Accroître l’interopérabilité, fondement de l’efficacité des opérations de l’OTAN

« L’interopérabilité est essentielle pour assurer l’efficacité des forces de l’OTAN. »

Général Jean-Paul Paloméros, commandant suprême allié Transformation, 25 septembre 2013

Depuis la fin de la Guerre froide, l’interopérabilité est au cœur du débat sur la viabilité et la pertinence de l’Alliance dans un nouvel environnement sécuritaire. Le déplacement de l’attention de la défense territoriale vers les missions expéditionnaires multinationales (Afghanistan, Kosovo, Libye) ainsi que les difficultés inhérentes à leur exécution ont mis au jour les limites de l’interopérabilité des Alliés. Si, dans ce domaine, certains des problèmes (préoccupations liées à la souveraineté, intérêts nationaux divergents, réduction des dépenses de défense, soutien des industries locales de défense et disparités des capacités technologiques) ne peuvent être résolus que par les hommes politiques au niveau stratégique, on en recense aussi un grand nombre au niveau tactique. Il s’agit notamment des disparités technologiques, du commandement et du contrôle, des différences de doctrine et des déficits de ressources. Pour y remédier, l’OTAN a mis en œuvre l’« initiative d’interconnexion des forces » (CFI).

Soldats de la FIAS de l’OTAN sur le pont de Marawara, octobre 2009, Afghanistan. © OTAN

L’objectif de la CFI est d’améliorer l’état de préparation et l’efficacité au combat en accroissant l’interopérabilité par le développement de la formation et de l’entraînement, l’augmentation des exercices et une meilleure utilisation de la technologie. Pour faciliter sa mise en œuvre, le Commandement multinational interarmées de la formation (JMTC) de Grafenwöhr (Allemagne) a lancé l’« initiative multinationale pour la formation » (CTI). Grâce à la situation exceptionnelle du JMTC et à son expérience unique dans la formation et l’entraînement des troupes des Alliés et des pays partenaires, la CTI permet de promouvoir la formation et l’entraînement et met à profit la technologie pour exécuter des exercices intégrés, simultanés, réels, virtuels et constructifs. La CTI permet aussi de réduire sensiblement le coût de la formation, de favoriser les partenariats multinationaux et, plus important encore, d’accroître l’interopérabilité des Alliés.

Une nécessité

Conscients de cette situation, les dirigeants de l’Alliance ont créé l’initiative d’interconnexion des forces (CFI).

L’OTAN définit l’interopérabilité comme « l’aptitude à opérer en synergie dans l’exécution des tâches assignées ». Bien que l’on ait, de nombreuses années durant, mis l’accent sur l’interopérabilité et sur les accords de normalisation OTAN (STANAG) élaborés à cet effet, les missions récentes ont montré les limites de l’interopérabilité. Conscients de cette situation, les dirigeants de l’Alliance ont créé l’initiative d’interconnexion des forces (CFI). Celle-ci doit permettre aux formations de l’OTAN de communiquer, de s’entraîner et d’opérer ensemble de manière efficace. Si la CFI répond de toute évidence à une nécessité, sa mise en œuvre pose de nombreuses difficultés. La section ci dessous aborde les principales d’entre elles et explique comment le JMTC procède pour y remédier.

Des difficultés

L’interopérabilité pose des difficultés sur les plans stratégique et tactique. Le présent article s’en tiendra toutefois à la deuxième catégorie, car la résolution des problèmes stratégiques requiert des décisions politiques, alors que celle des difficultés tactiques passe par l’établissement de tactiques, techniques et procédures (TTP) communes. Parmi les principales difficultés tactiques liées à l’interopérabilité figurent les disparités technologiques, le commandement et le contrôle, les différences de doctrine et les déficits de ressources.

