Revue de l'OTAN
Mise à jour: 24-Oct-2002 Revue de l'OTAN

Edition Web
Vol. 41- No. 1
Fév. 1993
p. 3-6

La nouvelle Russie et l'Alliance atlantique

Andrei Kozyrev,
Ministre des Affaires
Fédération de Russie

I1 y a un côté symbolique au fait que, pour la première fois, un ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie ait l'opportunité de contribuer à une prestigieuse publication de l'OTAN. Les signes du changement sont décidément très évidents.

La Russie, comme le reste du monde, est entrée dans l'ère postcommuniste, et ce avec une célérité telle en termes historiques, qu'apparemment peu de personnes ont eu le temps de se rendre compte de la portée et de la signification du nouveau défi russe.

Notre politique actuelle reflète les véritables intérêts nationaux et d'Etat d'une grande puissance qui est consciente de ses responsabilités et les assume en tant que membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies.

Notre tâche essentielle consiste à créer les conditions favorables à la transformation de la Russie. Les principales lignes de force pour y parvenir sont au nombre de trois. En premier lieu, nous joindre, sur un pied d'égalité, au "club" des Etats démocratiques reconnus. Succéder ensuite à l'ex-URSS, pour permettre à la Russie dans son ensemble de prendre sans douleur la place de l'ancienne Union soviétique au sein des Nations unies et des instances spécialisées de celles-ci, ainsi que dans l'ensemble du système de relations internationales (la Russie entretient des relations diplomatiques avec 160 Etats et est partie dans 16.000 traités et accords internationaux). Créer enfin une zone bien définie de relations de bon voisinage et de coopération autour de la Russie.

Le renouveau de la Russie et sa transition vers la "civilisation" ne constituent pas une tâche aisée. Nous consacrons beaucoup de temps et d'efforts à nouer de nouvelles relations avec les républiques de l'ancienne Union, qui sont désormais des Etats souverains. Les dirigeants russes suivent patiemment la voie de la négociation et notre but consiste à comprendre les intérêts de chacune des parties et à en tenir compte. Il convient en effet de ne pas oublier que la Communauté des Etats indépendants (CEI) rassemble des peuples liés à la Russie depuis des siècles. Il est en outre manifeste que, géographiquement, l'ensemble de la région de l'ex-URSS représente pour nous une sphère d'intérêt vital.

La situation de la population russophone des Etats de l'ancienne Union soviétique pose un problème considérable et complexe de politique étrangère pour la Fédération de Russie. Nous comptons sur l'appui et la diplomatie des pays membres de l'OTAN pour qu'ils contribuent à garantir la protection des droits, de l'existence et de la dignité des minorités russes. Il est beaucoup mieux admis, désormais, qu'il ne s'agit pas uniquement d'un problème humanitaire majeur - la tâche globale consistant à garantir le respect des droits de l'homme - mais que la stabilité d'une énorme région est également affectée. Il suffit, pour s'en convaincre, de penser à la récente résolution de l'Assemblée générale des Nations unies sur la situation des droits de l'homme en Lettonie et en Estonie.

Pour ce qui a trait aux pays d'Europe de l'Est, il est vital pour la Russie de parvenir à établir un niveau fondamentalement neuf de liens politiques et économiques, basé sur les expériences dans des domaines pratiques de collaboration. L'avenir de l'Europe de l'Est réside dans sa transformation. Elle ne doit pas constituer une sorte de zone tampon, mais bien un pont reliant l'Est et l'Ouest du continent.

