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En raison de la traduction la version française de la Revue de l'OTAN paraît en ligne une quinzaine de jours après la version anglaise
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Interview de Paddy Ashdown

Le rédacteur en chef de la Revue de l'OTAN, Paul King, demande à Lord Ashdown vers quoi s'orientent maintenant les Balkans, et quel sera le rôle de la communauté internationale.

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Lord Paddy Ashdown, ancien militaire et diplomate, qui fut notamment haut représentant pour la Bosnie-Herzégovine, livre sa réflexion sur les résultats obtenus dans les Balkans, et se penche sur les progrès qui ont été réalisés et les problèmes qui subsistent en Bosnie et au Kosovo.

Durée de la vidéo: 17.42

N.B. Cette interview a été enregistrée avant l'arrestation de Radovan Karadzic.

 Sous-titres: Oui / Non

Quand vous étiez en Bosnie, vous vous êtes beaucoup consacré à certains dossiers tels que

corruption, unification ou normalisation des procédures, et clarification des messsages.

Quelles expériences et enseignements acquis là-bas

vous paraissent les plus pertinents dans la situation de la région aujourd'hui?

Je pense que dans les Balkans il ne s’agit plus maintenant de stabilisation de la paix.

Cette époque est révolue. Ce sont les dix premières années, celles de Dayton, qui ont été

celles de la stabilisation; et notre réussite a été particulièrement grande à cet égard.

Nous avons fait tout ce qu’il fallait. Nous avions suffisamment d’effectifs, 60 000 hommes.

Nous sommes parvenus à dominer très largement l’espace de sécurité.

Nous avons empêché le retour de la guerre dans le pays.

Un résultat extraordinaire au vu du conflit que la Bosnie a traversé,

qui a chassé de chez eux la moitié des habitants et qui a fait quelque 250 000 morts.

L’OTAN a créé les conditions qui ont permis à un million de réfugiés de rentrer chez eux.

Pour la toute première fois après la guerre des réfugiés ont pu récupérer leurs habitations.

Cette étape a donc été une grande réussite.

Je suis arrivé à la fin du l’époque de Dayton, la période de la stabilisation,

et au début de l’époque de Bruxelles.

L’Union européenne n’est pas simplement une union d’idées,

c’est aussi une union de valeurs ; c’est une union de structures.

C’est une union qui crée les institutions d’un État moderne.

Cette tâche n’avait non seulement pas été accomplie, ni abordée, mais en fait le processus de

Dayton - aide immense pendant la phase de stabilisation - est devenu un obstacle…

… parce qu’il avait verrouillé dans le béton les structures d’un pays fracturé ;

je veux dire 10 Premiers ministres, 10 ministres de l’Intérieur, etc.

Mon mandat était donc la création d’un État fonctionnel, bien qu’extrêmement décentralisé.

Et qu’est-ce que cela signifiait ?

Qu’il fallait que les institutions, une institution fiscale, la TVA en l’occurrence,

soient créées plus vite qu'ailleurs, notamment à cause de la fracture de la Bosnie.

La mise en place de tribunaux, de juges et d’un ensemble de droit appropriés,

ainsi que d’un espace politique bien net, telle était la tâche qui m’incombait.

Je l’ai entreprise, et nous avons réussi dans certains domaines.

Nous avons groupé trois services de renseignement en un, placé sous le contrôle du Parlement.

Nous avons regroupé les deux armées en une, placée sous le contrôle de l’État.

Nous avons regroupé les systèmes fiscaux en un système de TVA.

Nous avons créé une Bosnie avec une seule structure judiciaire couvrant l’ensemble du pays.

Mais il reste de nombreux secteurs où le travail doit être achevé,

et je dois dire que par la suite, disons au cours des deux dernières années,

il faut plutôt parler, je crois, de régression que de progression.

Dans votre livre, vous parlez des opportunités de «l’heure en or» après une grande victoire.

Pensez-vous que le Kosovo, avec sa déclaration d’indépendance et sa nouvelle constitution,

connaisse aujourd’hui une « heure en or » ?

