Frères de sang ?

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FRÈRES DE SANG

Lituanie-Ukraine : une souffrance partagée,

des destins différents.

Lituaniens et Ukrainiens

ont une longue histoire en commun.

Il y a des siècles, ils formaient

l'un des plus grands pays d'Europe

et ces 25 dernières années,

tous deux ont connu des révolutions.

Mais l'issue en a été

bien différente.

Pour la Lituanie, 2015 a débuté

avec son entrée dans la zone euro,

une économie relancée et le projet

de renforcer son rôle à l'OTAN.

Pour l'Ukraine, l'année a débuté

avec une guerre faisant rage à l'est,

une économie en ruine

et plus d'un demi-million d'Ukrainiens

réfugiés dans leur propre pays.

Pourquoi ces pays ont-ils donc

pris des chemins si différents ?

Et dans quelle mesure la Lituanie

a-t-elle failli subir le même sort ?

Pour comprendre la différence,

il faut d'abord comprendre

ce qui s'est passé en Lituanie.

Le 11 mars 1990,

la Lituanie a déclaré son indépendance

de l'Union soviétique.

Les négociations avec Moscou

sur la reconnaissance de l'État ont duré

jusqu'en janvier 1991,

quand l'URSS a envoyé ses forces armées

écraser la révolution populaire.

Cette nuit-là, il y a eu 14 tués

et plus d'un millier de blessés.

J'étais l'un des étudiants qui,

aux côtés de plusieurs

milliers de personnes,

se sont tenues cette nuit-là,

et bien d'autres nuits après,

devant le Parlement.

Les Lituaniens ont riposté,

en chantant.

Quand je parle de defense...

Il s'agissait surtout

de chanter des chansons,

de reciter des prières

ou d'ériger des barricades.

On pourrait ne voir ici

rien d'autre que des chants

mais c'est en fait un élément clé

de la lutte du peuple pour l'indépendance.

Lorsque les chars ont envahi

Vilnius, voici plus de 20 ans,

le conseil du leader

de l'indépendance fut de chanter.

Pas de combattre,

ni d'attaquer, juste de chanter.

Pour cet homme,

Vytautas Landsbergis,

leader de l'indépendance,

il ne s'agissait pas de s'en prendre

à tout le système soviétique,

mais juste de dire

que la Lituanie ne voulait plus

vivre dans le bloc de l'Est,

un arrangement

remontant

au pacte Hitler-Staline,

signé 50 ans auparavant.

Si vous voulez garder votre vieille

URSS, c'est votre affaire.

Nous, nous sommes indépendants d'esprit,

aux yeux du droit international

et à nos yeux, et nous irons jusqu'au bout.

Plutôt que d'appliquer

sa nouvelle politique, la glasnost,

Moscou a infligé au pays

une sanction aussi traditionnelle que sévère.

Lorsque l'Armée soviétique

a attaqué la Lituanie en 1991,

elle a marché sur le Parlement

et la tour de la télévision,

pour s'en prendre aux partisans

de la liberté et les faire taire.

Eglie Bucalaite était à l'antenne

ce soir-là,

lorsque les violences ont éclaté.

Voici le studio où se trouvait

Eglie en ce jour de 1991.

Et voici la porte que

les forces soviétiques ont défoncée.

Je crois que nul ne pensait

alors à sa propre sécurité.

Je ne me suis demandé

si j'allais vivre ou mourir

qu'en voyant ces soldats

en uniforme, masqués,

marcher dans le couloir,

alors que j'étais en studio.

C'est alors que je me suis dit

que c'était peut-être la fin,

que soudain, tout pouvait

s'arrêter, comme ça.

C'était un moment clé.

Le contrôle de l'information

était crucial pour Moscou,

surtout face à une révolution.

L'ère soviétique était terrifiante.

Je ne pouvais écouter l'hymne national

qu'à la radio américaine.

On cherchait une émission

lituanienne à la radio.

Et au moment de l'hymne,

je montais le son

pour qu'il retentisse

dans toute la maison.

Les locaux étaient occupés

par une télévision militaire,

qui faisait de la désinformation.

Une propagande russe

dont on rirait aujourd'hui,

si rien ne se passait

en Ukraine.

En fait, c'est pareil.

L'assaut contre la télévision

a fait 14 morts,

mais la tactique russe s'est faite

plus sombre encore.

Le 31 juillet 1991, huit hommes

se trouvaient dans

ce poste-frontière lituanien.

Des soldats russes embusqués

dans les bois les ont attaqués.

Ils portaient des baskets

pour approcher sans bruit.

Ils ont surgi dans le poste

et contraint les 8 hommes

à se coucher juste là,

puis, d'une balle dans la nuque,

ils les ont exécutés

un par un, avec un silencieux.

Ces 7 jeunes gens

sont morts sur le coup.

Un seul a survécu et

peut encore relater les faits :

c'est Tomas Šernas.

