Ukraine et Russie : les perceptions et la réalité (2)

Quels étaient les principaux objectifs du président russe Vladimir Poutine lorsqu'il a entrepris de soutenir les rebelles pro-russes en Ukraine ? Au-delà d'une question de territoire, s'agissait-il de créer des divisions entre les pays occidentaux, ou de les accentuer ? Dans ce cas, sa stratégie a-t-elle fonctionné ? La Revue de l'OTAN a posé la question à certains des grands responsables de la sécurité.
À l’ère de la mondialisation, les pays sont de plus en plus interdépendants. Or la réponse à apporter aux agissements de la Russie en Ukraine impose de s’affranchir quelque peu de cette interdépendance. En quoi la mondialisation est-elle un frein à toute riposte ? Est-il aujourd’hui possible d’infliger des sanctions à la Russie sans en pâtir soi-même ? Et où s’arrêtera le jeu des sanctions et contre-sanctions ?
Existe-t-il une différence entre une annexion, une unification et la modification d’une frontière internationale ? Oui, à bien des égards, estime Magnus Bjarnason. Dans cet article, M. Bjarnason explique de quelle manière les actions visant à redessiner la carte du monde – comme dans le cas de l’annexion de la Crimée par la Russie – ont été menées ces dernières décennies. Et il livre une analyse des risques et des bienfaits de telles initiatives.
Notre illustrateur Rytis Daukantas pose une nouvelle fois un regard humoristique sur les derniers développements en Russie et en Ukraine.
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Savez-vous qui est Liz Wahl, Sara Firth ou encore Abby Martin ? Et ce qu’elles ont à voir avec la campagne d’information menée par la Russie à propos de l’Ukraine ?

Les deux premières sont des journalistes qui ont démissionné de la chaîne d’information internationale Russia Today, financée par Moscou, au motif qu’elles ne pouvaient plus travailler pour une chaîne qui n’hésite pas à déformer la vérité au profit du Kremlin.

Liz Wahl a annoncé sa démission à l’antenne en mars, affirmant qu’elle ne pouvait plus « collaborer avec une chaîne qui maquille les agissements de Poutine ». Il se fait que Russia Today s’était montrée particulièrement favorable à Ianoukovitch durant les manifestations à Kiev, allant jusqu’à imputer aux manifestants (qualifiés de « fascistes ») la responsabilité du bain de sang dont la place Maïdan avait alors été le théâtre.

Sara Firth a démissionné quelques mois plus tard à la suite des reportages sur l’avion civil abattu en plein vol, probablement par des rebelles soutenus par la Russie. Elle a déclaré après coup qu’elle n’en pouvait plus des mensonges proférés tous les jours par la chaîne.

Quant à Abby Martin, en quelque sorte l’animatrice vedette de Russia Today, elle a affirmé en mars, à la fin de son émission, qu’elle ne cautionnait pas les agissements de la Russie, faisant allusion aux événements en Crimée. Dans l’heure qui a suivi, la chaîne a annoncé qu’elle l’envoyait comme correspondante en Crimée pour couvrir le conflit, mais l’animatrice a refusé et a continué d’animer son émission à partir des États-Unis. Aurait-elle bénéficié de la même clémence si elle avait été une journaliste peu en vue de la chaîne en poste en Russie ?

Tout ça pour dire que museler l’opposition, c’est aussi perdre sa crédibilité. Le Royaume-Uni, par exemple, l’a bien compris : au Parlement, l’opposition y conteste librement l’action du pouvoir en place et n’épargne personne, et encore moins le chef du gouvernement.

Le principe même de la démocratie est admirablement bien résumé par Evelyn Beatrice Hall, qui a écrit : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je défendrai jusqu’à la mort votre droit de le dire ». La rédaction de Russia Today devrait peut-être s’en inspirer ?

Paul King