L'Afghanistan après 2014 : qu'en pense la Russie ?

Nul n'ignore que la Russie se soucie de ce qui se passe en Afghanistan et en Asie centrale. Sait-on en revanche comment Moscou envisage son rôle dans la région après 2014, une fois terminée l'opération de la FIAS en Afghanistan ? La Revue de l'OTAN a voulu savoir quelle approche la Russie adoptera et quels dossiers retiendront le plus son attention.

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L'Afghanistan après 2014 :

qu'en pense la Russie ?

Alors que l’opération de combat

de la FIAS dirigée par l’OTAN

en Afghanistan s’achèvera fin 2014,

la Russie est loin de se désintéresser

de ce qui va se passer.

Sa vision est peut-être teintée

par ses 9 années de guerre dans ce pays,

qui ont coûté

la vie à près de 15 000 soldats.

Cela peut surprendre, mais

des hommes politiques russes

semblent se réjouir

du malheur de l’OTAN et des États-Unis.

Et ils tentent de justifier les erreurs

qu’ils ont commises voilà près de 30 ans.

N’oubliez pas

que la génération qui est aujourd’hui

au pouvoir a servi en Afghanistan…

a vécu l’Afghanistan.

Bien que la sécurité de la Russie

soit liée à ce qui se passe

en Afghanistan et en Asie centrale,

on a parfois eu du mal

à savoir si elle estimait que

la présence de l’OTAN en Afghanistan

améliorait ou compromettait sa sécurité.

En fait, les Russes étaient

à la fois opposés à la présence

des États-Unis

et de l’OTAN en Afghanistan

et très critiques

envers ce qu’ils ont qualifié

de retrait précipité

des troupes de l’OTAN.

La Russie n’ignore pas que

dans la région, les défis de sécurité

qui demeurent sont légion.

Elle sait que

si la crise afghane n’est pas résolue,

si la mouvance terroriste

et la mouvance islamiste

à la frontière perdurent,

il lui sera impossible

de préserver sa sécurité

et ses intérêts en Asie centrale.

La Russie ne veut pas y voir

d’évolution sécuritaire

qu’elle ne puisse influencer.

Pourtant,

cette évolution est déjà à l’œuvre

et pas uniquement

du fait de l'OTAN.

Les Russes craignent que

le retrait occidental

ne se traduise

par une réorientation

de la présence militaire des États-Unis

et de l’OTAN

vers l'Asie centrale,

ce qui serait

pour eux un scénario catastrophe,

car ils se sentent vulnérables

et menacés

sur le plan politique

et sécuritaire

par la présence des Occidentaux

et par la forte implication

économique chinoise en Asie centrale.

Que craint donc la Russie

en Afghanistan

et en Asie centrale après 2014 ?

Alexander Grushko,

ambassadeur de la Russie auprès de l'OTAN,

nous répond.

Nous sommes vivement

préoccupés par l’avenir du pays,

que ce soit par le terrorisme,

l’extrémisme, ou le trafic de drogue ;

le pays est véritablement

au bord de la catastrophe.

La production d'héroïne

est en hausse, et la communauté

internationale devrait

se montrer plus ferme

face à cette menace,

car c’est dans notre intérêt à tous.

L'Europe en souffre.

La Russie en souffre énormément.

Les pays d'Asie centrale

aussi.

Pour certains analystes,

la situation n’évoluera en Asie centrale

que si les mentalités évoluent.

Ainsi, l’OTAN devra

peut-être repenser

ses relations avec l’OTSC,

l'Organisation du Traité

de sécurité collective,

dont font partie

la Russie, mais aussi

plusieurs républiques

d'Asie centrale.

Selon moi, l’OTAN devrait être prête

à revoir son attitude

vis-à-vis de l'OTSC.

Je ne pense pas que cela nuise à l’OTAN

d’avoir des relations avec l’OTSC,

car ce n’est pas

uniquement la Russie.

D’autres acteurs

en font aussi partie,

des acteurs qui ont… qui vont

être touchés très directement,

bien plus directement et profondément

que n’importe quel pays de l’OTAN,

lorsque celle-ci

aura quitté l’Afghanistan.

La Russie souhaite elle aussi

que l’OTSC joue un plus grand rôle.

Elle estime qu’une coopération

OTAN-OTSC en Asie centrale serait

mutuellement profitable.

La Russie s’efforce de convaincre

ses partenaires au Conseil OTAN-Russie

de réfléchir

aux possibilités d’une coopération

entre l'OTSC et l'OTAN.

L’OTSC contribue

grandement

à la stabilisation

AUTOUR de l'Afghanistan.

L'OTAN est EN Afghanistan.