Pas de la même manière, non. Je veux dire que « l’heure en or » dont je parle

est celle du début de la phase de stabilisation de la paix.

Une fois sur la voie, lorsque commence l’édification des institutions, ce moment est passé.

« L’heure en or » c’est lorsque vos troupes occupent le terrain, comme dans le cas du Kosovo.

Vous êtes alors responsable de la situation, que vous le vouliez ou non.

Que devez-vous faire ? Vous ne devez pas gâcher cette « heure en or »

qui doit servir à faire une chose primordiale : établir la sécurité.

La réussite de l’OTAN en Bosnie et au Kosovo a été de créer, de manière assez concluante,

qoiqu'imparfaite, l’enveloppe de sécurité

et d’entreprendre l’édification des institutions destinées à instaurer la primauté du droit.

L’échec en Iraq est dû au fait que cette enveloppe n’a pas été créée dès les premières heures,

les premiers jours, les premières semaines, les premiers mois après avoir remporté la guerre.

Le Kosovo a franchi ce cap. Il est à présent engagé dans le processus bien plus difficile,

et très long et tortueux, de la mise en place des institutions d’un État.

Le plus important dans la région est-ce une démocratie transparente ou une stabilité durable ?

Je ne pense pas que nous soyons dans la phase de stabilité. Cette étape est dépassée.

Je veux dire que personne dans les Balkans ne parle de repartir en guerre.

S’il y a une menace sur la situation sécuritaire dans les Balkans aujourd’hui,

elle ne résulte pas de la possibilité d’une agression

d’une partie contre une autre, Serbes contre Croates, contre musulmans, Bosniaques.

Cela est révolu et personne n’en parle

parce qu’il est pratiquement inconcevable que l’on puisse en revenir à cet état de choses.

Si une menace pèse sur la sécurité, elle provient en fait de la criminalité endémique

et de la corruption qui sévit aux plus hauts niveaux.

Il s'agit de primauté du droit et non de stabilité. Nous avons largement dépassé ce stade.

Les Balkans pourraient-ils repartir en guerre ? Eh bien il ne faut jamais dire jamais,

mais c’est inconcevable dans le proche avenir.

Les Balkans pourraient-ils simplement cesser de progresser et s’enfoncer dans un trou noir,

rappelons-nous maintenant au sein de l’Europe, un trou noir de criminalité

et de situations ingouvernables ? C’est une menace réelle,

si on regarde la Bosnie, probablement, la Serbie très certainement, il me semble….

… que si l’on parle de trou noir de situations ingouvernables,

ces dernières années et ces derniers mois ont plutôt marqué un recul qu’une amélioration.

Pensez-vous que la balkanisation des Balkans ait pris fin avec le Kosovo ?

Je suis sûr que nous devrions nous y opposer. Je crois que le processus est révolu.

C’est une façon abrupte de dire les choses, mais le dernier prix que la Serbie a dû payer

à cause des aberrations et de la brutalité de Misolevic a été le Kosovo.

Pourrions-nous assister à une nouvelle balkanisation des Balkans ? Je ne le crois pas.

La seule chose qui pourrait à mon sens replonger les Balkans dans la guerre serait,

par exemple, la cession de la Republika Srpska à la Serbie.

Que feriez-vous avec les majorités musulmanes qui sont maintenant revenues à Srebrenica,

ce Golgotha où revivent à présent les musulmans ?

Kozarac, où se trouvaient les camps de la mort,

compte maintenant une majorité musulmane et des conseillers musulmans sont élus.

Que feriez-vous de Brcko –

et c’est gênant peut-être pour certains qui voudraient que cela se fasse – …

mais rappelons que Brcko est l’institution multiethnique la plus efficace de Bosnie,

et qu’elle se situe entre la Republika Srpska et la Croatie.

C’est donc une chose absolument impossible, et je suis sûr que nous aurions tort de le faire.

C’est, je pense, la seule chose qui pourrait replonger les Balkans dans la guerre.

