La Première Guerre mondiale a-t-elle bénéficié à la médecine ?

De la réalité sinistre de 1914 à la réalité virtuelle d’aujourd’hui, ce mini-documentaire explique le rôle déterminant qu'ont joué les soins médicaux dans la guerre de 14-18. On y apprend que la plupart des soldats ont en réalité survécu aux tranchées, mais qu'ils étaient à la merci des infections et des maladies. L’origine des traitements utilisés de nos jours sur le champ de bataille remonte bien souvent à la Grande Guerre. Cela signifie-t-il pour autant que les guerres font avancer la médecine ?

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La Première Guerre mondiale a-t-elle fait avancer la médecine ?

De la réalité sinistre de 1914

à la réalité virtuelle d'aujourd'hui

Les mots manquent pour décrire

ce qui s'est passé ici, à Ypres,

entre 1914 et 1918.

Mais les chiffres parlent d'eux-mêmes.

Ypres a connu quatre batailles majeures

d'une férocité inouïe.

La troisième fit 15 000 morts

rien que le premier jour.

À la fin de cette campagne,

on comptait 270 000 morts

du seul côté allié.

Plus de 2 000 canons britanniques

tirèrent un million d’obus

en une seule journée

de septembre 1917.

Combien de maisons yproises

ont échappé à la destruction ?

Seulement quatre.

C'était la première guerre totale

jamais vécue par l'humanité.

Un conflit d'une nature nouvelle,

encore jamais

rencontrée auparavant.

Nouvelles armes balistiques,

dichlore, gaz moutarde,

balles de fusil plus rapides,

mitrailleuses plus puissantes...

Autant d'armes

prêtes à faucher les soldats

envoyés combattre dans la Grande Guerre.

Les effets furent dévastateurs.

Au moins 9 millions de morts,

et plus du double de blessés.

On entend souvent que

le nombre élevé de victimes

serait dû

à la guerre de tranchées

qui opposa les deux camps

pendant plusieurs années.

Or me voici dans un cimetière

où reposent 10 000 soldats

morts pendant la

Première Guerre mondiale.

Combien d'entre eux

furent tués au combat ?

5 % seulement.

Les blessures s'infectaient vite à cause

des éclats d'obus qui s'y logeaient

et de la crasse des uniformes

dans les tranchées boueuses.

Les antibiotiques n'existant pas encore,

les médecins étaient face

à un défi colossal.

Wynand Korterink

est le médecin-conseil

de l'État-major militaire international,

au siège de l'OTAN.

Les maladies et les infections

ont-elles causé beaucoup

de morts pendant

la Première Guerre mondiale ?

Au début du conflit,

l'aspect médical

avait été négligé.

On n'apprenait pas les

règles d'hygiène.

Le traitement des patients

était plutôt archaïque.

L'anesthésie aussi

posait un gros problème.

On utilisait du chloroforme

ou d'autres produits,

mais, très souvent, les soldats

se réveillaient pendant l'opération,

ou n'y survivaient pas.

Les transfusions

étaient très laborieuses :

le sang devait passer

directement du donneur au receveur.

Le manque d'hygiène,

surtout dans les tranchées,

avec les poux,

le « pied de tranchée », etc.

était problématique,

tout comme l'alimentation.

Autres problèmes :

l'infection des blessures

et enfin,

les maladies infectieuses.

La grippe espagnole de 1918

a en fait tué davantage

que la guerre elle-même.

Les actes médicaux de base,

normaux aujourd'hui,

étaient alors méconnus.

Mais la guerre a donné

tout loisir

de tester des techniques

et des traitements nouveaux.

Le champ de bataille a été

un immense

laboratoire médical,

où les meilleurs spécialistes

venaient expérimenter de nouvelles idées.

Marie Curie et sa fille Irène

installèrent

des machines à rayons X

tout le long du front.

Cette technique n'avait

jamais été utilisée à si grande échelle.

Beaucoup de médecins

ne voyaient pas la guerre comme

une ennemie qui tuait, mutilait,

blessait ou rendait malade,

mais comme une collègue

ou un professeur.

Le médecin des médecins.

Outre les pratiques médicales

qui n'étaient pas au point,

le personnel soignant

n'avait pas toujours

les qualifications nécessaires.

L'urgence était là.

Une fois diplômé, il fallait

y aller.

Même sans diplôme, il fallait

parfois y aller quand même,

parce qu'on avait

besoin de vous ailleurs.