Une stratégie de partenariat

Bien entendu, il intéresse la Russie de développer encore sa coopération avec l'Occident. L'année dernière, nous sommes parvenus à conclure de nouveaux accords d'association par le biais de traités avec de nombreux Etats d'importance majeure. La tâche consiste désormais à transformer ces accords politiques et juridique en dispositions pratiques. La question essentielle est celle d'une nouvelle stratégie de partenariat. Dans ses dispositions en matière de politique énergétique, financière, d'organisation et d'ordre pratique, cette stratégie devrait se traduire par des mesures d'une portée au moins aussi grande que celle du Plan Marshall ou de la stratégie de l'Ouest en matière de dissuasion. Dans les années difficiles de l'après-guerre, les pays occidentaux ont trouvé la force et la détermination pour affronter le défi du communisme. Le même effort leur est demandé aujourd'hui face aux problèmes de l'Europe postcommuniste, de manière à ne pas manquer les opportunités qui s'offrent et de gagner la paix démocratique comme ils ont gagné la guerre froide.

Cette nouvelle stratégie doit être menée de concert; elle exigera des efforts mutuels. L'Occident doit effectuer une transition: passer de l'offre d'une solidarité politique, d'une aide humanitaire et de crédits non coordonnés, aussi essentiels soient-ils, à l'octroi d'un soutien financier, technique et organisationnel stable aux réformes économiques de la Russie, y compris en encourageant les investissements dans notre processus de reconversion. Quelles que soient les difficultés de l'entreprise, les firmes occidentales devront également permettre à la Russie d'occuper sa place sur les marchés mondiaux des technologies avancées, de l'équipement aéro-spatial et même militaire, c'est-à-dire en fait dans les domaines où les entreprises russes sont à même de fournir des produits compétitifs au niveau mondial.

La Russie, pour sa part, améliorera les conditions offertes aux hommes d'affaires étrangers et collaborera également dans le domaine de la non-prolifération des armes nucléaires ou d'autres armes de destruction massive. Nous tentons de nous assurer que les armements que nous exportons ne modifient pas les équilibres existants où que ce soit dans le monde et ne sont acquis que par des partenaires stables.

Il y a de nombreuses difficultés, et pas seulement objectives, à l'établissement de partenariats entre la Russie et l'Occident. Je suis par exemple préoccupé par le considérable succès en Occident d'une "école de pensée" qui considère qu'il vaut mieux traiter avec une Russie affaiblie et laissée seule face à ses problèmes. Aucune explication, en revanche n'est donnée sur la façon d'isoler la Russie et ses problèmes. Toutefois, cette "vente au rabais" d'un pays historiquement destiné à constituer une grande puissance est non seulement irréaliste mais également dangereuse, car elle exacerbe le nationalisme et des attitudes de confrontation tant en Russie qu'à travers le monde. Aussi est-il particulièrement important d'éviterd'appliquerl'ancien stéréotype-lanécessité de tenir en échec une puissance soviétique idéologique - à la nouvelle Russie.
Tous ceux qui se préoccupent de l'avenir - pas seulement le nôtre, mais aussi le leur - ont à y gagner. Cet avenir réside dans une alliance entre une nouvelle Russie forte et d'autres Etats démocratiques. Voilà pourquoi nous considérons les pays de l'OTAN comme nos amis naturels et, à terme, comme nos alliés. Nous nous rappelons la déclaration des dirigeants de l'OTAN au moment de la tentative de putsch à Moscou, en août 1991: ils s'étaient déclarés en faveur du respect de notre constitution et avaient condamné l'emploi de l'armée contre la population.

Si, cependant, on commençait, dans les capitales occidentales, à nous considérer comme "inutiles" ou "dangereux", nos "patriotes nationaux" pourraient y voir un encouragement à accroître leurs attaques contre la politique russe actuelle et une confirmation à leur souhaits chauvinistes de tenir la Russie dans l'isolement d'une pseudo-superpuissance. Malheureusement, nous parlons ici non pas d'hypothèses, mais d'attitudes absolument réelles, qui continuent à avoir cours dans certains milieux politiques et sociaux de la société russe, au sein de l'appareil d'Etat et parmi les députés du parlement.