Je dis donc clairement que nous devons absolument nous opposer à toute nouvelle balkanisation.

Le Kosovo a été l’exception. Il a représenté le prix des aberrations de Milosevic.

Mais je pense que les Serbes doivent se rendre compte, que Belgrade doit se rendre compte

que c’est le dernier prix des absurdités de ce régime épouvantable.

Pensez-vous que l’adhésion à l’OTAN et à l’UE puisse être la panacée pour les Balkans ?

Écoutez, je pense que cette adhésion est la seule destination offrant une structure globale

au sein de laquelle on peut influer sur l'édification des institutions d’un État européen.

Le seul argument ralliant tout le monde, quels que soient l’ethnie ou le parti politique,

que j'ai pu utiliser en Bosnie c’était la perspective de rejoindre l’Europe.

Et en réalité, l’attrait magnétique de Bruxelles a fait beaucoup plus pour encourager

et influencer la réforme des institutions que toutes les intimations

qui ont pu émaner du haut représentant en vertu des pouvoirs de Bonn.

Toutes les grandes réalisations ont abouti parce

qu’elles étaient nécessaires pour pouvoir entrer dans l’OTAN, entrer dans l’Europe.

Et je pense que cet attrait magnétique est absolument indispensable pour les Balkans.

Maintenant si j’ai un souci, pour être honnête, c’est que dans l’optique des Balkans,

- la plupart des gens là-bas ressentent cela -

cet attrait magnétique s’est très fortement émoussé ces deux ou trois dernières années.

En conséquence, le pouvoir d’attraction, l’influence de l’Europe

sur la réalisation des choses nécessaires dans les Balkans a considérablement diminué,

parce que beaucoup de gens n’y croient plus.

Ils ne pensent pas que l’Europe souhaite leur adhésion.

Maintenant la Croatie va, je pense, agir en sens opposé.

Mais aujourd’hui l’un des facteurs les plus déstabilisants dans les Balkans

c’est l’affaiblissement, l’affaiblissement évident de l’attrait magnétique de Bruxelles

et le manque d’enthousiasme patent dont font preuve de nombreuses capitales européennes

quant à leurs intentions concernant l’adhésion des pays des Balkans à l’UE.

Tant que cette situation persistera, notre capacité à réformer les Balkans

s’en trouvera fortement diminuée, et il faut rappeler que cela a un prix pour nous. Ce n'est

pas une région lointaine, comme on a pu le dire, dont nous n’avons pas à savoir grand-chose.

Elle est capitale. Ce sont les avant-postes contre la criminalité dans nos quartiers déshérités

et si on y laisse un trou noir, alors… la situation a un prix pour eux, un prix très élevé,

mais elle en a un pour nous aussi et il ne faut pas oublier qu’il y va maintenant de notre

propre intérêt. Estimez-vous que les Balkans ont à présent atteint le stade

où leurs problèmes sont les mêmes que dans n’importe quel autre pays européen «normal» ?

Non. Tant s’en faut.

Mais rappelons-nous qu’il faut beaucoup de temps pour surmonter les inimitiés de la guerre.

Il nous arrive d’oublier le temps que cela prend.

Il a fallu 200 ans pour surmonter les inimitiés de la guerre civile d’Angleterre.

Et dans la politique actuelle des États-Unis, les répercussions de la guerre civile américaine

sont toujours bien perceptibles 150 ans plus tard.

Vous ne pouvez pas effacer les inimitiés laissées par 10 années

de terribles destructions sanglantes dans les Balkans en quelques semaines.

Donc, bien sûr, dans quelques années… bien sûr il faudra du temps,

mais je veux être très clair sur le fait que les Balkans avancent sur cette voie, même si les

progrès sont plus lents que je le souhaiterais, et même s’il y a quelquefois des hésitations.

Mais c’est leur seul avenir,

et il est dans l’intérêt de l’Europe de veiller à ce qu’ils arrivent au bout du voyage.