Résultat : des médecins non qualifiés

pour des soldats inaptes

sur les plans physique et mental.

En fait, la plupart des soignants

étaient des bénévoles

de la Croix-Rouge,

des habitants du coin

ou des religieuses, tous

venus secourir les soldats.

L'un des troubles les plus connus

était « l'obusite ».

Ce stress post-traumatique

touchait tous les belligérants,

mais chacun y répondait

à sa manière.

L'obusite était un

problème majeur pour l'armée.

Comment poser un diagnostic ?

Comment être sûr que

le soldat ne simule pas ?

Certains psychiatres ou médecins

étaient plus progressistes.

Mais jusqu'en 1925,

la médecine militaire,

qui a rédigé l'histoire officielle

des services de santé

de l'armée canadienne,

décrivait l'obusite comme

une forme d'hystérie

assimilée

à un symptôme de féminité

incurable.

Britanniques et Français abordaient

les troubles psychologiques selon

des considérations sexistes.

Les victimes étaient vues comme

efféminées et faibles.

Quelle meilleure manière de prouver

qu'on était rétabli

que de retourner au front ?

Les Allemands, eux,

retenaient l'aspect économique :

les soldats malades étaient

comme des ouvriers en grève.

Donc, en général,

les médecins allemands

se contentaient de les envoyer

dans les usines d'armement.

Ils ne se battaient plus, mais

participaient à l'effort de guerre.

La population civile aussi

a souffert énormément.

Et pas seulement du

manque de vivres et de médicaments,

qui étaient envoyés

en priorité au front.

La médecine civile

a beaucoup pâti de la guerre.

En France, avant 1914

on comptait 1 médecin pour

2 500 civils, mais seulement

1 pour 14 000 pendant la guerre.

Et ils n'avaient

pas de médicaments

car tout était

réquisitionné par l'armée.

Revenons 100 ans en arrière :

a-t-on fait le maximum avec

le savoir dont on disposait ?

D'un point de vue militaire,

la réponse est oui.

Sans la médecine,

il y aurait eu bien moins

de combattants disponibles.

Les combats auraient

duré moins longtemps.

La guerre aurait probablement cessé

avant novembre 1918, avec

une issue différente, car les États-Unis

ne seraient pas intervenus.

La médecine n'a pas fait que

sauver des vies, elle en a aussi coûté.

Le nombre de blessés et la nature

de leurs lésions

ont obligé les deux camps

à revoir la façon

de prendre en charge les patients.

Cela a notamment transformé

le transfert des soldats

du champ de bataille

au lit d'hôpital.

L'ensemble du dispositif

militaire d'évacuation des blessés

s'est perfectionné pendant

la Première Guerre mondiale.

Dès le début du conflit,

on a compris qu'il fallait

changer toute la logistique,

mais aussi et surtout

le système de soins.

Par exemple,

il fallait des hôpitaux mobiles,

des médecins et des brancardiers

sur le front pour ramener les blessés,

qui pouvaient rester des jours

sur le champ de bataille.

Une chaîne d'évacuation était nécessaire.

Il fallait opérer les blessures

à l'abdomen le plus tôt possible

et au plus près

de la ligne de front.

On a donc ouvert

des postes médicaux avancés

à seulement 2-3 km

de la ligne de front.

La rapidité de la prise en charge

est devenue déterminante.

Au front, quatre soldats sur cinq

mouraient dans l'heure

en cas de blessure.

On parle de « l'heure d'or »,

qui s'est aujourd'hui réduite

aux dix minutes de platine.

L'évacuation a connu une réelle

évolution à partir de cette époque-là :

c'est de là que viennent

les concepts actuels

de l'heure d'or, du ten-one-two, etc.

Certains prétendent que

la médecine civile a profité

des progrès de la médecine de guerre,

mais l'inverse est vrai aussi.

On dit parfois :

sans la Seconde Guerre mondiale,

on n'aurait pas la pénicilline.

Or sa découverte date de 1928.

Mais, par méfiance,

on n'y touchait pas.

En 1942, un grave incendie

s'est déclaré dans un bar à Boston.

Rien à voir avec la guerre.

Les stocks étant vides,

un médecin a eu l'idée

d'essayer la pénicilline,

à tout hasard.

Et ça a fonctionné

à merveille.

Voyant cela, il a décidé

d'en envoyer au front.

