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Konvertibilna Marka & Euro

Ltn Philippe Mouret
Premire publication dans le
Journal de la SFOR#128, le 12 dcembre, 2001

Le premier janvier 2002, l’Euro entre en circulation dans douze pays de l’Union européenne (UE) sous sa forme fiduciaire (billets et pièces). C’est un événement considérable sur le plan économique et politique pour les pays concernés, mais aussi pour leurs partenaires, parmi lesquels la Bosnie-Herzégovine (B-H).

Sarajevo – l’Euro est devenue la monnaie officielle de l’Europe en 1999. Le Journal de la SFOR présente aujourd’hui les conséquences pour la B-H et son économie de son entrée imminente en circulation. Dans la prochaine édition seront développées les implications pour la SFOR et ses soldats.
Euro, la monnaie de l’an II
Avant d’être un acte économique, la volonté de remplacer les différentes monnaies des pays membres de l’UE par une devise unique est une décision politique. Pour beaucoup, la gestion de la monnaie d’un Etat est un attribut essentiel de sa souveraineté. Ce sera désormais le rôle de la Banque centrale européenne.
Une devise peut remplir trois fonctions : unité de compte, réserve de valeur et intermédiaire d’échanges. Cependant, la seule qui la définit en tant que monnaie est la troisième. L’Euro était déjà une monnaie à part entière, car utilisé comme intermédiaire des échanges dans les transactions financières. Elle devient une monnaie fiduciaire et scripturale (paiements par chèques). Sa stabilité en fera, ou non, une réserve de valeur.
Konvertibilna Marka, la monnaie du renouveau
Le Mark convertible (Konvertibilna Marka, KM ou BAM) a été créé en B-H en 1998. Quatre monnaies différentes étaient alors en circulation : le Dinar bosnien, le Dinar yougoslave, le Kuna croate et le Deutsche Mark (DM). Aujourd’hui, le KM s’est imposé.
Il est lié depuis sa création au DM par une parité fixe d’un pour un. Conformément à l’Accord-cadre pour la paix (General Framework Agreement for Peace, GFAP), la Banque centrale de B-H (Centralna Banka Bosne I Hercegovine, CBBH) a pour mission de conduire la politique monétaire du pays. Les KM en circulation doivent être garantis par un dépôt équivalent en DM, monnaie de référence. A travers le DM, le KM est convertible avec l’ensemble des
devises : c’est la “convertibilité indirecte.” Selon le CC2 français Jean-Philippe Richard, adjoint au contrôleur financier de la SFOR (CJ8 DEPFINCON), “c’est une discipline de fer qui montre la volonté de redémarrer sur des bases saines.”
La parité de change fixe doit rester en vigueur jusqu’en août 2003. Cependant, d’ores et déjà, l’arrivée de l’Euro va avoir des conséquences directes et indirectes pour le KM.
Konvertibilna Marka & Euro
A partir du 1er janvier 2002, la monnaie de référence du KM devient l’Euro, avec un taux de change fixe de 1 euro (€) pour 1,95583 KM ou, réciproquement, de 1 KM pour 0,51129 €. “L’Euro devrait fournir une garantie plus forte que le DM. Cela renforcera encore le KM, déclare M. Ljubisa Vladusic, vice-gouverneur de la CBBH. Et, à terme, la parité fixe avec l’Euro en B-H permettra une ‘convertibilité directe’ du KM avec l’ensemble des devises du monde.”
Le retrait des DM en circulation en B-H a d’ores et déjà commencé. Mais de nombreux Bosniens conservent leur épargne dans cette monnaie. Le change dans les banques commerciales est ouvert jusqu’au 15 février 2002, selon quatre modalités :
· change direct des DM en KM,
· dépôt des DM sur un compte en KM ou en euros,
· change des DM dans une monnaie hors zone Euro (Dollar, Francs suisse…),
· à partir du 1er janvier 2002, possibilité de changer les DM en billets libellés en euros.
La remise en circulation de l’argent thésaurisé en dehors des circuits bancaires, dormant sous des matelas, pourrait faire craindre des dérapages inflationnistes. Mais M. Vladusic n’y croit pas : “Grâce à l’obligation de couverture à 100 %, il n’y a pas de risque d’inflation monétaire.” En 2001, le taux d’inflation est tombé à 1 % en B-H, un niveau inférieur à celui de l’UE, sans cependant refléter la santé de l’économie. Pour le vice-gouverneur, les tensions inflationnistes existent sur le ‘secteur réel’. L’économie du pays a toujours du mal à répondre à la demande de biens.
M. Vladusic ajoute : “L’augmentation des dépôts sur des comptes bancaires et de l’épargne placée devrait améliorer la crédibilité des banques commerciales et permettre de développer le crédit… Cependant, si les gens changent leurs DM en euros et les remettent sous leurs matelas, cela ne changera rien.” Mais il est confiant. L’épargne, qui n’était que de 50 millions de KM il y a quatre ans, est aujourd’hui de 700 millions de KM.
Après le retrait du DM, le KM restera la seule monnaie légale en B-H. Les commerçants auront obligation de l’accepter. Bien que n’ayant pas cours légal, l’Euro quant à lui pourra être utilisé à la discrétion des établissements. Pour le CC2 Richard, le taux de change de un pour un entre le KM et le DM donnait l’illusion que ces devises n’en faisaient qu’une. En revanche, la parité compliquée de l’Euro avec le KM va rendre son utilisation moins aisée. “Le KM s’affirmera de plus en plus,” pronostique-t-il.
La future politique monétaire
A partir d’août 2003, la CBBH devra définir sa nouvelle politique monétaire. Deux options s’offrent à elle : conserver une parité fixe avec l’Euro, ou assouplir ses règles de gestion.
M. Vladusic revient sur le fait que le KM est une monnaie forte dans une économie encore faible : “La règle de change [actuelle] est très stricte […] Il serait bon que la CBBH puisse intervenir dans le refinancement des banques commerciales […] Le principe de parité fixe est bon, mais nécessite des assouplissements pour stimuler le développement économique.”
Le vice-gouverneur explique que “la B-H fait de son mieux pour intégrer l’UE le plus tôt possible […] Le fait que la monnaie locale soit liée à l’Euro est déjà un point important.” En attendant, le pays doit achever son processus de transition vers l’économie de marché et faire la preuve de la viabilité de son économie. Et M. Vladusic de conclure : “Cela prend du temps pour changer les mentalités.”
A suivre

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