Le terrorisme endogène :
La tribune des experts

Le terrorisme endogène : comment l’OTAN peut-elle le combattre ?

La menace émanant du terrorisme endogène est clairement un problème de sécurité, mais ce sont essentiellement les forces de renseignement et de sécurité nationales, et non l’armée, qui y font face. Que peut donc faire exactement l’OTAN pour lutter contre le phénomène ? Et comment cet aspect s’intègre-t-il dans la lutte plus large que l’Alliance mène contre le terrorisme ? Nous interrogeons la spécialiste de l’OTAN en matière de contre-terrorisme.

 Sous-titres: Oui / Non
Full video transcript

Le terrorisme endogène : comment l’OTAN peut-elle le combattre ?

Le terrorisme endogène représente une menace très importante

pour de nombreux pays de l'OTAN et leur population. Les attentats

de cette nature ont déjà causé beaucoup de dégats et fait de nombreux morts et blessés

dans des pays tels que la Norvège, le Royaume-Uni et les Etats-Unis.

Que peut faire l'OTAN pour lutter contre le phénomène?

Nous posons la question à la spécialiste de l’OTAN en matière de contre-terrorisme,

Mme Juliette Bird, dont nous ne pouvons montrer le visage en raison

de la sensibilité des projets sur lesquels elle a travaillé.

Juliette Bird, le terrorisme endogène est-il un concept nouveau?

C'est une bonne question, car il s'agit sans doute en fait d'un concept très ancien.

La différence c'est qu'aujourd'hui les causes du terrorisme sont géographiquement

lointaines, alors qu'auparavant elles

se trouvaient à proximité.

Les changements intervenus dans nos façons de communiquer

font qu'aujourd'hui tout le monde peut voir ce qui se passe ailleurs,

et que des luttes qui se déroulent dans des endroits éloignés

peuvent susciter un désir d'adhésion.

Le monde est davantage "transnational"

étant donné que les transferts de connaissances et de personnes sont plus faciles;

le risque de terrorisme endogène s'en trouve-t-il accru?

Il est certain qu'Internet est un outil que tout le monde peut utiliser

et il n'y a aucune raison de supposer

que les choses sont différentes s'agissant des groupes terroristes.

C'est une énorme bibliothèque d'informations.

C'est un excellent moyen de toucher dans le monde entier

des personnes ayant les mêmes convictions.

Même s'il n'y a que cinq individus dans le monde qui partagent vos idées,

vous avez le sentiment de faire partie d'une communauté.

Quelle importance revêt en fait l'appartenance physique à une communauté

pour un terroriste de l'intérieur?

Ce lien est probablement plus important que ce que l'on peut apprendre

dans un camp d'entraînement ou en compagnie de personnes de même sensibilité.

C'est la possibilité de discuter de l'idéologie,

de la raison qui fait que vous voulez prendre les armes

et recourir à la violence contre les gens parmi lesquels vous vivez,

qui vous lie.

Quel rôle peut jouer l'OTAN dans la lutte contre le terrorisme endogène?

Fondamentalement, l'OTAN n'est pas un intervenant de premier plan.

Le terrorisme endogène

est un dossier on ne peut plus intérieur,

et c'est donc aux instances de maintien de l'ordre et

de renseignement, et au gouvernement dans son ensemble,

qu'il appartient de décider des mesures à prendre au plan national.

Il n'y a donc pas grand-chose que l'OTAN puisse faire activement à ce sujet,

mais elle peut faire en sorte que ce que l'on apprend

au niveau des différents pays soit mis en commun.

Nous montrons-nous efficaces à cet égard?

Une fois par an,

une évaluation agréée de la menace, qui fait le point de la situation,

est établie au niveau de l'ensemble de l'Alliance.

C'est sur la base de ce document que des orientations politiques

et des lignes directrices nous ont été données récemment, au sommet de Chicago,

et celles-ci se traduiront dans différents domaines

au niveau de l'ensemble de l'OTAN.

Quels domaines par exemple?

C'est en fait extrêment vaste: il peut s'agir de former et d'entraîner

les Alliés et les partenaires à reconnaître le terrorisme,

de savoir dans quels secteurs l'OTAN est capable d'apporter

une contribution et

à quelles autres instances s'adresser pour bénéficier de leur expertise,

d'avoir les capacités adéquates pour résister à des attaques

au moyen d'engins explosifs improvisés,

ou peut-être d'apprendre comment rendre un avion

plus résistant aux systèmes antiaériens portables;

il peut s'agir d'aspects liés à la sécurité dite "douce", de consultations,

ou d'aspects liés à la sécurité "dure", de capacités physiques,

ou de renforcer les capacités des partenaires

et de participer à l'effort mondial de lutte contre le terrorisme.