Selon moi, on sous-estime

l'importance de la pénicilline

dans la victoire alliée.

L'Allemagne n'avait pas cet avantage.

Les innovations de la Grande guerre

servirent dans les conflits suivants.

La guerre de Corée vit naître

les antennes chirurgicales mobiles militaires,

dites "MASH".

Avant la guerre du Vietnam,

l'évacuation aérienne s'était développée,

permettant d'intervenir plus vite.

En Corée, 17 000 victimes ont été

évacuées par hélicoptère

alors qu'en 1969, au Vietnam,

on en était à

200 000 par an.

Avec la multiplication

des hôpitaux,

le délai moyen

d'intervention est passé à moins

d'une heure. En Corée,

il fallait entre 4 et 6 heures.

Après le Vietnam, de nombreux hôpitaux

civils aux USA se sont équipés

d'ambulances aériennes.

On les utilise encore beaucoup

en Afghanistan aujourd'hui.

Le volet médical

de la FIAS a été axé

sur les hôpitaux de campagne

déployés sur place,

mais aussi sur le transfert

des patients jusqu'à ces hôpitaux.

Plus de 100 hélicoptères ont

été mobilisés

pour le transport vers

les hôpitaux centraux.

Aujourd'hui, le problème

n'est plus le manque de techniques.

D'incroyables avancées ont été

faites en un siècle.

Le problème, aujourd'hui,

est la pénurie de médecins

et de professionnels

de santé en général.

Rien que dans l'UE,

il devrait manquer

environ un million

de praticiens d'ici 2020.

Le monde change !

On manque de plus en plus

de médecins et d'infirmières,

et ce partout dans le monde.

Dans cent ans,

la population mondiale

dépassera les 10 milliards.

Or, on n'aura pas

10 millions de médecins en plus

dans les 50 prochaines années.

La seule solution, c'est

le recours à la technologie.

Pour compenser la pénurie,

il faut davantage de flexibilité.

C'est là qu'intervient la télémédecine.

Il n'y a pas un médecin

pour chaque ambulance.

Grâce à la télémédecine,

on peut, pour ainsi dire,

donner aux médecins

le don d'ubiquité.

Ça peut sauver des vies.

Avant, il fallait

des heures pour transférer un patient.

Avec ce système,

tout se fait dans l'heure.

Une fois les infos transmises

et l'hélicoptère prêt à décoller,

la décision peut être prise très vite.

Le docteur Arafat peut

témoigner des bienfaits de ce système.

Par exemple,

voyant dans les données transmises

par une ambulance que

le rythme cardiaque du patient était irrégulier

pendant son transfert en ambulance,

il a compris qu'il fallait intervenir

très vite.

Le médecin a sauté dans l'hélicoptère

pour intervenir six minutes plus tard.

Si le médecin n'était pas

parti en hélicoptère,

et avait procédé

comme d'habitude,

le patient aurait passé

environ 40 minutes sur la route

dans une ambulance.

Le risque d'arrêt cardiaque

aurait été très élevé

et on aurait pu

perdre le patient.

La distance ne devrait donc

plus être un obstacle

à la prise en charge du patient.

On a déjà vu des opérations où

le chirurgien était d'un côté du globe

et le patient, de l'autre.

Le 7 septembre 2001, depuis New York,

Jacques Marescaux,

de l'European Institute of Telesurgery,

basé à Strasbourg,

a effectué

à l'aide du robot Zeus

une ablation de la vésicule biliaire

sur une patiente

se trouvant à Strasbourg.

La patiente est en France avec

une équipe de chirurgiens

et le professeur Marescaux

pilote le robot depuis New York

pour effectuer

la cholécystectomie.

Il avait prévu de donner une

conférence de presse

au World Trade Centre

le matin du 11 septembre.

Il s'en est sorti indemne, mais

ça explique qu'on n'ait pas

beaucoup entendu

parler de l'opération.

La télémédecine n'est pas

sans difficulté.

Le décalage horaire,

la géographie, mais aussi

la connexion internet !

Et le fait que

chaque pays a ses croyances,

ses valeurs et sa langue.

Un médecin américain peut

être amené à interagir

avec une personne

originaire d'un autre pays

qui ne reconnaît pas

forcément ses compétences.

Les traitements ont

évolué avec le temps,

mais les traumatismes ne varient guère,

que ce soit l'amputation

ou le TSPT,

le trouble de stress post-traumatique,

qui se soigne à présent

en renvoyant les soldats touchés

sur le lieu de l'accident pour

les replacer dans les conditions

du traumatisme.

