Zapad 2017 et sécurité euro-atlantique

14/12/2017

Depuis 2008, la Russie s'est servie de ses exercices stratégiques et de ses exercices surprise de grande envergure pour accroître ses capacités militaires, pour compromettre la stabilité régionale en temps de paix et, par deux fois – en Géorgie puis en Ukraine –, pour dissimuler une agression qu'elle s'apprêtait à commettre. Zapad 2017 est le dernier en date de ces exercices stratégiques.

Kavkaz 2008, qui a eu lieu dans la région russe du Nord-Caucase, le long de la frontière avec la Géorgie, a marqué la reprise des exercices stratégiques annuels des forces armées russes. À en croire les annonces officielles, 8 000 soldats auraient participé à cet exercice. Cependant, le général Iouri Netkatchev a dit à l'époque, lors d'une interview accordée au journal Nezavissimaïa Gazeta, que les chiffres officiellement déclarés étaient des « sous-estimations » : il s'agissait d'éviter de devoir se soumettre à l'obligation d'inviter des observateurs étrangers. À la fin de l'exercice, le 2 août 2008, les troupes russes sont restées le long de la frontière avec la Géorgie, et une force de quelque 40 000 hommes a engagé des opérations sur le territoire géorgien le 7 août, pour s'arrêter cinq jours plus tard aux abords de Tbilissi, sous la pression internationale.

Sur un terrain d’entraînement dans l'oblast de Léningrad, le président russe, Vladimir Poutine, observe avec des jumelles une partie de Zapad 2017, en compagnie du ministre de la Défense, Sergueï Choïgou (à gauche), et du chef de l'état-major général, Valéri Guerassimov (deuxième en partant de la droite). (18 septembre 2017) © REUTERS

Officiellement conduit le long des frontières orientales de l'OTAN – dans le district militaire Ouest de la Russie et sur le territoire du Bélarus – du 14 au 20 septembre, Zapad 2017 est à ce jour le dernier des exercices annuels menés depuis « la première guerre européenne du XXIe siècle ».

Mise en pratique des enseignements tirés

L'armée russe a été mise à rude épreuve en Géorgie. Manquant d'effectifs, insuffisamment préparée, elle a dû attaquer avec une force désordonnée. La Russie a en outre beaucoup souffert de ses lacunes en matière de C4ISR (commandement, contrôle, communication, informatique, renseignement, surveillance et reconnaissance), de l'aptitude limitée de ses forces terrestres et aériennes à opérer ensemble, et de son manque d'armes de précision. Même si son issue n'a jamais fait de doute, la campagne en Géorgie a révélé que l'appareil militaire russe devait être réformé en profondeur.

La Russie s'est servie des neuf exercices annuels menés depuis le conflit en Géorgie, dont les trois dernières éditions de Zapad (voir tableau), pour pallier ses lacunes. Interarmes, les exercices annuels sont conduits alternativement dans chacun des districts militaires. (Ces derniers sont également désignés sous le nom de commandements stratégiques interarmées. Créé en décembre 2014, le district militaire/commandement stratégique interarmées de la flotte du Nord n'a, pour l'heure, pas été intégré dans la rotation des exercices stratégiques annuels, mais il a participé à des exercices surprise, et il s'est entraîné en parallèle de Zapad 2017, mené dans le district militaire Ouest.)

Point culminant du cycle annuel d'entraînement, l'exercice annuel vise à vérifier :

1) la capacité du district militaire concerné à agir sur l'axe stratégique qui est le sien ;

2) la capacité de chacun des autres districts militaires à mobiliser et à agir en appui ;

3) la capacité de l'état-major général et des autres éléments de commandement et de contrôle à diriger des opérations stratégiques.