Certaines forces, qui manquent de jugement, d'aucuns aussi dans les milieux proches du sommet à

Belgrade, pensent que Moscou peut constituer une solution de remplacement à Bruxelles.

Il est, selon moi, insensé de tenter de faire croire à la population

que c’est une alternative possible.Moscou investira-t-elle dans la reconstruction de la Serbie

des montants semblables à ceux que Bruxelles a déjà engagés et qu’elle continuera à engager ?

Non, bien sûr que non. Et de très loin.

Moscou abandonnera-t-elle Belgrade lorsque ses intérêts seront en jeu,

comme elle l’a fait auparavant, à l’époque de Milosevic et de Primakoff ? Probablement.

Il suffit de faire ce petit calcul. Allez

devant n’importe quelle ambassade européenne un jeudi soir à Belgrade : Autriche, Allemagne,

Grande-Bretagne, France. Voyez combien de personnes attendent pour obtenir un visa pour

l'Europe. Allez ensuite à l’ambassade de Russie et voyez combien veulent se rendre à Moscou:

vous avez la réponse. Il est certain que ceux qui veulent faire croire que la Serbie

peut avoir une autre solution que l’appartenance à l’UE

en entrant dans la zone d’influence de la Russie non seulement se trompent, mais

se trompent de manière tragique, selon moi, dans ce qu’ils disent à la population de Serbie.

Pourquoi, à votre avis, Ratko Mladic et Karadzic n’ont-ils pas été capturés et arrêtés? Il y a

une réponse très simple avec laquelle nous aimons nous autoflageller en disant : tout est de

notre faute.Il est vrai que nous avons en place l’armée la plus puissante et qu’il faut que

nous mettions absolument tout en œuvre pour arriver au but.

Mais nous ne pouvons y arriver sans l’aide de la population locale.Une chose qui a fait couler

beaucoup d’encre remonte à mon époque.Il y a eu toutes sortes de bruits sur ce qui s’est passé

auparavant.Holbrooke a-t-il conclu un accord avec Karadzic?Je ne sais pas. Il m’a dit que non.

Y a-t-il eu un accord avec les Français parce qu'ils ne voulaient pas que Karadzic accède au

pouvoir en raison de ce qui s’était produit à l’époque du général Janvier à Srebrenica ?

Je ne sais pas ; j’ai entendu des rumeurs.

À l’époque où je me trouvais là-bas, tous les pays de l’OTAN étaient pleinement impliqués

et fournissaient les ressources nécessaires pour rechercher Karadzic et Mladic.Ce n'étaient

ni les efforts ni la volonté de l’OTAN qui faisaient défaut, mais la coopération des Serbes.

La vérité c’est que si Banja Luka ne coopérait pas de manière appropriée, et si

Belgrade ne coopérait pas de manière appropriée, c’était une mission pratiquement impossible.

Et je pense donc qu’au lieu de nous désigner nous-mêmes du doigt- je ne dis pas que nous sommes

irréprochables-et de dire quelle faute avons-nous commise, pourquoi ne l’avons-nous pas

attrapé, nous devons veiller à ce que ce soient les bonnes personnes

qui soient montrées du doigt.

Les carences ont au départ été le fait de Banja Luka, et probablement plus récemment aussi,

et nous avons réussi à faire valoir cela lorsque j’étais là-bas, mais il a fallu des politiques

très fermes, et les carences sont aussi je pense le fait de Belgrade.

À mon avis si Belgrade voulait envoyer Mladic à La Haye, elle pourrait le faire.

Je pense qu’il est protégé par les éléments renégats des forces de sécurité serbes.

Je ne dis pas sous le contrôle de Belgrade, mais Belgrade pourrait mettre un terme à cela.

Et si l’Église orthodoxe serbe voulait faire en sorte que Karadzic soit à La Haye,

elle le pourrait... Et c’est donc sur ces gens-là que nous devons mettre la pression.

S’il y a une chose que je déplore, c’est que, pour des raisons que j’ai du mal à comprendre,

tant l’Europe que l’OTAN ont, à mon grand regret,

relâché la pression exercée sur la Serbie et les institutions serbes et sur Banja Luka pour

qu’elles s’acquittent de leurs obligations internationales et envers le Tribunal de La Haye.