Mais que faire pour ceux qui

ne peuvent pas retourner sur place ?

Aujourd'hui, la technologie

peut les aider.

Le Virtual Reality Medical Centre

est spécialisé dans ce domaine.

La directrice,

Brenda Wiederhold, m'explique

comment les scénarios de réalité virtuelle

permettent aux patients

d'affronter l'origine de leur stress.

Ce traitement s'adresse

aux victimes d'attaques

à l'explosif, la cause

la plus répandue de TSPT

chez les vétérans des

guerres d'Iraq et d'Afghanistan.

La dépression et autres

effets secondaires

ont amené l'armée américaine

à lancer des initiatives

comme la semaine

de prévention du suicide.

On commence la thérapie en douceur

puis on augmente l'intensité.

On discute avec le patient

avant le traitement pour

connaître la cause

spécifique de son traumatisme.

On le place d'abord dans un

contexte à faible niveau de stress,

comme un camp de garnison

ou un marché.

Puis, une fois ce stress "accepté",

on passe sur le champ de bataille.

Je précise que les sons

jouent un rôle très important.

Je viens d'entendre

un tir de sniper.

C'est normal : il y en a un sur le toit

de l'autre côté

de la rue.

Votre rythme cardiaque

est à 92, et votre respiration

s'accélère.

Ça aide les patients à

mieux gérer leur colère,

les relations avec

leurs enfants

ou leur épouse.

Ils peuvent repartir

en mission ou prendre un emploi civil.

Un patient a même réussi

à décrocher

un diplôme universitaire.

La guérison mentale passe

en partie par le corps.

Voici le centre de rééducation

du ministère néerlandais de la Défense.

Son objectif est d'aider

les patients à prendre confiance

pour réapprendre

les gestes familiers.

On accueille des amputés,

mais aussi des victimes de lésions

du cerveau, du genou ou de la cheville.

On travaille la stabilité

et l'équilibre.

Environ 50 patients

utilisent chaque semaine

ce système,

lancé en 2008.

Son succès lui vaut d'être fréquenté

également par des civils.

Colonel Mert,

c'est ici que se trouvent

la salle de sport, les courts

de tennis et la piscine :

quel rôle

ces installations jouent-elles

dans le traitement

des maladies et des blessures ?

Ce centre de rééducation est

destiné au personnel

de l'armée.

C'est notre devoir

de trouver de nouveaux moyens

de soigner nos soldats,

afin qu'ils puissent

rester en service.

En fin de compte,

tout repose

sur le thérapeute.

Les installations sont secondaires.

Avec moins de personnel médical,

il faut plus de technologie.

Les avancées

dans ce secteur

sont encourageantes.

Grâce aux découvertes récentes,

on pourra bientôt procéder

à des évacuations

totalement automatisées.

Autre avancée : des techniques

extrêmement sophistiquées

vont permettre au cerveau

de contrôler une prothèse.

Mais surtout, l'obusite,

ce qu'on appelle maintenant

le TSPT, est mieux comprise,

et on est capable

d'aider les patients à retrouver

une vie normale.

La montre intelligente est de plus

en plus en vogue :

une technologie informatique

de pointe, impensable

il y a encore 6 ou 7 ans.

Elle contient notamment un GPS,

un électrocardiographe

et un accéléromètre.

Tous ces outils permetttent de

suivre le patient de très près.

La médecine va beaucoup évoluer

ces prochaines années

avec les nanotechnologies,

l'impression 3D et les cellules souches.

C'est le début d'une nouvelle ère :

la Grande guerre nous a permis

de comprendre nos besoins.

Aujourd'hui nous

nous dépassons pour y répondre.

La technologie est suffisamment

aboutie pour l'appliquer

concrètement dans la médecine moderne.

La bataille des Flandres,

qui s'est déroulée ici il y a un siècle,

nous aura appris

une chose :

si la guerre fait

avancer la médecine,

la médecine peut

avancer sans la guerre.

La pénicilline en 1928, la structure

de l'ADN en 1953, autant de

découvertes faites

en temps de paix.

Pourquoi ne pas dire alors :

la paix fait avancer la médecine !

La guerre est notre fléau

et pourtant la guerre nous a assagis.

Car, combattant pour la liberté,

voici que nous sommes libres.

