Discours
par
M. Emilio Colombo,
Président du Comité Atlantique Italienne
Monsieur le Secrétaire Général,
Excellences,
Mesdames et Messieurs,
Je voudrais d'abord féliciter le Secrétaire
Général de l'OTAN qui a voulu réunir
ici les protagonistes d'une période où le
monde entier a vécu des changements de notre époque.
Pour ma part, je suis heureux d'être aujourd'hui,
avec plusieurs de mes anciens collègues, pour participer
à cette célébration qui veut témoigner
le grand succès de Dix Ans de Coopération
et Partenariat Euro-atlantique.
En effet, c'est aussi grâce à ce Partenariat
que l'on a réussi à créer et à
fortifier, au cour des dernières dix années,
une très grande zone de stabilité et de
sécurité dans le Vieux Continent et même
au delà de ses frontières traditionellement
reconnues.
On a vu grandir d'une manière extraordinaire le
nombre des pays qui ont décidé de partager
les valeurs et les buts qui ont inspiré la création
de l'Alliance Atlantique et son histoire.
Voilà, la donnée qui a modifié le
cadre : le retour des nouvelles démocraties en
Europe où il n'y avait plus l'ancienne ligne de
partage Est-Ouest.
Cet étonnant développement a donné
à l'Alliance une opportunité unique pour
penser édifier une nouvelle architecture de sécurité
en Europe ouverte aux pays de l'Europe centrale et sud-orientale
et même à la Russie.
Cela a représenté la base sur laquelle
l'OTAN a revu son rôle dans le monde qui changeait
très rapidement.
Au début des années quatre-vingt dix, l'OTAN
était tout à coup la seule grande alliance
politique et militaire ayant survécu aux circonstances
qui avaient conduit à sa création. Dans
le moment où on pouvait craindre une perte d'identité
de l'OTAN, on a immédiatement travaillé,
au contraire, pour soutenir le dialogue et la coopération
avec les nouvelles démocraties dans le but de surmonter,
définitivement la division de l'Europe.
On a trouvé ainsi une nouvelle dimension de l'Europe
qui s'est de plus en plus identifiée avec une communauté
de valeurs qui nous dérivent de l'héritage
culturel et politique partagé par M. De Gasperi,
M. Adenauer et M. Schuman.
Dans ce cadre d'action, visant à renforcer les
liens avec l'autre partie de l'Europe, le Conseil de coopération
nord-atlantique fut créé à la fin
du 1991, et remplacé en 1997 par le Conseil de
Partenariat euro-atlantique, comme premier forum de consultation
et de coopération entre les pays membres de l'OTAN
et leurs pays partenaires.
La raison profonde de ce développement touchait
à l'essence même des valeurs de la communauté
euro-atlantique.
De cette façon, on essayait de créer une
nouvelle équation de sécurité unissant
la nouvelle Europe - sortie de la chute du mur de Berlin
- et la communauté atlantique. En même temps,
on commençait à donner vie à une
communauté plus grande où tous étaient
prêts à partager les intérêts
stratégiques et les valeurs de la communauté
euro-atlantique.
A ce regard, je voudrais souligner le rôle fortement
politique joué par l'Alliance Atlantique qui a
décidé, dans un moment critique des relations
internationales, de s'ouvrir au monde et de devenir le
pilier principal, comme j'ai déjà dit,.d'une
nouvelle architecture de sécurité.
Il s'est agi d'une décision pas facile à
prendre mais dont aujourd'hui nous sommes très
satisfaits. Personne n'imaginait que 46 pays, de la Suisse
au Turkmenistan, pourraient se trouver liés par
un réseau formidable de rapports fondé sur
l'OTAN et sur les valeurs de la solidarité, du
dialogue et déjà coopération.
C'est sur cette base qu'en 1994 a été lancé
le Partenariat pour la Paix, qui a connu un succès
éclatant Dès le départ, le Partenariat
a investi dans les ressources humaines; dans les forces
armées qui pourraient être déployées
lors d'opérations militaires futures; et dans les
responsables de la communauté de défense
.qui seraient appelés à travailler et à
participer aux processus de prise de décisions
visant à promouvoir la sécurité et
la stabilité euro-atlantiques.
Après dix ans de coopération euro-atlantique
et depuis la création du Partenariat pour la Paix
- qui offre maintenant sa coopération à
25 pays non OTAN - nous pouvons sans doute dire avoir
réussi au-delà de toute espérance.
