Fuir la Crimée : récit d'un Tatar

Full video transcript

Fuir la Crimée :

récit d'un Tatar

Suite à l'annexion de la Crimée

par les forces russes en 2014,

les nouvelles autorités ont fait

beaucoup de promesses

sur la protection

des citoyens de la péninsule.

Néanmoins, selon des Criméens

vivant à Kiev,

la peur en a conduit beaucoup

à quitter leur région d'origine.

Dans cette vidéo,

un Tatar de Crimée explique

les raisons qui l'ont poussé

à quitter la Crimée.

Pour moi, la Crimée

est devenue une prison.

Selon mes proches,

des gens disparaissent,

et la presse n'en sait rien.

Pourquoi ? En fait,

il s'agit souvent

de musulmans pratiquants

et leurs proches ont peur

de prévenir les autorités.

Il ne sert à rien

de vouloir signaler

ces crimes à leurs auteurs.

Les chiffres officiels

font état de 18 à 19 disparitions.

En réalité, il y en a beaucoup plus.

Les gens se taisent,

de peur d'aggraver leur situation

s'ils les signalent.

Le 21 novembre, au Maïdan,

j'étais à la manifestation

pro-européenne.

J’y suis allé

presque tous les jours

avec le drapeau

des Tatars de Crimée.

Pour tous, je suis devenu

le militant du Maïdan.

Contrairement aux manifestants

sur ces images,

je n'ai jeté aucun cocktail Molotov,

ni usé de violence.

Je représentais mon peuple,

avec notre drapeau.

Je ne m'en suis pas caché.

Il y a des photos et des vidéos

sur les réseaux sociaux.

À Yalta, où j'habite,

mes voisins étaient au courant.

Quand je suis rentré

pour voir ma famille,

le 22 ou le 23 février,

je sentais déjà l'hostilité

à notre égard

chez les non-Tatars.

Je savais que cela risquait de mal finir.

Les voisins demandaient :

"Quand partirez-vous ?

Comment vendrez-vous la maison ?"

Pourtant, nous n'avions rien annoncé.

C'est devenu sournois,

générateur d’angoisse.

On nous a demandé,

pour la maison :

"Vous la vendez ?

On vous l'achète pas cher."

Mon fils est en 4e.

L’école a arrêté d’enseigner l’ukrainien

car cela a été interdit.

Le tatar n'était pas au programme.

Puis il y a eu la propagande russe.

Nous avons fui pour y échapper

car mon fils était

le seul Tatar de Crimée de sa classe.

Leur méthode est sournoise.

Sans nous menacer directement,

ils nous faisaient

vivre dans l'angoisse.

C'était la première étape.

L’intimidation a commencé à Kiev.

Ils nous pensaient encore en Crimée.

Nous recevions des appels

qui disaient :

"La banque a hypothéqué

votre appartement

"et vendu vos données à la Russie."

Puis les appels de Moscou

ont débuté :

"nous allons confisquer

votre logement".

Là-bas, au moins,

mes proches ont un toit,

mais ils s'inquiètent.

Ils me demandent

pourquoi l'Ukraine ne fait rien,

pourquoi je n'ai pas coupé

l'eau, l'électricité et le gaz.

Il valait mieux tout abandonner.

Comment on dit, en Russe ?

"Mieux vaut une fin horrible

qu’une horreur sans fin."

Je suis parti avec ma femme,

mes quatre enfants,

deux de mes sœurs

et leur famille.

Presque tous les autres

sont restés en Crimée,

mais ils y vivent dans l'anxiété.

L'un d'eux a fait un AVC,

un autre, une crise cardiaque.

Leur état psychologique

est très préoccupant.

Fuir la Crimée :

récit d'un Tatar

Suite à l'annexion de la Crimée

par les forces russes en 2014,

les nouvelles autorités ont fait

beaucoup de promesses

sur la protection

des citoyens de la péninsule.

Néanmoins, selon des Criméens

vivant à Kiev,

la peur en a conduit beaucoup

à quitter leur région d'origine.

Dans cette vidéo,

un Tatar de Crimée explique

les raisons qui l'ont poussé

à quitter la Crimée.

Pour moi, la Crimée

est devenue une prison.

Selon mes proches,

des gens disparaissent,

et la presse n'en sait rien.

Pourquoi ? En fait,

il s'agit souvent

de musulmans pratiquants

et leurs proches ont peur

de prévenir les autorités.

Il ne sert à rien

de vouloir signaler

ces crimes à leurs auteurs.

Les chiffres officiels

font état de 18 à 19 disparitions.

En réalité, il y en a beaucoup plus.

Les gens se taisent,

de peur d'aggraver leur situation

s'ils les signalent.

Le 21 novembre, au Maïdan,

j'étais à la manifestation

pro-européenne.

J’y suis allé

presque tous les jours

avec le drapeau

des Tatars de Crimée.

Pour tous, je suis devenu

le militant du Maïdan.