Depuis l'adoption par le président Poutine, en 2013, d'un décret visant à améliorer l'état de préparation militaire, les exercices stratégiques annuels sont complétés par des exercices d'alerte sans préavis dont l'ampleur et le périmètre sont comparables voire supérieurs. Les unités participant à ces exercices surprise ne sont pas préalablement averties, ce qui permet à la Russie de contourner les obligations de notification préalable énoncées aux paragraphes 41 et 41.1 du Document de Vienne (document résultant d'un accord entre les États participants de l’OSCE et visant la mise en œuvre de mesures de confiance et de sécurité).

Lors d'une récente réunion de hauts responsables militaires, le général Guerassimov, chef de l'état-major général, a indiqué que 24 exercices surprise d'une telle ampleur, et de nombreux autres exercices surprise de moindre ampleur, avaient été conduits jusqu'en novembre 2017. Ces exercices surprise interarmes ont fait intervenir des dizaines de milliers de soldats ; certains parmi ceux menés dans les districts militaires Ouest et Est auraient même mis en jeu quelque 150 000 hommes.

Les exercices stratégiques annuels menés par la Russie entre 2008 et 2018
Année Exercice District militaire Nombre de soldats participants annoncé par le ministère russe de la Défense Nombre estimative de soldats participants
2008 KAVKAZ Nord-Caucase (dorénavant district militaire sud) 8 000 40 000
2009 ZAPAD Ouest 11 900 13 000
2010 VOSTOK Est 20 000 -
2011 TSENTR Centre 12 000 12 000
2012 KAVKAZ Sud 8 000 -
2013 ZAPAD Ouest 11 920 90 000
2014 VOSTOK Est 100 000 155 000
2015 TSENTR Centre 95 000 100 000 – 160 000
2016 KAVKAZ Sud 12 500 120 000
2017 ZAPAD Ouest 12 700 60 000-70 000
2018 VOSTOK Est - -

Contexte

L'OTAN a réagi de manière mesurée. L'Alliance reconnaît aux États le droit d'entraîner leurs forces armées, mais il importe que les lignes directrices établies, les accords et les obligations internationales soient respectés. Les dirigeants des pays de l’OTAN estiment que ces dix dernières années, la Russie a mené ses exercices militaires de façon déstabilisatrice, se soustrayant aux obligations de transparence et de prévisibilité qui lui incombent, depuis longtemps, au titre du Document de Vienne, et utilisant des exercices à des fins d'intimidation ou pour dissimuler des agressions imminentes.

Ces impressions se trouvent renforcées par le contexte d'érosion de la stabilité et de la sécurité que la Russie a créé en suspendant sa participation au Traité sur les forces armées conventionnelles en Europe (Traité FCE) en 2007, puis en agressant la Géorgie en 2008 et l'Ukraine en 2014. Les Alliés ont peu à peu compris que la conception russe de la guerre et du conflit en général combinait tous les éléments de la puissance étatique, dont la force militaire, sur une échelle progressive coiffée par la communication dans le domaine nucléaire. C'est dans ce contexte qu'il faut placer les exercices stratégiques interarmes – relevant d'une guerre de manœuvre – que la Russie mène près des frontières de l’OTAN..

Manipulation des chiffres

La conduite de Zapad 2017 n'a pas fait exception à la règle. Le ministère russe de la Défense avait annoncé que 12 700 soldats russes et bélarussiens participeraient à Zapad : 10 200 hommes au Bélarus (dont 2 000 Russes) et 2 500 en Russie. Il avait également fait savoir que l'exercice mettrait en jeu environ 70 aéronefs, 680 pièces d'équipement militaire, dont 250 chars, et 200 systèmes de roquettes et d'artillerie. L'effectif annoncé pour le Bélarus n'était que légèrement inférieur au seuil (13 000) à partir duquel le Document de Vienne impose l'invitation d'observateurs étrangers, et la Russie a refusé de notifier l'exercice, affirmant que seuls 2 000 soldats participeraient à Zapad sur son territoire. Cette fois, aucun général russe n'a déclaré que les chiffres officiels étaient des « sous-estimations » délibérées, mais le général Salioukov, commandant en chef de l'armée de terre russe, a dit ceci lors d'une interview accordée à TASS après Zapad 2017 : « nous n'avons montré qu'une partie de l'exercice, en réalité, ces exercices s'effectuent sur de nombreux polygones. Il s'agit d'exercices d'une envergure considérable, qui sont très intéressants. »