Cet endroit ressemblait au Maïdan

ukrainien, mais sans les chants.

Nous devions travailler,

il n'y avait que nous,

7 ou 8 hommes, à la lisière d'une forêt,

sans moyen de communication.

J'étais assis à ce bureau.

C'était au petit matin,

deux heures avant l'aube.

Le poste était là où se trouvent

maintenant ces croix.

Un bruit insolite

m'a fait lever les yeux

et j'ai vu un homme

courir, une arme à la main.

Des Russes, portant

des uniformes russes

sans signe distinctif,

et chaussés, non pas de bottes,

mais de baskets.

Ça leur a permis

d'avancer en silence, dans la nuit.

Lumières éteintes, ils nous ont

dit de nous coucher à terre.

Puis ils ont commence à tirer.

L'arme avait un silencieux,

ça n'a pas fait de bruit.

Ils n'ont rien dit.

Ils ont juste tiré

une balle dans la tête de chacun.

Dont moi.

L'attaque a eu lieu à la frontière avec

le Bélarus, et aujourd'hui encore

les mentalités sont très

différentes de part et d'autre.

Nous sommes à la frontière lituanienne.

Ici, c'est la Lituanie,

là-bas, le Bélarus.

Mais cette séparation

n'est pas seulement géographique,

elle est aussi idéologique.

Ici, c'est l'Union européenne,

là-bas, ce qu'il convient d'appeler

la dernière dictature d'Europe.

Voyons d'un peu plus près ce qu'il en est.

Depuis la fin de l'URSS,

il y a 25 ans, le Bélarus

est resté un proche allié de Moscou,

sur les plans politique et économique.

En ne s'opposant pas à la Russie,

le pays a pu acheter

du pétrole et du gaz à bas prix.

L'Ukraine a quant à elle été punie

par Moscou chaque fois

qu'elle faisait un pas vers l'Europe.

Et c'est visible

dans l'économie.

La Lituanie subissait le même traitement

lorsqu'elle osait défier Moscou.

On a été mis en difficulté

au début des années 1990.

Je m'en souviens très bien.

Les rues étaient désertes,

pas d'essence pour les voitures.

C'était l'hiver,

il faisait froid dans les habitations.

C'était une leçon :

vous voulez l'indépendance ?

Voilà le prix à payer.

La Lituanie a retourné ça

à son avantage.

Durant ces 8 mois, on a réorienté

notre économie vers l'Ouest,

jusqu'à ce qu'elle représente

presque deux tiers de nos échanges.

Et le pays est aujourd'hui

le premier à demander

des sanctions contre Moscou

pour ses actions en Ukraine,

même si ces sanctions

nuisent à son économie.

Étant voisins des Russes, nous souffrons

le plus des sanctions.

Notre agriculture, nos transports

en pâtissent chaque jour,

et malgré tout,

nous sommes l'un des plus fervents

partisans des sanctions

car c'est le seul moyen

de stopper l'agression,

et d'envoyer des messages

très forts au Kremlin.

La réaction de Moscou

face aux révoltes

en Lituanie et en Ukraine

a été similaire.

Peut-être est-ce parce que

comme en 1991,

l'économie russe est aujourd'hui en difficulté.

Nous savions très bien que

l'URSS était ruinée.

Eux aussi.

Alors ils voulaient

manipuler les gens avec des réformes.

Mais comment sauver l'empire ?

Le nationalisme était une diversion.

C'est pareil maintenant.

L'économie est ruinée.

Ni investissements, ni perspectives.

Et les prix du pétrole…

Ils sont en légère hausse,

mais pas encore

au niveau voulu.

La situation est déplorable.

Brandir le nationalisme,

ça ne marche qu'un temps.

La chaîne Russia Today,

ou plutôt Russia Yesterday,

disons la TV russophone,

fait une propagande atroce,

que l'on confond parfois

avec la liberté d'expression.

Si Goebbels était journaliste,

alors je n'ai rien compris.

Si la riposte

de Moscou a été similaire,

l'unité du peuple l'est aussi.

Nous devons être

solidaires de l'Ukraine

pas juste nous, Lituaniens,

mais toute l'Europe,

car ce qui arrive

ne concerne pas que l'Ukraine,

ni, à l'époque, la Lituanie.

2018 marquera le 100e anniversaire

de la déclaration d'indépendance

de la Lituanie.

Mais 2015 compte aussi

car le pays est entré

dans la zone euro.

Il a adopté cette monnaie

et voici une pièce lituanienne.

Siéger au cœur de l'UE

est une chose,

mais la Lituanie aura du mal à

convaincre certains partenaires

que composer avec Moscou

n'est pas une solution.

Quand on voit qu'avec des institutions

aussi solides, des budgets énormes,

de telles ambitions,

on ne peut rien faire au XXIe siècle

contre un pays européen

qui envahit son voisin,

rien d'autre que

de se déclarer préoccupés,

ça paraît insensé, n'est-ce pas ?