1. Les disparités technologiques

Il existe de profondes disparités technologiques entre les forces de l’OTAN. À une extrémité du spectre figurent les États-Unis, qui recourent à la technologie numérique. Les systèmes aériens sans pilote (UAS), le système informatisé de commandement Command Post of the Future (CPOF) et le système de suivi des forces amies Blue Force Tracker (BFT) sont facilement accessibles aux commandants américains, qui peuvent ainsi établir une image commune de la situation opérationnelle. Toutefois, cette image n’est commune qu’à condition que les autres membres d’un groupe de forces interarmées puissent la voir. Or, on dénombre au moins 13 systèmes de suivi tactique différents au sein de l’OTAN. Et bon nombre d’entre eux, en raison de la disparité des normes techniques, ne sont pas interopérables.

Pour remédier à cette situation, le JMTC a cherché des solutions à faible technicité.

Pour remédier à cette situation, le JMTC a cherché des solutions à faible technicité, telles le marquage des véhicules à des fins d’identification des forces amies, l’utilisation de systèmes de contrôle graphique simples pour contrôler les mouvements, le recours à la communication par radio FM, l’organisation de répétitions pour parvenir à une convergence de vues, et pour plus d’efficacité, le fait de s’assurer que chaque bataillon ou formation de niveau supérieur dispose d’officiers de liaison pour synchroniser ses opérations avec celles des formations voisines et de niveau supérieur.

Shadow en approche ! Le Shadow est un système aérien sans pilote (UAS) tactique pesant environ 180 kg. Il est équipé de caméras optiques et infrarouges d’une portée de plusieurs kilomètres. Ici, une section de la Garde de la Géorgie prépare un UAS à l’atterrissage. © Garde nationale de la Géorgie

Les échanges d’officiers de liaison sont particulièrement efficaces, car ils facilitent l’intégration et favorisent les contacts entre pairs, ce qui présente des avantages sur le plan opérationnel et sur le long terme. Comme le faisait observer le général de division Walter Piatt, ancien commandant adjoint de l’Armée de terre des États-Unis en Europe (USAREUR) : « ce ne sont pas les pays, mais les hommes, qui entretiennent des relations. C’est en traversant les mêmes épreuves que nous gagnons notre crédibilité. »

2. Le commandement et le contrôle de mission

James Derleth, pendant une séance de formation

La dernière décennie de guerre a renforcé l’importance d’un commandement et d’un contrôle intégrés. Les opérations sont devenues très complexes, caractérisées par des interactions incessantes entre les forces amies, les forces ennemies et les populations locales. Il ne suffit pas de donner aux formations nationales « une tâche et un but » au sein d’un groupe de forces interarmées. Il faut recourir à la planification en collaboration et à l’intégration pour acquérir et conserver une identité de vues sur l’environnement opérationnel et la mission. Trop souvent, les unités sont déployées sans connaître les systèmes de leurs alliés et sans savoir quel type d’informations leur est transmis. Faute d’interopérabilité, les unités ont donc des difficultés à communiquer et à manœuvrer efficacement.

Le JMTC atténue ces difficultés en faisant travailler ses équipes d’observateurs, de conseillers et de formateurs avec les participants aux exercices avant leur arrivée au centre de formation. L’objectif recherché est de s’assurer que chacun comprend – et est capable d’intégrer – le potentiel et les capacités qui sont propres aux autres. Cela implique pour chaque pays concerné d’identifier le type d’équipements qu’il emploie, le nombre de réseaux qu’il utilise habituellement et le type d’informations transmises grâce à eux. Ces informations permettent d’établir une matrice de compatibilité qui met en évidence les systèmes capables de communiquer sur des fréquences ou des réseaux différents.


