Revue de l'OTAN
Mise à jour: 08-Sep-2002 Revue de l'OTAN

Edition Web
Vol. 41- No. 1
Fév. 1993
p. 7-11

La région de la Baltique et l'Europe
de l'après-guerre froide

Audrius Butkevicius
Ministre de la Défense nationale, République lituanienne

Généralement, tout ce que les Européens, les Nord-Américains et le reste du monde savent de la Lituanie est qu'elle était occupée, qu'elle a proclamé son indépendance, qu'elle tente d'obtenir le retrait de 1 ' armée russe et qu' elle mène une politique équilibrée à l'égard de ses voisins. Tout cela est exact, mais pas plus la restauration d'un Etat indépendant que le retrait d'une armée étrangère ne constituent nos principaux objectifs. Il s'agit simplement de préalables à la préservation du mode de vie de notre pays et de ses autochtones et à la garantie d'un certain bien-être. Aujourd'hui, notre tâche prioritaire consiste à réduire, suivant des modalités bénéfiques pour la Lituanie, les influences politiques étrangères dont nous avons hérité sur notre territoire, ainsi que les menaces directes qui pèsent sur notre sécurité.

La Lituanie est située au centre géographique de l'Europe qui s'arrête à l'Oural. En même temps, elle se trouve sur le chemin le plus court reliant les pays d'Europe de l'Est et de l'Ouest, et au croisement de l'Europe orientale, septentrionale et centrale. La plupart de ses caractéristiques historiques et culturelles résultent de cette situation géopolitique.

Après le déclin de l'Empire romain et la propagation du christianisme en Europe à partir des deux pôles principaux - Rome et Byzance - la religion et la culture européennes anciennes commencèrent à se focaliser sur le centre du continent. A cette époque, les anciens dieux européens étaient qualifiés de "démons", mais ils demeurèrent très présents en Lituanie jusqu'à la fin du XVIème siècle. Cela explique certaines particularités importantes de notre culture: l'arrivée tardive du christianisme sous la forme du catholicisme romain exigea beaucoup plus de tolérance que dans tout autre pays européen. Nous n'avons pas connu les bûchers de l'Inquisition, pas plus que les pogroms contre des communautés pratiquant une autre religion.

Située sur la route la plus directe entre l'Est et l'Ouest, tout en bénéficiant de bonnes voies navigables, la Lituanie attira de nombreux marchands, industriels et scientifiques. En raison de l'utilité manifeste de ces arrivants, leurs droits furent protégés par la loi, tandis que la tolérance à l'égard des différentes religions était encouragée - le tout figurant sur le plus ancien document législatif est-européen, l'Acte du parlement lituanien. En période de paix, la situation géopolitique contribua donc de manière décisive au développement rapide du pays et à sa prospérité.

Pendant la majeure partie de son histoire, la Lituanie a malgré tout été dévastée par des guerres et des crises résultant également de cette même situation géopolitique. Jusqu'au Xllème siècle, la Lituanie dut résister aux tribus slaves avançant vers l'ouest, puis aux incursions tataro-mongoles, et, à partir du XlIIème siècle, aux chevaliers allemands venant de l'ouest. Les tribus lituaniennes durent également résister à la forte pression tchéco-polono-hongroise et, plus tard, avec l'accroissement de la puissance de la Suède, à l'expansion des Suédois vers l'est.

Ces luttes continuelles pour survivre et défendre notre mode de vie entraînèrent le développement relativement précoce d'un Etat lituanien centralisé et l'élaboration d'une politique orientale et intérieure distincte, dont l'influence est encore manifeste dans nos attitudes et dans nos politiques.

Plus tard, avec le développement de la polarisation Est-Ouest, la Lituanie (ou certaines de ses parties) devint un territoire à la périphérie des empires russe et allemand. Selon le tsar Pierre le Grand, la Lituanie constituait la première fenêtre de la Russie sur l'Occident. Elle revêtait alors une importance capitale pour une Russie cherchant à moderniser son économie arriérée et à s'européaniser davantage. Pour l'Allemagne et les autres pays occidentaux, elle constituait une voie d'accès aux marchés orientaux sous-développés et à de riches ressources naturelles.

