Défense antimissile : arme de suspicion massive ?

La défense antimissile est là pour rester. Mais les objections de la Russie au système de l’OTAN ne sont pas non plus près de disparaître. Quels sont les obstacles à la coopération et comment les surmonter au mieux ?

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Défense antimissile :

arme de suspicion massive ?

Il y a un sujet

qui assombrit

presque entièrement

les relations

OTAN-Russie :

la défense antimissile.

Le nouveau système de l’OTAN

pose plusieurs problèmes à la Russie,

et les négociations

sont au point mort.

La défense antimissile, c’est

« l’éléphant dans la pièce ».

Toutefois, il est évident

que si l’OTAN et la Russie

parvenaient à s’entendre

pour bâtir

un système conjoint,

la donne en serait vraiment changée.

En quoi le système de l’OTAN

pose-t-il problème à la Russie ?

La Russie est très sceptique

et très méfiante.

Pour elle, il est primordial

de négocier

et de convenir

de garanties stratégiques

qui, même en théorie,

empêcheraient les USA ou l’OTAN

de s’en prendre à elle.

Mais l’OTAN veut faire

de la Russie un partenaire,

et lui offre même de coopérer

sur le programme antimissile.

Pour nous,

la Russie n’est ni un ennemi,

ni

un adversaire,

mais un partenaire.

Pour la Russie, les deux

parties auraient intérêt à bâtir

un système commun

contre la menace commune.

L’OTAN a proposé de lier

les deux systèmes,

ce qui réunirait

nos experts 24h/24 7j/7,

renforcerait

la confiance et la transparence,

et améliorerait notre

protection à tous,

en Russie et en Europe.

Mais la Russie pose

plusieurs conditions

préalables à un accord.

Nous sommes confrontés aux mêmes

menaces et défis modernes.

Mais nous attendons

des garanties de sécurité.

Primo, la clarté absolue

sur l’architecture finale du système.

Secundo, la garantie

que les systèmes concernés

par une

éventuelle coopération

sont adaptés

aux menaces et défis actuels

et qu’ils ne répondent pas

à d’autres besoins.

Tertio,

et c’est bien sûr très important,

il faut que le système

ne puisse pas intercepter

les missiles nucléaires russes.

L’OTAN rappelle qu’il y a déjà

des garanties mutuelles

de non-agression.

Le premier texte

instituant une coopération

entre l’OTAN et la Russie

remonte à 1997 et stipule que

nous n’emploierons

pas la force l’un contre l’autre.

C’est réellement

une déclaration politique forte,

une garantie politique forte,

à vrai dire.

Alors pourquoi la Russie

redoute-t-elle le système actuel ?

Un système capable

de détruire ou

de réduire l’efficacité

des missiles balistiques offensifs

représente une menace

pour l’ensemble de

sa dissuasion.

Les Russes ont donc un intérêt

logique à faire avorter le projet.

Ils craignent que cet outil

soit utilisé contre eux,

au mépris total du

changement politique radical

qui s’est opéré

depuis la fin de la guerre froide.

La Russie objecte que

le programme nucléaire iranien,

qui aurait pu justifier le besoin

d’un tel système, fait l’objet,

à l’international,

d’une réponse diplomatique.

Or l’espoir est grand

de régler ce qu’on appelle

le problème nucléaire iranien.

À nos yeux,

rien ne justifie que l’Europe

se dote d’une

défense antimissile selon

ce qui

avait été prévu avant.

L’OTAN répond qu’elle

ne se protège pas contre un pays précis,

et qu’une trentaine

de pays se sont dotés

ou se dotent

de missiles balistiques.

Des analystes estiment que la Russie

n’acceptera jamais le système,

ni même son principe.

L’OTAN doit accepter que

les Russes ne sont pas près

de lever leurs objections

au programme antimissile.

Multiplier les réunions

ou renforcer le dialogue

n’y changera rien.

Pour satisfaire les Russes,

il faut soit stopper le programme,

soit leur proposer de le cogérer.

Si la Russie s’oppose au

système de défense antimissile,

c’est en partie dû

non pas à la menace militaire,

mais à l’idée que

le déploiement

d’importants moyens USA/OTAN

en Europe centrale

ferait prendre conscience

implicitement

de l’issue de la guerre froide.

Ça reviendrait à

franchir la ligne rouge invisible,

que les Russes

se sont fixée.

La nécessité de trouver

un accord est pressante.

Le temps passe et, déjà,

le système se met en place,

élément après élément.

Le temps est compté. Nous savons

que l’OTAN s’emploie activement

à bâtir son propre système :

de nouveaux sites vont ouvrir

bientôt en Roumanie et

dans deux ans en Pologne.

Bien entendu, la Russie

n’acceptera pas d’être mise

devant le fait accompli.

C’est aussi un élément

à prendre en compte.

La Russie rejette

toujours notre proposition.

Si nous voulons avancer,

il va falloir faire vite.

Fini les faux-fuyants !

Les deux parties

savent que le temps presse.

Qu’adviendra-t-il

si aucun accord n’est trouvé ?

Faute d’accord, nous prendrons

les mesures nécessaires sur les plans

politique et militaro-technique.

Nous ne laisserons pas l’équilibre

stratégique se rompre.

Au contraire, cet équilibre

nous servira pour

construire

une stabilité stratégique.

