Pays membres

  • Mis à jour le: 28 Apr. 2017 14:57

L’OTAN compte actuellement 28 pays membres. À sa création en 1949, l’Alliance comptait douze membres fondateurs : Belgique, Canada, Danemark, États-Unis, France, Islande, Italie, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Portugal et Royaume-Uni. Les autres pays membres sont : Grèce et Turquie (1952), Allemagne (1955), Espagne (1982), République tchèque, Hongrie et Pologne (1999), Bulgarie, Estonie, Lettonie, Lituanie, Roumanie, Slovaquie, Slovénie (2004), Albanie et Croatie (2009).

Flags of the 28 NATO member countries

Points principaux

  • L’élargissement de l’OTAN est prévu à l’article 10 du Traité de l’Atlantique Nord.
  • L’article 10 stipule que peut accéder au Traité tout « État européen susceptible de favoriser le développement des principes du présent Traité et de contribuer à la sécurité de la région de l’Atlantique Nord ».
  • Toute décision d'inviter un pays à adhérer à l'Alliance est prise par le Conseil de l'Atlantique Nord, principal organe de décision politique de l'OTAN, sur consensus de tous les Alliés.
  • À l’heure actuelle, les 28 Alliés procèdent à la ratification du protocole d'accession du Monténégro. Les pays candidats à l'adhésion sont la Bosnie‑Herzégovine, la Géorgie et l'ex‑République yougoslave de Macédoine¹.

Pour en savoir plus

  • Liste alphabétique des pays membres de l'OTAN

    Albanie
    2009

    Allemagne
    1955

    Belgique
    1949

    Bulgarie
    2004

    Canada
    1949

    Croatie
    2009

    Danemark
    1949

    Espagne
    1982

    Estonie
    2004

    États-Unis
    1949

    France
    1949

    Grèce
    1952

    Hongrie
    1999

    Islande
    1949

    Italie
    1949

    Lettonie
    2004

    Lituanie
    2004

    Luxembourg
    1949

    Norvège
    1949

    Pays-Bas
    1949

    Pologne
    1999

    Portugal
    1949

    République tchèque
    1999

    Roumanie
    2004

    Royaume-Uni
    1949

    Slovaquie
    2004

    Slovénie
    2004

    Turquie
    1952

  • Les pays membres et leur adhésion

    Les membres fondateurs

    Le 4 avril 1949, les ministres des Affaires étrangères de 12 pays ont signé le Traité de l’Atlantique Nord (également appelé Traité de Washington) dans le Departmental Auditorium (Grand auditorium) à Washington D.C. : la Belgique, le Canada, le Danemark, les États-Unis, la France, l'Islande, l'Italie, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas, le Portugal et le Royaume-Uni.

    Au cours des cinq mois qui ont suivi la cérémonie de signature, le Traité a été ratifié par le parlement des pays concernés, qui ont ainsi scellé leur adhésion.

    Les 12 signataires

    Certains des ministres des Affaires étrangères qui ont signé le Traité ont été étroitement associés aux travaux de l’OTAN à des stades ultérieurs de leur carrière :

      • Belgique : M. Paul-Henri Spaak (secrétaire général de l’OTAN de 1957 à 1961) ;
      • Canada : M. Lester B. Pearson (négociateur du Traité et l’un des « Trois Sages » à avoir rédigé le rapport sur la coopération non militaire au sein de l'OTAN, publié en 1956 au lendemain de la crise de Suez) ;
      • Danemark : M. Gustav Rasmussen ;
      • France : M. Robert Schuman (architecte des Institutions européennes, qui a également lancé l’idée d’une Communauté européenne de défense) ;
      • Islande : M. Bjarni Benediktsson ;
      • Italie : le comte Carlo Sforza ;
      • Luxembourg : M. Joseph Bech ;
      • Pays-Bas : M. D.U. Stikker (secrétaire général de l’OTAN de 1961 à 1964) ;
      • Norvège : M. Halvard M. Lange (l’un des « Trois Sages » à avoir rédigé le rapport sur la coopération non militaire au sein de l'OTAN) ;
      • Portugal : M. Jose Caerio da Matta ;
      • Royaume-Uni : M. Ernest Bevin (principal artisan de la création de l’OTAN, il a assisté, en tant que ministre des Affaires étrangères de 1945 à 1951, aux premières réunions constitutives du Conseil de l’Atlantique Nord) ;
      • États-Unis : M. Dean Acheson (en tant que secrétaire d’État américain de 1949 à 1953, il a assisté à des réunions du Conseil de l’Atlantique Nord et en a présidé).

     

    Flexibilité de la qualité de membre de l’OTAN

    En signant le Traité, les pays s’engagent volontairement à participer aux consultations politiques et aux activités militaires de l'Organisation. Bien que chacun des signataires du Traité de l’Atlantique Nord soit soumis aux obligations de celui-ci, il conserve un certain degré de flexibilité lui permettant de choisir son mode de participation. Les cas de l'Islande et de la France, notamment, en sont de bons exemples.

