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Opérations et missions de l’OTAN

L’OTAN est un acteur de premier plan de la paix et de la sécurité sur la scène internationale. Dans le cadre de ses opérations de gestion des crises, l’Alliance démontre à la fois sa volonté d’agir comme une force positive de changement et sa capacité à répondre aux défis de sécurité du 21e siècle.

Depuis sa première intervention militaire en 1995, l’OTAN s’est engagée dans des opérations sans cesse plus diversifiées. Aujourd’hui, environ 70 000 hommes participent à des missions de l’OTAN dans le monde et mènent avec succès des opérations terrestres, aériennes et navales dans tous les types d’environnement. Ces forces sont actuellement déployées en Afghanistan, au Kosovo, en Iraq, en Méditerranée et en Somalie.

Opérations et missions actuelles

Depuis sa première intervention dans les Balkans, en 1995, l’OTAN n’a fait qu’accroître le rythme et la diversité de ses opérations. Elle s’est depuis lors engagée dans des missions qui couvrent toute la gamme des opérations de gestion des crises, depuis les missions de combat et de maintien de la paix jusqu'à la surveillance et aux secours humanitaires, en passant par le soutien en matière de formation et de logistique. Aujourd’hui, les forces de l’OTAN sont déployées en Afghanistan, au Kosovo, en Iraq, en Méditerranée et en Somalie.

L'OTAN en Afghanistan

L’opération de l’OTAN en Afghanistan constitue à ce jour l’entreprise la plus ambitieuse de l’Alliance. Créée par une décision des Nations Unies en 2001, la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) est dirigée par l’OTAN depuis août 2003.

La FIAS compte quelque 55 000 hommes de plus de quarante pays, déployés sur l’ensemble du territoire afghan. Sa mission consiste à aider le gouvernement central afghan à étendre son autorité dans l'ensemble du pays et à créer un environnement sûr qui doit favoriser le bon fonctionnement des institutions démocratiques et l’établissement de la primauté du droit.

La constitution de forces de sécurité nationales afghanes professionnelles qui permettrait aux Afghans d'assurer pour une part grandissante la sécurité de leur pays est un élément essentiel de cette mission. D’importants progrès ont déjà été réalisés. Inexistante en 2003, l’armée nationale afghane compte aujourd’hui plus de 70 000 hommes, et elle a commencé à assurer la direction de la plupart des opérations.

Parallèlement aux opérations de sécurité et au renforcement de l’armée et de la police nationale(s) afghane(s), la FIAS contribue aussi directement au développement et à la reconstruction de l’Afghanistan par le biais de vingt-six équipes de reconstruction provinciales (PRT), qui s'emploient à recenser les besoins de reconstruction et à soutenir les activités d'aide humanitaire dans l'ensemble du pays.

L’OTAN au Kosovo

Même si l’Afghanistan reste le principal théâtre d’opérations de l’OTAN, l’Alliance ne faillit pas à ses autres engagements, en particulier dans les Balkans. À ce jour, environ 15 000 soldats alliés opèrent dans les Balkans dans le cadre de la Force pour le Kosovo (KFOR).

Entrées pour la première fois au Kosovo en juin 1999 pour mettre fin à la violence généralisée et faire cesser la catastrophe humanitaire, les troupes de la KFOR continuent de maintenir une présence forte sur tout le territoire afin de préserver la paix imposée par l’OTAN il y a près de dix ans.

À la suite de la déclaration d’indépendance du Kosovo en février 2008, l’OTAN a décidé qu’elle continuerait à maintenir une présence sur la base de la résolution 1244 du Conseil de sécurité des Nations Unies. En juin 2008, l’Alliance a décidé de superviser la dissolution du Corps de protection du Kosovo et d'aider à mettre en place une force de sécurité multiethnique et professionnelle.

L'OTAN et l'Iraq

Entre les Balkans et l’Afghanistan se trouve l’Iraq, où l’OTAN mène une opération de soutien relativement petite, mais importante.

Au sommet d’Istanbul, en 2004, les Alliés ont su dépasser leurs divergences et ont décidé de contribuer à l'effort international visant à aider l'Iraq à mettre en place des forces de sécurité efficaces et responsables. C’est ainsi qu’a été créée la Mission OTAN de formation en Iraq (NTM-I), qui apporte un soutien dans différents contextes, s’agissant de la formation, des avis et du mentorat. Tous les pays membres de l'OTAN participent à l'effort de formation, à l'intérieur comme à l'extérieur de l'Iraq, par le biais de contributions financières ou de dons d’équipements.