L'OTAN est considérée par ses partenaires
un point fondamental pour le système international
de défense et de sécurité dans la
perspective aussi de nouveaux défis auxquels on
devra faire face dans les années à venir.
Et notre présence aujourd'hui à Bruxelles
veut témoigner ce résultat extraordinaire.
Ce Partenariat est devenu l'un des principaux instruments
de la communauté internationale dans les actions
multilatérales que celle-ci mène en faveur
de la paix et de la stabilité, et il fait partie
d'une stratégie globale visant à parvenir
à des solutions réalistes à long
terme.
Le Partenariat est donc une entité dynamique. Il
a été à l'origine de nombreuses initiatives
destinées à contribuer à la sécurité
et à la stabilité euro-atlantiques, et il
va évoluer à mesure que les Alliés
et Partenaires étudieront d'autres moyens d'approfondir
leur coopération.
C'est surtout en l'Europe du Sud-est, où le besoin
de stabilité a été jusqu'aujourd'hui
le plus grand et immédiat, que le Partenariat a
contribué de plus en plus à la gestion des
crises, au renforcement de la confiance et, finalement,
à la prévention de la reprise des conflits.
L'investissement dans cet effort collectif a en effet
donné ses premiers dividendes tangibles dans les
opérations-dirigées par l'OTAN dans les
Balkans.
Je tiens beaucoup à souligner cet aspect en raison
du considérable engagement de l'Italie dans cette
région où nous avons profité de l'excellente
coopération donnée par les pays partenaires.
Et à ce regard, l'importance du rôle de
l'Italie au sein de l'OTAN ne peut être ignorée.
Il s'agit d'un rôle qui a été construit
avec la participation dynamique à l'opération
Alba, les missions en Bosnie, Kosovo et Macédoine
et avec l'élection d'un Italien comme Président
du Comité Militaire.
Et construit aussi avec une politique qui a été
capable d'offrir une contribution en harmonie avec la
nouvelle dimension de l'Alliance et les nouvelles exigences
internationales.
Enfin, je voudrais ajouter que les développements
qui ont suivi les tragiques événements du
11 septembre ont confirmé le rôle de l'OTAN
comme point de référence et de rencontre
des démocraties de la zone euro-atlantique.
Avec notre présence ici aujourd'hui nous voulons
non seulement célébrer dix ans de coopération
euro-atlantique, mais aussi réaffirmer nos valeurs
communes et la nécessité d'agir solidairement
pour les sauvegarder.
Au cours des dernières semaines, il y a eu plusieurs
occasions pour se rendre compte de leur importance, mais
surtout pour vérifier le grand esprit de solidarité
qui a uni les membres de la communauté euro-atlantique
et tous ses partenaires.
Les mesures collectives adoptées par les Alliés,
concrétisant l'article 5 du Traité de Washington
pour la première fois Jans l'histoire de l'OTAN,
ont montré clairement la détermination des
Alliés et leur engagement à appuyer la lutte
contre le terrorisme et d'y contribuer.
En outre, les déclarations de solidarité
du Conseil de Partenariat euro-atlantique, du Conseil
Permanent OTAN-Russie et de la Commission OTAN-Ukraine
nous ont définitivement montré que la communauté
partageant les valeurs atlantiques a grandi et qu'elle
a changé d'une manière formidable.
Dans ce cadre, je voudrais souligner l'opportunité
que l'on a maintenant pour développer et renforcer
la coopération et le dialogue entre l'OTAN et la
Russie, avec un nouvel élan pour la mise en oeuvre
d'une nouvelle architecture de sécurité
euro-atlantique.
En conclusion de mon discours, je voudrais dire qu'au
cours des prochaines années l'Alliance Atlantique
aura pour tâche de participer activement aux grands
changements qui se déroulent maintenant dans le
monde.
Une OTAN, elle-même transformée, devenue
protagoniste de ce nouveau scénario, où
elle sera de plus en plus impliquée. Il s'agit
d'une évolution naturelle d'une organisation qui
a su bien s'adapter aux nouvelles circonstances, tout
en maintenant son identité.
L'OTAN pourra ultérieurement développer
sa nouvelle dimension et son nouveau rôle avec une
fonction de soutien au processus complémentaire
de création d'une Europe de la sécurité
et de la défense.
Dans ce cadre, l'Italie - avec sa fidélité
au lien transatlantique et son rôle historique de
propulsion au sein de l'Europe communautaire pourra continuer
à donner une grande contribution sur ces deux fronts
qui constituent une frontière essentielle pour
les équilibres internationaux après la fin
du bipolarisme.
Je vous remercie pour votre attention.

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