Dix
années de Partenariat et de coopération -
Le Partenariat aujourd'hui
Discours
prononcé
par la Secrétaire d'Etat à la défense
de Suède,
Mme Yvonne Gustafsson
M. le Secrétaire général, Vos Excellences,
Mesdames et Messieurs :
C'est pour moi un grand honneur de m'adresser à vous aujourd'hui
sur le thème "Dix années de Partenariat et de coopération",
en évoquant plus particulièrement les plans civils d'urgence.
Depuis des années déjà, la Suède dispose
d'un concept de défense totale, c'est-à-dire que les performances
et les capacités de nos efforts de défense s'appuient sur
la coordination et la coopération entre les ressources civiles
et militaires. C'est la pierre angulaire de notre structure de défense
totale, qui repose sur deux piliers d'importance égale : l'un militaire,
l'autre civil. Selon la terminologie OTAN, on pourrait dire que l'élément
civil correspond à ce que l'OTAN appelle "plans civils d'urgence".
Notre concept de défense civile a évolué tout au
long des dix dernières années et s'est élargi de
façon à couvrir non seulement la guerre mais aussi l'état
de préparation aux troubles graves du temps de paix. Je crois comprendre
que le concept OTAN de plans civils d'urgence a lui aussi évolué
dans le même sens.
La Suède est un partenaire actif au sein du PPP et participe à
plusieurs domaines de coopération. Elle accorde une priorité
élevée à sa capacité de coopération
internationale en matière de paix et de sécurité
par le biais du PPP. Cette orientation est également conforme à
sa Résolution sur la défense pour la période 2002-2004
qui sera adoptée par le Parlement à l'automne 2001. Nous
considérons le PPP comme un élément essentiel de
la coopération européenne en matière de sécurité.
La Suède a l'intention de continuer à jouer un rôle
actif dans la promotion du renforcement de cette coopération.
Je voudrais souligner l'importance du développement d'une coopération
active et approfondie avec l'OTAN dans le domaine civil. La Suède
poursuivra ses efforts pour approfondir la coopération civile au
titre du PPP. Elle a notamment pour ambition de développer le niveau
d'interopérabilité et de recenser des domaines spécifiques
se prêtant à une coopération future. Par ailleurs,
la Suède considère que la coopération au sein du
Partenariat pourrait servir de base pour la coopération régionale
et bilatérale.
Les activités menées au titre du PPP dans le domaine civil
devraient également être considérées comme
des outils importants permettant de contribuer à l'élaboration
du cadre nécessaire pour la gestion des crises par l'UE, et inversement.
De nombreux pays du CPEA, qui n'appartiennent pas à l'UE, ont acquis
une expérience utile dans ce domaine et pourraient apporter des
contributions importantes en ce qui concerne la gestion des crises dans
le domaine civil.
Tant l'UE que l'OTAN ont mis en place des structures civiles bien au
point et de nombreuses activités. La Suède estime que la
coopération entre l'UE et l'OTAN dans le domaine que l'UE qualifie
d'aspects civils de la gestion des crises et que l'OTAN appelle "plans
civils d'urgence" pourrait réaliser des synergies. L'objectif
devrait être de développer une coopération constructive,
complémentaire et efficace.
La coopération dans le cadre du PPP constitue pour la Suède
un domaine hautement prioritaire. La Suède juge également
essentiel de développer le domaine civil du PPP et elle participe
activement à cette entreprise. Nous considérons le Conseil
de partenariat euro-atlantique comme une enceinte unique en son genre
qui offre des possibilités de discussions approfondies avec un
grand nombre de pays. Un aspect important à examiner dans le cadre
du CPEA est celui des plans civils d'urgence et des domaines connexes.
Il est donc essentiel de participer aux discussions en cours concernant
l'orientation future des éléments civils du PPP et la manière
d'y associer les pays partenaires.
La poursuite de l'élaboration du concept OTAN des plans civils
d'urgence devrait, selon nous, faire une large place aux pays partenaires.
Quatre des cinq domaines prioritaires des plans civils d'urgences ont
trait aux Partenaires. Il faudrait donc que les Partenaires soient associés
activement à l'élaboration de tous ces domaines, sauf, bien
entendu, lorsque les discussions portent sur des questions relatives à
l'article 5.
De nombreuses activités différentes - PPP, ou dans l'esprit
du PPP - ont été organisées en Suède. Citons,
par exemple, les réunions et ateliers. La Suède organise
en effet des stages dans le domaine de la protection civile et des séminaires
sur la législation applicable aux plans civils d'urgence et sur
les aspects civils de la gestion des crises.
Toutes ces activités de coopération renforcent notre capacité
commune de participer à des opérations internationales d'aide
humanitaire et de promotion de la paix et contribuent à la création
d'une capacité européenne de gestion des crises. Cette coopération
approfondie et élargie implique également une plus grande
transparence et une confiance accrue au sein de la famille du PPP.
La poursuite du développement du PPP civil pourrait inclure une
opérabilité approfondie dans la coopération ainsi
que la détermination de domaines où une coopération
concrète pourrait être mise en place. Le PPP fournit également
l'occasion d'accroître la coopération bilatérale et
régionale. Nous considérons qu'il est également important
d'appuyer l'évolution au sein du Haut Comité de l'OTAN pour
l'étude des plans d'urgence dans le domaine civil. Il est en outre
important d'encourager la coopération civilo-militaire dans le
cadre des plans civils d'urgence.
La Suède a fait connaître, de différentes façons,
son intérêt et son engagement en faveur du domaine des plans
civils d'urgence du PPP. Citons quelques exemples.
La Suède a détaché auprès de la Direction
des plans civils d'urgence de l'OTAN, pendant plus de deux ans, un expert
de haut niveau qui a occupé un poste de responsabilité au
sein de la Direction.
La mise en place de l'EADRCC, en 1998, a constitué une autre étape
importante dans le domaine des activités civiles du PPP. L'existence
de ce centre est toutefois tributaire des détachements de personnel
effectués par les pays. Depuis l'automne 1998, la Suède
détache auprès de l'EADRCC des experts civils et elle continuera
à le faire, au moins jusqu'en juin 2002.
Ces détachements de personnel ont été, on l'espère,
d'une grande utilité pour le développement du domaine civil
du PPP, mais ils ont également eu une autre utilité. Au
niveau national, la Suède a tiré parti de l'expérience
acquise par ces experts et a mis en oeuvre les connaissances approfondies
qu'ils ont retirées de leur travail à l'OTAN.
Au printemps 1997, les Bureaux et comités d'étude civils
ont été ouverts aux Partenaires. Depuis le début,
la Suède participe - et participe même très activement
- aux travaux de tous ces comités. Elle a en outre accueilli de
nombreux séminaires et réunions. Les agences et autorités
suédoises qui participent activement à la coopération
au titre du PPP ont tiré des enseignements utiles de ce travail.
On peut en conclure, d'une part, que les pays partenaires ont beaucoup
à offrir et que la participation au PPP crée des réseaux
très utiles, d'autre part, qu'une connaissance approfondie du domaine
et de l'expérience des PCU dans d'autres pays, apporte une contribution
précieuse pour la mise en place de notre propre capacité
de gestion des différents types de crises et de catastrophes.
Pour conclure, je tiens à souligner que la Suède continuera
à appuyer les efforts destinés à développer
le concept de plans civils d'urgence dans la zone du CPEA. Notre objectif
est de développer les travaux - efficaces et constructifs - existant
déjà. Les récents événements mondiaux
nous ont montré combien est importante notre volonté commune
de renforcer la confiance et la sécurité.

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