L'horreur des blessures,

et la colère contre l'ennemi

et la perte de tout ce qu'on désire,

tout cela, il le faut, va passer.

Nous formons la légion des heureux,

car nous le savons,

le temps n'est qu'un souffle doré

qui agite l'herbe.

Siegfried Sassoon - Absolution (1915)

La Première Guerre mondiale a-t-elle fait avancer la médecine ?

De la réalité sinistre de 1914

à la réalité virtuelle d'aujourd'hui

Les mots manquent pour décrire

ce qui s'est passé ici, à Ypres,

entre 1914 et 1918.

Mais les chiffres parlent d'eux-mêmes.

Ypres a connu quatre batailles majeures

d'une férocité inouïe.

La troisième fit 15 000 morts

rien que le premier jour.

À la fin de cette campagne,

on comptait 270 000 morts

du seul côté allié.

Plus de 2 000 canons britanniques

tirèrent un million d’obus

en une seule journée

de septembre 1917.

Combien de maisons yproises

ont échappé à la destruction ?

Seulement quatre.

C'était la première guerre totale

jamais vécue par l'humanité.

Un conflit d'une nature nouvelle,

encore jamais

rencontrée auparavant.

Nouvelles armes balistiques,

dichlore, gaz moutarde,

balles de fusil plus rapides,

mitrailleuses plus puissantes...

Autant d'armes

prêtes à faucher les soldats

envoyés combattre dans la Grande Guerre.

Les effets furent dévastateurs.

Au moins 9 millions de morts,

et plus du double de blessés.

On entend souvent que

le nombre élevé de victimes

serait dû

à la guerre de tranchées

qui opposa les deux camps

pendant plusieurs années.

Or me voici dans un cimetière

où reposent 10 000 soldats

morts pendant la

Première Guerre mondiale.

Combien d'entre eux

furent tués au combat ?

5 % seulement.

Les blessures s'infectaient vite à cause

des éclats d'obus qui s'y logeaient

et de la crasse des uniformes

dans les tranchées boueuses.

Les antibiotiques n'existant pas encore,

les médecins étaient face

à un défi colossal.

Wynand Korterink

est le médecin-conseil

de l'État-major militaire international,

au siège de l'OTAN.

Les maladies et les infections

ont-elles causé beaucoup

de morts pendant

la Première Guerre mondiale ?

Au début du conflit,

l'aspect médical

avait été négligé.

On n'apprenait pas les

règles d'hygiène.

Le traitement des patients

était plutôt archaïque.

L'anesthésie aussi

posait un gros problème.

On utilisait du chloroforme

ou d'autres produits,

mais, très souvent, les soldats

se réveillaient pendant l'opération,

ou n'y survivaient pas.

Les transfusions

étaient très laborieuses :

le sang devait passer

directement du donneur au receveur.

Le manque d'hygiène,

surtout dans les tranchées,

avec les poux,

le « pied de tranchée », etc.

était problématique,

tout comme l'alimentation.

Autres problèmes :

l'infection des blessures

et enfin,

les maladies infectieuses.

La grippe espagnole de 1918

a en fait tué davantage

que la guerre elle-même.

Les actes médicaux de base,

normaux aujourd'hui,

étaient alors méconnus.

Mais la guerre a donné

tout loisir

de tester des techniques

et des traitements nouveaux.

Le champ de bataille a été

un immense

laboratoire médical,

où les meilleurs spécialistes

venaient expérimenter de nouvelles idées.

Marie Curie et sa fille Irène

installèrent

des machines à rayons X

tout le long du front.

Cette technique n'avait

jamais été utilisée à si grande échelle.

Beaucoup de médecins

ne voyaient pas la guerre comme

une ennemie qui tuait, mutilait,

blessait ou rendait malade,

mais comme une collègue

ou un professeur.

Le médecin des médecins.

Outre les pratiques médicales

qui n'étaient pas au point,

le personnel soignant

n'avait pas toujours

les qualifications nécessaires.

L'urgence était là.

Une fois diplômé, il fallait

y aller.

Même sans diplôme, il fallait

parfois y aller quand même,

parce qu'on avait

besoin de vous ailleurs.

Résultat : des médecins non qualifiés

pour des soldats inaptes

sur les plans physique et mental.

En fait, la plupart des soignants

étaient des bénévoles

de la Croix-Rouge,

des habitants du coin

ou des religieuses, tous

venus secourir les soldats.

