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Mise à jour: 30-Oct-2000 Kosovo: un an après

La conduite de la campagne arienne

Le concept de lopration Force allie envisageait une campagne arienne en plusieurs phases, qui devait permettre lOTAN datteindre ses objectifs politiques avec un recours minimal la force. Ces phases allaient dune dmonstration de force, aux premiers stades, jusqu des oprations menes contre les forces serbes au Kosovo. Au besoin, ces oprations seraient tendues tout le territoire de la Rpublique fdrale de Yougoslavie et viseraient des objectifs appuyant le potentiel dont disposait le rgime pour attaquer la population civile du Kosovo. On avait espr, sans vraiment y compter, que le prsident Milosevic prendrait rapidement conscience de la dtermination de lOTAN et accepterait ses exigences. Au contraire, il a amplifi sa campagne de purification ethnique, et par consquent les responsables de lOTAN ont acclr et intensifi considrablement leur campagne arienne.

Slection des objectifs


Alignement de chasseurs-bombardiers F-16 amricains prts dcoller de la base arienne dAviano, en Italie, au cours de lopration Force allie.
(Photo: DoD (US) -325Kb )

Cette campagne arienne a t lance pour affaiblir le potentiel militaire serbe, la fois au niveau stratgique et lchelon tactique. Les frappes dobjectifs tactiques comme les positions dartillerie et les quartiers gnraux de campagne ont eu un effet plus immdiat, en entravant la purification ethnique au Kosovo. Quant celles diriges contre des cibles stratgiques, telles les ministres ou les raffineries, elles ont eu des rpercussions plus long terme et de plus grande envergure sur la machine militaire serbe. Les forces allies ont effectu un peu plus de 38.000 sorties de combat, dont 10.484 sorties avec frappes, sans subir aucune perte un rsultat remarquable.

Au dpart, il tait capital de neutraliser le rseau de dfense arienne serbe. Cette tche sest rvle ardue, face un systme trs structur, dot de nombreux lments mobiles. Or, sans la supriorit arienne, lOTAN naurait pas pu atteindre ses objectifs militaires tout en protgeant ses propres forces. De surcrot, la capacit des forces allies de frapper avec prcision des cibles militaires et de rduire les dommages collatraux aurait t limite. LOTAN a certes russi tenir la menace en chec sans toutefois lliminer compltement, ce qui a impos une vigilance continue durant toute la campagne arienne.


Un F-15 E Strike Eagle amricain dcolle de sa base italienne.
(Photo: DoD (US) - 79Kb)

En ce qui concerne les objectifs tactiques, lOTAN a fait porter lessentiel de ses efforts contre les installations militaires, et les troupes, les armes lourdes, les vhicules et les formations militaires dploys au Kosovo et dans le sud de la Serbie. Nombre de ces objectifs taient extrmement mobiles et difficiles localiser, surtout au dbut de la campagne, en raison de mauvaises conditions mtorologiques. Le placement cynique, par les Serbes, darmes et de vhicules dans des habitations et des btiments civils, la prsence de vhicules militaires dans des convois civils et, parfois, le recours des boucliers humains, a compliqu les frappes ariennes. Les Serbes ont ainsi pu exploiter le souci quavait lOTAN dviter de faire des victimes civiles. Cependant, la menace constante de laviation de lOTAN a contrecarr laction des Serbes, en les forant dissimuler et en les exposants aux frappes lorsquils saventuraient dcouvert.

Parmi les objectifs stratgiques figuraient les moyens de dfense arienne, les installations de commandement et de conduite des oprations, les quartiers gnraux des forces militaires (VJ) et de police (MUP) et les itinraires de ravitaillement yougoslaves. Les critiques parfois adresses lOTAN concernant ces frappes faisaient valoir que de telles actions mettaient galement en danger la fois les civils et leurs biens. En ralit, lAlliance avait soigneusement dfini les objectifs en fonction de leur rle dans leffort de guerre serbe. Elle na frapp que les installations estimes comme contribuant effectivement leffort militaire yougoslave et dont la destruction offrirait un avantage certain au plan militaire. Tout a t fait pour limiter un minimum lincidence de la campagne arienne sur la population civile serbe.

Rduire un minimum les risques pour les civils

Les cibles choisies ont d passer sous le scrutin des divers niveaux de commandement ainsi que des Allis procdant aux frappes mmes. De cette faon, celles-ci taient menes dans le respect du droit international, se justifiaient militairement et entranaient un minimum de risques pour les vies et les biens de civils.

En fait, le souci dviter des dommages involontaires a t, en permanence, un frein puissant. De nombreux objectifs ont t pargns parce que le risque pour les non-combattants tait jug trop lev. Cependant, ces restrictions nont en rien modifi lissue finale. Grce une technologie moderne, lhabilet de ses pilotes et la slection rigoureuse des objectifs, lAlliance a pu mener ses oprations bien en minimisant les pertes civiles.

On ne connatra jamais le bilan prcis des pertes en vies humaines, mais le groupe indpendant, Human Rights Watch, a estim 90 le nombre dincidents au cours desquels entre 488 et 527 civils auraient t tus 87 auraient pri Korisa, o les forces serbes ont contraint des civils occuper un objectif militaire connu. Ces chiffres sont nettement infrieurs aux 1.200 5.700 civils tus avancs par les Yougoslaves.

LOTAN regrette profondment les pertes civiles dont elle est responsable, mais elles doivent tre considres dans le contexte de la situation que lOTAN cherchait empcher et des actions du rgime de Belgrade. Rtrospectivement, il apparat que les quipages de lAlliance staient fix et avaient atteint des normes de trs haut niveau. Il est irraliste de penser que lon peut liminer tous les risques. Ce fait avait t bien compris et ouvertement admis de nombreuses reprises par des Albanais du Kosovo eux-mmes.

En dpit du cynisme des Serbes qui ont tent dexploiter les images de civils, victimes accidentelles de frappes ariennes de lOTAN, lAlliance a tenu bon. Lerreur du prsident Milosevic a t de croire que, sil rsistait suffisamment longtemps, lAlliance saffaiblirait. Quoique soumis de rudes tensions par la dure de la campagne arienne, les Allis ont surmont cette preuve grce lunit et au maintient des objectifs qui sont le fondement mme de lOTAN. La monte en puissance rgulire des moyens ariens et lefficacit croissante de lAlliance, ainsi que le fait de voir lOTAN rester solidaire, expliquent trs largement la reculade serbe.

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