NATO - North Atlantic Treaty Organisation

Opérations de lutte contre la piraterie

La recrudescence des actes de piraterie dans le golfe d’Aden et au large de la Corne de l’Afrique mine les efforts humanitaires internationaux déployés en Afrique et met en péril la sécurité de l’une des routes maritimes les plus importantes et les plus fréquentées au monde, qui constitue la voie d’accès au canal de Suez. Depuis 2008, l'OTAN contribue à dissuader et à déjouer les actes de piraterie, tout en protégeant les navires et en aidant à améliorer le niveau général de sécurité dans la région.

En réponse à une demande formulée fin 2008 par le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki moon, l’OTAN a commencé à fournir, dans le cadre de l’opération Allied Provider (octobre-décembre 2008), des escortes aux navires affrétés par le Programme alimentaire mondial (PAM) et transitant par ces eaux dangereuses. En plus d’offrir une protection rapprochée à ces navires du PAM, l’OTAN a mené des patrouilles de dissuasion et a empêché par exemple le détournement de bâtiments et la prise en otage d’équipages lors d’attaques de pirates. Cette opération a été suivie de l’opération Allied Protector (mars août 2009), qui a continué à contribuer à la sécurité des routes commerciales maritimes et de la navigation internationale. L’opération Allied Protector a également permis d’assurer des missions de surveillance et de remplir les tâches exécutées précédemment dans le cadre de l’opération Allied Provider. En août 2009, elle a été relayée par l’opération Ocean Shield.

L’opération Ocean Shield contribue elle aussi à assurer la sécurité maritime dans la région et à réduire le taux de réussite des attaques de pirates. Face aux nouvelles tactiques de piraterie, l’OTAN a créé des synergies plus importantes avec d’autres initiatives, elle a reconnu la nécessité permanente de renforcer les capacités régionales, dans la limite des moyens et des capacités disponibles, et elle s’est concentrée sur des domaines dans lesquels elle apporte une valeur ajoutée. L’évaluation stratégique réalisée en mars 2012 a mis en évidence la nécessité de saper les bases logistiques et les moyens de soutien des pirates, notamment en neutralisant leurs navires et leurs skiffs, en posant des balises de localisation sur les bateaux-mères et en autorisant l’usage de la force pour neutraliser ou détruire les navires soupçonnés de servir à des actes de piraterie ou à des vols à main armée.

Les activités de lutte contre la piraterie que mène l’OTAN sont en totale complémentarité avec les résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité des Nations Unies et avec les actions entreprises dans ce domaine par d’autres acteurs, comme l’Union européenne.

  • Opération Ocean Shield - en cours

    La mission, ses objectifs et sa portée

    Les actes de piraterie et les attaques à main armée perturbent l'acheminement de l'aide humanitaire vers la Somalie, et ils constituent une menace pour les voies de communication maritimes essentielles et les intérêts économiques au large de la Corne de l’Afrique et dans le golfe d’Aden.

    S’inscrivant dans le prolongement des deux missions de lutte contre la piraterie menées précédemment par l'OTAN, l’opération Ocean Shield est axée principalement sur les opérations maritimes de lutte contre la piraterie. Les bâtiments de l’OTAN effectuent par exemple des missions de surveillance par hélicoptère destinées à localiser et à identifier des navires dans la région, et ils contribuent à prévenir et à faire échouer les détournements et à mettre fin aux attaques à main armée. L’OTAN a également accepté, à la demande des Nations Unies, d’escorter les navires d’approvisionnement du Bureau d'appui de l'ONU à l'AMISOM (UNSOA) jusqu’à l’entrée du port de Mogadiscio. L’Alliance a élargi son approche de la lutte contre la piraterie en proposant, dans la limite de ses moyens et de ses capacités, aux États de la région qui en feraient la demande de les aider à développer leur propre capacité de lutte contre les actes de piraterie. Plus récemment, elle a aussi pris des mesures destinées à saper les bases logistiques et les moyens de soutien des pirates.

    En bref, le rôle de l’OTAN consiste à escorter les navires et à assurer la dissuasion, tout en renforçant la coopération avec d’autres opérations de lutte contre la piraterie dans la région, le but étant d’optimiser les efforts et de faire face à l'évolution des tendances et des tactiques de piraterie.

    Cette opération, approuvée par le Conseil de l’Atlantique Nord le 17 août 2009, a été prolongée jusqu’à la fin 2014.

    Composition et commandement de la force navale

    Rotation actuelle

    Le SNMG 2 dirige actuellement l’opération Ocean Shield. Les navires ci-après ont été placés sous le commandement du contre-amiral Antonio Natale (Marine italienne) :

    • ITS San Marco (vaisseau amiral, Italie)
    • USS Halyburton (États-Unis)
    • HDMS Iver Huitfeldt (Danemark)

    Le contre-amiral Natale relève du quartier général du Commandement des forces maritimes alliées à Northwood (Royaume-Uni), désormais l'unique commandement maritime de l'OTAN, qui apporte expertise, conseils et soutien dans le domaine maritime aux forces maritimes permanentes et qui assure, pour le compte du SHAPE, le commandement et le contrôle de forces maritimes dédiées.