La diplomatie de choc

Qualifiée de "diplomatie de choc", ma première allocution devant le Conseil de la CSCE à Stockholm, en décembre dernier, visait simplement à démontrer à la communauté mondiale les dangers qu ' entraîneraient la défaite des réformateurs russes et l'arrivée au pouvoir des représentants de la tendance nationale-patriotique. Ce scénario, qui ne servirait certainement pas nos intérêts communs, ne peut être toléré, et la stratégie du partenariat doit y veiller.

La Russie démocratique est intéressée par un développement pacifique et progressif, la stabilité dans toute l'Europe et un mouvement en faveur du dialogue et de la coopération. Nous voyons en cela l'une des conditions essentielles pour mener à bien la transformation que nous avons entamée. D'autre part, l'édification d'une nouvelle Europe est impensable sans l'aboutissement des réformes en Russie. En fait, ce dont l'Europe a besoin, c'est d'une Fédération de Russie stable, économiquement prospère et politiquement sûre d'elle-même, tout comme la Russie a besoin d'une Europe forte et unie.

Pendant la guerre froide, une plaisanterie circulait dans les cercles diplomatiques: la tâche de l'Alliance atlantique consistait "à garder les Américains dans l'OTAN, les Soviétiques dehors et les Allemands dessous". Si nous considérons les Etats-Unis comme le symbole des valeurs occidentales, l'URSS comme celui du totalitarisme et de l'expansionnisme militaire et l'Allemagne comme celui du risque d'une résurgence du nazisme et d'une volonté de revanche, l'ancienne "recette de l'OTAN" peut être considérée sous un jour nouveau, au travers du prisme des réalités européennes et mondiales contemporaines. Aujourd'hui, la tâche commune des Etats-Unis, de la Russie, de F Allemagne et de tous les pays de l'OTAN comme de la CEI est de conserver les valeurs démocratiques à l'intérieur, les menaces militaires en dehors et le nationalisme agressif sous un contrôle commun "de Vancouver à Vladivostok". Le rapprochement de la Russie et des Etats membres de l'OTAN sur la base de valeurs communes constitue une chance historique à ne pas manquer pour l'Europe et le monde dans son ensemble.

Il en va de même pour nos voisins, les républiques de l'ancienne URSS. A la fin de 1991, les pays de l'OTAN adoptèrent une mesure essentielle dans le sens de notre proposition, en mettant sur pied le Conseil de coopération nord-atlantique (CCNA). Celui-ci compte pour membres les pays de l'OTAN et de l'ancienne Organisation du Pacte de Varsovie, y compris tous les Etats de la CEI.

L'objectif du CCNA consiste à promouvoir le dialogue et, plus important encore, à libérer l'Europe de l'héritage de la guerre froide en éradiquant toute inimitié et méfiance à une époque où il reste des quantités massives d'armes et d'équipements sur le continent.

La dernière en date des sessions ministérielles du CCNA, un an après qu'il ait été créé, s'est tenue à Bruxelles le IS décembre 1992.Elleapermisd'exami-ner le Plan de travail pour l'année en cours (l). Près de la moitié de toutes les propositions soumises pour le Plan de travail 1993 l'ont été par la Russie.

Pendant la guerre froide, une plaisanterie circulait dans les cercles diplomatiques: la tâche de l'Alliance atlantique consistait "à garder les Américains dans l'OTAN, les Soviétiques dehors et les Allemands dessous". Si nous considérons les Etats-Unis comme le symbole des valeurs occidentales, l'URSS comme celui du totalitarisme et de l'expansionnisme militaire et l'Allemagne comme celui du risque d'une résurgence du nazisme et d'une volonté de revanche, l'ancienne "recette de l'OTAN" peut être considérée sous un jour nouveau, au travers du prisme des réalités européennes et mondiales contemporaines. Aujourd'hui, la tâche commune des Etats-Unis, de la Russie, de F Allemagne et de tous les pays de l'OTAN comme de la CEI est de conserver les valeurs démocratiques à l'intérieur, les menaces militaires en dehors et le nationalisme agressif sous un contrôle commun "de Vancouver à Vladivostok". Le rapprochement de la Russie et des Etats membres de l'OTAN sur la base de valeurs communes constitue une chance historique à ne pas manquer pour l'Europe et le monde dans son ensemble.