Des véhicules blindés et des hélicoptères participent à Zapad 2017 près de la ville bélarussienne de Borissov. (20 septembre 2017) © REUTERS

Le tableau listant les exercices annuels effectués depuis 2008 montre que la Russie ajuste les chiffres qu'elle communique au sujet des exercices lorsqu'ils sont menés dans la zone d'application du Document de Vienne. Ainsi, concernant les exercices conduits dans les districts militaires Centre et Est – non couverts par le Document de Vienne –, l'effectif annoncé par la Russie correspond à une force qui lui permettrait plausiblement de livrer une guerre stratégique. Pour ce qui est des districts militaires Ouest et Sud, par contre, la Russie scinde ses exercices de grande envergure en plusieurs éléments suffisamment petits pour qu'ils ne soient pas soumis aux obligations fixées par le Document de Vienne. Les forces armées russes ne s'entraînent pas à mener une guerre limitée et à petite échelle dans les districts militaires Ouest et Sud, elles cherchent simplement à en donner l'impression. La création du district militaire de la flotte du Nord leur a grandement facilité la tâche, car elle a introduit une division administrative entre des composantes majeures des exercices russes sur l'axe stratégique Ouest.

Le ministère russe de la Défense a également annoncé que Zapad 2017 était strictement défensif, qu'il s'articulait autour d'un scénario de lutte contre le terrorisme et qu'il ne portait pas sur une région réelle, alors même qu'il était en partie conduit sur le territoire bélarussien.

Selon certains analystes étrangers, l'exercice a en réalité fait intervenir un effectif beaucoup plus important que celui annoncé par le ministère russe de la Défense : 60 000 à 70 000 soldats y auraient participé, dont environ 12 000 sur le territoire bélarussien, et le reste en Russie. Les messages quotidiens du ministère de la Défense au sujet de l'exercice ont eux aussi démenti l'envergure et le but officiels de Zapad.

Les formations « terroristes » opposées aux forces conjointes russo-bélarussiennes étaient d'une taille et d'une puissance telles qu'il a fallu trois jours d'opérations de forces interarmes et d'opérations de forces terrestres blindées avec un important appui aérien (avions et hélicoptères), des opérations aérospatiales de grande envergure ainsi que l'engagement d'unités de défense de la flotte de la Baltique et d'unités de défense côtière.

Le caractère stratégique de Zapad

L'importance stratégique de Zapad est apparue clairement lorsqu'a été simulée la défense de la région de Moscou contre une attaque massive de missiles de croisière grâce à des intercepteurs de défense aérienne S-400. Les moyens de frappe de précision à double capacité (conventionnelle et nucléaire) ont également occupé une place de premier plan dans l'exercice : des unités de missiles SS-21 SCARAB et SS-26 ISKANDER se sont entraînées, et des unités ISKANDER non stationnées dans le district militaire Ouest ont procédé à des tirs réels dans d'autres régions. Le ministère de la Défense a en outre indiqué que des unités de défense CBRN (chimique, biologique, radiologique et nucléaire) avaient participé activement à l'exercice, pour montrer que les forces armées russes pouvaient agir dans un environnement contaminé. L'exercice s'est déroulé en deux phases : une phase défensive et contre-offensive, puis une phase offensive.

