Le « drapeau de maman » flotte depuis 15 ans

Le « drapeau de maman » flotte depuis 15 ans

Gabriella Lurwig-Gendarme

Quinze ans se sont écoulés depuis que le drapeau hongrois a été hissé à l’entrée du siège de l’OTAN. Et quand on me demande ce que j’ai ressenti ce jour-là, et ce que j’éprouve aujourd’hui, le premier mot qui me vient invariablement à l’esprit est : fierté.

J’ai eu le privilège de participer à ce grand événement en étant tout simplement assistante de l’ambassadeur à la Mission de la Hongrie auprès de l’OTAN. Je me souviens de toute l’agitation suscitée par l'adaptation des en-têtes de lettres, des plaques sur les portes, des badges. Nous n’étions plus la Mission de la Hongrie auprès de l’OTAN, mais la Représentation permanente de la Hongrie, et mon ambassadeur est devenu représentant permanent (ou « PermRep », dans le jargon) au Conseil de l’Atlantique Nord quasiment du jour au lendemain.

En tant que membre d’un pays partenaire, j’avais un badge jaune, alors que celui des ressortissants des pays de l’OTAN était vert (peut-être parce que c’est la couleur de l’espoir). Le jour de l’adhésion, nous nous sommes rués au Bureau des laissez-passer pour savoir qui serait le premier à avoir le nouveau badge. Que de bons moments !

Cérémonie marquant l’adhésion de la République tchèque, de la Hongrie et de la Pologne, le 16 mars 1999

Le jour où la Hongrie est devenue membre de l’Alliance, le 12 mars 1999, a été et restera sûrement pour moi le plus mémorable. Comme plusieurs collègues, j’ai reçu en remerciement de tous mes efforts une chemise en cuir contenant un certificat du ministère hongrois des Affaires étrangères. Cette chemise à l’emblème de l’OTAN, nouée par un ruban aux couleurs de la Hongrie, est toujours chez moi, sur une étagère. Nous n’avons pas eu de prime, mais nous avons eu le sentiment que toutes ces longues heures de travail étaient enfin récompensées.

Soudain, nous avions librement accès à l’information, nous étions invités à davantage de réunions et toutes les portes s’ouvraient à nous. J’ai même été chargée de me rendre au bureau d’ordre de plusieurs délégations afin de chercher des idées pour créer le nôtre. Il paraît que la délégation hongroise conserve encore une partie de mes vieux dossiers.

Levée du drapeau hongrois à la cérémonie célébrant l’adhésion de la Hongrie à l’OTAN, le 16 mars 1999

Les débuts à l’OTAN n’ont pourtant pas été une sinécure, car nous avons été immédiatement plongés dans la guerre du Kosovo.

Mais entre deux tâches officielles, nous avons aussi pris le temps de nous détendre. Avec mes collègues tchèques et polonais, j’ai été invitée à participer aux déjeuners des assistants des représentants permanents. Ces rendez-vous du mardi étaient très joyeux, d’autant que nous savions pertinemment que nos ambassadeurs traitaient de leur côté de sujets très sérieux.

L’adhésion de la Hongrie à l’OTAN nous a également offert d’autres possibilités, comme celle de postuler au Secrétariat international. J’ai été parmi les tout premiers Hongrois à le faire.

Aujourd’hui encore, mon cœur s’emplit de joie lorsque je vois notre drapeau rouge, blanc et vert flotter fièrement à l’entrée principale du Siège. Mes enfants l’appellent « le drapeau de maman ».

A propos de l'auteur

Gabriella Lurwig-Gendarme est entrée au Secrétariat international de l’OTAN en avril 2001. Elle travaille à la Division Affaires politiques et politique de sécurité en tant qu’assistante Programmes pour l’ensemble des programmes de renforcement de la formation « défense » (DEEP) et des centres de formation et d’entraînement des partenariats (PTEC).