Nous avons hérité du statut de territoire périphérique des "empires" russe et occidental. Ce statut de territoire non protégé entraîna l'occupation, la soviéti-sation et la militarisation intensive de notre pays, ce qui réduisit les possibilités de développement économique. Cette situation persista jusqu'à la fin de la guerre froide. Aujourd'hui, une fois de plus, la frontière intérieure, bien réelle mais invisible, qui divise l'Europe entre l'Est et l'Ouest traverse la Lituanie, qu'on le souhaite ou non. Plus exactement, elle longe le fleuve Neman et, d'une certaine manière, a toujours constitué une frontière culturelle qui continue à influencer notre politique intérieure. Toutefois, en dépit d'un pourcentage relativement élevé d'autres nationalités (jusqu'à 20 %), la Lituanie n'a aucun problème grave avec ses minorités ethniques.

Cette évaluation historique est importante car elle nous amène à conclure qu'à présent que nous avons créé un Etat indépendant capable de contrôler ses frontières et son territoire, notre situation géopolitique nous garantira, à la condition que la paix se maintienne en Europe, un développement politique, social et économique rapide. En revanche, dans l'éventualité d'une crise ou d'un conflit, notre territoire serait le plus vulnérable d'Europe en raison de cette même situation géopolitique. Une perte du contrôle politique sur notre propre territoire en cas de crise à long terme entre l'Est et l'Ouest bloquerait notre développement économique et placerait notre pays en "première ligne de défense" de l'un ou l'autre camp, une situation très exactement décrite dans la doctrine de défense de l'ex-URSS.

Cela explique pourquoi la Lituanie a vécu sous l'influence constante des deux blocs - Est et Ouest. Leur lutte pour la prédominance était en conflit avec nos intérêts, puisqu'elle entravait le développement de notre culture et de notre économie. Seul le statut d'Etat indépendant nous permettra de protéger les intérêts de notre peuple. Aussi le principal objectif de notre politique est-il de rechercher un équilibre dans nos relations avec l'Est et l'Ouest, tout en préservant un maximum d'indépendance. Cela est également vrai des influences économiques, culturelles et militaires. Quelles possibilités avons-nous de parvenir à cet objectif dans le contexte qui préoccupe le plus directement l'OTAN, à savoir la politique de sécurité?

Nous pouvons classer les menaces possibles contre notre Etat en trois groupes.

La première est liée à l'instabilité croissante sur le territoire de l'ex-Union soviétique: des conflits interrégionaux, ethno-religieux et territoriaux, ainsi que des conflits sociaux provoqués parle déclin de l'économie. Nous pouvons être entraînés dans ces conflits s'ils impliquent nos voisins.

La deuxième concerne les tendances croissantes d'autoritarisme et de nationalisme sur le territoire de l'ancienne Union soviétique, et surtout en Russie.

Le ministre russe des Affaires étrangères, M. Ko-zyrev, a envisagé ces questions dans le discours désormais célèbre qu'il a prononcé à Stockholm en décembre dernier. L'instabilité et un affaiblissement de la démocratie en Russie ne seraient peut-être pas perçus comme une menace directe en Europe occidentale et en Amérique du Nord, mais simplement comme une situation alarmante. Pour nous cependant, en Lituanie, ils apparaîtraient sans le moindre doute comme une menace des plus directes.

La troisième menace, qui s'accroît en raison de l'augmentation du taux de criminalité et du risque d'éventuels désastres dans des installations industrielles et énergétiques, concerne le trafic de drogue, d'armes et de matières radioactives, ainsi que le transport illégal de certaines autres marchandises. De nombreux ressortissants de l'ancienne Union soviétique et, parmi eux, un certain nombre de criminels, cherchent en outre à émigrer illégalement vers des pays occidentaux. Enfin, il y a la menace posée par le transit de matières dangereuses et radioactives via notre territoire. Ce transit se pratique à une échelle massive et est en accroissement constant; le danger qu'il représente n'a pas encore été évalué comme il convient par l'Occident. Cette menace constitue notre problème le plus immédiat et le plus préoccupant dans ce domaine.

