Russie, Ukraine et Crimée : une crise prévisible ?

Dans quelle mesure aurait-on pu prévoir la crise en Crimée ? La Revue de l’OTAN interroge des experts de la sécurité afin de voir si les agissements précédents de la Russie – notamment en Estonie et en Géorgie – pouvaient donner à penser que la Crimée serait la prochaine sur la liste.

Full video transcript

Russie, Ukraine et Crimée :

une crise prévisible ?

Quand, en 2008,

Moscou a annexé

l’Ossétie du Sud

et l’Abkhazie, deux régions de Géorgie,

certains en Occident ont prévenu

que la Russie ne s’arrêterait pas là.

Nous l'avons dit, mais

personne ne nous a écoutés.

Nous avons précisément cité la Crimée,

et aussi la Transnistrie.

La Crimée est prise, et la Transnistrie

pourrait subir le même sort, qui sait ?

Les Russes ont tiré

les leçons de 2008.

Malheureusement,

l’Occident beaucoup moins.

Beaucoup de pays occidentaux tenaient

à conserver une relation

stable avec Moscou.

La réaction face

à l’invasion de la Géorgie a été

primo très faible,

secundo très surprenante.

Nous l'avions dit en 2008 :

soyons cohérents

et faisons

ce que nous avons décidé.

Il faut agir sans faiblir.

Nous avions formulé

des déclarations et des demandes

très claires.

Les documents sont

là pour le prouver.

Nous avions beaucoup travaillé

et produit des communiqués.

Mais, en deux mois,

tout était oublié.

Certains estiment que l'attitude

de l’Occident a donné de l'assurance

au dirigeant russe, Vladimir Poutine.

On a affaire ici à

un ancien officier du KGB,

à un judoka qui sait utiliser

la force de son adversaire

pour le mettre à terre,

à un homme qui a traité

avec les gangs

de Saint-Pétersbourg

et qui, on le sait aussi,

n'a pas été un saint

dans sa jeunesse.

Je pense qu'aux yeux de Moscou,

l’Occident est faible.

Loin de moi l’idée de psychanalyser Poutine,

mais c’est le sentiment général

dans la classe politique.

Et je suis plutôt d’accord.

Le gouvernement américain actuel

est de loin le moins atlantiste

de ces dernières décennies.

L’UE

est absorbée

par ses propres problèmes

et elle n'est ni prête ni disposée

à travailler sur

une action de politique

étrangère coordonnée face à

des acteurs comme la Russie.

Le terrain est donc favorable

du point de vue de M. Poutine.

Mais la Russie

n’a sans doute pas prévu que

son intervention en Ukraine

prendrait une telle tournure,

quels qu'en aient été les motifs premiers.

À la mi-décembre, le Kremlin

pensait que l'Ukraine

était dans la poche

et ne se gênait pas pour le dire.

La Crimée est bien

aux mains des Russes,

mais ce n'est certainement

pas le cas de l'Ukraine.

L’influence de Moscou

en Ukraine, et à Kiev en particulier,

est devenue quasi nulle.

Ce doit être ça,

la loi des effets pervers

que Lilia Chevtsova décrit

avec tant d’éloquence :

on monte un scénario mais

les événements suivent leur propre logique.

Parfois on peut les contrôler,

parfois non.

Le comble, selon moi, c'est que

tout cela accroît l'instabilité

en Russie, sur le plan extérieur,

mais aussi, peut-être,

sur le plan intérieur.

Ce qui est clair, c'est

que les erreurs qui,

selon certains,

ont été commises en 2008

n’ont pas été répétées en 2014.

Et cela, c’est déjà une bonne chose.

Cette fois-ci,

les pays ont su réagir

et j’espère vraiment

qu’ils réagiront plus fermement

si cela va plus loin.

L’inaction est une provocation.

L’absence de décision est une provocation.

C’est un signal,

il faut vraiment qu'on le comprenne.

