique consensuelle, prise au cas par cas, par l’ensemble des 28 Alliés au sein du Conseil de l’Atlantique Nord, qui est le principal organe décisionnel de l’OTAN.