    Rotations précédentes

    Juin-déc. 2012 SNMG1

     

    Contre-amiral Ben Bekkering (Marine néerlandaise)

    HLNMS Evertsen (vaisseau amiral, Pays-Bas)
    USS Taylor (États-Unis)

    Janvier -juin 2012 SNMG2  

    Contre-amiral Sinan Tosun (Marine turque)

    TCG Giresun (vaisseau amiral, Turquie)
    HDMS Absalon (Danemark)
    ITS Grecale (Italie)
    RFA Fort Victoria (Royaume-Uni)
    USS Dewert (États-Unis)
    USS Carney (États-Unis)*

    *Navire initialement affecté à cette rotation.

    Juin 2011-décembre 2011 SNMG1  

    Contre-amiral Gualtiero Mattesi (Marine italienne)

    ITS Andrea Doria (vaisseau amiral, Italie)
    USS Carney (États-Unis)
    USS De Wert (États-Unis)
    NRP D. Francisco De Almeida (Portugal)

    Décembre 2010- juin 2011 SNMG2  

    Commodore Michiel Hijmans (Marine royale néerlandaise)

    HMNLS De Ruyter (vaisseau amiral, Pays-Bas)
    HDMS Esbern Snare (Danemark)£
    TCG Gaziantep (Turquie)
    USS Laboon (États-Unis)

    Août-début décembre 2010 SNMG1  

    Commodore Christian Rune (Danemark)

    HDMS Esbern Snare (vaisseau amiral, Danemark)
    HMS Montrose et RFA Fort Victoria (Royaume-Uni)
    USS Kauffman et USS Laboon (États-Unis)
    ITS Bersagliere (Italie)
    HNLMS Zeeleeuw (sous-marin, Pays-Bas)

    Mars-août 2010 SNMG2  

    12 mars-30 juin : Commodore Steve Chick (Royaume-Uni)

    HMS Chatham (vaisseau amiral, Royaume-Uni)
    HS LIMNOS (Grèce) - sous contrôle national à partir du 30 mai
    ITS SCIROCCO (Italie) - sous contrôle national à partir du 5 juin
    TCG Gelibolu (Turquie)
    USS Cole (États-Unis)

    1er juillet-6 août : Commodore Michiel Hijmans (Marine royale néerlandaise)

    HNLMS de Zeven Provinciën (vaisseau amiral, Pays-Bas)
    TCG Gelibolu (Turquie)
    USS Cole (États-Unis)

    Novembre 2009-mars 2010 SNMG1  

    Commodore Christian Rune
    (succède au contre-amiral Jose Pereira da Cunha (Portugal) le 25 janvier 2010).

    NRP Álvares Cabral (ancien vaisseau amiral, Portugal)
    HDMS Absalon (nouveau vaisseau amiral, Danemark)
    HMS Fredericton (Canada)
    USS Boone (États-Unis)
    HMS Chatham (Royaume-Uni)

    Août-novembre 2009 SNMG2  

    Commodore Steve Chick (Royaume-Uni)

    HS Navarinon (Grèce)
    ITS Libeccio (Italie)
    TCG Gediz (Turquie)
    HMS Cornwall (Royaume-Uni)
    USS Donald Cook (États-Unis)

    SNMG1 et SNMG 2

    L’OTAN dispose de deux forces de réaction immédiate les groupes maritimes permanents OTAN - le SNMG1 et le SNMG2 - et les groupes permanents OTAN de lutte contre les mines - le SNMCMG1 et le SNMCMG2.

    Les groupes maritimes permanents OTAN constituent une force maritime multinationale intégrée qui se compose de navires de différents pays de l’Alliance. Ces navires (et leurs hélicoptères) sont en permanence à la disposition de l’OTAN pour exécuter différentes tâches allant de la participation à des exercices jusqu’à l’intervention réelle dans des missions opérationnelles. Ces groupes offrent une capacité maritime permanente que l’OTAN peut mettre en œuvre pour des opérations ou d’autres activités, menées aussi bien en temps de paix qu’en période de crise ou de conflit. Leur rôle consiste également à établir la présence de l’Alliance, à démontrer la solidarité, à effectuer des visites diplomatiques de routine dans différents pays, à soutenir le processus de transformation et à mettre toute une gamme de capacités maritimes à disposition pour les missions en cours.

    Le SNMG1 et le SNMG2 sont déployés en alternance pour assurer les rotations de six mois de l’opération Ocean Shield, et en autre temps ils opèrent en fonction des besoins opérationnels de l’Alliance, ce qui contribue à maintenir une flexibilité optimale. Leur composition varie, et ils comptent en général de six à dix navires fournis par autant de pays membres de l’Alliance.

  • Opérations précédentes

    Opération Allied Protector (mars-août 2009)

    La mission, ses objectifs et sa portée

    L’opération Allied Protector a aidé à décourager et à déjouer les actes de piraterie dans le golfe d’Aden et au large de la Corne de l’Afrique, aussi bien qu’à s’en défendre.