Je crains donc que la perspective de voir Karadzic et Mladic

traduits en justice à La Haye soit plus éloignée aujourd’hui qu’à la fin de la guerre.

Et à quoi attribuez-vous le relâchement de la pression ?

Je ne vais pas mâcher mes mots. Il y eu toute une série d’erreurs de calcul assez malheureuses

de certains des pays occidentaux - et Bruxelles n’est pas exempte de responsabilités -

dont l’obsession vis-à-vis de la question assez limitée et temporelle du Kosovo est telle

qu’ils pensent qu’il faut jouer l’apaisement du côté des forces de Serbie

pour calmer la situation au Kosovo. Le Kosovo n'est

pas le problème à long terme. Dans 5 ou 10 ans, ce ne sera plus qu’une étrange petite enclave

et nous nous en souviendrons comme du Schleswig-Holstein au XIXème siècle.

La vérité est que la question s’est posée, pour résumer, de manière difficile et avec acuité,

mais il n’y avait qu’une solution et il n’y avait qu’une issue.

La véritable difficulté n’est pas le Kosovo.

La véritable difficulté est la manière dont nous allons empêcher la Serbie, et la Bosnie

de s’enfoncer dans le trou noir des situations ingouvernables et de la corruption.

Et nous n’aurions pas dû relâcher cette pression.

À mon grand regret, au cours de la dernière année, la politique générale à l’égard des Balkans

a été menée comme s’il s’agissait d’un élément accessoire de la politique au Kosovo, et nous

avons tout fait pour conserver le calme ailleurs pendant que nous nous concentrions sur le

Kosovo.C’est une erreur de calcul à mon avis.

Le résultat n’a pas été, comme beaucoup l’avait espéré et déclaré,

un renforcement des forces modérées de Serbie,

mais bien, comme c’est toujours le cas quand on joue l’apaisement,

un renforcement des forces radicales du pays. Je crains

donc que cette politique n’ait pas été la bonne et je regrette qu’elle n’ait pas été modifiée.

Le terme « les Balkans » a-t-il aujourd’hui une acception autre que géographique ?

Eh bien oui, de la même manière que l’on dit l’Europe occidentale.

Vous savez, oui, de la même manière que l’on parle des nations gauloises.

C’est un raccourci utile, notamment parce que beaucoup de problèmes y sont semblables.

Mais il peut y avoir des niveaux d’amélioration différents,

comme en Croatie, par exemple, et en Albanie.

Mais je pense que c’est important parce que c’est une façon de parler d’une région

qui, dans une Europe des régions, a son importance propre.

Et je pense que c’est important pour une autre raison aussi, plus convaincante encore,

à savoir que si l’Europe a commis une erreur dans les Balkans,

je dirais que c’est d’adopter à l’égard de chacun des pays de la région la politique des

« petits paquets ». Il y a une politique bosnienne, une politique croate,

une politique serbe, une politique pour le Kosovo, la Macédoine.

Nous ne devrions pas;nous devrions avoir une approche régionale en la matière; c'est seulement

si vous voyez les choses sous l’angle d’une région que vous pouvez commencer à créer la

politique régionale au sein de laquelle tous les problèmes seront plus faciles à résoudre.

Maintenant, franchement, le terme Balkans est trop vaste parce que bien entendu il englobe la

Roumanie, la Bulgarie, la Grèce ; je préfère donc l’expression « Balkans occidentaux ». Mais

c’est un point de nomenclature important, ne fût-ce que parce qu’il devrait indiquer à

l'Europe qu’il faut une politique pour l'ensemble des Balkans occidentaux, et non une politique

des petits paquets. Merci beaucoup de vous être adressé à la Revue.Ce fut avec plaisir.

Quand vous étiez en Bosnie, vous vous êtes beaucoup consacré à certains dossiers tels que

corruption, unification ou normalisation des procédures, et clarification des messsages.