En parallèle des activités officiellement reconnues menées au titre de Zapad dans le district militaire Ouest, des activités de différents niveaux ont été conduites dans tous les autres districts militaires. Ces autres activités ont englobé des opérations de défense aérospatiale, des essais de missiles balistiques intercontinentaux (dont certains n'étaient peut-être pas liés à Zapad mais motivés par la nécessité d'évaluer la durée de vie en service), des batailles navales dans les eaux littorales russes de la mer de Barents, de la mer Baltique, de la mer Noire et de l'océan Pacifique, des engagements de différentes ampleurs des forces terrestres, des activités d'unités CBRN, ainsi que la réparation par les troupes du chemin de fer de tronçons de voie ferrée endommagés par des tirs ennemis de missiles de croisière. Les activités ont été particulièrement intenses dans le district militaire de la flotte du Nord (Arctique), avec une simulation de lancement de missile balistique intercontinental par un sous-marin de la flotte du Nord contre l'adversaire le troisième jour de Zapad, mais aussi une frappe de missile d'un groupe d'intervention de la flotte du Nord contre un groupement naval ennemi le sixième jour.

Après l'exercice, la porte-parole de l'OTAN, Oana Lungescu, a déclaré que « dans les faits, ces activités constituaient un même exercice stratégique », ajoutant qu'il était clair que Zapad mettait en scène un conflit interétatique de grande envergure. La nature, l'envergure et l'intensité des exercices effectués par la Russie en septembre 2017 cadrent avec le système d'opérations stratégiques que le pays conduirait en cas de conflit avec l'OTAN, en se concentrant sur l'axe stratégique Ouest, et en menant en appui des activités militaires dans l'ensemble du pays sur tous les axes stratégiques, voire des opérations mondiales, en cas d'escalade. Si Zapad 2017 avait été mené conformément à sa description officielle, il n'aurait mis en pratique qu'une partie des plans stratégiques de Moscou concernant une guerre potentielle avec l'OTAN. Cet exercice doit donc être rapproché des autres exercices menés sur tout le territoire russe du 14 au 20 septembre 2017.

Maskirovka et opérations d'information

En mars 2015, un exercice stratégique surprise a d'abord mis en scène une crise dans les régions de la Baltique et de la mer de Barents, et ensuite, peu de temps après, une escalade vers des opérations stratégiques nationales puis mondiales. Cela illustre bien comment Zapad s'intègre plus largement dans la planification militaire en vue d'opérations stratégiques. Vu l'accent que l'armée russe met sur la maskirovka (déception militaire), il faut estimer l'ampleur des exercices et examiner les chiffres officiels donnés par la Russie en tenant compte des mesures politiques, organisationnelles, opérationnelles et techniques qui ont probablement été prises pour cacher, masquer, minimiser ou tromper d'autres manières encore quant à la taille, à la composition et à la localisation des forces participantes. Une grande partie des exercices stratégiques de la Russie consiste certainement à exercer et à tester la maskirovka.

La Russie s'est employée à maximiser les effets de Zapad 2017 en conduisant, des mois durant, des opérations d'information autour de l'exercice. Menées dans le « district militaire de l'information », sixième district militaire, virtuel, de la Russie, ces opérations avaient plusieurs objectifs, notamment mettre en évidence la puissance militaire russe, susciter ainsi la crainte dans le voisinage, compromettre les dispositifs de maîtrise des armements et de renforcement de la confiance, et provoquer à l'OTAN et dans les pays membres des réactions exploitables. La Russie s'efforçait, d'une part, de faire du bruit autour de ses moyens militaires et, d'autre part, de tourner en dérision les inquiétudes exprimées et de les présenter comme symptomatiques d'une « hystérie antirusse ».

Les moyens de frappe de précision à double capacité – conventionnelle et nucléaire –, comme les unités de missiles SS-21 SCARAB et SS-26 ISKANDER, ont occupé une place de premier plan dans Zapad.