Qu'est-ce qu'un compromis ?

Dans notre cas, en 1990,

ils ont exigé une capitulation

et appelé ça un compromis.

M. Landsbergis se souvient

qu'en public, l'URSS

sauvait les apparences,

mais qu'en coulisse,

elle menaçait

les dirigeants lituaniens.

"Jamais vous n'obtiendrez

votre indépendance",

m'a dit Gorbachev.

Soyez raisonnables, c'est irréaliste.

Soyez pragmatiques.

On vous donnera plus d'autonomie.

Vous recevez maintenant 7 %

de votre produit national.

On va vous en donner 20 %, réjouissez-vous.

Mais pourquoi pas 100 % ?

Cet argent, c'est le nôtre.

Pour certains, négocier

des concessions face à

l'agression russe en Ukraine

ne fait qu'aggraver la situation.

Je ne dis pas que nous sommes responsables,

nous n'attaquons pas l'Ukraine,

nous ne l'envahissons pas.

Mais en étant passifs,

ou incohérents,

nous contribuons à l'escalade.

Parlons sans fard :

ce qui arrive aujourd'hui,

c'est un second Munich,

la liquidation de l'Ukraine.

Une vieille femme m'a

un jour donné un conseil.

"Ne fais pas

le moindre petit pas en arrière,

car ils poseront leurs pieds

à la place des tiens."

Pire encore, alors que le monde

s'unit contre le terrorisme,

d'aucuns craignent que Moscou

ait fait siennes les tactiques terroristes.

Des militaires professionnels

sans signes distinctifs

ni drapeau,

vous appelez ça comment ?

Ce sont bien des militaires,

et bien des Russes, mais

ils agissent en terroristes.

Une victime civile,

c'est une victime civile.

Je cite toujours cet exemple.

J'étais à Paris pour la marche

"Je suis Charlie",

aux côtés de tous

mes homologues défendant

la liberté d'expression.

Mais il y avait alors deux fois plus

de victimes par jour qu'à Paris.

Évitons de comparer car

chaque victime est une de trop.

Et c'est l'idéologie du Kremlin

qui inquiète le plus.

Elle dénote

une resurgence du nationalisme,

le Kremlin affirmant

devoir protéger les Russes où qu'ils soient.

La Russie n'a pas de frontière,

il faut en être conscient.

Même avec l'Ukraine.

Les Russes continuent de déplorer la frontière

avec les États baltes,

et ils n'ont même pas

de frontière avec l'Estonie.

Invoquer la protection des russophones

peut suffire.

Il y a énormément d'anglophones

de par le monde,

alors peut-être le Royaume-Uni

reviendra-t-il en Inde

si les anglophones,

y souffrent...

Peut-être les opinions divergent-elles

car les mots ont un sens différent ?

Est-ce que "démocratie" a le même

sens en Russie qu'en Occident ?

Leur démocratie est particulière,

différente.

Spécifiquement russe.

En Occident, être partenaire

signifie agir ensemble

pour le bien commun,

au profit de tous.

Pour la Russie,

le partenariat est un jeu

dans lequel le partenaire

doit être mis à genoux.

D'après la Lituanie,

que devrait donc faire l'Occident

face à l'agression de Poutine ?

Ne pas écouter ses paroles,

mais observer ses faits et gestes.

Ses actes.

On entend encore :

"Aujourd'hui il a dit ceci,

hier il avait dit cela,

c'est différent."

L'ironie, c'est que

l'Ukraine aurait pu

se tourner vers l'Ouest en signant

un accord d'association avec l'UE

durant la présidence lituanienne.

Le président Ianoukovitch

avait l'occasion de parer le pays

contre les menaces d'agression

de son imprévisible voisin russe.

Mais ça s'est passé autrement.

C'est derrière ce porche

que le cercle s'est refermé.

C'était ici que la présidence de l'UE,

alors assurée par la Lituanie,

premier État balte

à jouer ce rôle,

avait organisé une réunion

où l'accord avec l'Ukraine

devait être signé par Ianoukovitch,

alors président.

Il est venu mais a refusé

de signer l'accord,

sous la pression du Kremlin.

C'est ce refus qui a mené

à la révolte Euromaïdan.

Autre ironie, c'est un Lituanien,

Aivaras Abromavicius,

qui est ministre du développement

économique et du commerce

dans le gouvernement

formé

après la fuite d'Ianoukovitch

en Russie.

Par contre, en Lituanie, les leaders

et le peuple sont restés unis.

Mais que serait-il arrivé

s'ils avaient renoncé à intégrer l'UE ?

Dans quelle situation serait le pays

s'il n'avait pas adhéré à l'OTAN ?

Je ne veux même pas y songer.

Grâce à Dieu, notre pays

a choisi la liberté

il y a 25 ans

et il est devenu membre

de l'OTAN et de l'UE,

c'était une opportunité historique

et nous l'avons saisie.