    • Islande

    Lorsque l’Islande a signé le Traité en 1949, ce pays ne possédait pas – et ne possède toujours pas – de forces armées. Il s’agit d'un choix délibéré, sans qu’il n’existe d'obstacle juridique à la constitution d’une armée. Cependant, l’Islande possède une garde côtière, des forces de police nationale, un système de défense aérienne et une force expéditionnaire de maintien de la paix composée de volontaires. Depuis 1951, l’Islande bénéficie également d’un accord bilatéral de grande envergure en matière de défense avec les États-Unis. En 2006, les forces américaines se sont retirées, mais l’accord de défense reste d’application. Depuis 2008, des missions de police du ciel sont menées périodiquement par les Alliés.

    • France

    En 1966, le président Charles de Gaulle décide de retirer la France de la structure militaire intégrée de l’OTAN. Cette mesure reflète le désir d’une plus grande indépendance militaire, en particulier par rapport aux États-Unis, ainsi que le refus d’intégration du dispositif de dissuasion nucléaire français et de toute forme de contrôle sur les forces armées du pays.

    En pratique, alors qu’elle continuait de faire partie intégrante des instances politiques de l’Organisation, la France n’était plus représentée dans certains comités, dont le Comité des plans de défense et le Groupe des plans nucléaires, par exemple. Cette décision a également entraîné le retrait des forces françaises des commandements de l’OTAN et le retrait des forces étrangères du territoire de la France. Le stationnement d’armes étrangères, y compris d’armes nucléaires, a également été interdit. Le siège politique de l'OTAN (établi à Paris depuis 1952) ainsi que le Grand Quartier général des Puissances alliées en Europe ou SHAPE (basé à Rocquencourt depuis 1951) ont été transférés en Belgique.

    Malgré le retrait de la France de la structure militaire intégrée de l’OTAN, deux accords techniques ont été signés avec l’Alliance, établissant les procédures à appliquer en cas d'attaque soviétique. Depuis la chute du mur de Berlin en 1989, la France fournit régulièrement des troupes pour les opérations militaires de l’OTAN, et elle est l’un des États fournisseurs de troupes les plus importants. La France est également le quatrième contributeur au budget militaire de l'Alliance.

    Depuis le début des années 1990, la France s’est distanciée de la décision de 1966 en participant, par exemple, aux réunions des ministres de la Défense depuis 1994 (Séville) et en se faisant représenter par des officiers français au sein des structures du Commandement allié Opérations et du Commandement allié Transformation, depuis 2003. Au sommet de Strasbourg-Kehl, en avril 2009, la France a officiellement annoncé sa décision de participer pleinement aux structures de l’OTAN².

    L’adhésion de la Grèce et de la Turquie

    Trois ans après la signature du Traité de Washington, le 18 février 1952, la Grèce et la Turquie ont rejoint l’OTAN. L’adhésion de ces pays a permis à l'OTAN de renforcer son « flanc sud ».

    À une époque où régnait la crainte de l’expansion communiste à travers l’Europe et dans d’autres parties du monde (soutien soviétique à l’invasion de la Corée du Sud par la Corée du Nord en 1950), il était stratégiquement important d’étendre la sécurité à l’Europe du Sud-Est. L’adhésion à l'OTAN a non seulement permis à la Grèce, qui se relevait d’une guerre civile, de restreindre l’influence communiste, mais elle a également libéré la Turquie de la pression exercée par l’Union soviétique, qui cherchait à travers ce pays un accès à des routes maritimes stratégiques.

    L’adhésion de l’Allemagne

    L’Allemagne est devenue membre de l'OTAN le 6 mai 1955, au terme de plusieurs années de délibérations entre les leaders occidentaux et ce pays, dont la population était opposée à toute forme de réarmement.

    Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’intégration de la République fédérale d'Allemagne dans les structures de défense de l’Europe occidentale était une priorité. La République fédérale d'Allemagne – ou Allemagne de l'Ouest – a été créée en 1949, et même si ce nouvel État était ancré à l'ouest, son potentiel était redouté. La France a tout d'abord proposé la création d'une Communauté européenne de défense – solution européenne à la question allemande. Le Sénat français s'est toutefois opposé à cette proposition, qui est restée sans suite, faisant de l'adhésion à l'OTAN la seule solution viable. À cette fin, trois conditions devaient être remplies : il fallait que les vainqueurs d'après-guerre (France, Royaume-Uni, États-Unis et Union soviétique) mettent fin à l'occupation de la République fédérale d'Allemagne, que l'Italie et l'Allemagne de l'Ouest soient admises dans l'Organisation de défense de l'Union occidentale (l'agence militaire de l'Union occidentale) et que le processus d'adhésion proprement dit soit mené à bien.