Et si nous avons

une voie de communication,

si nous avons

des partenaires de coopération,

l’efficacité de nos efforts

communs sera décuplée, au regard

du trafic de drogue, du terrorisme,

de la sécurité…

L'Afghanistan après 2014 :

qu'en pense la Russie ?

Alors que l’opération de combat

de la FIAS dirigée par l’OTAN

en Afghanistan s’achèvera fin 2014,

la Russie est loin de se désintéresser

de ce qui va se passer.

Sa vision est peut-être teintée

par ses 9 années de guerre dans ce pays,

qui ont coûté

la vie à près de 15 000 soldats.

Cela peut surprendre, mais

des hommes politiques russes

semblent se réjouir

du malheur de l’OTAN et des États-Unis.

Et ils tentent de justifier les erreurs

qu’ils ont commises voilà près de 30 ans.

N’oubliez pas

que la génération qui est aujourd’hui

au pouvoir a servi en Afghanistan…

a vécu l’Afghanistan.

Bien que la sécurité de la Russie

soit liée à ce qui se passe

en Afghanistan et en Asie centrale,

on a parfois eu du mal

à savoir si elle estimait que

la présence de l’OTAN en Afghanistan

améliorait ou compromettait sa sécurité.

En fait, les Russes étaient

à la fois opposés à la présence

des États-Unis

et de l’OTAN en Afghanistan

et très critiques

envers ce qu’ils ont qualifié

de retrait précipité

des troupes de l’OTAN.

La Russie n’ignore pas que

dans la région, les défis de sécurité

qui demeurent sont légion.

Elle sait que

si la crise afghane n’est pas résolue,

si la mouvance terroriste

et la mouvance islamiste

à la frontière perdurent,

il lui sera impossible

de préserver sa sécurité

et ses intérêts en Asie centrale.

La Russie ne veut pas y voir

d’évolution sécuritaire

qu’elle ne puisse influencer.

Pourtant,

cette évolution est déjà à l’œuvre

et pas uniquement

du fait de l'OTAN.

Les Russes craignent que

le retrait occidental

ne se traduise

par une réorientation

de la présence militaire des États-Unis

et de l’OTAN

vers l'Asie centrale,

ce qui serait

pour eux un scénario catastrophe,

car ils se sentent vulnérables

et menacés

sur le plan politique

et sécuritaire

par la présence des Occidentaux

et par la forte implication

économique chinoise en Asie centrale.

Que craint donc la Russie

en Afghanistan

et en Asie centrale après 2014 ?

Alexander Grushko,

ambassadeur de la Russie auprès de l'OTAN,

nous répond.

Nous sommes vivement

préoccupés par l’avenir du pays,

que ce soit par le terrorisme,

l’extrémisme, ou le trafic de drogue ;

le pays est véritablement

au bord de la catastrophe.

La production d'héroïne

est en hausse, et la communauté

internationale devrait

se montrer plus ferme

face à cette menace,

car c’est dans notre intérêt à tous.

L'Europe en souffre.

La Russie en souffre énormément.

Les pays d'Asie centrale

aussi.

Pour certains analystes,

la situation n’évoluera en Asie centrale

que si les mentalités évoluent.

Ainsi, l’OTAN devra

peut-être repenser

ses relations avec l’OTSC,

l'Organisation du Traité

de sécurité collective,

dont font partie

la Russie, mais aussi

plusieurs républiques

d'Asie centrale.

Selon moi, l’OTAN devrait être prête

à revoir son attitude

vis-à-vis de l'OTSC.

Je ne pense pas que cela nuise à l’OTAN

d’avoir des relations avec l’OTSC,

car ce n’est pas

uniquement la Russie.

D’autres acteurs

en font aussi partie,

des acteurs qui ont… qui vont

être touchés très directement,

bien plus directement et profondément

que n’importe quel pays de l’OTAN,

lorsque celle-ci

aura quitté l’Afghanistan.

La Russie souhaite elle aussi

que l’OTSC joue un plus grand rôle.

Elle estime qu’une coopération

OTAN-OTSC en Asie centrale serait

mutuellement profitable.

La Russie s’efforce de convaincre

ses partenaires au Conseil OTAN-Russie

de réfléchir

aux possibilités d’une coopération

entre l'OTSC et l'OTAN.

L’OTSC contribue

grandement

à la stabilisation

AUTOUR de l'Afghanistan.

L'OTAN est EN Afghanistan.

Et si nous avons

une voie de communication,

si nous avons

des partenaires de coopération,

l’efficacité de nos efforts

communs sera décuplée, au regard

du trafic de drogue, du terrorisme,

de la sécurité…

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