L'un des troubles les plus connus

était « l'obusite ».

Ce stress post-traumatique

touchait tous les belligérants,

mais chacun y répondait

à sa manière.

L'obusite était un

problème majeur pour l'armée.

Comment poser un diagnostic ?

Comment être sûr que

le soldat ne simule pas ?

Certains psychiatres ou médecins

étaient plus progressistes.

Mais jusqu'en 1925,

la médecine militaire,

qui a rédigé l'histoire officielle

des services de santé

de l'armée canadienne,

décrivait l'obusite comme

une forme d'hystérie

assimilée

à un symptôme de féminité

incurable.

Britanniques et Français abordaient

les troubles psychologiques selon

des considérations sexistes.

Les victimes étaient vues comme

efféminées et faibles.

Quelle meilleure manière de prouver

qu'on était rétabli

que de retourner au front ?

Les Allemands, eux,

retenaient l'aspect économique :

les soldats malades étaient

comme des ouvriers en grève.

Donc, en général,

les médecins allemands

se contentaient de les envoyer

dans les usines d'armement.

Ils ne se battaient plus, mais

participaient à l'effort de guerre.

La population civile aussi

a souffert énormément.

Et pas seulement du

manque de vivres et de médicaments,

qui étaient envoyés

en priorité au front.

La médecine civile

a beaucoup pâti de la guerre.

En France, avant 1914

on comptait 1 médecin pour

2 500 civils, mais seulement

1 pour 14 000 pendant la guerre.

Et ils n'avaient

pas de médicaments

car tout était

réquisitionné par l'armée.

Revenons 100 ans en arrière :

a-t-on fait le maximum avec

le savoir dont on disposait ?

D'un point de vue militaire,

la réponse est oui.

Sans la médecine,

il y aurait eu bien moins

de combattants disponibles.

Les combats auraient

duré moins longtemps.

La guerre aurait probablement cessé

avant novembre 1918, avec

une issue différente, car les États-Unis

ne seraient pas intervenus.

La médecine n'a pas fait que

sauver des vies, elle en a aussi coûté.

Le nombre de blessés et la nature

de leurs lésions

ont obligé les deux camps

à revoir la façon

de prendre en charge les patients.

Cela a notamment transformé

le transfert des soldats

du champ de bataille

au lit d'hôpital.

L'ensemble du dispositif

militaire d'évacuation des blessés

s'est perfectionné pendant

la Première Guerre mondiale.

Dès le début du conflit,

on a compris qu'il fallait

changer toute la logistique,

mais aussi et surtout

le système de soins.

Par exemple,

il fallait des hôpitaux mobiles,

des médecins et des brancardiers

sur le front pour ramener les blessés,

qui pouvaient rester des jours

sur le champ de bataille.

Une chaîne d'évacuation était nécessaire.

Il fallait opérer les blessures

à l'abdomen le plus tôt possible

et au plus près

de la ligne de front.

On a donc ouvert

des postes médicaux avancés

à seulement 2-3 km

de la ligne de front.

La rapidité de la prise en charge

est devenue déterminante.

Au front, quatre soldats sur cinq

mouraient dans l'heure

en cas de blessure.

On parle de « l'heure d'or »,

qui s'est aujourd'hui réduite

aux dix minutes de platine.

L'évacuation a connu une réelle

évolution à partir de cette époque-là :

c'est de là que viennent

les concepts actuels

de l'heure d'or, du ten-one-two, etc.

Certains prétendent que

la médecine civile a profité

des progrès de la médecine de guerre,

mais l'inverse est vrai aussi.

On dit parfois :

sans la Seconde Guerre mondiale,

on n'aurait pas la pénicilline.

Or sa découverte date de 1928.

Mais, par méfiance,

on n'y touchait pas.

En 1942, un grave incendie

s'est déclaré dans un bar à Boston.

Rien à voir avec la guerre.

Les stocks étant vides,

un médecin a eu l'idée

d'essayer la pénicilline,

à tout hasard.

Et ça a fonctionné

à merveille.

Voyant cela, il a décidé

d'en envoyer au front.

Selon moi, on sous-estime

l'importance de la pénicilline

dans la victoire alliée.

L'Allemagne n'avait pas cet avantage.

Les innovations de la Grande guerre

servirent dans les conflits suivants.

La guerre de Corée vit naître

les antennes chirurgicales mobiles militaires,

dites "MASH".

