L'OTAN : toujours là dans 65 ans ?

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L'OTAN : toujours là dans 65 ans ?

Qu'a appris l'OTAN des

récents événements en Ukraine ?

On pouvait tout à fait prévoir

que la crise ukrainienne

allait éclater.

On doit réinventer la roue

à chaque fois.

On a connu la Guerre froide,

la Bosnie,

le Kosovo,

une crise en Macédoine,

et l'Afghanistan.

On en a chaque fois tiré

quantité d'enseignements,

qu'on a bien mis de côté.

Et dans chaque nouvelle situation

on est reparti de zéro.

L'OTAN est-elle encore

trop tributaire des USA ?

Je pense que certains

vivent dans l'illusion

qu'en cas de menaces sécuritaires

les Américains

seront forcément là.

Les Européens doivent

cesser de croire

qu'ils seront toujours là

car ce n'est pas sûr,

et dans certaines situations

c'est certain que non.

L'Europe a donc besoin

de capacités, d'idées

et de stratégies

adaptées à un monde nouveau,

où elle devra assumer

davantage de responsabilités

qu'elle n'y était disposée

par le passé.

Qu'est-ce que ça signifie

pour les budgets de défense ?

La baisse des budgets

est un gros problème.

Il faut être convaincant.

Sinon, pas d'argent !

La façon d'utiliser l'argent

importe aussi

car le public

en a assez de voir

que les moyens n'arrivent pas

ou sont en retard,

trop chers ou mal conçus.

On doit acheter

de manière plus avisée.

On se base sur les ennemis d'hier

et non sur les menaces de demain.

Quelles sont ces menaces ?

Je suis récemment intervenu

devant le Rotary Club local.

J'ai fait l'inventaire

des menaces actuelles :

cyberattaques, terrorisme,

extrémisme, états faillis...

Le public m'a dit :

"Vous êtes déprimant".

J'ai répondu :

"Face à cet inventaire

de problèmes réels,

pouvant tout à coup

surgir, comme on l'a vu

ces dernières semaines,

oui, vous pouvez déprimer,

mais il y a mieux à faire :

se doter de solides

capacités de défense.

Avez-vous confiance dans

les moyens actuels de l'OTAN ?

À mon arrivée au siège

de l'OTAN, en octobre 1999,

j'ai annoncé trois priorités :

des capacités,

des capacités, toujours des capacités.

Si j'arrivais aujourd'hui,

et quelqu'un arrivera fin 2014,

je dirais la même chose.

Ça me désole, mais

peut-être faudra-t-il une autre crise

pour lancer une réflexion rationnelle

sur les besoins.

C'est peut-être souvent

la seule manière d'amener

les politiciens et l'OTAN

à bien réfléchir, car sans ça,

ni nous en général,

ni a fortiori l'OTAN,

n'allons pouvoir assurer

à nos populations

la sécurité qu'elles croient avoir.

Quel rôle pour l'OTAN

suite à la crise en Ukraine ?

L'un des grands dangers

de la crise actuelle

est que l'OTAN retourne

à l'idée de défense territoriale.

C'est crucial, mais ce

n'est pas son avenir.

Son avenir consistera à

relever la large gamme de défis

qui vont se présenter -

terrorisme,

guerre des ressources,

changements climatiques

ou cyberguerre -

Tout ce à quoi le

monde est confronté

et qui ne le rendra pas plus sûr.

L'OTAN existera-t-elle

encore dans 65 ans ?

Je suis persuadé que l'OTAN

sera toujours là dans 65 ans

car elle reste nécessaire.

Les problèmes, les défis,

sécuritaires et,

plus largement, politiques,

n'auront pas disparu.

Alors, on aura besoin

de ce type d'organisation,

qui a très bien réussi

à contrer Staline,

à arrêter le bain de sang

dans les Balkans,

à stabiliser l'Afghanistan...

À quoi ressemblera la future OTAN ?

Elle sera plus grande.

J'espère tout aussi efficace,

mais elle devra

intégrer des pays

qui ne songent pas encore à

en faire partie

mais qui finiront par dire :

"c'est la solution.

Notre pays sera plus sûr

et le monde aussi".

L'Europe ne sera en sécurité

qu'avec

une organisation qui

défende des valeurs,

des valeurs libérales,

et il faut inclure la Russie,

avec le pouvoir actuel

ou de nouveaux dirigeants.

Car Poutine, lors de

son premier mandat,

croyait en cet objectif.

Et c'est ce qu'on doit viser.

Alors oui, dans 65 ans,

un autre que moi, c'est sûr

dira :

quid des 65 ans à venir ?