Pour tenter de neutraliser toutes ces menaces, nous cherchons à orienter notre politique de sécurité dans plusieurs directions:

I. Relations internationales

Notre principal objectif consiste à accroître la stabilité politique et économique sur le territoire des Etats baltes et à réaliser un équilibre entre les influences de l'Est et de l'Ouest. Nous essayons d'y parvenir:

1. Par la participation au processus d'intégration européenne - dans les domaines économique, politique et de sécurité.

Après avoir été si longtemps des territoires sujets à une confrontation constante avant déjouer plus récemment le rôle de ligne de front, la Lituanie et les autres Etats baltes devraient instaurer à l'avenir une coopération intensive sur leur territoire.

La situation géopolitique, les relations économiques historiques, le réseau routier orienté d'est en ouest et l'infrastructure industrielle des Etats baltes permettent à ceux-ci d'aider à l'intégration de la Russie et d'autres Etats de l'ex-Union soviétique dans l'Europe. L'atténuation de l'isolement des nouveaux Etats apparus sur le territoire de l'ancienne Union soviétique peut contribuer à soulager les tensions et à soutenir les processus démocratiques ainsi que les réformes économiques. En même temps, les pays de la Baltique pourraient temporairement jouer un rôle de zone tampon - inévitable et très nécessaire en l'état actuel des relations internationales - pour minimiser les frictions entre les différentes politiques économiques, culturelles et de sécurité.
Les mécanismes européens communs, conçus pour accroître la sécurité et la stabilité, de même que les activités de l'OTAN comme organisation transatlantique, sont d'une importance cruciale pour les efforts visant à neutraliser les menaces auxquelles la Lituanie est confrontée. Notre participation au Conseil de coopération nord-atlantique (CCNA) est, dès lors, absolument essentielle. Je pense que la Lituanie bénéficierait également de l'obtention d'un statut de membre associé à l'UEO. Nous sommes résolus à participer activement au processus de Vienne de la
CSCE, à la prévention des conflits et aux mesures de confiance. Nous prévoyons également de participer à des actions de maintien de la paix de l'ONU dans un proche avenir.

2. Par la consolidation de nos relations avec nos voisins. La Lituanie a établi des relations de bon voisinage avec tous les pays qui l'entourent.

- Les relations lituano-polonaises s'inscrivent dans le cadre formel de la Déclaration lituano-polonaise qui proclame le principe de l'inviolabilité des frontières. Un accord a été signé concernant le fonctionnement des contrôles frontaliers et les procédures douanières, tandis qu'un traité entre les ministères de la Défense de Lituanie et de Pologne est en cours de préparation. Les deux pays se sont engagés dans un programme conjoint pour la construction de la Via Bal-tica, une autoroute qui reliera Helsinki à Varsovie et revêt une importance internationale.

- La Lituanie et le Belarus négocient l'établissement de relations diplomatiques, la démarcation de la frontière et 1 ' instauration de contrôles frontaliers. Ces négociations portent sur notre plus longue frontière, soit 740 kilomètres, qui n'ajamais été correctement délimitée. Aucun des deux pays n' a de revendication territoriale à rencontre de son voisin; tous deux partagent des intérêts communs sur des questions économiques et de transit.

- Les relations lituano-russes sont régies pari'Accord d'Etat lituano-russe et par un accord spécial concernant la région de Kaliningrad. Le retrait de l'armée russe du territoire lituanien est régi par l'accord du 8 septembre 1992, qui établit un calendrier pour ledit retrait. Aucun des deux pays n'a de revendication territoriale à rencontre de l'autre. A l'heure actuelle, la Russie propose la tenue de négociations sur la coordination du passage de convois militaires vers la région de Kaliningrad par le territoire lituanien. Nous considérons que la négociation de ce genre d'accord, ainsi que d'autres documents qui déterminent la politique de sécurité, ne sera possible qu'après le retrait total de l'armée russe des territoires des trois Etats baltes.