Le fait est que les organisations internationales ne peuvent, à mon sens,

pas faire grand-chose en tant que telles,

mais que dans le cadre d'une stratégie internationale, mondiale, de lutte contre le terrorisme,

que l'ONU a mise en place et dont elle supervise maintenant l'application,

elles peuvent être des acteurs utiles.

Le terrorisme endogène : comment l’OTAN peut-elle le combattre ?

Le terrorisme endogène représente une menace très importante

pour de nombreux pays de l'OTAN et leur population. Les attentats

de cette nature ont déjà causé beaucoup de dégats et fait de nombreux morts et blessés

dans des pays tels que la Norvège, le Royaume-Uni et les Etats-Unis.

Que peut faire l'OTAN pour lutter contre le phénomène?

Nous posons la question à la spécialiste de l’OTAN en matière de contre-terrorisme,

Mme Juliette Bird, dont nous ne pouvons montrer le visage en raison

de la sensibilité des projets sur lesquels elle a travaillé.

Juliette Bird, le terrorisme endogène est-il un concept nouveau?

C'est une bonne question, car il s'agit sans doute en fait d'un concept très ancien.

La différence c'est qu'aujourd'hui les causes du terrorisme sont géographiquement

lointaines, alors qu'auparavant elles

se trouvaient à proximité.

Les changements intervenus dans nos façons de communiquer

font qu'aujourd'hui tout le monde peut voir ce qui se passe ailleurs,

et que des luttes qui se déroulent dans des endroits éloignés

peuvent susciter un désir d'adhésion.

Le monde est davantage "transnational"

étant donné que les transferts de connaissances et de personnes sont plus faciles;

le risque de terrorisme endogène s'en trouve-t-il accru?

Il est certain qu'Internet est un outil que tout le monde peut utiliser

et il n'y a aucune raison de supposer

que les choses sont différentes s'agissant des groupes terroristes.

C'est une énorme bibliothèque d'informations.

C'est un excellent moyen de toucher dans le monde entier

des personnes ayant les mêmes convictions.

Même s'il n'y a que cinq individus dans le monde qui partagent vos idées,

vous avez le sentiment de faire partie d'une communauté.

Quelle importance revêt en fait l'appartenance physique à une communauté

pour un terroriste de l'intérieur?

Ce lien est probablement plus important que ce que l'on peut apprendre

dans un camp d'entraînement ou en compagnie de personnes de même sensibilité.

C'est la possibilité de discuter de l'idéologie,

de la raison qui fait que vous voulez prendre les armes

et recourir à la violence contre les gens parmi lesquels vous vivez,

qui vous lie.

Quel rôle peut jouer l'OTAN dans la lutte contre le terrorisme endogène?

Fondamentalement, l'OTAN n'est pas un intervenant de premier plan.

Le terrorisme endogène

est un dossier on ne peut plus intérieur,

et c'est donc aux instances de maintien de l'ordre et

de renseignement, et au gouvernement dans son ensemble,

qu'il appartient de décider des mesures à prendre au plan national.

Il n'y a donc pas grand-chose que l'OTAN puisse faire activement à ce sujet,

mais elle peut faire en sorte que ce que l'on apprend

au niveau des différents pays soit mis en commun.

Nous montrons-nous efficaces à cet égard?

Une fois par an,

une évaluation agréée de la menace, qui fait le point de la situation,

est établie au niveau de l'ensemble de l'Alliance.

C'est sur la base de ce document que des orientations politiques

et des lignes directrices nous ont été données récemment, au sommet de Chicago,

et celles-ci se traduiront dans différents domaines

au niveau de l'ensemble de l'OTAN.

Quels domaines par exemple?

C'est en fait extrêment vaste: il peut s'agir de former et d'entraîner

les Alliés et les partenaires à reconnaître le terrorisme,

de savoir dans quels secteurs l'OTAN est capable d'apporter

une contribution et

à quelles autres instances s'adresser pour bénéficier de leur expertise,

d'avoir les capacités adéquates pour résister à des attaques

au moyen d'engins explosifs improvisés,

ou peut-être d'apprendre comment rendre un avion

plus résistant aux systèmes antiaériens portables;

il peut s'agir d'aspects liés à la sécurité dite "douce", de consultations,

ou d'aspects liés à la sécurité "dure", de capacités physiques,

ou de renforcer les capacités des partenaires

et de participer à l'effort mondial de lutte contre le terrorisme.

Le fait est que les organisations internationales ne peuvent, à mon sens,

pas faire grand-chose en tant que telles,

mais que dans le cadre d'une stratégie internationale, mondiale, de lutte contre le terrorisme,

que l'ONU a mise en place et dont elle supervise maintenant l'application,

elles peuvent être des acteurs utiles.

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Jean-Jacques Rousseau
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