Il en va de même pour nos voisins, les républiques de l'ancienne URSS. A la fin de 1991, les pays de l'OTAN adoptèrent une mesure essentielle dans le sens de notre proposition, en mettant sur pied le Conseil de coopération nord-atlantique (CCNA). Celui-ci compte pour membres les pays de l'OTAN et de l'ancienne Organisation du Pacte de Varsovie, y compris tous les Etats de la CEI.

L'objectif du CCNA consiste à promouvoir le dialogue et, plus important encore, à libérer l'Europe de l'héritage de la guerre froide en éradiquant toute inimitié et méfiance à une époque où il reste des quantités massives d'armes et d'équipements sur le continent.

La dernière en date des sessions ministérielles du CCNA, un an après qu'il ait été créé, s'est tenue à Bruxelles le ISdécembre 1992.Elleapermisd'exami-ner le Plan de travail pour l'année en cours (l). Près de la moitié de toutes les propositions soumises pour le Plan de travail 1993 l'ont été par la Russie.

Il va de soi que le partenariat n' exclut pas une stricte concurrence - mais dans le domaine économique plutôt qu ' au plan politico-militaire. Il convient ici de nous souvenir des "guerres commerciales" qui éclatent de temps à autre entre l'Europe occidentale et les Etats-Unis. Cela implique-t-il que l'OTAN soit une pseudoalliance? Certes non. C'est une alliance bien réelle d'Etats civilisés, dont les intérêts sont également bien réels. Et c'est ce qui leur permet de rechercher et de trouver des solutions mutuellement acceptables.

Un espace commun

Dans notre concept d'alliance avec l'Ouest, il n'y a pas de place pour la confrontation politique, parce qu'il n'y a plus d'ennemi. Une telle alliance constitue le cadre le plus favorable que l'on puisse imaginer dans les conditions actuelles pour la défense des intérêts de la Russie. Il est clair que personne n'aurait commencé à s'intéresser à nos problèmes économiques dans un contexte de confrontation politique.

En même temps, nous sommes opposés aux groupements fermés, aux doctrines telles que la PaxAme-ricana, la Fax Germanica ou la Fax Eurasiatica. A l'heure actuelle, un équilibre général et des forces servant les intérêts des Etats ne peut être atteint que dans un "espace commun" où toutes les parties sont interdépendantes et s'aident mutuellement. Si des différends surgissent, ils doivent être réglés dans un cadre légal.

La disparition de la menace de conflit militaire entre l'Est et l'Ouest nous offre désormais l'occasion de joindre nos forces dans des domaines utiles pour l'humanité.

La signature du traité rurso-américain START 2 fut un excellent prélude à l'année 1993; ce traité deviendra le noyau essentiel de la sécurité globale. Je suis sûr qu'il figurera dans l'histoire de la diplomatie comme un exemple d'accord ayant permis à des partenaires d'unir leurs ressources pour se débarrasser enfin d'un héritage d'inimitié et de confrontation, dans leur intérêt réciproque.

La Russie considère la coopération avec l'OTAN comme un mécanisme efficace pour surmonter la division de l'Europe et s'adapter les uns aux autres sur tout le continent. Elle crée les conditions indispensables à la régulation de la coopération dans un domaine qui, en général, n'a pas été maîtrisé en Europe - le domaine militaire - et, surtout, à la tâche consistant à aider les gens en uniforme à trouver leur place dans la société civile, les militaires cessant d'être un instrument de confrontation pour devenir un facteur de stabilité.

