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Premires visites Potocari

Slt Alexandre Barbé
Premire publication dans le
Journal de la SFOR#112, le 3 mai, 2001

Près de 250 personnes déplacées et réfugiés bosniaques ont visité pour la première fois depuis la guerre leur village de Potocari, près de Srebrenica. L’ouverture récente de la base américaine de camp Connor, près de Bratunac, a grandement aidé l’UNHCR à monter cette opération.

Potocari – Les premières femmes terminent leur voyage à pied sur le chemin de terre qui sillonne les vertes collines du village. Venus par car affrétés par le Haut commissariat aux réfugiés des Nations unies (UNHCR) depuis Sarajevo et Tuzla, en deux vagues successives, ces réfugiés reviennent pour la première fois dans leur village d’origine pour nettoyer leurs maisons et tenter de s’y réinstaller.
“Jusqu’à présent, c’est le seul village de la région où nous commençons à avoir des retours, et nous en attendons beaucoup cette année,” déclare José Sieber, du bureau de l’UNHCR à Zvornik. En effet, selon les statistiques de l’UNHCR, 70 personnes seulement sont revenues vivre dans la municipalité de Srebrenica depuis la fin de la guerre (voir encadré).
En contrebas du village, de nouvelles maisons préfabriquées poussent. Des Bosno-serbes s’y sont installés récemment. Mais de la partie haute, originellement peuplée de bosniaques, il ne reste plus rien. “Nous avons prévenu les personnes qui reviennent de faire très attention car nous ne connaissons pas très bien les lieux minés, fait remarquer José Sieber. Nous ne pouvons pas fournir aux réfugiés les matériaux pour reconstruire, alors nous donnons des matelas ou de la nourriture à ceux qui souhaitent rester quelques jours.” Une dizaine de personnes passera cette nuit là dans le village de Bacuta près de Potocari.

Retours difficiles à Srebrenica
Selon les dernières statistiques publiées par l’UNHCR et l’OHR fin février 2001, la région de Srebrenica a un des plus bas taux du pays (3,29%) de repossession des habitations par leurs anciens propriétaires, après dépôt de plainte et décision judiciaire. Ces taux s’élévent à 3,37% pour Zvornik et à 4,98% pour Bratunac. Les taux de réinstallations sont beaucoup plus faibles, car qui dit repossession ne dit pas systématiquement réinstallation. Depuis la fin de la guerre, 4 790 personnes sont revenues revivre dans la municipalité de Zvornik, 70 dans celle de Srebrenica et 33 dans celle de Bratunac.

“Nous essayons d’amener les Organisations non-gouvernementales (ONG) sur place pour voir ce qu’elles peuvent donner. Mais elles demandent d’abord que les personnes montrent d’abord leur volonté de revenir vivre ici,” poursuit José Sieber.
Selon lui, les ONG manifestent un vif intérêt à la question des retours dans la région de Srebrenica. Parmi les réfugiés, figurent de nombreuses femmes, certaines très âgées, peu d’hommes et d’enfants. Lors du passage des cars, aucun incident n’a été signalé.
Un travail quotidien
Il semble que la situation soit favorable au retour des réfugiés dans la région depuis quelque temps. Selon différents membres du bureau de l’UNHCR de Zvornik qui travaillent sur le terrain depuis plusieurs mois, cela serait notamment du à l’implantation de la nouvelle base américaine camp Connor, à une dizaine de kilomètres de Bratunac. Conformément à son mandat, la SFOR est chargée de rétablir, là comme ailleurs, un environnement sûr et sécurisé. Mais ce n’est pas sa seule mission.

Un monument contre l’oubli
Comme il l’avait déjà déclaré le 10 juillet 2000, lors d’un discours à l’occasion du cinquième anniversaire des massacres de Srebrenica, M. Wolfgang Petritsch, Haut représentant, a décidé la création d’un cimetière pour les familles des victimes qui souhaitent y enterrer leurs morts, ainsi que l’érection d’un monument contre l’oubli. Le 25 octobre 2000, le Haut représentant a choisi une zone en face de l’usine de piles de Potocari. Un groupe de conseil international a été mis en place pour aider les familles à bâtir un plan du cimetière et du monument et à trouver les moyens de financement du projet.

Ce jour là, le Cdt Ruffin, chef de l’équipe CIMIC de la base, se trouvait sur le terrain. “Nous sommes ici pour voir comment se passe le processus de retour et pour déterminer quels sont les besoins de la population,” déclare-t-il. Cela fait partie de leur mission quotidienne. L’équipe couvre toute la partie de la Republika Srpska qui s’étend de Zvornik au sud de Srebrenica, l’une des régions les plus touchées par le nettoyage ethnique et les départs d’une partie de ses habitants.
La Force de police internationale (IPTF) était également présente. “Nous sommes ici en patrouille conjointe avec la police locale pour voir si tout se passe bien, déclare l’inspecteur indien Ghanendra Bundela. Nous effectuons cinq patrouilles par jour avec la police locale qui est très coopérative, car beaucoup de personnes reviennent dans la région de Srebrenica.”
Reste maintenant pour l’UNHCR à convaincre les organisations non-gouvernementales de financer le retour des réfugiés dans la région. Le travail ne manque pas et de grandes espérances demeurent.