Vous ne savez donc pas

ce qui serait arrivé si...

Je refuse d'y songer.

Il est clair que

la voie qu'a suivie la Lituanie

est sans doute la seule qui pouvait

garantir la sécurité du pays.

Prenez la Géorgie, en 2008,

elle n'était pas membre de l'OTAN.

On voit le résultat. L'Ukraine,

grand pays au cœur de l'Europe,

n'est pas membre de l'OTAN,

on voit le résultat.

C'est ça la différence.

Pour savoir si les gens

se sentent en sécurité,

autant leur poser la question.

Pensez-vous que la Lituanie

soit aujourd'hui en sécurité ?

Oui, je crois.

- Oui, assez.

Peut-être pas à 100%, mais...

Pourquoi est-elle en sécurité ?

- Car on est dans l'OTAN.

Car vous êtes dans l'OTAN ?

- Oui, je crois.

J'ai parlé à mes parents

aujourd'hui et on s'est dit

"Dieu merci, on n'est pas

dans cette situation,

on ne peut que s'en réjouir."

Pourvu qu'il n'arrive pas

la même chose ici.

Ça va plutôt bien.

Je sais que la situation

est très grave dans l'est

mais, grâce à l'OTAN, ça va très bien.

Je me rappelle l'Union soviétique

et je suis heureux que nous soyons

à présent de l'autre côté.

Qu'avez-vous ressenti

lorsque la révolte ukrainienne

a éclaté et les combats

ont commencé l'an passé ?

J'ai eu pitié de nos autres voisins

qui ont perdu quasi 25 ans

d'indépendance

après la chute de l'URSS,

comme l'Ukraine.

Certains vont au-delà

des paroles encourageantes.

Ils ont l'occasion

de jouer un rôle

dans cette quête de liberté

qu'ils ont ratée en 1991.

Žana Puodžius aide

les volontaires qui

combattent les rebelles appuyés

par Moscou, en Ukraine,

de Donetsk à Debal’tseve.

En Ukraine, j'ai compris

ce qui est arrivé à mon pays.

J'étais trop jeune

pour m'en souvenir.

C'était juste de l'histoire,

on l'apprenait à l'école,

mais ça ne me touchait

pas réellement.

En Ukraine, j'ai enfin compris,

au fond de moi, ce qui

était arrivé.

Et ceux qui ont bel et bien vécu

les événements de 1991

ont eu l'occasion de réaliser

à quoi ils ont échappé.

Oui, ça me rappelle

vraiment cette époque

et je suis frappée

de la chance qu'on a eue.

Je compare cela avec

les événements actuels en Ukraine.

C'était très difficile,

je ne peux pas dire qu'on a échappé

à l'URSS facilement,

sans dégâts

ni sacrifices.

Mais quand je vois

ce qui arrive à présent,

combien ça dure

et combien ça coûte,

j'ai du mal à le croire

et je ressens une joie infinie

que la Lituanie

n'ait pas connu le même sort

et soit libre depuis longtemps.

La Lituanie n'a cessé de mettre en garde

ses partenaires de l'UE contre la Russie.

On l'a souvent accusée

d'exagérer.

Aujourd'hui, la Lituanie

peut se targuer d'avoir vu juste.

Il y a 10 ans, nous disions

qu'il fallait aborder la Russie

sous un autre angle,

et il semble maintenant que

nous étions dans le vrai.

Nous avions bien

analysé la Russie,

et ses processus internes.

À présent, une autre raison

pousse l'Europe à nous écouter

plus attentivement.

C'est une grande leçon

pour tous :

la liberté ne va pas de soi.

Je crois que

c'est le président Reagan qui a dit

que la liberté n'est jamais

qu'à une génération de l'extinction.

Chaque génération doit donc

faire sa part.

La liberté est toujours contestée,

jamais acquise.

Et il ne faut jamais oublier la joie

que procure l'obtention de la liberté.

Nous avons pris la bonne décision

en adhérant à l'OTAN et à l'UE.

Je tenais à le dire.

J'étais alors ministre de la Défense.

Je me rappelle le processus d'adhésion,

toute cette émotion

le jour de l'adhésion.

J'étais à Washington et

l'officier de service m'a téléphoné

pour me dire que des jets belges

allaient atterrir sur notre base

et assurer la police du ciel.

C'était littéralement à quelques

heures de l'adhésion.

C'est très dur d'expliquer

ce ressenti.

C'était très particulier.

Ces sentiments sont

encore très forts.

Je suis fier de ce que nous avons

accompli, à temps.

Connaissant notre voisin,

nous avons agi en conséquence

en connaissance de cause

et nous sommes aujourd'hui

du bon côté de l'histoire.

Quelle chance immense pour notre pays.

Une chance que n'a pas l'Ukraine.