Fidèle à sa stratégie asymétrique consistant à envoyer des messages contradictoires pour dissimuler et dérouter, la Russie a adopté à l'égard du Document de Vienne une double approche. D'une part, elle a violé l'esprit et l'intention du Document ; d'autre part, elle a affirmé qu'en communiquant certaines informations et en invitant des attachés militaires à une journée, étroitement surveillée, réservée aux visiteurs de marque près de Saint-Pétersbourg, elle répondait aux obligations, en fait plus contraignantes, énoncées au chapitre VI – Observation de certaines activités militaires.

La Russie n'a laissé aux analystes extérieurs d'autre choix que d'estimer l'ampleur réelle de Zapad 2017, et, lorsqu'ils ont ensuite reconnu que l'effectif engagé avait été inférieur aux estimations les plus hautes, elle a prétendu y voir la preuve que l'Occident s'était exagérément inquiété. Par ce tour de passe-passe, Moscou a tenté, en vain, d'occulter le fait, fondamental, que les signataires du Document de Vienne ne devraient justement pas avoir à estimer l'ampleur des exercices militaires des autres États participants. Le prochain exercice stratégique programmé de la Russie est Vostok 2018.

La vigilance et la préparation des Alliés

Loin de l'« hystérie » dont Moscou les a accusés, l'OTAN et les Alliés ont répondu par une politique consistant, comme l'a bien dit le secrétaire général, Jens Stoltenberg, à « rester vigilants et prêts à agir si nécessaire ». L'OTAN devra se tenir à cette approche tant que la Russie poursuivra son renforcement du district militaire Ouest et son programme d'exercices provocants et déstabilisateurs. Les Alliés devront aussi continuer à rejeter les tentatives de la Russie de substituer une « transparence » improvisée et sélective aux obligations internationales qui lui incombent concernant la mise en œuvre de mesures de confiance et de sécurité véritables et vérifiables.

Par ailleurs, l'OTAN n'a pas à justifier ses travaux d'évaluation de l'ampleur et du périmètre des exercices militaires russes, alors que la Russie manque délibérément aux engagements censés rendre de tels travaux superflus. Quant à l'intensification modérée des exercices militaires opérée par l'OTAN en réponse aux actions agressives de la Russie contre l'Ukraine, elle se poursuit en pleine transparence et en pleine conformité avec les engagements internationaux.

L'invasion de la Géorgie par la Russie a eu lieu il y a près de dix ans. À l'approche de cet anniversaire, il convient de se rappeler que les exercices stratégiques annuels russes avaient repris juste avant cette agression, que Moscou s'est servi d'un exercice surprise pour dissimuler des mouvements de troupes au début de la crise en Ukraine, et que les exercices stratégiques de la Russie ont facilité sa projection de puissance en Syrie. Les forces russes continuent de mener des opérations en Ukraine et en Syrie, donnant tort aux nombreux analystes étrangers qui prédisaient, suite à l'intervention en Syrie, que la Russie ne serait pas en mesure de maintenir en puissance deux opérations simultanées. Non seulement la Russie y est parvenue, mais elle a réussi à poursuivre son vaste programme d'exercices.

L'ampleur et la complexité croissantes des exercices stratégiques annuels – notamment ceux de la série tournée vers l'Occident, Zapad – et des exercices surprise menés par la Russie soulignent que les Alliés doivent mettre en œuvre pleinement et rapidement les mesures de renforcement de la dissuasion et de la défense décidées aux sommets que l'OTAN a tenus au Pays de Galles (2014) et à Varsovie (2016). Ces mesures, doublées de l'engagement des Alliés en faveur d'un dialogue substantiel et d'une réelle interaction avec la Russie, sont la réponse la plus efficace à l'orientation négative de long terme de la Russie.


Dave Johnson est administrateur au sein de la Division Politique et plans de défense du Secrétariat international de l'OTAN.

Les articles publiés dans la Revue de l’OTAN ne reflètent pas nécessairement la politique ou la position officielle des pays membres, ni celle de l’OTAN.

A propos de l'auteur

Dave Johnson is a staff officer in the NATO International Staff Defence Policy and Planning Division.