Contrairement aux manifestants

sur ces images,

je n'ai jeté aucun cocktail Molotov,

ni usé de violence.

Je représentais mon peuple,

avec notre drapeau.

Je ne m'en suis pas caché.

Il y a des photos et des vidéos

sur les réseaux sociaux.

À Yalta, où j'habite,

mes voisins étaient au courant.

Quand je suis rentré

pour voir ma famille,

le 22 ou le 23 février,

je sentais déjà l'hostilité

à notre égard

chez les non-Tatars.

Je savais que cela risquait de mal finir.

Les voisins demandaient :

"Quand partirez-vous ?

Comment vendrez-vous la maison ?"

Pourtant, nous n'avions rien annoncé.

C'est devenu sournois,

générateur d’angoisse.

On nous a demandé,

pour la maison :

"Vous la vendez ?

On vous l'achète pas cher."

Mon fils est en 4e.

L’école a arrêté d’enseigner l’ukrainien

car cela a été interdit.

Le tatar n'était pas au programme.

Puis il y a eu la propagande russe.

Nous avons fui pour y échapper

car mon fils était

le seul Tatar de Crimée de sa classe.

Leur méthode est sournoise.

Sans nous menacer directement,

ils nous faisaient

vivre dans l'angoisse.

C'était la première étape.

L’intimidation a commencé à Kiev.

Ils nous pensaient encore en Crimée.

Nous recevions des appels

qui disaient :

"La banque a hypothéqué

votre appartement

"et vendu vos données à la Russie."

Puis les appels de Moscou

ont débuté :

"nous allons confisquer

votre logement".

Là-bas, au moins,

mes proches ont un toit,

mais ils s'inquiètent.

Ils me demandent

pourquoi l'Ukraine ne fait rien,

pourquoi je n'ai pas coupé

l'eau, l'électricité et le gaz.

Il valait mieux tout abandonner.

Comment on dit, en Russe ?

"Mieux vaut une fin horrible

qu’une horreur sans fin."

Je suis parti avec ma femme,

mes quatre enfants,

deux de mes sœurs

et leur famille.

Presque tous les autres

sont restés en Crimée,

mais ils y vivent dans l'anxiété.

L'un d'eux a fait un AVC,

un autre, une crise cardiaque.

Leur état psychologique

est très préoccupant.