    Lorsque l'Allemagne a rejoint l'Union occidentale, cette dernière a alors changé de nom pour devenir l'Union de l'Europe occidentale. Cette adhésion, associée au fait que la République fédérale d'Allemagne n’était plus un pays occupé, a rapproché le pays de l'adhésion à l'OTAN. La République fédérale d’Allemagne a rejoint officiellement l’Union occidentale le 23 octobre 1954 et son statut de pays occupé a pris fin lors de l’entrée en vigueur des accords de Paris et de Bonn le 5 mai 1955. Le lendemain, elle devenait le 15e pays membre de l’OTAN.

    Avec la réunification de l’Allemagne, le 3 octobre 1990, les länder de l’ancienne République démocratique allemande ont rejoint la République fédérale d’Allemagne au sein de l’OTAN.

    L’adhésion de l’Espagne

    Malgré une opposition considérable de l’opinion publique, l’Espagne a adhéré à l’Alliance le 30 mai 1982. La fin de la dictature de Franco en 1975, le coup d'état militaire en 1981 et la montée du Parti socialiste (PSOE), le principal parti d'opposition qui était initialement contre l'adhésion à l'OTAN, ont créé un contexte social et politique difficile, au niveau tant national qu'international.

    L’Espagne faisait pleinement partie des instances politiques de l’Organisation, sans toutefois participer à la structure militaire intégrée – position qu'elle a réaffirmée lors d'un référendum tenu en 1986. En ce qui concerne l’aspect militaire, ce pays était présent comme observateur au sein du Groupe des plans nucléaires ; il a réservé sa position sur la participation au système de télécommunications intégré de l'OTAN, laissé ses forces sous commandement espagnol et n’a pas accepté de déployer des troupes en dehors de ses frontières pour de longues périodes. Les forces espagnoles restaient cependant en mesure d’opérer aux côtés d’autres forces de l’OTAN en cas d’urgence.

    Les réserves de l’Espagne se sont estompées progressivement. En 1996, le Parlement espagnol a entériné la participation du pays à la structure de commandement militaire intégrée. Cette décision a coïncidé avec la nomination de Javier Solana au poste de premier secrétaire général espagnol de l’OTAN (de 1995 à 1999).

    La première vague d’élargissement de l’après-Guerre froide

    La chute du mur de Berlin et la dissolution du Pacte de Varsovie après la fin de la Guerre froide ont ouvert la porte à un nouvel élargissement de l’OTAN. Certaines des nouvelles démocraties d’Europe centrale et orientale souhaitaient vivement être intégrées dans les institutions euro-atlantiques.

    En 1995, l’Alliance a réalisé et publié une étude sur l'élargissement de l'OTAN, qui examinait les avantages de l'admission de nouveaux membres et les modalités de cette admission. Cette étude indiquait en conclusion que la fin de la Guerre froide offrait une occasion unique de renforcer la sécurité dans l'ensemble de la zone euro-atlantique et que l'élargissement de l'OTAN contribuerait à accroître la stabilité et la sécurité pour tous.

    Au sommet de Madrid, en 1997, la République tchèque, la Hongrie et la Pologne ont été invitées à entamer des pourparlers d’adhésion et le 12 mars 1999, ces trois pays sont devenus les premiers anciens membres du Pacte de Varsovie à adhérer à l'OTAN.

    Forte de l’expérience acquise au cours de ce processus d’accession, l’OTAN a lancé le Plan d’action pour l’adhésion – ou MAP – en avril 1999, au sommet de Washington. Le MAP a pour objet d’aider les pays candidats à se préparer à l’adhésion à l’OTAN, sans toutefois préjuger de la décision qui sera prise à cet égard.

    La deuxième vague d’élargissement de l’après-Guerre froide

    La Bulgarie, l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie ont été invitées à entamer des pourparlers d'adhésion avec l'Alliance à l'occasion du sommet de Prague, en 2002. Le 29 mars 2004, elles sont devenues officiellement membres de l'Alliance, dans le cadre de la plus grande vague d'élargissement qu’ait connue l’OTAN.

    Ces sept pays avaient tous participé au MAP avant d’adhérer à l’OTAN.

    L'adhésion de l’Albanie et de la Croatie

    L’Albanie et la Croatie sont les deux derniers pays à avoir adhéré à l’OTAN. L’Albanie a participé au MAP depuis la création de ce dernier, en 1999, et la Croatie depuis 2002. Ces deux pays coopèrent avec l’OTAN dans toute une série de domaines, en mettant particulièrement l’accent sur la réforme des secteurs de la défense et de la sécurité, ainsi que sur le soutien à une réforme démocratique et institutionnelle plus large.

    En juillet 2008, l’Albanie et la Croatie ont signé les protocoles d'accession et elles sont devenues membres officiels de l'Alliance le 1er avril 2009.

  1. La Turquie reconnaît la République de Macédoine sous son nom constitutionnel.
  2. La France a toutefois choisi de ne pas devenir membre du Groupe des plans nucléaires de l'OTAN.