    Du 24 mars au 29 juin 2009, l’opération a été menée par des vaisseaux du SNMG1. Comme indiqué précédemment, ce groupe opère généralement dans la zone orientale de l’Atlantique, mais il peut être déployé partout où l’OTAN en a besoin. La première phase de l’opération Allied Protector a été menée alors que le Groupe se mettait en route pour assurer le tout premier déploiement de l’OTAN en Asie du Sud-Est. Il a brièvement fait escale à Karachi (Pakistan), les 26 et 27 avril. Toutefois, avec la recrudescence des actes de piraterie, l’OTAN a décidé, dès le 24 avril, d’annuler les deux autres escales prévues à Singapour et en Australie. C’est ainsi que la seconde phase de l'opération, qui devait être mise en œuvre fin juin alors que le SNMG1 revenait vers les eaux européennes, a été avancée au 1er mai.

    Le 29 juin 2009, le SNMG2 a succédé au SNMG1 à la tête de l’opération. Le SNMG2 avait dirigé la première opération OTAN de lutte contre la piraterie, l’opération Allied Provider (voir ci-après).

    Composition et commandement de la force navale
    24 mars-29 juin 2009 SNMG1  

    Contre-amiral Jose Pereira de Cunha (Portugal)

    NRP Corte Real (vaisseau amiral, Portugal)
    HMCS Winnipeg (Canada)
    HNLMS de Zeven Provinciën (Pays-Bas)
    SPS Blas de Lezo (Espagne)
    USS Halyburton (États-Unis)

    29 juin-août 2009 SNMG2  

    Commodore Steve Chick (Royaume-Uni)

     

    ITS Libeccio (frégate, Italie)
    HS Navarinon (frégate F461, Grèce)
    TCG Gediz (frégate F495, Turquie)
    HMS Cornwall (frégate F99, Royaume-Uni)
    USS Laboon (destroyer DDG58, États-Unis)

    Opération Allied Provider (octobre-décembre 2008)

    La mission, ses objectifs et sa portée

    L’opération Allied Provider de l’OTAN consistait à escorter les navires affrétés par le Programme alimentaire mondial (PAM) et, plus généralement, à patrouiller dans les eaux somaliennes. La présence de l’Alliance a également contribué à prévenir les actes de piraterie qui menaçaient la région.

    Lorsqu’ils assuraient cette protection rapprochée et patrouillaient dans ces eaux qui sont les plus exposées à des actes criminels contre des navires marchands, les bâtiments de l’OTAN pouvaient avoir recours à la force dans le respect des règles d’engagement approuvées et du droit national et international applicable.

    L’opération Allied Provider a été établie temporairement en réponse à une demande formulée le 25 septembre 2008 par le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki‑moon. L’OTAN a fourni cette capacité de lutte contre la piraterie en application des résolutions 1814, 1816 et 1838 du Conseil de sécurité de l’ONU, et en coordination avec d’autres acteurs internationaux, parmi lesquels l’Union européenne.

    Le 9 octobre, lors d’une réunion informelle à Budapest (Hongrie), les ministres de la Défense des pays de l’OTAN ont décidé de répondre favorablement à la demande de l’ONU. On a ensuite entrepris de planifier le redéploiement des ressources du SNMG2 afin que celui-ci puisse mener des missions de lutte contre la piraterie.

    Il était déjà prévu que le SNMG2 fasse escale dans plusieurs pays du golfe Persique (Bahreïn, Émirats arabes unis, Koweït et Qatar), dans le cadre de l’Initiative de coopération d’Istanbul (ICI). Le Groupe a donc entamé la traversée du canal de Suez le 15 octobre, afin de conduire ces deux missions simultanément.

    Composition et commandement de la force navale

    Au moment de l’opération, le SNMG2 était constitué de sept bâtiments des forces maritimes de l’Allemagne, des États-Unis, de la Grèce, de l’Italie, du Royaume-Uni et de la Turquie Trois des sept navires ont été affectés à l’opération Allied Provider :

    • ITS Durand de la Penne (vaisseau amiral, destroyer D560, Italie) ;
    • HS Themistokles (frégate F465, Grèce) ;
    • HMS Cumberland (frégate F85, Royaume-Uni).

    Les quatre autres navires (le FGS Karlsruhe et le FGS Rhön (Allemagne), le TCG Gokova (Turquie) et l’USS The Sullivans (ÉtatsUnis)) ont poursuivi leur déploiement vers les pays de l'ICI. C’était la première fois qu’une flotte battant pavillon OTAN se déployait dans le Golfe.

    Au moment de l’opération, le SNMG2 était placé sous le commandement du contre-amiral Giovanni Gumiero (Marine italienne), nommé à ce poste en juillet 2008. Le contre-amiral Gumiero relevait du commandant du Commandement de composante maritime alliée (CC-MAR) à Naples, l'un des trois commandements de composante du Commandement des Forces alliées interarmées à Naples.

Mis à jour le: 01-Feb-2013 11:13

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