Menaces de l’intérieur
La tribune des experts
Ce mois-ci dans la
Revue de l'OTAN
Menaces de l’intérieur
Dans cette nouvelle section du numéro sur le terrorisme endogène, nous demandons à des acteurs directement impliqués dans la lutte contre le phénomène quelle est leur approche. Du témoignage d’un ancien extrémiste aujourd’hui engagé dans la lutte contre l’extrémisme à celui du coordonnateur de l’UE pour la lutte contre le terrorisme, nous nous penchons sur les moyens de combattre le terrorisme endogène. Nous entendons également le témoignage d’anciens terroristes de l’intérieur pour tenter de comprendre ce qu’ils avaient le sentiment de réaliser. Et nous entendons une experte psychologue qui nous expose sa position sur la question de savoir si le ralentissement économique favorisera le recrutement de terroristes de l’intérieur.
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Peu de personnes sont aussi à même de donner un éclairage personnel sur l’importance du phénomène du terrorisme endogène que Maajid Naawaz. Ancien membre du groupe islamique Hizb ut-Tahrir, il dirige aujourd’hui une fondation de lutte contre l’extrémisme. Il explique ici les raisons qui poussent des gens vers l’extrémisme et les enseignements à en tirer pour trouver des réponses.
Le terrorisme endogène est un problème qui relève, à l'évidence, de la politique intérieure des pays. Comment, dès lors, une organisation multinationale comme l'UE peut-elle jouer un rôle significatif en la matière? Le coordinateur de l'UE pour la lutte contre le terrorisme explique ce qui peut - et ce qui ne peut pas - être fait par l'Union, et met en évidence certains des résultats déjà obtenus.
L’Allemagne a été victime d’attentats et d’actions émanant de l’extrême droite, de l’extrême gauche et du terrorisme religieux endogène. Rolf Tophoven expose ici les enseignements qui peuvent être tirés des expériences vécues par le pays.
Le ralentissement économique actuel – avec ses conséquences sur la hausse du chômage des jeunes et l’intensification de leur morosité et de leur désenchantement – aura-t-il des incidences sur le recrutement ou l’activité de terroristes de l’intérieur ? Brooke Roger examine dans quelle mesure on peut répondre à cette question.
Mitch Silber a étudié une multitude de profils de terroristes de l’intérieur, ainsi que leurs motivations, dans le cadre de ses fonctions de responsable des services d’analytique et de cybernétique de la Division du renseignement de la police de New York. Il expose ici certains des grands thèmes qui sont ressortis de cette analyse.
Jason Burke a suivi l’évolution d’Al-Qaïda depuis le siècle dernier. Il indique ici quelle a été cette évolution, où la nébuleuse en est au stade actuel, et quelles incidences elle a sur le terrorisme endogène.
L’expression « terrorisme endogène » est peut-être nouvelle, mais la réalité qu’elle recouvre ne l’est certainement pas. Ce photoreportage en montre des exemples, dont certains remontent à près d’un siècle.
Le vieil adage « qui cherche trouve » se concrétise forcément lorsque l’on cherche quelque chose qui a très certainement toujours été là, fait valoir Benjamin Friedman.
La menace émanant du terrorisme endogène est clairement un problème de sécurité, mais ce sont essentiellement les forces de renseignement et de sécurité nationales, et non l’armée, qui y font face. Que peut donc faire exactement l’OTAN pour lutter contre le phénomène ? Et comment cet aspect s’intègre-t-il dans la lutte plus large que l’Alliance mène contre le terrorisme ? Nous interrogeons la spécialiste de l’OTAN en matière de contre-terrorisme.
Le terrorisme endogène n’est pas un phénomène nouveau, fait valoir Marc Sageman. Il est aussi ancien que la lutte politique. Mais il comporte des éléments nouveaux – en particulier Internet.
Nouveau sur ce site?

Je viens de Londres. Lorsque j’étais enfant, je n’ai pas eu besoin que l’on m’explique ce qu’était le terrorisme. Il était au pas de ma porte.