Related videos
|
  • Quand défense rime avec intelligence
  • Ces irremplaçables hélicoptères !
  • Translation of NATO and Industry: same goals, different languages?
  • Translation of US and the EU: more protection than defence?
  • Football et défense en mutation
  • Quelles seront les plus grandes menaces dans les 10 ans à venir ?
  • Translation of NATO-Russia: re-reset?
  • Translation of Ahmed Rashid: It's about ballots, not boots
  • « Une union des Balkans occidentaux ? »
  • Quelle est vraiment la force du lien transatlantique ?
  • Franco Frattini : « Budgétisez, qu'ils disaient ! »
  • On recherche hackers
  • La cyberguerre : une réalité ?
  • Les cyberattaques, l'OTAN et les Angry Birds
  • Évolution de l'Arctique : quel rôle pour l'OTAN ?
  • Les partenaires comptent. Quatre ministres des Affaires étrangères s'en expliquent
  • Irlande : partenariat OTAN et neutralité
  • Ashton et Paloméros : pourquoi l'UE et l'OTAN ont besoin de partenaires
  • Les femmes dans la sécurité : quels progrès ?
  • Les femmes au front
  • Les femmes dans la sécurité: témoignages...
  • La révolution libyenne de 2011... en 2 minutes
  • « Water » ou « WARter » ? Un dossier «aqueux» belliqueux ?
  • Forces de la nature et forces armées
  • L’énergie et l’environnement : le bon, l’inquiétant et le truand
  • Du carburant pour la réflexion
  • Le terrorisme endogène : comment l’OTAN peut-elle le combattre ?
  • Terrorisme endogène: le point de vue de l'UE
  • De Cronkite à la Corée : les enseignements tirés
  • Monsieur Transatlantique
  • Aperçu de l’Afghanistan : le point de vue des experts
  • Mission impossible ?
  • Le sommet de l’OTAN de 2012 : que signifie-t-il pour Chicago ?
  • Faire du concept une réalité
  • Les médias sociaux et l’OTAN : c’est compliqué
  • Turquie : interview du ministre de la Défense, M. Yilmaz
  • Grèce : ce que signifient soixante années d’appartenance à l’OTAN
  • La Grèce et l’OTAN : le point de vue de la nouvelle génération
  • Turquie : ce que signifient soixante années d’appartenance à l’OTAN
  • Mladic , Srebrenica et la justice
  • Mladic, la justice et 2011 : le point de vue de la Serbie
  • Le point de vue de la région
  • Mladic, la justice et 2011 : le point de vue de la Croatie
  • Double vision - une perspective afghano-américaine
  • Quid de l'Afghanistan maintenant? Entretien avec Ahmed Rashid
  • L'OTAN et la Russie aujourd'hui: entretien avec Dmitri Trenine
  •  La sécurité par le nombre? L'OTAN et ses partenaires
  • Histoire : quels sont les éléments qui ont façonné le Concept stratégique ?
  • Armes légères: les véritables armes de destruction massive?
  • L'OTAN et la Suède: de nouvelles perspectives pour de vieux partenaires?
  • L'OTAN et ses partenaires: des relations qui évoluent?
  • Partenariat durable : la corruption est-elle devenue le principal champ de bataille de l’Afghanistan ?
  • Les médias sociaux peuvent-ils aussi nuire à la démocratie ?
  • Changement politique: ce que les médias sociaux peuvent et ne peuvent pas faire
  • Printemps arabe = révolution Facebook #1 ?
  • Optimisme – ou réalisme ?
  • Mourir pour manger
  • Cuisiner pour la planète
  • L’économie mondiale en 2011 : à la hausse ou à la baisse ?
  • Les terres rares : le nouveau pétrole en 2011 ?
  • Lisbonne : le lieu de naissance idéal pour le nouveau Concept stratégique de l’OTAN ?
  • Oeuvrer ensemble : pourquoi une optique globale est importante
  • Le nouveau Concept stratégique de l’OTAN : un exercice d’équilibrage réussi ?
  • Le mouvement Tea Party : seul à la maison ?
  • Obama, les élections et la politique étrangère: la responsabilité commence ici?
  • Ivo Daalder, ambassadeur des États-Unis auprès de l'OTAN
  • Quelle importance les femmes revêtent-elles dans le nouveau Concept stratégique de l’OTAN ?
  • La sécurité : toujours une carrière d’hommes ?
  • La Résolution 1325 du Conseil de sécurité de l’ONU : un heureux dixième anniversaire ?
  • Pourquoi devons-nous nous préoccuper du Yémen ?
  • Yémen : 10 raisons d’être inquiet
  • Le football: diviseur ou rassembleur?
  • Défense et attaque - comment les forces armées voient le football
  • Quel regard l’OTAN porte-t-elle sur les changements qui interviennent dans le domaine nucléaire ?
  • L’AIEA : l’organisme mondial clé ?
  • La bombe sale : coût faible, risque élevé
  • Le TNP : le traité le plus important au monde ?
  • Partie d’échecs nucléaire : l'Iran au trait - quel coup va-t-il jouer ?
  • 2010 : l’an zéro du zéro nucléaire ?
  • Le rêve nucléaire d’Obama : « Yes, he can ? »
  • Opération Active Endeavour – vue de l’œil de Dieu
  • La marine marchande et la piraterie: le point de vue d'un haut dirigeant
  • La sécurité maritime change de visage
  • La Chine et l’Ouest: des conflits par clavier interposé?
  • La Chine et l’Ouest: des conflits par clavier interposé?
  • Le général Klaus Naumann, ancien président du Comité militaire de l'OTAN
  • Madeleine K. Albright, présidente du Groupe d’experts sur le Concept stratégique de l’OTAN
  • L'amiral James G. Stavridis, commandant suprême des forces alliées en Europe
  • Un calendrier déterminant ?
  • Jeroen Van der Veer, vice-président du Groupe d’experts sur le Concept stratégique de l’OTAN
  • La grande question que doit aborder le Concept stratégique est celle…
  • Siège de l’OTAN- l’heure du relookage ?
  • Une bataille d'idées
  • Qu’est-ce que cela signifie pour les militaires ?
  • Compréhension publique - le génie c'est la simplicité (partie 1)
  • Compréhension publique - le génie c'est la simplicité (partie 2)
  • Nouvelle ère, nouvelles menaces, nouvelles réponses
  • Groupes appartenant à la criminalité organisée et groupements terroristes : camarades ou caméléons ?
  • Piraterie, ports et États défaillants : les avant-postes de la criminalité organisée ?
  • Pourquoi la crise financière concerne la sécurité: visite guidée en trois minutes
  • La crise financière : questions aux experts
  • De la finance à la défense
  • La gouverneure afghane Habiba Sarabi:
  • M. Amin, gouverneur de la province de Farah:
  • Interview de Paddy Ashdown
  • Jamie Shea: le Kosovo, hier et aujourd'hui
  • Sous la glace du globe…
  • Interview: le ministre des Affaires étrangères de la Norvège, Jonas Gahr Støre
  • Interview: ministre de la Défense du Danemark
  • Interview vidéo - Ahmed Rashid
  • Talibans, télévision, téléphones – et terreur
  • La réforme de la police en Bosnie: mission incomplète ou mission impossible?
  • Karadzic : de Sarajevo à La Haye
  • Bosnie : une nouvelle armée modèle ?
  • Partenariat ou adhésion pour la Finlande ?
  • Interview vidéo
  • Débat vidéo : les nouveaux médias – une aide ou un obstacle dans les situations de conflit ?