Améliorer l'interopérabilité
Les effectifs utilisés pour les opérations de l’OTAN sont fournis par les pays membres et les pays partenaires de l’OTAN, ainsi que par des pays qui ne sont ni membres ni partenaires.
L’OTAN a pour priorité de veiller à ce que ces forces multinationales puissent travailler ensemble de manière efficace malgré les différences de tactique, de doctrine, d’entraînement, de structure et de langue. Cette « interopérabilité » s’obtient de diverses manières.
Le réseau d’établissements de formation de l’OTAN offre toute une série de stages sur des questions tant stratégiques qu’opérationnelles. S’il est vrai que les stages proposés ne sont pas toujours les mêmes, ils sont cependant tous axés sur les connaissances et les compétences que doivent posséder les personnes appelées à occuper des postes de responsabilité ou des postes spécialisés dans la structure de l'Alliance ou qui occupent dans leur pays un poste en rapport avec l’OTAN.
Par exemple, le Collège de défense de l’OTAN à Rome (Italie) est le principal établissement d’enseignement de l’OTAN pour les questions stratégiques, et il couvre des domaines d'étude tels que l’évolution de l’environnement de sécurité international et les effets que cette évolution pourrait avoir sur les pays de l’OTAN. Le Collège de défense de l'OTAN offre une formation aux commandants supérieurs, tandis que l'École de l'OTAN à Oberammergau (Allemagne) est le principal centre de formation des étudiants au niveau opérationnel. La formation au niveau opérationnel porte essentiellement sur la planification conjointe des opérations OTAN, la logistique, les communications, les plans civils d’urgence et la coopération civilo-militaire.
Des stages sont proposés dans un nombre croissant de sites, pour faire en sorte que toute l’expertise disponible soit utilisée, par exemple : formation civilo-militaire au Centre d’excellence pour la coopération civilo-militaire (CIMIC). Les stages ont une durée variable, qui peut aller d’une journée à plusieurs mois en fonction du type d’activité. Tous sont ouverts aux personnels des pays membres de l’OTAN et certains sont accessibles aux personnels des pays qui participent au programme du Partenariat pour la paix (PPP), au Dialogue méditerranéen ou à l’Initiative de coopération d’Istanbul, ainsi qu’aux personnels de certains pays partenaires dans le monde (pays qui ne sont ni membres ni partenaires, et qui sont aussi appelés « partenaires mondiaux »). Certains stages sont également ouverts aux civils.
Les exercices sont l’occasion de tester et de valider tous les aspects des opérations de l’OTAN, notamment les procédures, les concepts, les systèmes et la tactique. Ils contribuent aussi à réaliser et à renforcer l’interopérabilité en mettant l’accent sur l’entraînement pratique du personnel des pays de l’OTAN et des partenaires qui coopèrent avec l’Alliance.
Au cours d’un exercice, les forces sont généralement invitées à réagir à un scénario fictif susceptible de se produire dans la réalité. Cela leur permet d’appliquer concrètement les enseignements tirés de leur formation et de leur expérience, et accroît leur niveau de préparation en cas de déploiement lors d’une crise.
Les exercices portent sur toute la gamme des opérations militaires, depuis le combat jusqu’aux secours humanitaires en passant par la stabilisation et la reconstruction. La durée des exercices et le nombre des participants peuvent varier, selon qu’il s’agit de l’étude d’un problème isolé (quelques officiers) ou de scénarios de combat à grande échelle mettant en jeu des avions, navires, pièces d’artillerie, véhicules blindés et faisant intervenir des milliers de soldats. L’OTAN met également à l’épreuve ses dispositions politiques et militaires au niveau stratégique. Cela lui permet d’affiner son processus de consultation et de décision, et de faire en sorte que les acteurs clés soient tenus informés du mode de fonctionnement de l'Alliance.
Les partenaires de l’OTAN prennent pleinement part aux exercices en tant que participants et en tant qu’hôtes dans le cadre du programme d'entraînement et d'exercices militaires.
- Expériences et développement
L’OTAN essaie en permanence d’améliorer le mode opératoire de ses forces. Conformément à son programme de transformation, l’Alliance continue de privilégier l’élaboration de nouveaux concepts et la mise en place de nouvelles capacités pour que les forces de l’OTAN soient entraînées et équipées au meilleur niveau.
Les pays de l’OTAN mènent leurs propres expériences. L’Alliance – par l’intermédiaire de son Commandement allié Transformation (ACT) et des organismes subordonnés de celui-ci – offre aux membres un cadre qui leur permet d’échanger leurs savoirs sur les concepts et les capacités.
