La tribune des experts

© Bjorn Lomborg

Climat, maladie et alimentation – il reste beaucoup à faire

En 2012, le réchauffement de la planète restera le dossier sur lequel nous avançons le moins, tout en nous plaignant sans cesse du manque de progrès. Les militants continueront de tenir des propos alarmistes pour tenter d’accélérer la prise de mesures, et les participants aux négociations sur le changement climatique continueront de travestir leurs échecs en victoires.

En décembre 2011, à Durban, les politiciens se sont chaleureusement félicités d’avoir signé un accord de deux pages, dont l’unique engagement concerne le lancement, avant 2015, d’un processus d’établissement d’un nouveau protocole tel que celui qui avait été signé à Kyoto. L’Inde comme la Chine ont, depuis lors, souligné qu’elles n’accepteraient pas un accord juridiquement contraignant sur les réductions d’émissions, et le Canada s’est retiré du Protocole du Kyoto.

Nous n’arriverons jamais à réduire les émissions de manière significative tant que nous ne parviendrons pas à rendre l’énergie verte moins chère que les carburants fossiles. Malheureusement, nous n’avons aujourd’hui ni la volonté politique ni le leadership qui permettraient d’abandonner l’approche actuelle et de se concentrer sur des travaux de recherche-développement en vue de réduire le prix des énergies alternatives dans les décennies à venir. Je crains donc bien qu’il y ait peu d’avancées en matière de changement climatique en 2012.

L’une des idées les plus dangereuses que l’on ait vu émerger depuis un an environ est celle selon laquelle nous pouvons crier victoire par rapport à l’épidémie du SIDA, comme l’ont fait certains milieux sur la base des percées réalisées en matière de couverture du traitement.

Mais notre excès d’optimisme pourrait être préjudiciable, en particulier en Afrique, où l’épidémie sévit majoritairement.

Le traitement reste très coûteux, et contraignant pour les malades. L’aide financière accordée par les gouvernements des pays développés diminue, et cette tendance doit être inversée. Nous devons aussi admettre que si des milliards de dollars ont été dépensés pour des projets louables visant à sauver des vies, le manque d’évaluations de haute qualité concernant l’efficacité de ces investissements est très préoccupant. Au niveau systémique, nous n’en savons pas suffisamment sur ce qui fonctionne, où, et pourquoi – ni sur la manière de reproduire les réussites.

Comme l’a montré le projet RethinkHIV (« Repenser le VIH »), il est urgent d’investir davantage dans la mise au point d’un vaccin contre le VIH, mais aussi dans l’éradication de la transmission mère-enfant du virus d’ici à 2015, et les dépenses supplémentaires nécessaires pourraient atteindre 140 millions de dollars par an. Autres investissements urgents : accroître la sécurité des transfusions sanguines, et mettre en place des programmes de circoncision.

La sous-nutrition est un autre problème qui doit être considéré comme un défi sérieux, même si les médias ne vont sans doute guère s’y intéresser. La « faim cachée », en particulier dans des conditions économiques difficiles, peut avoir des effets dévastateurs.

La sous-nutrition est à l’origine de millions de décès, et peut freiner l’apprentissage et le développement.

Comme indiqué dans le projet 2008 du panel de prix Nobel du Consensus de Copenhague, il est urgent de consentir de petits investissements pour lutter contre les carences en vitamine A et en zinc, ou pour promouvoir la biofortification et la fortification en micronutriments afin de résoudre des problèmes tels que les carences en iode et en fer.

Cet été, le panel de prix Nobel va à nouveau se réunir pour examiner et classer par priorité les solutions à apporter aux défis mondiaux dans le cadre du Consensus de Copenhague 2012, en recensant sur la base de la recherche et de l’analyse économiques les moyens les plus judicieux de répondre aux principaux problèmes que connaît la planète. Étant donné que, malheureusement, les questions auxquelles nous consacrons le plus de temps ne sont pas celles qui nécessitent les investissements les plus urgents, ou sur lesquelles nous pouvons agir de la manière la plus déterminante, cette initiative reste éminemment nécessaire.

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A propos de l'auteur

Ces dernières années, Bjorn Lomborg a été cité parmi les 100 personnalités les plus influentes par TIME Magazine, parmi les 50 personnalités susceptibles de sauver la planète par « The Guardian », et parmi les cent intellectuels renommés les plus influents dans le sondage réalisé par Foreign Policy et Prospect Magazine.

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