Conflit russo-ukrainien : une riposte à l’épreuve de la mondialisation ?

À l’ère de la mondialisation, les pays sont de plus en plus interdépendants. Or la réponse à apporter aux agissements de la Russie en Ukraine impose de s’affranchir quelque peu de cette interdépendance. En quoi la mondialisation est-elle un frein à toute riposte ? Est-il aujourd’hui possible d’infliger des sanctions à la Russie sans en pâtir soi-même ? Et où s’arrêtera le jeu des sanctions et contre-sanctions ?

Full video transcript

Conflit russo-ukrainien :

une riposte à l’épreuve

de la mondialisation ?

La mondialisation nous rend

plus dépendants les uns des autres.

À l’heure où les frontières s’ouvrent

et où des unions se créent,

aurions-nous davantage

à perdre dans un conflit ?

Qu’en sera-t-il dans le cas

des agissements

de la Russie en Ukraine ?

Le gros avantage

de la mondialisation,

c’est qu’elle crée

une interdépendance économique,

qui devrait réfréner

l’agressivité des pays.

À condition, évidemment,

que tous les pays

se montrent raisonnables.

- L’Europe ouvre ses frontières

et crée des occasions

de jeter des ponts.

La Russie, de son côté,

cherche manifestement

à ériger des barrières.

Or l’heure n’est pas

aux divisions

mais aux mains tendues.

La mondialisation n’est donc pas

un gage de paix,

pas plus aujourd’hui

qu’hier.

La première mondialisation

date du XIXe siècle.

Jusqu’à la veille de la Grande Guerre,

beaucoup pensaient que les pays

étaient trop interdépendants

pour se faire la guerre.

La mondialisation est en marche

depuis des décennies,

rien de nouveau donc.

Ce qui est nouveau,

c’est l’évolution du rapport de force

entre les Etats,

et le déplacement

vers l’Est

du centre de gravité

économique,

et donc politique.

La situation en Crimée

est très comparable

à la situation

en mer de Chine méridionale.

En fait de prévenir les conflits,

la mondialisation en crée.

Et le développement économique

qu’elle suppose

rend la sécurité

d’autant plus importante.

La mer de Chine méridionale est

aujourd’hui une zone de tension.

La sécurité et l’économie

sont intimement liées,

l’une n’allant pas sans l’autre.

Les conflits ne sont pas le seul signe

de la mutation en cours,

le positionnement des forces

de sécurité en est un aussi.

Des 5 membres permanents

du Conseil de sécurité,

la Chine a le plus gros contingent

de maintien de la paix en Afrique.

À l’ère de la mondialisation,

utiliser l’économie comme arme

peut faire mal,

mais le résultat n’est pas garanti.

C’est vrai,

les sanctions économiques,

utilisées en représailles,

sont une arme à double tranchant…

Elles entrent dans l’équation

des différents choix

que peut faire un Etat.

Mais si un pays s’engage

dans une voie donnée,

pour des raisons

que les autres Etats

ne perçoivent pas immédiatement,

et si ce pays estime

que sa survie est en jeu,

aucune sanction économique

n’aura de prise sur lui.

L’ironie

dans les choix récents de Poutine,

c’est qu’il

cherche surtout

à trouver grâce

aux yeux de ses concitoyens.

On a oublié le poids

des considérations d’ordre intérieur

dans toute cette affaire.

Poutine se cherche une nouvelle légitimité.

Certes, il est le président,

mais c’est aussi un dirigeant

qui ne se contente pas

de veiller à la stabilité économique,

devenue moins importante que

durant son premier mandat.

Il veut donner

un nouveau visage

et un nouvel élan à la Russie,

et se forger une nouvelle image.

Conflit russo-ukrainien :

une riposte à l’épreuve

de la mondialisation ?

La mondialisation nous rend

plus dépendants les uns des autres.

À l’heure où les frontières s’ouvrent

et où des unions se créent,

aurions-nous davantage

à perdre dans un conflit ?

Qu’en sera-t-il dans le cas

des agissements

de la Russie en Ukraine ?

Le gros avantage

de la mondialisation,

c’est qu’elle crée

une interdépendance économique,

qui devrait réfréner

l’agressivité des pays.

À condition, évidemment,

que tous les pays

se montrent raisonnables.

- L’Europe ouvre ses frontières

et crée des occasions

de jeter des ponts.

La Russie, de son côté,

cherche manifestement

à ériger des barrières.

Or l’heure n’est pas

aux divisions

mais aux mains tendues.

La mondialisation n’est donc pas

un gage de paix,

pas plus aujourd’hui

qu’hier.

La première mondialisation

date du XIXe siècle.

Jusqu’à la veille de la Grande Guerre,

beaucoup pensaient que les pays

étaient trop interdépendants

pour se faire la guerre.

La mondialisation est en marche

depuis des décennies,

rien de nouveau donc.

Ce qui est nouveau,

c’est l’évolution du rapport de force

entre les Etats,

et le déplacement

vers l’Est

du centre de gravité

économique,

et donc politique.

La situation en Crimée

est très comparable

à la situation

en mer de Chine méridionale.

En fait de prévenir les conflits,

la mondialisation en crée.

Et le développement économique

qu’elle suppose

rend la sécurité

d’autant plus importante.

La mer de Chine méridionale est

aujourd’hui une zone de tension.

La sécurité et l’économie

sont intimement liées,

l’une n’allant pas sans l’autre.

Les conflits ne sont pas le seul signe

de la mutation en cours,

le positionnement des forces

de sécurité en est un aussi.

Des 5 membres permanents

du Conseil de sécurité,

la Chine a le plus gros contingent

de maintien de la paix en Afrique.

À l’ère de la mondialisation,

utiliser l’économie comme arme

peut faire mal,

mais le résultat n’est pas garanti.

C’est vrai,

les sanctions économiques,

utilisées en représailles,

sont une arme à double tranchant…

Elles entrent dans l’équation

des différents choix

que peut faire un Etat.

Mais si un pays s’engage

dans une voie donnée,

pour des raisons

que les autres Etats

ne perçoivent pas immédiatement,

et si ce pays estime

que sa survie est en jeu,

aucune sanction économique

n’aura de prise sur lui.

L’ironie

dans les choix récents de Poutine,

c’est qu’il

cherche surtout

à trouver grâce

aux yeux de ses concitoyens.

On a oublié le poids

des considérations d’ordre intérieur

dans toute cette affaire.

Poutine se cherche une nouvelle légitimité.

Certes, il est le président,

mais c’est aussi un dirigeant

qui ne se contente pas

de veiller à la stabilité économique,

devenue moins importante que

durant son premier mandat.

Il veut donner

un nouveau visage

et un nouvel élan à la Russie,

et se forger une nouvelle image.

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