Nous n’avons pas le choix…

Dans cet environnement

de sécurité, nous devons

prendre toutes les mesures

nécessaires pour protéger nos intérêts.

Défense antimissile :

arme de suspicion massive ?

Il y a un sujet

qui assombrit

presque entièrement

les relations

OTAN-Russie :

la défense antimissile.

Le nouveau système de l’OTAN

pose plusieurs problèmes à la Russie,

et les négociations

sont au point mort.

La défense antimissile, c’est

« l’éléphant dans la pièce ».

Toutefois, il est évident

que si l’OTAN et la Russie

parvenaient à s’entendre

pour bâtir

un système conjoint,

la donne en serait vraiment changée.

En quoi le système de l’OTAN

pose-t-il problème à la Russie ?

La Russie est très sceptique

et très méfiante.

Pour elle, il est primordial

de négocier

et de convenir

de garanties stratégiques

qui, même en théorie,

empêcheraient les USA ou l’OTAN

de s’en prendre à elle.

Mais l’OTAN veut faire

de la Russie un partenaire,

et lui offre même de coopérer

sur le programme antimissile.

Pour nous,

la Russie n’est ni un ennemi,

ni

un adversaire,

mais un partenaire.

Pour la Russie, les deux

parties auraient intérêt à bâtir

un système commun

contre la menace commune.

L’OTAN a proposé de lier

les deux systèmes,

ce qui réunirait

nos experts 24h/24 7j/7,

renforcerait

la confiance et la transparence,

et améliorerait notre

protection à tous,

en Russie et en Europe.

Mais la Russie pose

plusieurs conditions

préalables à un accord.

Nous sommes confrontés aux mêmes

menaces et défis modernes.

Mais nous attendons

des garanties de sécurité.

Primo, la clarté absolue

sur l’architecture finale du système.

Secundo, la garantie

que les systèmes concernés

par une

éventuelle coopération

sont adaptés

aux menaces et défis actuels

et qu’ils ne répondent pas

à d’autres besoins.

Tertio,

et c’est bien sûr très important,

il faut que le système

ne puisse pas intercepter

les missiles nucléaires russes.

L’OTAN rappelle qu’il y a déjà

des garanties mutuelles

de non-agression.

Le premier texte

instituant une coopération

entre l’OTAN et la Russie

remonte à 1997 et stipule que

nous n’emploierons

pas la force l’un contre l’autre.

C’est réellement

une déclaration politique forte,

une garantie politique forte,

à vrai dire.

Alors pourquoi la Russie

redoute-t-elle le système actuel ?

Un système capable

de détruire ou

de réduire l’efficacité

des missiles balistiques offensifs

représente une menace

pour l’ensemble de

sa dissuasion.

Les Russes ont donc un intérêt

logique à faire avorter le projet.

Ils craignent que cet outil

soit utilisé contre eux,

au mépris total du

changement politique radical

qui s’est opéré

depuis la fin de la guerre froide.

La Russie objecte que

le programme nucléaire iranien,

qui aurait pu justifier le besoin

d’un tel système, fait l’objet,

à l’international,

d’une réponse diplomatique.

Or l’espoir est grand

de régler ce qu’on appelle

le problème nucléaire iranien.

À nos yeux,

rien ne justifie que l’Europe

se dote d’une

défense antimissile selon

ce qui

avait été prévu avant.

L’OTAN répond qu’elle

ne se protège pas contre un pays précis,

et qu’une trentaine

de pays se sont dotés

ou se dotent

de missiles balistiques.

Des analystes estiment que la Russie

n’acceptera jamais le système,

ni même son principe.

L’OTAN doit accepter que

les Russes ne sont pas près

de lever leurs objections

au programme antimissile.

Multiplier les réunions

ou renforcer le dialogue

n’y changera rien.

Pour satisfaire les Russes,

il faut soit stopper le programme,

soit leur proposer de le cogérer.

Si la Russie s’oppose au

système de défense antimissile,

c’est en partie dû

non pas à la menace militaire,

mais à l’idée que

le déploiement

d’importants moyens USA/OTAN

en Europe centrale

ferait prendre conscience

implicitement

de l’issue de la guerre froide.

Ça reviendrait à

franchir la ligne rouge invisible,

que les Russes

se sont fixée.

La nécessité de trouver

un accord est pressante.

Le temps passe et, déjà,

le système se met en place,

élément après élément.

Le temps est compté. Nous savons

que l’OTAN s’emploie activement

à bâtir son propre système :

de nouveaux sites vont ouvrir

bientôt en Roumanie et

dans deux ans en Pologne.

Bien entendu, la Russie

n’acceptera pas d’être mise

devant le fait accompli.

C’est aussi un élément

à prendre en compte.

La Russie rejette

toujours notre proposition.

Si nous voulons avancer,

il va falloir faire vite.

Fini les faux-fuyants !

Les deux parties

savent que le temps presse.

Qu’adviendra-t-il

si aucun accord n’est trouvé ?

Faute d’accord, nous prendrons

les mesures nécessaires sur les plans

politique et militaro-technique.

Nous ne laisserons pas l’équilibre

stratégique se rompre.

Au contraire, cet équilibre

nous servira pour

construire

une stabilité stratégique.

Nous n’avons pas le choix…

Dans cet environnement

de sécurité, nous devons

prendre toutes les mesures

nécessaires pour protéger nos intérêts.

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