II convient de trouver des moyens pour que les activités militaires des Etats soient ouvertement menées et mutuellement surveillées, pour que se développe la coopération entre militaires, en s'accordant sur les paramètres de défense et en planifiant la formation des forces armées. Nous réalisons déjà des progrès dans cette direction. C'est ainsi, par exemple, que nos officiers supérieurs, ainsi que des représentants d'autres pays d'Europe, examinent dans les académies militaires de l'OTAN de Rome et d'Oberammergau (Allemagne) les problèmes liés au développement militaire, ce qui leur permet d'étudier, pour ainsi dire sur le vif, les doctrines militaires de l'Alliance de l'Atlantique Nord.

Des plans ont été établis en vue d'organiser des cours similaires à Moscou, à l'Académie de l'Etat major général des forces armées de la Fédération de Russie. Au printemps prochain, des représentants des 52 Etats participant à la CSCE seront invités en Russie pour suivre une formation sur la doctrine militaire russe et tout ce qui s'y rapporte.

Domaines de coopération

Les plus importants domaines de coopération concernent la surveillance de la non-prolifération de technologies déstabilisatrices, la réduction des armements et le désarmement, la régulation des ventes d'armes et l'aide à la reconversion des industries de défense.

La tâche stratégique de notre partenariat consiste à éliminer les conflits régionaux violents qui éclatent actuellement et sont source de souffrances en de nombreux endroits du continent. Il est essentiel de parvenir à une plus grande efficacité pratique dans l'usage de la force pour éteindre les "foyers d'incendie". La Russie a entrepris des opérations de pacification dans de nombreuses régions - Moldo-va, Géorgie, Tadjikistan - en allouant des forces et des ressources conformément aux accords passés avec les pays concernés. Nous reconnaissons notre responsabilité pour ce qui touche à la stabilité dans cette partie du monde, mais nous posons également la question du partage des charges avec nos partenaires occidentaux par le truchement des mécanismes de la CSCE. Après tout, des militaires russes ont été dépêchés dans l'ancienne Yougoslavie sous la bannière des forces des Nations unies.

Nous accueillons favorablement la transformation de l'OTAN sur base de la Déclaration de Londres (2). Cette transformation inclut la réorganisation du travail de l'Alliance de l'Atlantique Nord et l'élaboration de nouvelles lignes de conduite pour celle-ci. Dans ce contexte, nous considérons avec intérêt l'expérience qu'a l'OTAN dans des domaines comme l'organisation de l'aide humanitaire, le respect des droits de l'homme, la gestion d'un système de consultation politique sur un vaste éventail de questions, la coordination des efforts alliés face aux problèmes de l'environnement, la recherche de sources d'énergie alternatives, les systèmes d'assistance mutuelle en cas d'urgence, etc. Il s'agit là d'un vaste champ de coopération pour tous ceux qui participent au dialogue européen commun.

Le récent sommet de la CSCE tenu à Helsinki (juillet 1992), la réunion ministérielle de Stockholm (décembre 1992) et les décisions spécifiques qui en ont résulté marquent le début d'une transition du processus européen vers une nouvelle phase de développement. Dans un proche avenir, ce forum pour le dialogue politique qu'est la CSCE devra se transformer en organisation garantissant la sécurité, la stabilité et le développement de la coopération au sein de l'espace européen. La CSCE se voit investie de pouvoirs, de mécanismes et de potentialités supplémentaires pour prendre des mesures d'ordre pratique. La mise en oeuvre des principes de la CSCE et des programmes prévus en son sein constitue peut-être le plus important domaine de coopération entre la nouvelle Russie et les Etats réunis dans le cadre de l'Alliance atlantique.

(1) Voir documentation, p. 30
(2) Voir "L'Alliance transformée", Henning Wegener, Revue de l'OTAN, No. 4, août 1990, p. 1-9 et la Déclaration de Londres, ibid., p. 32-33.