Du moins pas encore.

FRÈRES DE SANG

Lituanie-Ukraine : une souffrance partagée,

des destins différents.

Lituaniens et Ukrainiens

ont une longue histoire en commun.

Il y a des siècles, ils formaient

l'un des plus grands pays d'Europe

et ces 25 dernières années,

tous deux ont connu des révolutions.

Mais l'issue en a été

bien différente.

Pour la Lituanie, 2015 a débuté

avec son entrée dans la zone euro,

une économie relancée et le projet

de renforcer son rôle à l'OTAN.

Pour l'Ukraine, l'année a débuté

avec une guerre faisant rage à l'est,

une économie en ruine

et plus d'un demi-million d'Ukrainiens

réfugiés dans leur propre pays.

Pourquoi ces pays ont-ils donc

pris des chemins si différents ?

Et dans quelle mesure la Lituanie

a-t-elle failli subir le même sort ?

Pour comprendre la différence,

il faut d'abord comprendre

ce qui s'est passé en Lituanie.

Le 11 mars 1990,

la Lituanie a déclaré son indépendance

de l'Union soviétique.

Les négociations avec Moscou

sur la reconnaissance de l'État ont duré

jusqu'en janvier 1991,

quand l'URSS a envoyé ses forces armées

écraser la révolution populaire.

Cette nuit-là, il y a eu 14 tués

et plus d'un millier de blessés.

J'étais l'un des étudiants qui,

aux côtés de plusieurs

milliers de personnes,

se sont tenues cette nuit-là,

et bien d'autres nuits après,

devant le Parlement.

Les Lituaniens ont riposté,

en chantant.

Quand je parle de defense...

Il s'agissait surtout

de chanter des chansons,

de reciter des prières

ou d'ériger des barricades.

On pourrait ne voir ici

rien d'autre que des chants

mais c'est en fait un élément clé

de la lutte du peuple pour l'indépendance.

Lorsque les chars ont envahi

Vilnius, voici plus de 20 ans,

le conseil du leader

de l'indépendance fut de chanter.

Pas de combattre,

ni d'attaquer, juste de chanter.

Pour cet homme,

Vytautas Landsbergis,

leader de l'indépendance,

il ne s'agissait pas de s'en prendre

à tout le système soviétique,

mais juste de dire

que la Lituanie ne voulait plus

vivre dans le bloc de l'Est,

un arrangement

remontant

au pacte Hitler-Staline,

signé 50 ans auparavant.

Si vous voulez garder votre vieille

URSS, c'est votre affaire.

Nous, nous sommes indépendants d'esprit,

aux yeux du droit international

et à nos yeux, et nous irons jusqu'au bout.

Plutôt que d'appliquer

sa nouvelle politique, la glasnost,

Moscou a infligé au pays

une sanction aussi traditionnelle que sévère.

Lorsque l'Armée soviétique

a attaqué la Lituanie en 1991,

elle a marché sur le Parlement

et la tour de la télévision,

pour s'en prendre aux partisans

de la liberté et les faire taire.

Eglie Bucalaite était à l'antenne

ce soir-là,

lorsque les violences ont éclaté.

Voici le studio où se trouvait

Eglie en ce jour de 1991.

Et voici la porte que

les forces soviétiques ont défoncée.

Je crois que nul ne pensait

alors à sa propre sécurité.

Je ne me suis demandé

si j'allais vivre ou mourir

qu'en voyant ces soldats

en uniforme, masqués,

marcher dans le couloir,

alors que j'étais en studio.

C'est alors que je me suis dit

que c'était peut-être la fin,

que soudain, tout pouvait

s'arrêter, comme ça.

C'était un moment clé.

Le contrôle de l'information

était crucial pour Moscou,

surtout face à une révolution.

L'ère soviétique était terrifiante.

Je ne pouvais écouter l'hymne national

qu'à la radio américaine.

On cherchait une émission

lituanienne à la radio.

Et au moment de l'hymne,

je montais le son

pour qu'il retentisse

dans toute la maison.

Les locaux étaient occupés

par une télévision militaire,

qui faisait de la désinformation.

Une propagande russe

dont on rirait aujourd'hui,

si rien ne se passait

en Ukraine.

En fait, c'est pareil.

L'assaut contre la télévision

a fait 14 morts,

mais la tactique russe s'est faite

plus sombre encore.

Le 31 juillet 1991, huit hommes

se trouvaient dans

ce poste-frontière lituanien.

Des soldats russes embusqués

dans les bois les ont attaqués.

Ils portaient des baskets

pour approcher sans bruit.

Ils ont surgi dans le poste

et contraint les 8 hommes

à se coucher juste là,

puis, d'une balle dans la nuque,

ils les ont exécutés

un par un, avec un silencieux.

Ces 7 jeunes gens

sont morts sur le coup.

Un seul a survécu et

peut encore relater les faits :

c'est Tomas Šernas.