Surveillance de la Méditerranée

Les opérations de l’OTAN ne se limitent pas uniquement aux zones de conflit. Au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, l’OTAN a immédiatement commencé à prendre des mesures pour élargir les options disponibles pour lutter contre la menace du terrorisme international. Avec le lancement de l’opération maritime de surveillance Active Endeavour en octobre 2001, l’OTAN a ajouté une nouvelle dimension à la lutte internationale contre le terrorisme.

Conduite par les forces navales de l’OTAN, l’opération Active Endeavour est axée sur la détection et à la dissuasion des activités terroristes en Méditerranée. Le champ de cette opération a ensuite été élargi à l’escorte de navires civils et commerciaux des pays alliés qui empruntent le détroit de Gibraltar.

L’opération s’est révélée un outil efficace tant pour assurer la protection d'une région maritime stratégique que pour lutter contre le terrorisme en haute mer et en provenance de la haute mer. Parallèlement, l’expérience acquise et les partenariats développés dans le cadre de l'opération Active Endeavour ont permis à l'OTAN de renforcer considérablement ses capacités concernant cet aspect de plus en plus essentiel des opérations.

Soutien à l’Union africaine

Bien au-delà des limites de la région euro-atlantique, l’Alliance continue de soutenir l’Union africaine (UA) dans ses missions de maintien de la paix sur le continent africain.

Depuis juin 2007, l’OTAN appuie la mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM) en fournissant un soutien en matière de transport aérien aux troupes de maintien de la paix de l’UA. Ce soutien a été autorisé jusqu’en février 2009, et l’Alliance est disposée à examiner toute nouvelle demande de l’Union africaine. L’OTAN continue également de collaborer avec l’Union africaine afin de définir d’autres domaines dans lesquels l’Alliance pourrait appuyer la Force africaine en attente.

Le soutien fourni par l’OTAN à l’AMISOM a coïncidé avec une opération similaire de soutien à la mission de maintien de la paix de l’Union africaine au Soudan (MUAS). De juin 2005 à décembre 2007, l’OTAN a assuré un transport aérien pour quelque 37 000 hommes de la MUAS, et assuré la formation et le mentorat de plus de 250 responsables de cette mission. Bien que le soutien fourni par l'OTAN à cette mission ait pris fin lorsque la MUAS a été remplacée par l’opération hybride UA/ONU au Darfour (MINUAD), l’Alliance s’est immédiatement déclarée disposée à examiner toute demande de soutien pour la nouvelle mission de maintien de la paix.

Le maintien du soutien de l’OTAN à l’Union africaine est une preuve de la détermination de l’Alliance à construire des partenariats, à contribuer au maintien de la paix et à appuyer les efforts humanitaires au-delà de la région euro-atlantique.

Opérations et missions terminées

Lutte contre la piraterie dans le golfe d’Aden

D’octobre à décembre 2008, l’OTAN a mené l’opération Allied provider, qui consistait à lutter contre les activités de piraterie au large des côtes somaliennes. En réponse à une demande du secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, les forces navales de l’OTAN ont escorté des navires affrétés par le Programme alimentaire mondial (PAM) en transit dans les eaux dangereuses du golfe d’Aden, où la recrudescence des actes de piraterie risquait de compromettre les efforts humanitaires internationaux en Afrique.

Parallèlement, répondant à une demande urgente de l’Union Africaine, ces mêmes forces navales de l’OTAN ont escorté un navire affrété par l’Union africaine qui transportait du matériel pour le contingent du Burundi déployé dans le cadre de l'AMISOM.

Opération de secours après le tremblement de terre au Pakistan

Juste avant le début du rigoureux hiver himalayen, un tremblement de terre dévastateur a frappé le Pakistan le 8 octobre 2005, faisant environ 80 000 victimes et laissant près de trois millions de personnes sans nourriture ni abri.

Le 11 octobre, répondant à une demande du Pakistan, l’OTAN a lancé une opération pour contribuer à l’aide humanitaire d’urgence. L’Alliance a acheminé par voie aérienne 3 500 tonnes de secours et déployé des ingénieurs, des unités médicales et des matériels spécialisés pour aider aux opérations humanitaires. Cette opération d’aide humanitaire, l’une des plus importantes organisées par l’OTAN, s’est achevée le 1er février 2006.