3. Des différences de doctrine

Le sergent-chef Anthony Craft, du Centre multinational interarmées de préparation opérationnelle (JMRC) de l’USAREUR présente à des soldats bulgares les procédures en matière de mouvements tactiques pendant un exercice de formation d’une équipe consultative militaire au JMRC de Hohenfels (Allemagne), le 2 décembre. Les programmes de formation des équipes consultatives militaires ou de police sont destinés à reproduire l’environnement opérationnel afghan tout en préparant les équipes aux opérations de contre-insurrection et de lutte contre les engins explosifs improvisés (EEI), ainsi qu’à la mission de formation, de conseil et d’assistance des forces de sécurité et de police afghanes. Photographie : Jordan Fuller (soldat américain)

Le fait qu’il existe des différences de doctrine notables au sein d’un groupe de 28 pays n’a rien de surprenant. Dans la doctrine américaine, par exemple, le terme « tirs » s’entend comme suit : « intégrer et appliquer des tirs létaux et non létaux pour permettre aux commandants interarmées et des manœuvres de maîtriser leur environnement opérationnel ». À l’inverse, les pays de l’OTAN formés à la doctrine soviétique emploient principalement ce terme dans un contexte de zone/barrage. Toujours à l’inverse de ce que préconise la doctrine américaine, ces pays établissent un « affût » (à 1 km environ de la position de tir qui leur est attribuée) pour protéger leurs moyens d’artillerie. Il s’écoule donc entre 15 et 25 minutes entre une demande de tir et le tir lui-même. Les moyens d’artillerie américains pouvant fournir un appui en 3 à 5 minutes, cela a un impact notable sur l’interopérabilité.

Pour aplanir ces différences de doctrine entre les pays, le JMTC a appris à faire de la diversité un atout. Il n’oblige pas les Alliés ou les pays partenaires à utiliser la doctrine américaine ; en revanche, il favorise l’interopérabilité fonctionnelle. Prenons l’exemple d’un exercice de 2014, au cours duquel la 173e brigade d’infanterie aéroportée disposait d’une batterie d’artillerie tchèque de 152 mm. Conformément à la doctrine tchèque, cette batterie a fonctionné selon les principes de dissimulation et de mouvement. Cela a provoqué un décalage entre les demandes de tir et les tirs eux-mêmes. Pour pallier cette différence, la 173e brigade a installé des mécanismes de synchronisation événement-réaction. Une fois ces mécanismes intégrés dans le processus de planification, la brigade a pu effectuer avec succès des tirs interarmées précis en temps voulu. On notera que les Tchèques mettant l’accent sur la dissimulation, les moyens d’artillerie de la brigade étaient bien moins exposés à des attaques ennemies. Cette attention accordée à l’interopérabilité fonctionnelle améliore le potentiel et les capacités de l’Alliance.


4. Des déficits de ressources

Le maintien en puissance de forces multinationales constitue un défi significatif en termes d’interopérabilité. Bien qu’un STANAG définisse la logistique comme la planification et l’exécution de déplacements des forces armées et de leur maintenance, l’application de cette norme varie. Comme dans d’autres domaines, l’interopérabilité est fonction de différentes terminologies, traditions, capacités ou aptitudes. Ces différences tiennent tant au nombre de pièces de rechange à transporter qu’au type de rations que consomment les soldats. Même si de nombreux pays ont eu accès au système d’approvisionnement américain en Afghanistan, on a constaté, lors de déploiements d’unités expéditionnaires au JMTC, que certains membres de l’Alliance avaient des difficultés à acheminer leurs propres munitions, vivres et carburants ; sans compter les besoins sanitaires, en logements ou en eau.

Des soldats de l’Armée de terre de la République tchèque (1ère et 2e sections d’artillerie de campagne) placent en position de tir un obusier automoteur connu sous le nom de Dana 152 mm lors d’une simulation d’entraînement au tir pendant l’exercice Combined Resolve, au camp d’entraînement de Hohenfels (Allemagne), le 15 novembre 2013. Cet exercice vise à former des soldats américains ou appartenant à des brigades multinationales à déjouer des menaces complexes au cours de missions en coalition. Les camps d’entraînement du JMTC de Grafenwöhr et Hohenfels étant situés au cœur de l’Europe, les forces armées des États-Unis (Armée de terre, Armée de l’air, Marine, Corps des Marines) développent des liens uniques avec les forces de l’OTAN, des Alliés et multinationales de 38 pays européens. © Photographie : Derek Hamilton (Armée de terre américaine)/Publication