Avant la guerre du Vietnam,

l'évacuation aérienne s'était développée,

permettant d'intervenir plus vite.

En Corée, 17 000 victimes ont été

évacuées par hélicoptère

alors qu'en 1969, au Vietnam,

on en était à

200 000 par an.

Avec la multiplication

des hôpitaux,

le délai moyen

d'intervention est passé à moins

d'une heure. En Corée,

il fallait entre 4 et 6 heures.

Après le Vietnam, de nombreux hôpitaux

civils aux USA se sont équipés

d'ambulances aériennes.

On les utilise encore beaucoup

en Afghanistan aujourd'hui.

Le volet médical

de la FIAS a été axé

sur les hôpitaux de campagne

déployés sur place,

mais aussi sur le transfert

des patients jusqu'à ces hôpitaux.

Plus de 100 hélicoptères ont

été mobilisés

pour le transport vers

les hôpitaux centraux.

Aujourd'hui, le problème

n'est plus le manque de techniques.

D'incroyables avancées ont été

faites en un siècle.

Le problème, aujourd'hui,

est la pénurie de médecins

et de professionnels

de santé en général.

Rien que dans l'UE,

il devrait manquer

environ un million

de praticiens d'ici 2020.

Le monde change !

On manque de plus en plus

de médecins et d'infirmières,

et ce partout dans le monde.

Dans cent ans,

la population mondiale

dépassera les 10 milliards.

Or, on n'aura pas

10 millions de médecins en plus

dans les 50 prochaines années.

La seule solution, c'est

le recours à la technologie.

Pour compenser la pénurie,

il faut davantage de flexibilité.

C'est là qu'intervient la télémédecine.

Il n'y a pas un médecin

pour chaque ambulance.

Grâce à la télémédecine,

on peut, pour ainsi dire,

donner aux médecins

le don d'ubiquité.

Ça peut sauver des vies.

Avant, il fallait

des heures pour transférer un patient.

Avec ce système,

tout se fait dans l'heure.

Une fois les infos transmises

et l'hélicoptère prêt à décoller,

la décision peut être prise très vite.

Le docteur Arafat peut

témoigner des bienfaits de ce système.

Par exemple,

voyant dans les données transmises

par une ambulance que

le rythme cardiaque du patient était irrégulier

pendant son transfert en ambulance,

il a compris qu'il fallait intervenir

très vite.

Le médecin a sauté dans l'hélicoptère

pour intervenir six minutes plus tard.

Si le médecin n'était pas

parti en hélicoptère,

et avait procédé

comme d'habitude,

le patient aurait passé

environ 40 minutes sur la route

dans une ambulance.

Le risque d'arrêt cardiaque

aurait été très élevé

et on aurait pu

perdre le patient.

La distance ne devrait donc

plus être un obstacle

à la prise en charge du patient.

On a déjà vu des opérations où

le chirurgien était d'un côté du globe

et le patient, de l'autre.

Le 7 septembre 2001, depuis New York,

Jacques Marescaux,

de l'European Institute of Telesurgery,

basé à Strasbourg,

a effectué

à l'aide du robot Zeus

une ablation de la vésicule biliaire

sur une patiente

se trouvant à Strasbourg.

La patiente est en France avec

une équipe de chirurgiens

et le professeur Marescaux

pilote le robot depuis New York

pour effectuer

la cholécystectomie.

Il avait prévu de donner une

conférence de presse

au World Trade Centre

le matin du 11 septembre.

Il s'en est sorti indemne, mais

ça explique qu'on n'ait pas

beaucoup entendu

parler de l'opération.

La télémédecine n'est pas

sans difficulté.

Le décalage horaire,

la géographie, mais aussi

la connexion internet !

Et le fait que

chaque pays a ses croyances,

ses valeurs et sa langue.

Un médecin américain peut

être amené à interagir

avec une personne

originaire d'un autre pays

qui ne reconnaît pas

forcément ses compétences.

Les traitements ont

évolué avec le temps,

mais les traumatismes ne varient guère,

que ce soit l'amputation

ou le TSPT,

le trouble de stress post-traumatique,

qui se soigne à présent

en renvoyant les soldats touchés

sur le lieu de l'accident pour

les replacer dans les conditions

du traumatisme.

Mais que faire pour ceux qui

ne peuvent pas retourner sur place ?

Aujourd'hui, la technologie

peut les aider.

Le Virtual Reality Medical Centre

est spécialisé dans ce domaine.