L’OTAN met aussi au point de nouveaux concepts et de nouvelles capacités qui serviront ses forces. Le Centre de recherche sous-marine de l'OTAN de La Spezia (Italie) a par exemple mis au point de nouvelles technologies et des formations pour la reconnaissance sous-marine et la protection des ports. Une initiative distincte baptisée « Dispositif de suivi des forces amies de l’OTAN » aide à promouvoir l'interopérabilité et est utilisée en Afghanistan pour aider les forces dirigées par l’OTAN à mieux coordonner leurs actions et à réduire les risques de pertes.
Travailler avec les partenaires de l’OTAN sur la réforme de la défense
Les pays de l’OTAN ont réduit leurs effectifs, leurs équipements et leurs bases militaires depuis la fin de la Guerre froide, et ils ont transformé leurs forces pour pouvoir répondre aux besoins actuels. Ce processus de transformation est encore d’actualité dans de nombreux pays partenaires, qui ne disposent souvent que d’une expertise et de ressources limitéss.
La formation est un élément clé de la transformation, et l’OTAN l’utilise à l’appui de la réforme institutionnelle dans les pays partenaires. L’OTAN a donc lancé dans ce cadre l’initiative « La formation et l’entraînement pour la réforme de la défense » et le programme de renforcement de la formation « défense » (DEEP). Les programmes de formation et d’entraînement de l’Alliance – qui au départ étaient axés sur l’amélioration de l'interopérabilité entre les forces des pays de l’OTAN et les forces des pays partenaires – ont été développés pour permettre aux pays membres et aux partenaires de collaborer sur une approche de construction, de développement et de réforme des institutions de formation dans les domaines de la sécurité, de la défense et de l’armée. Ces programmes prévoient des stages et des séminaires, un réseau, une assistance « à la carte » et l’accès à des experts de l’OTAN.
En outre, en 2005, l’OTAN a lancé l’initiative « La formation et l'entraînement pour la réforme de la défense », qui sert de cadre de coopération pour les militaires et les civils.
- Stages, séminaires et ateliers
Les pays qui travaillent avec l’OTAN dans le cadre de différents mécanismes de coopération, ainsi que les personnels des partenaires mondiaux, peuvent participer à toute une série d’activités OTAN de formation (stages, tables rondes, séminaires et ateliers).
- Formation de défense « à la carte »
Chaque pays qui met en œuvre une réforme de la défense en consultation avec l'OTAN adopte un programme qui lui est propre et dont la complexité et l’ampleur varient en fonction de ses centres d’intérêt, de sa motivation et de sa coopération. Ce dispositif « à la carte » comprend – en plus des stages, séminaires et exercices – des programmes adaptés de formation tels que la formation pratique, la formation linguistique, la reconversion et la réinsertion du personnel militaire dégagé des cadres.
L'OTAN mène toute une série de programmes sur mesure baptisés « programme de renforcement de la formation « défense » » (DEEP), avec le soutien du Groupement d'institutions d'études de défense et de sécurité dans le cadre du PPP, des centres de formation et d'entraînement des partenariats, et des établissements de défense des pays OTAN et partenaires. Ces programmes visent essentiellement à développer les capacités du corps enseignant. Il y a actuellement six DEEP : un en Arménie, un en Azerbaïdjan, un en Géorgie, un au Kazakhstan, un en République de Moldova et un en Mauritanie.
La réflexion sur le « contenu de l’enseignement » et les « méthodes d’enseignement » a débouché sur deux initiatives. L’une a permis la mise au point de programmes de référence génériques sur l’établissement d’institutions de défense et la formation militaire professionnelle des officiers et sous-officiers. L’autre a donné naissance à un programme pour instructeurs militaires, qui donne l’occasion aux membres du corps enseignant d’avoir des échanges de vues avec leurs homologues sur les meilleures pratiques concernant les méthodes d’enseignement modernes. Ces deux initiatives font régulièrement l’objet d’ateliers et de conférences, en vue de continuer à renforcer l’établissement d’institutions de défense, en particulier dans les pays de l’ex-Union soviétique. Le Centre George C. Marshall de Garmisch-Partenkirchen, en Allemagne, accueille souvent de telles activités, comme l’atelier de mai 2012 sur la mise au point d’un guide générique du programme destiné aux sous-officiers. En juin 2012, l’Arménie a accueilli la conférence sur les approches en matière de formation et d’entraînement militaires/de défense.
En Ukraine, l’OTAN a par ailleurs financé et mis en œuvre des stages de langue et de gestion, en coopération avec le Centre national ukrainien de coordination, qui est chargé de l'adaptation sociale du personnel militaire dégagé des cadres.
Les « équipes mobiles de formation et d’entraînement » (METT) sont un autre exemple des outils que l’Alliance utilise pour répondre aux besoins des partenaires en matière de réforme de la défense. Les METT sont de petits groupes d’instructeurs qui se rendent dans les pays intéressés pour dispenser une formation adaptée à la situation sur place.