Pour favoriser l’interopérabilité, le JMTC s’efforce d’appliquer le principe de l’OTAN qui consiste à fournir un soutien logistique sur une base fonctionnelle, et non nationale. D’un point de vue tactique, il est ainsi possible de réunir des logisticiens au sein d’un groupe de travail multinational pour discuter très tôt de la planification avant la mission. Ce groupe identifie les capacités et les besoins pour combler d’éventuelles lacunes au regard du maintien en puissance. Lors d’un exercice récent, par exemple, un groupe de travail de ce type s’est aperçu que le groupe de forces interarmées manquait d’eau en vrac. Ce problème a été résolu en distribuant de l’eau de manière équitable au sein de toute la formation de telle sorte que les opérations puissent se poursuivre sans entraves.

En dépit de l’ampleur des problèmes d’interopérabilité, le JTMC a pu, grâce à sa situation centrale en Europe, à ses capacités uniques et à la vaste expérience acquise ces dix dernières années en collaborant avec les forces militaires de pays de l’Alliance ou partenaires, atténuer ces difficultés et offrir des formations intégrées et efficaces. Le niveau atteint reste toutefois inférieur à celui qui était prévu par l’initiative d’interconnexion des forces. C’est pourquoi le JMTC a lancé l’initiative multinationale pour la formation.

L’initiative multinationale pour la formation (CTI)

La CTI profite d’une nouvelle donne pour aller plus loin dans l’interopérabilité et la préparation opérationnelle de l’OTAN. Elle repose sur les trois composantes de l’interopérabilité au sein de l’Alliance : la technologie, les procédures et l’humain.

La technologie

Si, depuis des années, la planification et l’exécution interarmées d’exercices sont monnaie courante dans l’ensemble de l’OTAN, le JMTC a sensiblement accru l’interopérabilité grâce à des technologies de pointe. Ainsi, le Centre multinational interarmées de simulation (JMSC – situé à Grafenwöhr, en Allemagne) a créé un Centre d’opérations interarmées pour contrôler et « mener » la partie décentralisée d’un exercice, le JMRC en exécutant la partie réelle. Durant l’exercice Saber Junction 13, le 2e régiment de cavalerie s’est entraîné en conditions réelles au Centre multinational interarmées de préparation opérationnelle, pendant que la brigade italienne Folgore l’appuyait virtuellement sur ses flancs depuis l’Italie.

Il est à noter que des unités réelles et virtuelles peuvent être connectées « vers le haut » jusqu’au niveau quartier général de corps de l’OTAN (le JMTC et le Corps de réaction rapide allié ont été connectés pour la première fois lors d’un exercice organisé à l’automne 2014) et « vers le bas » à des brigades, bataillons et compagnies subordonnés à Hohenfels ou dans des centres de formation de pays de l’OTAN ou partenaires dans toute l’Europe.

Il est à noter que des unités réelles et virtuelles peuvent être connectées « vers le haut » jusqu’au niveau quartier général de corps de l’OTAN (le JMTC et le Corps de réaction rapide allié ont été connectés pour la première fois lors d’un exercice organisé à l’automne 2014) et « vers le bas » à des brigades, bataillons et compagnies subordonnés à Hohenfels ou dans des centres de formation de pays de l’OTAN ou partenaires dans toute l’Europe. L’initiative multinationale pour la formation (CTI) du JMTC favorise l’interopérabilité en intégrant les moyens, les capacités, les relations et les technologies de l’OTAN et des pays partenaires afin de créer des exercices réels, virtuels et constructifs avec des formations connectées simultanément du niveau tactique au niveau corps sur tout le continent. Avec la CTI, c’est la première fois que le JMTC – ou tout autre centre d’entraînement au combat – exécute des exercices d’une telle complexité et d’une telle ampleur. Ce programme permet aux Alliés et aux pays partenaires de s’entraîner ensemble sans quitter leur base d’attache, et de réduire les coûts tout en facilitant l’interopérabilité. L’exercice Swift Response II (août 2015) doit ainsi être mené simultanément dans trois centres de formation situés en Bulgarie, en Allemagne et en Roumanie.