La directrice,

Brenda Wiederhold, m'explique

comment les scénarios de réalité virtuelle

permettent aux patients

d'affronter l'origine de leur stress.

Ce traitement s'adresse

aux victimes d'attaques

à l'explosif, la cause

la plus répandue de TSPT

chez les vétérans des

guerres d'Iraq et d'Afghanistan.

La dépression et autres

effets secondaires

ont amené l'armée américaine

à lancer des initiatives

comme la semaine

de prévention du suicide.

On commence la thérapie en douceur

puis on augmente l'intensité.

On discute avec le patient

avant le traitement pour

connaître la cause

spécifique de son traumatisme.

On le place d'abord dans un

contexte à faible niveau de stress,

comme un camp de garnison

ou un marché.

Puis, une fois ce stress "accepté",

on passe sur le champ de bataille.

Je précise que les sons

jouent un rôle très important.

Je viens d'entendre

un tir de sniper.

C'est normal : il y en a un sur le toit

de l'autre côté

de la rue.

Votre rythme cardiaque

est à 92, et votre respiration

s'accélère.

Ça aide les patients à

mieux gérer leur colère,

les relations avec

leurs enfants

ou leur épouse.

Ils peuvent repartir

en mission ou prendre un emploi civil.

Un patient a même réussi

à décrocher

un diplôme universitaire.

La guérison mentale passe

en partie par le corps.

Voici le centre de rééducation

du ministère néerlandais de la Défense.

Son objectif est d'aider

les patients à prendre confiance

pour réapprendre

les gestes familiers.

On accueille des amputés,

mais aussi des victimes de lésions

du cerveau, du genou ou de la cheville.

On travaille la stabilité

et l'équilibre.

Environ 50 patients

utilisent chaque semaine

ce système,

lancé en 2008.

Son succès lui vaut d'être fréquenté

également par des civils.

Colonel Mert,

c'est ici que se trouvent

la salle de sport, les courts

de tennis et la piscine :

quel rôle

ces installations jouent-elles

dans le traitement

des maladies et des blessures ?

Ce centre de rééducation est

destiné au personnel

de l'armée.

C'est notre devoir

de trouver de nouveaux moyens

de soigner nos soldats,

afin qu'ils puissent

rester en service.

En fin de compte,

tout repose

sur le thérapeute.

Les installations sont secondaires.

Avec moins de personnel médical,

il faut plus de technologie.

Les avancées

dans ce secteur

sont encourageantes.

Grâce aux découvertes récentes,

on pourra bientôt procéder

à des évacuations

totalement automatisées.

Autre avancée : des techniques

extrêmement sophistiquées

vont permettre au cerveau

de contrôler une prothèse.

Mais surtout, l'obusite,

ce qu'on appelle maintenant

le TSPT, est mieux comprise,

et on est capable

d'aider les patients à retrouver

une vie normale.

La montre intelligente est de plus

en plus en vogue :

une technologie informatique

de pointe, impensable

il y a encore 6 ou 7 ans.

Elle contient notamment un GPS,

un électrocardiographe

et un accéléromètre.

Tous ces outils permetttent de

suivre le patient de très près.

La médecine va beaucoup évoluer

ces prochaines années

avec les nanotechnologies,

l'impression 3D et les cellules souches.

C'est le début d'une nouvelle ère :

la Grande guerre nous a permis

de comprendre nos besoins.

Aujourd'hui nous

nous dépassons pour y répondre.

La technologie est suffisamment

aboutie pour l'appliquer

concrètement dans la médecine moderne.

La bataille des Flandres,

qui s'est déroulée ici il y a un siècle,

nous aura appris

une chose :

si la guerre fait

avancer la médecine,

la médecine peut

avancer sans la guerre.

La pénicilline en 1928, la structure

de l'ADN en 1953, autant de

découvertes faites

en temps de paix.

Pourquoi ne pas dire alors :

la paix fait avancer la médecine !

La guerre est notre fléau

et pourtant la guerre nous a assagis.

Car, combattant pour la liberté,

voici que nous sommes libres.

L'horreur des blessures,

et la colère contre l'ennemi

et la perte de tout ce qu'on désire,

tout cela, il le faut, va passer.

Nous formons la légion des heureux,

car nous le savons,

le temps n'est qu'un souffle doré

qui agite l'herbe.

Siegfried Sassoon - Absolution (1915)

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