Cet endroit ressemblait au Maïdan

ukrainien, mais sans les chants.

Nous devions travailler,

il n'y avait que nous,

7 ou 8 hommes, à la lisière d'une forêt,

sans moyen de communication.

J'étais assis à ce bureau.

C'était au petit matin,

deux heures avant l'aube.

Le poste était là où se trouvent

maintenant ces croix.

Un bruit insolite

m'a fait lever les yeux

et j'ai vu un homme

courir, une arme à la main.

Des Russes, portant

des uniformes russes

sans signe distinctif,

et chaussés, non pas de bottes,

mais de baskets.

Ça leur a permis

d'avancer en silence, dans la nuit.

Lumières éteintes, ils nous ont

dit de nous coucher à terre.

Puis ils ont commence à tirer.

L'arme avait un silencieux,

ça n'a pas fait de bruit.

Ils n'ont rien dit.

Ils ont juste tiré

une balle dans la tête de chacun.

Dont moi.

L'attaque a eu lieu à la frontière avec

le Bélarus, et aujourd'hui encore

les mentalités sont très

différentes de part et d'autre.

Nous sommes à la frontière lituanienne.

Ici, c'est la Lituanie,

là-bas, le Bélarus.

Mais cette séparation

n'est pas seulement géographique,

elle est aussi idéologique.

Ici, c'est l'Union européenne,

là-bas, ce qu'il convient d'appeler

la dernière dictature d'Europe.

Voyons d'un peu plus près ce qu'il en est.

Depuis la fin de l'URSS,

il y a 25 ans, le Bélarus

est resté un proche allié de Moscou,

sur les plans politique et économique.

En ne s'opposant pas à la Russie,

le pays a pu acheter

du pétrole et du gaz à bas prix.

L'Ukraine a quant à elle été punie

par Moscou chaque fois

qu'elle faisait un pas vers l'Europe.

Et c'est visible

dans l'économie.

La Lituanie subissait le même traitement

lorsqu'elle osait défier Moscou.

On a été mis en difficulté

au début des années 1990.

Je m'en souviens très bien.

Les rues étaient désertes,

pas d'essence pour les voitures.

C'était l'hiver,

il faisait froid dans les habitations.

C'était une leçon :

vous voulez l'indépendance ?

Voilà le prix à payer.

La Lituanie a retourné ça

à son avantage.

Durant ces 8 mois, on a réorienté

notre économie vers l'Ouest,

jusqu'à ce qu'elle représente

presque deux tiers de nos échanges.

Et le pays est aujourd'hui

le premier à demander

des sanctions contre Moscou

pour ses actions en Ukraine,

même si ces sanctions

nuisent à son économie.

Étant voisins des Russes, nous souffrons

le plus des sanctions.

Notre agriculture, nos transports

en pâtissent chaque jour,

et malgré tout,

nous sommes l'un des plus fervents

partisans des sanctions

car c'est le seul moyen

de stopper l'agression,

et d'envoyer des messages

très forts au Kremlin.

La réaction de Moscou

face aux révoltes

en Lituanie et en Ukraine

a été similaire.

Peut-être est-ce parce que

comme en 1991,

l'économie russe est aujourd'hui en difficulté.

Nous savions très bien que

l'URSS était ruinée.

Eux aussi.

Alors ils voulaient

manipuler les gens avec des réformes.

Mais comment sauver l'empire ?

Le nationalisme était une diversion.

C'est pareil maintenant.

L'économie est ruinée.

Ni investissements, ni perspectives.

Et les prix du pétrole…

Ils sont en légère hausse,

mais pas encore

au niveau voulu.

La situation est déplorable.

Brandir le nationalisme,

ça ne marche qu'un temps.

La chaîne Russia Today,

ou plutôt Russia Yesterday,

disons la TV russophone,

fait une propagande atroce,

que l'on confond parfois

avec la liberté d'expression.

Si Goebbels était journaliste,

alors je n'ai rien compris.

Si la riposte

de Moscou a été similaire,

l'unité du peuple l'est aussi.

Nous devons être

solidaires de l'Ukraine

pas juste nous, Lituaniens,

mais toute l'Europe,

car ce qui arrive

ne concerne pas que l'Ukraine,

ni, à l'époque, la Lituanie.

2018 marquera le 100e anniversaire

de la déclaration d'indépendance

de la Lituanie.

Mais 2015 compte aussi

car le pays est entré

dans la zone euro.

Il a adopté cette monnaie

et voici une pièce lituanienne.

Siéger au cœur de l'UE

est une chose,

mais la Lituanie aura du mal à

convaincre certains partenaires

que composer avec Moscou

n'est pas une solution.

Quand on voit qu'avec des institutions

aussi solides, des budgets énormes,

de telles ambitions,

on ne peut rien faire au XXIe siècle

contre un pays européen

qui envahit son voisin,

rien d'autre que

de se déclarer préoccupés,

ça paraît insensé, n'est-ce pas ?