Les pays de l’OTAN comptent parmi les plus avancés du monde sur le plan des capacités de défense. Les pays qui coopèrent avec l'Alliance dans le domaine de la réforme de la défense peuvent tirer parti de ce savoir-faire. Pour la plupart des pays, cette coopération a lieu dans le cadre du processus de planification et d’examen (PARP) du Partenariat pour la paix.
Les pays qui entretiennent des relations spéciales avec l’OTAN peuvent disposer de mécanismes supplémentaires pour échanger avis et savoir-faire. Par exemple, le Groupe de travail conjoint OTAN-Ukraine sur la réforme de la défense sert de cadre aux consultations sur des initiatives aussi diverses que les relations civilo-militaires, le contrôle démocratique et la gestion civile des forces armées et d'autres institutions du secteur de la sécurité, les plans de défense, les orientations, la stratégie et les concepts de sécurité nationale.
- Initiative de formation pour la région méditerranéenne et le Moyen-Orient
Une Faculté du Moyen-Orient a été créée au Collège de défense de l'OTAN à Rome dans le cadre du stage OTAN de coopération régionale.
La formation et l’entraînement dans les opérations dirigées par l’OTAN
Les efforts que déploie l’OTAN pour instaurer la stabilité dans les régions en crise ne se limitent pas au déploiement de troupes. En proposant des programmes de formation et d’entraînement, l’OTAN aide les pays comme l’Afghanistan à mettre en place leurs propres institutions de sécurité et à assurer leur propre sécurité.
Un élément important de l’engagement de l’OTAN en Afghanistan est l’aide qu’elle apporte à ce pays pour qu'il mette en place ses structures et ses forces de sécurité. Les États-Unis sont responsables de l’entraînement de l'armée nationale afghane (ANA), et l’OTAN apporte son aide et son soutien dans ce domaine. Cette aide prend la forme de stages spéciaux visant à inculquer aux soldats afghans des compétences spécifiques et à les préparer à collaborer étroitement avec les forces de l’OTAN. L’Alliance a également déployé des équipes de liaison et de mentorat opérationnels auprès d'unités de l'armée nationale afghane à différents échelons de commandement. Il s'agit de petits groupes d'officiers et de sous-officiers expérimentés qui entraînent et encadrent les unités de l'ANA auxquelles ils sont attachés.
En 2006, l’OTAN a signé avec l’Afghanistan une déclaration mettant en place un programme substantiel de coopération à long terme. Le programme de coopération afghan prévoit un complément d'aide pour l'entraînement et notamment l'accès des Afghans aux activités de partenariat et aux stages de l'OTAN, des avis et un savoir-faire sur la réforme de la défense et l’établissement d’institutions de sécurité, ainsi qu’une assistance spécifique comme la formation linguistique.
Par la suite, l'OTAN et le gouvernement de la République islamique d'Afghanistan ont signé, le 20 novembre 2010 au sommet de l'OTAN à Lisbonne, une déclaration sur un partenariat durable. Le partenariat durable vise à apporter un soutien politique et pratique à long terme à l'Afghanistan tandis que ce pays reconstruit ses institutions de sécurité et assume la pleine responsabilité de sa sécurité au fur et à mesure de la transition. Ce partenariat prévoit de mener une série d'activités et de programmes agréés dans le cadre de la coopération en cours entre l'OTAN et l'Afghanistan. Il s'agit notamment du programme de formation militaire professionnelle pour l'Afghanistan, qui vise à développer plus avant les institutions afghanes.
L'OTAN et la Russie collaborent également, dans le cadre du Conseil OTAN-Russie, sur un projet pilote de formation à la lutte antidrogue destiné aux personnels d'Afghanistan et d'Asie centrale.
À la demande de l’Union africaine (UA), l'OTAN a aidé celle-ci (de juin 2005 à fin décembre 2007) à consolider sa force de maintien de la paix au Darfour pour qu'elle puisse mettre fin à la violence qui secouait la région. Initialement, l’OTAN a aidé à former les troupes de l’UA à la planification stratégique et aux procédures opérationnelles. Elle a contribué à l’organisation d’un exercice sur cartes dirigé par les Nations Unies et plus tard, à l'été 2006, elle a aussi fourni une aide à la formation dans les domaines de la certification avant déploiement, des « enseignements tirés » et de la gestion de l'information.
De 2004 à fin 2011, l’OTAN a aidé l’Iraq à assurer sa propre sécurité en formant du personnel iraquien et en apportant son soutien à l’établissement des institutions de sécurité du pays. Elle a formé et encadré, dans ses écoles et ses centres d’entraînement, aussi bien en Iraq qu'à l’extérieur du pays, des personnels de rang intermédiaire et supérieur des forces de sécurité iraquiennes. Elle a aussi assuré la coordination des offres d’équipements et de formation faites par certains pays de l’OTAN et certains pays partenaires.