Quelles expériences et enseignements acquis là-bas

vous paraissent les plus pertinents dans la situation de la région aujourd'hui?

Je pense que dans les Balkans il ne s’agit plus maintenant de stabilisation de la paix.

Cette époque est révolue. Ce sont les dix premières années, celles de Dayton, qui ont été

celles de la stabilisation; et notre réussite a été particulièrement grande à cet égard.

Nous avons fait tout ce qu’il fallait. Nous avions suffisamment d’effectifs, 60 000 hommes.

Nous sommes parvenus à dominer très largement l’espace de sécurité.

Nous avons empêché le retour de la guerre dans le pays.

Un résultat extraordinaire au vu du conflit que la Bosnie a traversé,

qui a chassé de chez eux la moitié des habitants et qui a fait quelque 250 000 morts.

L’OTAN a créé les conditions qui ont permis à un million de réfugiés de rentrer chez eux.

Pour la toute première fois après la guerre des réfugiés ont pu récupérer leurs habitations.

Cette étape a donc été une grande réussite.

Je suis arrivé à la fin du l’époque de Dayton, la période de la stabilisation,

et au début de l’époque de Bruxelles.

L’Union européenne n’est pas simplement une union d’idées,

c’est aussi une union de valeurs ; c’est une union de structures.

C’est une union qui crée les institutions d’un État moderne.

Cette tâche n’avait non seulement pas été accomplie, ni abordée, mais en fait le processus de

Dayton - aide immense pendant la phase de stabilisation - est devenu un obstacle…

… parce qu’il avait verrouillé dans le béton les structures d’un pays fracturé ;

je veux dire 10 Premiers ministres, 10 ministres de l’Intérieur, etc.

Mon mandat était donc la création d’un État fonctionnel, bien qu’extrêmement décentralisé.

Et qu’est-ce que cela signifiait ?

Qu’il fallait que les institutions, une institution fiscale, la TVA en l’occurrence,

soient créées plus vite qu'ailleurs, notamment à cause de la fracture de la Bosnie.

La mise en place de tribunaux, de juges et d’un ensemble de droit appropriés,

ainsi que d’un espace politique bien net, telle était la tâche qui m’incombait.

Je l’ai entreprise, et nous avons réussi dans certains domaines.

Nous avons groupé trois services de renseignement en un, placé sous le contrôle du Parlement.

Nous avons regroupé les deux armées en une, placée sous le contrôle de l’État.

Nous avons regroupé les systèmes fiscaux en un système de TVA.

Nous avons créé une Bosnie avec une seule structure judiciaire couvrant l’ensemble du pays.

Mais il reste de nombreux secteurs où le travail doit être achevé,

et je dois dire que par la suite, disons au cours des deux dernières années,

il faut plutôt parler, je crois, de régression que de progression.

Dans votre livre, vous parlez des opportunités de «l’heure en or» après une grande victoire.

Pensez-vous que le Kosovo, avec sa déclaration d’indépendance et sa nouvelle constitution,

connaisse aujourd’hui une « heure en or » ?

Pas de la même manière, non. Je veux dire que « l’heure en or » dont je parle

est celle du début de la phase de stabilisation de la paix.

Une fois sur la voie, lorsque commence l’édification des institutions, ce moment est passé.

« L’heure en or » c’est lorsque vos troupes occupent le terrain, comme dans le cas du Kosovo.

Vous êtes alors responsable de la situation, que vous le vouliez ou non.

Que devez-vous faire ? Vous ne devez pas gâcher cette « heure en or »

qui doit servir à faire une chose primordiale : établir la sécurité.

La réussite de l’OTAN en Bosnie et au Kosovo a été de créer, de manière assez concluante,

qoiqu'imparfaite, l’enveloppe de sécurité

et d’entreprendre l’édification des institutions destinées à instaurer la primauté du droit.

L’échec en Iraq est dû au fait que cette enveloppe n’a pas été créée dès les premières heures,

les premiers jours, les premières semaines, les premiers mois après avoir remporté la guerre.