Qu'est-ce qu'un compromis ?

Dans notre cas, en 1990,

ils ont exigé une capitulation

et appelé ça un compromis.

M. Landsbergis se souvient

qu'en public, l'URSS

sauvait les apparences,

mais qu'en coulisse,

elle menaçait

les dirigeants lituaniens.

"Jamais vous n'obtiendrez

votre indépendance",

m'a dit Gorbachev.

Soyez raisonnables, c'est irréaliste.

Soyez pragmatiques.

On vous donnera plus d'autonomie.

Vous recevez maintenant 7 %

de votre produit national.

On va vous en donner 20 %, réjouissez-vous.

Mais pourquoi pas 100 % ?

Cet argent, c'est le nôtre.

Pour certains, négocier

des concessions face à

l'agression russe en Ukraine

ne fait qu'aggraver la situation.

Je ne dis pas que nous sommes responsables,

nous n'attaquons pas l'Ukraine,

nous ne l'envahissons pas.

Mais en étant passifs,

ou incohérents,

nous contribuons à l'escalade.

Parlons sans fard :

ce qui arrive aujourd'hui,

c'est un second Munich,

la liquidation de l'Ukraine.

Une vieille femme m'a

un jour donné un conseil.

"Ne fais pas

le moindre petit pas en arrière,

car ils poseront leurs pieds

à la place des tiens."

Pire encore, alors que le monde

s'unit contre le terrorisme,

d'aucuns craignent que Moscou

ait fait siennes les tactiques terroristes.

Des militaires professionnels

sans signes distinctifs

ni drapeau,

vous appelez ça comment ?

Ce sont bien des militaires,

et bien des Russes, mais

ils agissent en terroristes.

Une victime civile,

c'est une victime civile.

Je cite toujours cet exemple.

J'étais à Paris pour la marche

"Je suis Charlie",

aux côtés de tous

mes homologues défendant

la liberté d'expression.

Mais il y avait alors deux fois plus

de victimes par jour qu'à Paris.

Évitons de comparer car

chaque victime est une de trop.

Et c'est l'idéologie du Kremlin

qui inquiète le plus.

Elle dénote

une resurgence du nationalisme,

le Kremlin affirmant

devoir protéger les Russes où qu'ils soient.

La Russie n'a pas de frontière,

il faut en être conscient.

Même avec l'Ukraine.

Les Russes continuent de déplorer la frontière

avec les États baltes,

et ils n'ont même pas

de frontière avec l'Estonie.

Invoquer la protection des russophones

peut suffire.

Il y a énormément d'anglophones

de par le monde,

alors peut-être le Royaume-Uni

reviendra-t-il en Inde

si les anglophones,

y souffrent...

Peut-être les opinions divergent-elles

car les mots ont un sens différent ?

Est-ce que "démocratie" a le même

sens en Russie qu'en Occident ?

Leur démocratie est particulière,

différente.

Spécifiquement russe.

En Occident, être partenaire

signifie agir ensemble

pour le bien commun,

au profit de tous.

Pour la Russie,

le partenariat est un jeu

dans lequel le partenaire

doit être mis à genoux.

D'après la Lituanie,

que devrait donc faire l'Occident

face à l'agression de Poutine ?

Ne pas écouter ses paroles,

mais observer ses faits et gestes.

Ses actes.

On entend encore :

"Aujourd'hui il a dit ceci,

hier il avait dit cela,

c'est différent."

L'ironie, c'est que

l'Ukraine aurait pu

se tourner vers l'Ouest en signant

un accord d'association avec l'UE

durant la présidence lituanienne.

Le président Ianoukovitch

avait l'occasion de parer le pays

contre les menaces d'agression

de son imprévisible voisin russe.

Mais ça s'est passé autrement.

C'est derrière ce porche

que le cercle s'est refermé.

C'était ici que la présidence de l'UE,

alors assurée par la Lituanie,

premier État balte

à jouer ce rôle,

avait organisé une réunion

où l'accord avec l'Ukraine

devait être signé par Ianoukovitch,

alors président.

Il est venu mais a refusé

de signer l'accord,

sous la pression du Kremlin.

C'est ce refus qui a mené

à la révolte Euromaïdan.

Autre ironie, c'est un Lituanien,

Aivaras Abromavicius,

qui est ministre du développement

économique et du commerce

dans le gouvernement

formé

après la fuite d'Ianoukovitch

en Russie.

Par contre, en Lituanie, les leaders

et le peuple sont restés unis.

Mais que serait-il arrivé

s'ils avaient renoncé à intégrer l'UE ?

Dans quelle situation serait le pays

s'il n'avait pas adhéré à l'OTAN ?

Je ne veux même pas y songer.

Grâce à Dieu, notre pays

a choisi la liberté

il y a 25 ans

et il est devenu membre

de l'OTAN et de l'UE,

c'était une opportunité historique

et nous l'avons saisie.