Il faut apprendre de ses erreurs.

Mais parfois,

on a besoin de se tromper

à de nombreuses reprises

pour comprendre.

C’est triste, mais c’est la réalité.

Russie, Ukraine et Crimée :

une crise prévisible ?

Quand, en 2008,

Moscou a annexé

l’Ossétie du Sud

et l’Abkhazie, deux régions de Géorgie,

certains en Occident ont prévenu

que la Russie ne s’arrêterait pas là.

Nous l'avons dit, mais

personne ne nous a écoutés.

Nous avons précisément cité la Crimée,

et aussi la Transnistrie.

La Crimée est prise, et la Transnistrie

pourrait subir le même sort, qui sait ?

Les Russes ont tiré

les leçons de 2008.

Malheureusement,

l’Occident beaucoup moins.

Beaucoup de pays occidentaux tenaient

à conserver une relation

stable avec Moscou.

La réaction face

à l’invasion de la Géorgie a été

primo très faible,

secundo très surprenante.

Nous l'avions dit en 2008 :

soyons cohérents

et faisons

ce que nous avons décidé.

Il faut agir sans faiblir.

Nous avions formulé

des déclarations et des demandes

très claires.

Les documents sont

là pour le prouver.

Nous avions beaucoup travaillé

et produit des communiqués.

Mais, en deux mois,

tout était oublié.

Certains estiment que l'attitude

de l’Occident a donné de l'assurance

au dirigeant russe, Vladimir Poutine.

On a affaire ici à

un ancien officier du KGB,

à un judoka qui sait utiliser

la force de son adversaire

pour le mettre à terre,

à un homme qui a traité

avec les gangs

de Saint-Pétersbourg

et qui, on le sait aussi,

n'a pas été un saint

dans sa jeunesse.

Je pense qu'aux yeux de Moscou,

l’Occident est faible.

Loin de moi l’idée de psychanalyser Poutine,

mais c’est le sentiment général

dans la classe politique.

Et je suis plutôt d’accord.

Le gouvernement américain actuel

est de loin le moins atlantiste

de ces dernières décennies.

L’UE

est absorbée

par ses propres problèmes

et elle n'est ni prête ni disposée

à travailler sur

une action de politique

étrangère coordonnée face à

des acteurs comme la Russie.

Le terrain est donc favorable

du point de vue de M. Poutine.

Mais la Russie

n’a sans doute pas prévu que

son intervention en Ukraine

prendrait une telle tournure,

quels qu'en aient été les motifs premiers.

À la mi-décembre, le Kremlin

pensait que l'Ukraine

était dans la poche

et ne se gênait pas pour le dire.

La Crimée est bien

aux mains des Russes,

mais ce n'est certainement

pas le cas de l'Ukraine.

L’influence de Moscou

en Ukraine, et à Kiev en particulier,

est devenue quasi nulle.

Ce doit être ça,

la loi des effets pervers

que Lilia Chevtsova décrit

avec tant d’éloquence :

on monte un scénario mais

les événements suivent leur propre logique.

Parfois on peut les contrôler,

parfois non.

Le comble, selon moi, c'est que

tout cela accroît l'instabilité

en Russie, sur le plan extérieur,

mais aussi, peut-être,

sur le plan intérieur.

Ce qui est clair, c'est

que les erreurs qui,

selon certains,

ont été commises en 2008

n’ont pas été répétées en 2014.

Et cela, c’est déjà une bonne chose.

Cette fois-ci,

les pays ont su réagir

et j’espère vraiment

qu’ils réagiront plus fermement

si cela va plus loin.

L’inaction est une provocation.

L’absence de décision est une provocation.

C’est un signal,

il faut vraiment qu'on le comprenne.

Il faut apprendre de ses erreurs.

Mais parfois,

on a besoin de se tromper

à de nombreuses reprises

pour comprendre.

C’est triste, mais c’est la réalité.

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