Le Kosovo a franchi ce cap. Il est à présent engagé dans le processus bien plus difficile,

et très long et tortueux, de la mise en place des institutions d’un État.

Le plus important dans la région est-ce une démocratie transparente ou une stabilité durable ?

Je ne pense pas que nous soyons dans la phase de stabilité. Cette étape est dépassée.

Je veux dire que personne dans les Balkans ne parle de repartir en guerre.

S’il y a une menace sur la situation sécuritaire dans les Balkans aujourd’hui,

elle ne résulte pas de la possibilité d’une agression

d’une partie contre une autre, Serbes contre Croates, contre musulmans, Bosniaques.

Cela est révolu et personne n’en parle

parce qu’il est pratiquement inconcevable que l’on puisse en revenir à cet état de choses.

Si une menace pèse sur la sécurité, elle provient en fait de la criminalité endémique

et de la corruption qui sévit aux plus hauts niveaux.

Il s'agit de primauté du droit et non de stabilité. Nous avons largement dépassé ce stade.

Les Balkans pourraient-ils repartir en guerre ? Eh bien il ne faut jamais dire jamais,

mais c’est inconcevable dans le proche avenir.

Les Balkans pourraient-ils simplement cesser de progresser et s’enfoncer dans un trou noir,

rappelons-nous maintenant au sein de l’Europe, un trou noir de criminalité

et de situations ingouvernables ? C’est une menace réelle,

si on regarde la Bosnie, probablement, la Serbie très certainement, il me semble….

… que si l’on parle de trou noir de situations ingouvernables,

ces dernières années et ces derniers mois ont plutôt marqué un recul qu’une amélioration.

Pensez-vous que la balkanisation des Balkans ait pris fin avec le Kosovo ?

Je suis sûr que nous devrions nous y opposer. Je crois que le processus est révolu.

C’est une façon abrupte de dire les choses, mais le dernier prix que la Serbie a dû payer

à cause des aberrations et de la brutalité de Misolevic a été le Kosovo.

Pourrions-nous assister à une nouvelle balkanisation des Balkans ? Je ne le crois pas.

La seule chose qui pourrait à mon sens replonger les Balkans dans la guerre serait,

par exemple, la cession de la Republika Srpska à la Serbie.

Que feriez-vous avec les majorités musulmanes qui sont maintenant revenues à Srebrenica,

ce Golgotha où revivent à présent les musulmans ?

Kozarac, où se trouvaient les camps de la mort,

compte maintenant une majorité musulmane et des conseillers musulmans sont élus.

Que feriez-vous de Brcko –

et c’est gênant peut-être pour certains qui voudraient que cela se fasse – …

mais rappelons que Brcko est l’institution multiethnique la plus efficace de Bosnie,

et qu’elle se situe entre la Republika Srpska et la Croatie.

C’est donc une chose absolument impossible, et je suis sûr que nous aurions tort de le faire.

C’est, je pense, la seule chose qui pourrait replonger les Balkans dans la guerre.

Je dis donc clairement que nous devons absolument nous opposer à toute nouvelle balkanisation.

Le Kosovo a été l’exception. Il a représenté le prix des aberrations de Milosevic.

Mais je pense que les Serbes doivent se rendre compte, que Belgrade doit se rendre compte

que c’est le dernier prix des absurdités de ce régime épouvantable.

Pensez-vous que l’adhésion à l’OTAN et à l’UE puisse être la panacée pour les Balkans ?

Écoutez, je pense que cette adhésion est la seule destination offrant une structure globale

au sein de laquelle on peut influer sur l'édification des institutions d’un État européen.

Le seul argument ralliant tout le monde, quels que soient l’ethnie ou le parti politique,

que j'ai pu utiliser en Bosnie c’était la perspective de rejoindre l’Europe.

Et en réalité, l’attrait magnétique de Bruxelles a fait beaucoup plus pour encourager

et influencer la réforme des institutions que toutes les intimations

qui ont pu émaner du haut représentant en vertu des pouvoirs de Bonn.