Au fil du temps, l’Alliance a fourni une aide à d'autres pays frappés par des catastrophes naturelles, notamment la Turquie, l'Ukraine et le Portugal.

L’OTAN en Bosnie-Herzégovine

De 1995 à 2004, l'OTAN a dirigé une force de soutien de la paix en Bosnie-Herzégovine, ce qui a contribué à maintenir des conditions de sécurité et a facilité la reconstruction du pays suite à la guerre de 1992-1996.

Compte tenu de l’amélioration de la situation de sécurité, l’OTAN a mis fin à son opération de soutien de la paix en décembre 2004, et l'Union européenne a déployé une nouvelle force baptisée Opération Althea. Cette force a repris le rôle principal de stabilisation de la paix qu’assumait auparavant l'OTAN aux termes de l’Accord de paix de Dayton. L'OTAN maintient un quartier général militaire dans le pays pour effectuer un certain nombre de tâches spécifiques, qui consistent en particulier à aider les autorités du pays à réformer leurs structures de défense.

L’OTAN dans l’ex-République yougoslave de Macédoine1

Répondant à une demande du gouvernement macédonien, l’OTAN a mené successivement trois opérations en Macédoine entre août 2001 et mars 2003.

La première, Essential Harvest, a permis de désarmer les groupes d’origine albanaise qui opéraient sur le territoire de la Macédoine.

Ensuite, l’opération Amber Fox a assuré la protection des observateurs internationaux chargés de surveiller la mise en œuvre du plan de paix.

Enfin, l’opération Allied Harmony, lancée en décembre 2002, consistait à fournir des éléments consultatifs chargés d'aider le gouvernement à assurer la stabilité dans l'ensemble du territoire macédonien.

Ces opérations dans l’ex-République yougoslave de Macédoine1 ont illustré la forte coopération qui existe entre l’OTAN, l’Union européenne et l'OSCE.

De 1949 à 1995

Pendant la Guerre froide

Lorsque l’OTAN a été créée, en 1949, l’un de ses rôles essentiels était d’agir comme un puissant moyen de dissuasion contre les agressions militaires - une raison d’être qui n’a pas changé pendant près de 50 ans.

À cet égard, on a pu mesurer le succès de l’OTAN au fait que pendant toute la période de la Guerre froide, les forces alliées n’ont pas participé à une seule action militaire. Pendant une bonne partie de la deuxième moitié du 20e siècle, l’OTAN est restée vigilante, se tenant prête.

Après la Guerre froide

Avec la fin de la Guerre froide, au début des années 1990, l’environnement de sécurité international a connu de profonds changements. L’Alliance a assisté à l’apparition de nouvelles menaces et à la réapparition d’anciennes menaces connues.

Cette évolution a amené de nouvelles responsabilités. Après avoir été une alliance exclusivement défensive pendant près d'un demi-siècle, l'OTAN a commencé à assumer un rôle de plus en plus dynamique au sein de la communauté internationale. Ce rôle présentait de nombreux défis. La première épreuve pour l’OTAN s’est présentée en 1995, lorsque la crise dans les Balkans a atteint un « point de basculement ».

Première opération militaire de l’OTAN

Après l’échec des efforts diplomatiques visant à mettre fin au conflit en Bosnie-Herzégovine, la communauté internationale a appelé l’Alliance à agir, et l’OTAN était prête à répondre à cet appel.

En août 1995, l’OTAN a lancé l'opération Deliberate Force pour mettre fin à la violence provoquée par les Serbes en Bosnie-Herzégovine. Le succès de cette campagne aérienne a ouvert la voie à la signature de l’Accord de paix de Dayton, en décembre 1995.

Pour soutenir la mise en œuvre de cet accord de paix, l’OTAN a immédiatement déployé une Force de mise en œuvre (IFOR) de quelque 60 000 hommes, sous mandat des Nations Unies. Cette opération a été suivie, en décembre 1996, par le déploiement d'une Force de stabilisation (SFOR) de 32 000 hommes, qui a maintenu un environnement sûr en Bosnie-Herzégovine jusqu'à ce que son mandat soit repris par une force de l'Union européenne en décembre 2004.

Le succès de ces trois premières opérations de soutien de la paix a illustré la capacité de l’OTAN à mener une action décisive lorsque la communauté internationale fait appel à elle. L’Alliance a connu ensuite une période d’activité opérationnelle sans précédent.

  1. La Turquie reconnaît la République de Macédoine sous son nom constitutionnel.