Vous ne savez donc pas

ce qui serait arrivé si...

Je refuse d'y songer.

Il est clair que

la voie qu'a suivie la Lituanie

est sans doute la seule qui pouvait

garantir la sécurité du pays.

Prenez la Géorgie, en 2008,

elle n'était pas membre de l'OTAN.

On voit le résultat. L'Ukraine,

grand pays au cœur de l'Europe,

n'est pas membre de l'OTAN,

on voit le résultat.

C'est ça la différence.

Pour savoir si les gens

se sentent en sécurité,

autant leur poser la question.

Pensez-vous que la Lituanie

soit aujourd'hui en sécurité ?

Oui, je crois.

- Oui, assez.

Peut-être pas à 100%, mais...

Pourquoi est-elle en sécurité ?

- Car on est dans l'OTAN.

Car vous êtes dans l'OTAN ?

- Oui, je crois.

J'ai parlé à mes parents

aujourd'hui et on s'est dit

"Dieu merci, on n'est pas

dans cette situation,

on ne peut que s'en réjouir."

Pourvu qu'il n'arrive pas

la même chose ici.

Ça va plutôt bien.

Je sais que la situation

est très grave dans l'est

mais, grâce à l'OTAN, ça va très bien.

Je me rappelle l'Union soviétique

et je suis heureux que nous soyons

à présent de l'autre côté.

Qu'avez-vous ressenti

lorsque la révolte ukrainienne

a éclaté et les combats

ont commencé l'an passé ?

J'ai eu pitié de nos autres voisins

qui ont perdu quasi 25 ans

d'indépendance

après la chute de l'URSS,

comme l'Ukraine.

Certains vont au-delà

des paroles encourageantes.

Ils ont l'occasion

de jouer un rôle

dans cette quête de liberté

qu'ils ont ratée en 1991.

Žana Puodžius aide

les volontaires qui

combattent les rebelles appuyés

par Moscou, en Ukraine,

de Donetsk à Debal’tseve.

En Ukraine, j'ai compris

ce qui est arrivé à mon pays.

J'étais trop jeune

pour m'en souvenir.

C'était juste de l'histoire,

on l'apprenait à l'école,

mais ça ne me touchait

pas réellement.

En Ukraine, j'ai enfin compris,

au fond de moi, ce qui

était arrivé.

Et ceux qui ont bel et bien vécu

les événements de 1991

ont eu l'occasion de réaliser

à quoi ils ont échappé.

Oui, ça me rappelle

vraiment cette époque

et je suis frappée

de la chance qu'on a eue.

Je compare cela avec

les événements actuels en Ukraine.

C'était très difficile,

je ne peux pas dire qu'on a échappé

à l'URSS facilement,

sans dégâts

ni sacrifices.

Mais quand je vois

ce qui arrive à présent,

combien ça dure

et combien ça coûte,

j'ai du mal à le croire

et je ressens une joie infinie

que la Lituanie

n'ait pas connu le même sort

et soit libre depuis longtemps.

La Lituanie n'a cessé de mettre en garde

ses partenaires de l'UE contre la Russie.

On l'a souvent accusée

d'exagérer.

Aujourd'hui, la Lituanie

peut se targuer d'avoir vu juste.

Il y a 10 ans, nous disions

qu'il fallait aborder la Russie

sous un autre angle,

et il semble maintenant que

nous étions dans le vrai.

Nous avions bien

analysé la Russie,

et ses processus internes.

À présent, une autre raison

pousse l'Europe à nous écouter

plus attentivement.

C'est une grande leçon

pour tous :

la liberté ne va pas de soi.

Je crois que

c'est le président Reagan qui a dit

que la liberté n'est jamais

qu'à une génération de l'extinction.

Chaque génération doit donc

faire sa part.

La liberté est toujours contestée,

jamais acquise.

Et il ne faut jamais oublier la joie

que procure l'obtention de la liberté.

Nous avons pris la bonne décision

en adhérant à l'OTAN et à l'UE.

Je tenais à le dire.

J'étais alors ministre de la Défense.

Je me rappelle le processus d'adhésion,

toute cette émotion

le jour de l'adhésion.

J'étais à Washington et

l'officier de service m'a téléphoné

pour me dire que des jets belges

allaient atterrir sur notre base

et assurer la police du ciel.

C'était littéralement à quelques

heures de l'adhésion.

C'est très dur d'expliquer

ce ressenti.

C'était très particulier.

Ces sentiments sont

encore très forts.

Je suis fier de ce que nous avons

accompli, à temps.

Connaissant notre voisin,

nous avons agi en conséquence

en connaissance de cause

et nous sommes aujourd'hui

du bon côté de l'histoire.

Quelle chance immense pour notre pays.

Une chance que n'a pas l'Ukraine.

Du moins pas encore.

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