Les procédures

Cette catégorie favorise l’interopérabilité au travers de changements dans la doctrine et l’organisation. Le Centre multinational interarmées de préparation opérationnelle (une composante du JMTC – située à Hohenfels, en Allemagne) contribue à la doctrine de l’OTAN et élabore des STANAG sur la base des enseignements tirés en son sein. De plus, le JMRC identifie et codifie des tactiques, des techniques et des procédures (TTP) afin d’atténuer la diversité doctrinale en mettant l’accent sur l’interopérabilité fonctionnelle. Ces TTP sont diffusées via les centres d’excellence (COE) et d’entraînement de l’OTAN dans l’ensemble de l’Europe et dans toute l’Amérique du Nord.


L’humain

Cette catégorie englobe la formation, l’entraînement et l’adoption d’une terminologie commune. Ayant vu des unités tournantes se débattre avec des problèmes d’interopérabilité, le JMTC a lancé le programme commun interarmées d’études (JCAP), qui comporte deux volets. Le premier concerne le déploiement d’équipes mobiles d’instructeurs dans les pays de l’OTAN et partenaires pour mener des programmes de formation des cadres, proposer des formations spécialisées, favoriser la mise en place de centres de formation locaux et participer à des activités de coopération entre militaires. Cela a permis d’assurer des formations et entraînements normalisés avec un bon rapport coût-efficacité, mais aussi de faire en sorte que lors de leurs entraînements communs, les formations de l’OTAN présentent dès le départ une interopérabilité et une préparation opérationnelle plus élevées.

Des soldats du 2e bataillon de fusiliers royaux Gurkha participent à l’exercice Saber Strike en Lettonie. © OTAN

Le deuxième volet du JCAP correspond à une série de modules d’instruction destinés à tous les membres du groupe de force interarmées avant un exercice. Les séminaires traitent des questions suivantes : commandement de mission, mouvements et manœuvres, protection, logistique, tirs, engagement et renseignement, qui sont les domaines qui pâtissent le plus d’une interopérabilité limitée. Pendant ces séminaires, les responsables du JMRC présentent les thèmes essentiels et exposent les difficultés rencontrées par les unités précédentes. Le groupe de force interarmées travaille ensuite avec ses formations subordonnées pour trouver des moyens de remédier aux problèmes d’interopérabilité.

Conclusion

Comme le faisait observer l’ancien secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel, « les défis de sécurité les plus persistants et les plus urgents auxquels sont confrontés l’Europe et les États Unis sont mondiaux ». C’est pourquoi « nous devons élaborer des stratégies permettant de faire face aux menaces mondiales en développant davantage de capacités communes avec les armées européennes ». Grâce à ses capacités, à sa situation et à la vaste expérience acquise en travaillant avec des pays de l’OTAN et partenaires, le JMTC est le mieux placé pour mettre en œuvre les orientations de l’Alliance en matière de formation. Son initiative multinationale pour la formation accroît l’interopérabilité et l’état de préparation de l’OTAN en développant la formation, l’entraînement et l’utilisation de la technologie. Cela permet aux membres de l’OTAN de travailler plus efficacement ensemble, et favorise la sécurité en Europe en contribuant à protéger les membres de l’Alliance, à éviter des conflits et à améliorer la stabilité mondiale.

A propos de l'auteur

James Derleth

Conseiller sénior en formation interagences

Centre multinational interarmées de préparation opérationnelle, à Hohenfels (Allemagne)