La tribune des experts

Le ministre de la Défense de l’Italie.

© Italian MoD

Du dedans au dehors : un point de vue différent

Giampaolo Di Paola est passé, ces derniers mois, d’un rôle militaire international de premier plan à un rôle politique national central. Actuellement ministre de la Défense de l’Italie, il était, jusqu’en novembre 2011, président du Comité militaire de l’OTAN. La Revue de l’OTAN lui a demandé quelles différences il y avait, à son sens, entre la défense considérée de l’intérieur de l’OTAN et d’un point de vue national.

Vous avez été un acteur du secteur de la défense et de la sécurité à la fois à l’intérieur - et aujourd’hui à l’extérieur - de l’OTAN. Comment cela a-t-il modifié votre perception ?

Ma perception des défis du secteur de la défense n’a pas changé. Nous sommes, et nous serons au cours des prochaines années, confrontés à une crise financière grave, qui risque d’avoir un impact majeur sur les budgets de la défense. En conséquence, je pense que nous devons modifier notre façon de travailler, tant au niveau de l’OTAN qu’au niveau de chacun de nos pays membres.

Comment faut-il procéder à votre avis?

La meilleure solution est une bonne gestion des ressources - en d’autres termes, dépenser intelligemment pour optimaliser les dépenses. Cela signifie que nous devons établir des priorités, privilégier la spécialisation et rechercher des solutions multinationales. Telle est la base de ce que nous appelons la nouvelle initiative OTAN de défense intelligente. Cette nouvelle approche des dépenses de défense aidera l’Alliance à disposer des capacités adéquates. En combinant les ressources , les pays seront en mesure de fournir des capacités unilatérales qu’ils ne pourraient sans doute pas financer autrement. Ils bénéficieront d’une plus grande efficacité en travaillant ensemble avec des économies d’échelle, et en mettant en place des capacités multinationales. Travailler ensemble efficacement n’impose pas l’acquisition d’équipements identiques, mais impose que les pays membres de l’OTAN soient également compétents et efficaces s’agissant de l’utilisation des ressources et des équipements partagés.

Comment l’OTAN est-elle perçue en Italie selon vous ?

© NATO

L’OTAN joue un rôle fondamental pour l’Italie. Elle contribue à notre sécurité, favorise la coopération industrielle dans le domaine de la défense, et a un rôle consultatif auprès de nos autorités politiques pour toutes les questions concernant notre sécurité commune. Les Italiens sont traditionnellement des «supporters» de l’OTAN, qu’ils associent principalement à l’idée d’une organisation qui assure la paix et la sécurité internationales.C’est également lié aux opérations de l’Alliance en Afghanistan et au Kosovo, où les contingents italiens ont toujours été nombreux. La récente opération libyenne a aussi contribué à donner une meilleure image de l’OTAN parmi la population italienne. Il y a encore toutefois une marge d’amélioration.

Quelle sorte d’amélioration ? Et comment l’aborderiez-vous ?

Nous devons faire davantage d'efforts au niveau de notre communication sur l'Alliance

Il y a des citoyens qui connaissent moins bien les rôles et la mission de l’OTAN, notamment parmi les jeunes, qui représentent l’avenir de notre pays. Ils n’ont parfois aucune idée de ce que l’Alliance représente, ou alors ils la perçoivent comme une organisation qui mène principalement des opérations de combat. Je sais que c’est le cas non seulement en Italie mais aussi dans beaucoup d’autres pays de l’OTAN. Nous devons donc faire davantage d’efforts au niveau de notre communication sur l’Alliance. Nous devons encourager toutes les initiatives visant à mieux expliquer à nos opinions publiques les défis sécuritaires actuels et futurs, ainsi que les valeurs et les principes que l’Alliance défend. Le sommet de Chicago est également une occasion extraordinaire de faire mieux connaître l’OTAN et de convaincre l’opinion euro-atlantique que notre Alliance est importante pour faire face à ses préoccupations en matière de sécurité.

Pour conclure, vous étiez président du Comité militaire de l’OTAN pendant l’opération libyenne. Quels ont été, selon vous, les principaux enseignements tirés ?

© Reuters

L’opération libyenne a incontestablement été une réussite. Nous avons effectué près de 10.000 sorties de frappe contre un régime qui attaquait délibérément et systématiquement sa propre population. Cette campagne a empêché le massacre de nombreux civils et a permis une victoire sur le terrain qui a été laissée à la discrétion des Libyens. Des partenaires arabes se sont joints à nous dans cette entreprise. Ce fut aussi un succès politique sans précédent. Il faut se rappeler qu’il avait fallu plusieurs années à l’Alliance pour décider d’intervenir en Bosnie, et plusieurs mois pour mener une action au Kosovo, mais qu’il n’a fallu que quelques jours pour lui transférer la responsabilité des opérations aériennes et maritimes en Libye.

Un autre enseignement important a été dégagé : pour tout type d’opération, le soutien régional est fondamental. La communauté internationale n’aurait jamais été en mesure de faire face à la situation de manière aussi ferme sans le soutien de la Ligue arabe et de certains pays de la région.

citations
Barack Obama
sénateur américain, 2006
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