- Les relations lituano-lettones reposent depuis de nombreuses années sur des liens d'amitié. Elles sont régies par divers traités et une politique commune, englobant l'Estonie, coordonnée par le Conseil des Etats de la Baltique. L'un des principaux projets conjoints est la construction de la Via Baltica. Le travail des ministères de la Défense est régi par le Traité de Parnu de 1992.

3. Par le renforcement des mécanismes de sécurité régionale.
Après avoir procédé à l'évaluation de notre situation géopolitique et de l'incidence des relations et influences politiques entretenues depuis de nombreuses années, j'aimerais faire ressortir divers axes prioritaires pour la Lituanie dans sa recherche de la sécurité et de la stabilité:

- La coordination des politiques étrangère et économique entre la Lituanie, la Lettonie et l'Estonie; la consolidation des relations avec les pays Scandinaves
- membres du Conseil nordique; la recherche et l'établissement de mécanismes visant à accroître la stabilité et la sécurité dans la région de la Baltique.

- L'expansion des relations entre la Lituanie (éventuellement associée à la Lettonie et à l'Estonie) et les pays de l'Europe centrale, la Pologne, la Hongrie et les Etats tchèque et slovaque, afin de promouvoir la coopération économique, de coordonner l'intégration au sein des structures européennes et de renforcer la stabilité et la sécurité dans cette région.

- La promotion des relations économiques entre la Lituanie (éventuellement avec la Lettonie et l'Estonie), le Belarus et l'Ukraine, couplée à une recherche de la stabilité dans ces régions.

Outre ces priorités, il convient naturellement d'inclure l'établissement de relations stables et pacifiques avec la Russie, et le développement de la Lituanie en tant que membre à part entière de la famille des pays occidentaux.

4. Par la mise à profit des perspectives de développement de l'ancienne Prusse orientale - la région de Kaliningrad.

La République lituanienne est fortement préoccupée par la présence d'énormes contingents militaires russes et leur renforcement dans ce territoire. Cette présence militaire dépasse largement les besoins en matière de défense et entrave le développement pacifique de la région. La République lituanienne et d'autres pays voisins s'intéressent à l'intensification des relations économiques et à l'éclo-sion de nouvelles possibilités de promouvoir ce territoire russe.

II. Défense et sécurité

L'orientation de notre politique de sécurité est fondamentale pour le développement du système de défense lituanien. L'expérience historique et l'analyse des dangers révèlent que, à l'heure actuelle, des crises sont davantage susceptibles de survenir dans notre région que des conflits. Les conditions préalables à ces crises résident, en premier lieu, dans l'instabilité de la situation politique intérieure lituanienne. Cette situation est liée à la confrontation politique que vit notre pays, à une longue dépression économique, à une augmentation de la criminalité et à un contrôle insuffisant de notre territoire. Pour tenter de juguler ces menaces, la République lituanienne organise le dispositif suivant:

1. Le personnel de contrôle des frontières est fort de 5.200 personnes et se compose à l'heure actuelle de forces douanières et militaires de protection des frontières. La frontière avec la Pologne est contrôlée par des gardes-frontières lituaniens suivant une procédure similaire à celle qui existait sur les frontières avec l'ancienne Union soviétique et la Pologne. Des procédures de franchissement de la frontière en des endroits spécifiques sont régies par un accord temporaire lituano-polonais. Les autres frontières lituaniennes sont gardées conformément à un régime établit unilatéralement et qui répond aux besoins économiques de la République lituanienne.

2. Des unités de garde territoriale et des groupes de volontaires destinés à la défense nationale, ont été constitués récemment et agissent selon des principes similaires à ceux des groupes de la "garde nationale" Scandinave. Leur tâche consiste à assurer la protection d'installations et de réserves essentielles en Lituanie, ainsi que celle du territoire proprement dit. Les gardes territoriaux sont au nombre de 3.000 et les gardes nationaux, de 12.000.