L'OTAN : toujours là dans 65 ans ?

Qu'a appris l'OTAN des

récents événements en Ukraine ?

On pouvait tout à fait prévoir

que la crise ukrainienne

allait éclater.

On doit réinventer la roue

à chaque fois.

On a connu la Guerre froide,

la Bosnie,

le Kosovo,

une crise en Macédoine,

et l'Afghanistan.

On en a chaque fois tiré

quantité d'enseignements,

qu'on a bien mis de côté.

Et dans chaque nouvelle situation

on est reparti de zéro.

L'OTAN est-elle encore

trop tributaire des USA ?

Je pense que certains

vivent dans l'illusion

qu'en cas de menaces sécuritaires

les Américains

seront forcément là.

Les Européens doivent

cesser de croire

qu'ils seront toujours là

car ce n'est pas sûr,

et dans certaines situations

c'est certain que non.

L'Europe a donc besoin

de capacités, d'idées

et de stratégies

adaptées à un monde nouveau,

où elle devra assumer

davantage de responsabilités

qu'elle n'y était disposée

par le passé.

Qu'est-ce que ça signifie

pour les budgets de défense ?

La baisse des budgets

est un gros problème.

Il faut être convaincant.

Sinon, pas d'argent !

La façon d'utiliser l'argent

importe aussi

car le public

en a assez de voir

que les moyens n'arrivent pas

ou sont en retard,

trop chers ou mal conçus.

On doit acheter

de manière plus avisée.

On se base sur les ennemis d'hier

et non sur les menaces de demain.

Quelles sont ces menaces ?

Je suis récemment intervenu

devant le Rotary Club local.

J'ai fait l'inventaire

des menaces actuelles :

cyberattaques, terrorisme,

extrémisme, états faillis...

Le public m'a dit :

"Vous êtes déprimant".

J'ai répondu :

"Face à cet inventaire

de problèmes réels,

pouvant tout à coup

surgir, comme on l'a vu

ces dernières semaines,

oui, vous pouvez déprimer,

mais il y a mieux à faire :

se doter de solides

capacités de défense.

Avez-vous confiance dans

les moyens actuels de l'OTAN ?

À mon arrivée au siège

de l'OTAN, en octobre 1999,

j'ai annoncé trois priorités :

des capacités,

des capacités, toujours des capacités.

Si j'arrivais aujourd'hui,

et quelqu'un arrivera fin 2014,

je dirais la même chose.

Ça me désole, mais

peut-être faudra-t-il une autre crise

pour lancer une réflexion rationnelle

sur les besoins.

C'est peut-être souvent

la seule manière d'amener

les politiciens et l'OTAN

à bien réfléchir, car sans ça,

ni nous en général,

ni a fortiori l'OTAN,

n'allons pouvoir assurer

à nos populations

la sécurité qu'elles croient avoir.

Quel rôle pour l'OTAN

suite à la crise en Ukraine ?

L'un des grands dangers

de la crise actuelle

est que l'OTAN retourne

à l'idée de défense territoriale.

C'est crucial, mais ce

n'est pas son avenir.

Son avenir consistera à

relever la large gamme de défis

qui vont se présenter -

terrorisme,

guerre des ressources,

changements climatiques

ou cyberguerre -

Tout ce à quoi le

monde est confronté

et qui ne le rendra pas plus sûr.

L'OTAN existera-t-elle

encore dans 65 ans ?

Je suis persuadé que l'OTAN

sera toujours là dans 65 ans

car elle reste nécessaire.

Les problèmes, les défis,

sécuritaires et,

plus largement, politiques,

n'auront pas disparu.

Alors, on aura besoin

de ce type d'organisation,

qui a très bien réussi

à contrer Staline,

à arrêter le bain de sang

dans les Balkans,

à stabiliser l'Afghanistan...

À quoi ressemblera la future OTAN ?

Elle sera plus grande.

J'espère tout aussi efficace,

mais elle devra

intégrer des pays

qui ne songent pas encore à

en faire partie

mais qui finiront par dire :

"c'est la solution.

Notre pays sera plus sûr

et le monde aussi".

L'Europe ne sera en sécurité

qu'avec

une organisation qui

défende des valeurs,

des valeurs libérales,

et il faut inclure la Russie,

avec le pouvoir actuel

ou de nouveaux dirigeants.

Car Poutine, lors de

son premier mandat,

croyait en cet objectif.

Et c'est ce qu'on doit viser.

Alors oui, dans 65 ans,

un autre que moi, c'est sûr

dira :

quid des 65 ans à venir ?