J’étais allé dans des endroits de la ville qui devaient être le cadre d’attentats à la bombe plus tard. Et je voyais pratiquement chaque semaine aux actualités le récit d’autres attentats terroristes commis ailleurs dans le pays, généralement en Irlande du Nord.

Je suis issu d’une famille anglo-irlandaise – parents originaires d’Irlande, enfants élevés en Angleterre. J’avais donc, toutes proportions gardées, les antécédents conflictuels qui peuvent conduire, dans certains cas heureusement rares, des personnes à considérer leur propre pays comme l’ennemi.

J’ai pu, pour ma part, voir les deux aspects de l’histoire de l’Irlande du Nord, mais d’aucuns ont parfois des œillères qui leur font voir un seul côté des choses.

C’est ce qui s’est produit à Londres un 7 juillet.

Les hommes qui ont commis cette atrocité étaient Britanniques, mais certains de leurs antécédents, culture et extrémisme religieux, les ont conduits à considérer la Grande-Bretagne (et l’Occident en général) comme l’ennemi.

Je viens de Londres. Lorsque j’étais enfant, je n’ai pas eu besoin que l’on m’explique ce qu’était le terrorisme. Il était au pas de ma porte.

J’étais allé dans des endroits de la ville qui devaient être le cadre d’attentats à la bombe plus tard. Et je voyais pratiquement chaque semaine aux actualités le récit d’autres attentats terroristes commis ailleurs dans le pays, généralement en Irlande du Nord.

Je suis issu d’une famille anglo-irlandaise – parents originaires d’Irlande, enfants élevés en Angleterre. J’avais donc, toutes proportions gardées, les antécédents conflictuels qui peuvent conduire, dans certains cas heureusement rares, des personnes à considérer leur propre pays comme l’ennemi.

J’ai pu, pour ma part, voir les deux aspects de l’histoire de l’Irlande du Nord, mais d’aucuns ont parfois des œillères qui leur font voir un seul côté des choses.

C’est ce qui s’est produit à Londres un 7 juillet.

Les hommes qui ont commis cette atrocité étaient Britanniques, mais certains de leurs antécédents, culture et extrémisme religieux, les ont conduits à considérer la Grande-Bretagne (et l’Occident en général) comme l’ennemi.

À leurs yeux, attaquer leurs compatriotes constituait un acte montrant que leur religion était plus importante que leur pays, et, au bout du compte, plus importante que leur propre vie.

Ces terroristes « de l’intérieur » n’entrent pas dans le moule de leurs prédécesseurs. Leur zèle, par exemple, ne se confine pas simplement à leur cause. Il va jusqu’à la mort pour cette cause.

Au moment où je préparais ce numéro sur le terrorisme endogène, la question de savoir si les terroristes de l’intérieur doivent susciter davantage ou moins de craintes était abondamment évoquée dans l’actualité.

Le chef du MI5 a déclaré que le Printemps arabe allait fournir un nouveau terreau propice aux terroristes britanniques. À mesure que de nouveaux pays arabes s’ouvraient, a-t-il dit, il est apparu que des djihadistes britanniques s’y étaient rendus pour y suivre un entraînement.

Le jour même où j’écrivais ces lignes, un Britannique blanc converti à l’islam, Richard Dart, qui aurait prévu de commettre un attentat terroriste au Royaume-Uni, était arrêté par la police britannique.

Mais un rapport du responsable du réexamen de la législation antiterroriste britannique, David Anderson, a relativisé tout cela sur la base d’éléments factuels qui sont peut-être les plus intéressants à retenir. Il a indiqué qu’il n’y avait pas eu un seul attentat d’Al-Qaïda en Europe en 2011, que personne n’avait été même blessé dans un attentat de ce type au Royaume-Uni depuis plus de deux ans, et que la menace était « quelquefois exagérée à des fins politiques ou commerciales ».

Il a conclu en faisant observer que le nombre moyen de morts dans des attentats terroristes en Grande-Bretagne – cinq par an – au cours de ce siècle est le même que le nombre annuel de morts par piqûres d’abeilles.

Et c’est sur la base de cette notion de perspective que nos excellents contributeurs exposent leur point de vue sur la question dans ce numéro de la Revue de l’OTAN.

Paul King

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