3. Les forces armées lituaniennes ont été réinstaurées par décret spécial le 19 novembre 1992. La composition actuelle des forces armées est la suivante:

  • les forces terrestres (une brigade de réaction rapide), dont les 5.000 hommes comptent à la fois des militaires de carrière et des appelés;
  • la garde côtière, composée d'une flotille de deux frégates légères (récemment achetées à la Russie) et de quatre navires affectés à la sécurité des ports maritimes;
  • la force de contrôle aérien, en cours de formation

4. Les forces de la défense civile se mettent en place pour assurer la sécurité des citoyens lituaniens en cas de désastre ou de catastrophe en temps de paix. Elles se composent d'un département pour le contrôle administratif des installations à risque et du transport des marchandises dangereuses, et d'unités de secours spéciales, organisées au niveau territorial. La République lituanienne cherche à s'intégrer au système de sécurité civile des pays européens. A l'heure actuelle, des accords sont mis au point avec l'Allemagne et la Pologne, et nous en négocions d'autres entre la Défense civile lituanienne et celle des pays Scandinaves.

5. Le ministère de l'Intérieur et le Service de la sécurité nationale sont responsables de la lutte contre la criminalité et de sa prévention.
Lorsque l'on considère la situation actuelle en matière de sécurité en Lituanie, l'un des principaux objectifs à ce stade - si nous désirons accroître la stabilité et la sécurité - consiste à obtenir un retrait complet et ordonné de l'armée russe, non seulement du territoire lituanien, mais aussi de ceux de la Lettonie et de l'Estonie. La présence d'une armée étrangère entrave le développement économique des Etats baltes et empêche en particulier l'établissement de bonnes relations d'Etat à Etat avec la Fédération de Russie alors qu'elle revêtent un caractère essentiel non seulement pour notre développement, dans la paix et la prospérité, mais également pour la stabilité Est-Ouest en général.
Elle entrave en outre l'intégration de la région dans les structures européennes. La République lituanienne est préoccupée par les tentatives du gouvernement russe de lier la question du retrait des troupes aux droits des minorités ethniques et aux prétendues "violations des droits de l'homme" en Lettonie et en Estonie. Les déclarations des autorités militaires russes relatives aux intérêts de la Russie en matière de défense dans les Etats baltes et la tolérance des mêmes autorités face aux intentions avouées d'officiers russes quant à leur éventuel refus d'obéir aux ordres suscitent également de graves préoccupations.

Un autre problème tout aussi important concerne la vente sur une grande échelle de matériel militaire russe (armes, munitions, équipements) à des civils, et le transport illégal de marchandises par des véhicules militaires. Notre prise de possession d'installations abandonnées par l'armée russe présente, elle aussi, un problème, étant donné que ces installations sont dans un état lamentable, dévastées, mises à sac et écologiquement dangereuses.
La Lituanie a été la première des républiques de l'ex-Union soviétique à proclamer son indépendance. Nombre des réformes démocratiques entamées chez nous ont fait tache d'huile en Russie. Il n'est donc pas surprenant que les résultats des récentes élections du Seimas (parlement) lituanien qui ont surpris un si grand nombre d'entre nous fasse envisager par beaucoup la possibilité d'un renversement du processus de décommunisation, accompagné d'un retour des anciens dirigeants communistes et d'une politique favorable à Moscou. Que signifie la situation qui prévaut actuellement en Lituanie? S'agit-il d'un mouvement en arrière ou, au contraire, d'une nouvelle étape dans le développement démocratique? A mon avis, cette situation doit être envisagée sous un jour optimiste. Le fait que nous ayons pu vivre dans le calme la période de changement de pouvoir, respecter la législation en vigueur et continuer à travailler ensemble révèle que nous avons accompli un grand pas vers la maturité politique et donc, vers l'instauration d'une démocratie permanente.

Ainsi, la Lituanie montre une fois de plus le chemin. Je puis aujourd'hui affirmer avec confiance que notre politique de sécurité ne s'infléchira pas, et visera toujours l'intégration aux systèmes de sécurité et de défense communs européens ou euro-atlantiques.