Autres guerres, autres soins médicaux – 100 ans d'évolution

Autres guerres, autres soins médicaux – 100 ans d'évolution

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Au début de la Première Guerre mondiale, la médecine militaire se résumait à des hôpitaux de campagne et à des centres de triage situés à l'arrière des lignes de combat, d'où les blessés seraient ensuite évacués. Il était déjà clair pour tous que les patients devaient être emmenés à l'hôpital dès que possible et que les soins devaient commencer avant leur arrivée.

L'invention de l'« ambulance volante », qui assurait le ramassage des blessés sur le terrain au cours des guerres napoléoniennes du début du XIXe siècle, allait marquer le début de la médicalisation du champ de bataille. Les médecins de la Première Guerre mondiale ont poursuivi dans cette voie en rapprochant davantage encore du front les soins médicaux, en pratiquant les premières transfusions sanguines et en perfectionnant la chaîne d'évacuation des blessés.

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Aujourd'hui, la nécessité de démarrer les soins le plus tôt possible après la survenue des blessures et d'améliorer la rapidité du transport est fortement mise en avant. La prévention, les procédures chirurgicales et la stabilisation des blessés ont fait leur entrée sur la ligne de front. Il est ainsi prévu que les blessés soient pris en charge dans les dix premières minutes du transport et que chaque soldat blessé reçoive toute l'attention médicale voulue en moins d'une heure.

Depuis la Première Guerre mondiale, la conception de la vie et de la santé s'est transformée : autrefois collective, elle est aujourd'hui beaucoup plus individuelle. La médecine militaire ne fait pas exception et les attentes des forces déployées ont évolué de la même manière.

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Ainsi, depuis le début de la guerre du Vietnam, les corps des Américains morts au combat ne sont plus enterrés sur place, mais ramenés aux États-Unis. Les familles exigent désormais le nec plus ultra pour leurs soldats. Et, pour garder le moral, ceux-ci doivent savoir qu'ils bénéficieront des meilleurs soins. Les chefs militaires se concentrent davantage sur la protection, et les services de santé des armées ont pour vocation de sauver des vies, de prévenir les maladies et d'assurer les soins définitifs et la rééducation.

La médecine militaire n'est plus simplement une fonction logistique (transport des blessés) : elle remplit une fonction sociétale, à l'image de toutes ces améliorations. Au cours des 30 dernières années notamment, le secteur de la santé (y compris dans les armées) est devenu un élément important de la société, pourvoyeur d'un nombre énorme d'emplois et acteur économique vital.

La donne a aussi changé : les professionnels de la santé des milieux militaires, internationaux et non gouvernementaux craignent désormais d'être souvent pris pour cibles par l'adversaire. La médecine militaire est devenue un élément influent sur les plans opératif et stratégique.

Autre changement majeur : alors que, pendant la Première Guerre mondiale, les services médicaux étaient une fonction purement nationale, la santé militaire est désormais multinationale.

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Le personnel des hôpitaux de campagne de la FIAS, en Afghanistan, compte jusqu'à sept nationalités différentes, soignant, en plus de leurs compatriotes, toutes les forces de la coalition, les habitants de la région et, si nécessaire, les blessés des forces adverses.

Un rôle différent a vu le jour, la coopération multinationale, la diversité linguistique, la normalisation des procédures, la confiance mutuelle, et la sécurité, entre autres choses, ayant déterminé la façon dont nous travaillons aujourd'hui.

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A propos de l'auteur

Wynand Korterink est le conseiller médical de l'État-major militaire international au siège de l'OTAN et, à ce titre, travaille pour le Comité militaire de l'OTAN. C'est un médecin militaire spécialiste de la santé publique.