Toutes les grandes réalisations ont abouti parce

qu’elles étaient nécessaires pour pouvoir entrer dans l’OTAN, entrer dans l’Europe.

Et je pense que cet attrait magnétique est absolument indispensable pour les Balkans.

Maintenant si j’ai un souci, pour être honnête, c’est que dans l’optique des Balkans,

- la plupart des gens là-bas ressentent cela -

cet attrait magnétique s’est très fortement émoussé ces deux ou trois dernières années.

En conséquence, le pouvoir d’attraction, l’influence de l’Europe

sur la réalisation des choses nécessaires dans les Balkans a considérablement diminué,

parce que beaucoup de gens n’y croient plus.

Ils ne pensent pas que l’Europe souhaite leur adhésion.

Maintenant la Croatie va, je pense, agir en sens opposé.

Mais aujourd’hui l’un des facteurs les plus déstabilisants dans les Balkans

c’est l’affaiblissement, l’affaiblissement évident de l’attrait magnétique de Bruxelles

et le manque d’enthousiasme patent dont font preuve de nombreuses capitales européennes

quant à leurs intentions concernant l’adhésion des pays des Balkans à l’UE.

Tant que cette situation persistera, notre capacité à réformer les Balkans

s’en trouvera fortement diminuée, et il faut rappeler que cela a un prix pour nous. Ce n'est

pas une région lointaine, comme on a pu le dire, dont nous n’avons pas à savoir grand-chose.

Elle est capitale. Ce sont les avant-postes contre la criminalité dans nos quartiers déshérités

et si on y laisse un trou noir, alors… la situation a un prix pour eux, un prix très élevé,

mais elle en a un pour nous aussi et il ne faut pas oublier qu’il y va maintenant de notre

propre intérêt. Estimez-vous que les Balkans ont à présent atteint le stade

où leurs problèmes sont les mêmes que dans n’importe quel autre pays européen «normal» ?

Non. Tant s’en faut.

Mais rappelons-nous qu’il faut beaucoup de temps pour surmonter les inimitiés de la guerre.

Il nous arrive d’oublier le temps que cela prend.

Il a fallu 200 ans pour surmonter les inimitiés de la guerre civile d’Angleterre.

Et dans la politique actuelle des États-Unis, les répercussions de la guerre civile américaine

sont toujours bien perceptibles 150 ans plus tard.

Vous ne pouvez pas effacer les inimitiés laissées par 10 années

de terribles destructions sanglantes dans les Balkans en quelques semaines.

Donc, bien sûr, dans quelques années… bien sûr il faudra du temps,

mais je veux être très clair sur le fait que les Balkans avancent sur cette voie, même si les

progrès sont plus lents que je le souhaiterais, et même s’il y a quelquefois des hésitations.

Mais c’est leur seul avenir,

et il est dans l’intérêt de l’Europe de veiller à ce qu’ils arrivent au bout du voyage.

Certaines forces, qui manquent de jugement, d'aucuns aussi dans les milieux proches du sommet à

Belgrade, pensent que Moscou peut constituer une solution de remplacement à Bruxelles.

Il est, selon moi, insensé de tenter de faire croire à la population

que c’est une alternative possible.Moscou investira-t-elle dans la reconstruction de la Serbie

des montants semblables à ceux que Bruxelles a déjà engagés et qu’elle continuera à engager ?

Non, bien sûr que non. Et de très loin.

Moscou abandonnera-t-elle Belgrade lorsque ses intérêts seront en jeu,

comme elle l’a fait auparavant, à l’époque de Milosevic et de Primakoff ? Probablement.

Il suffit de faire ce petit calcul. Allez

devant n’importe quelle ambassade européenne un jeudi soir à Belgrade : Autriche, Allemagne,

Grande-Bretagne, France. Voyez combien de personnes attendent pour obtenir un visa pour

l'Europe. Allez ensuite à l’ambassade de Russie et voyez combien veulent se rendre à Moscou:

vous avez la réponse. Il est certain que ceux qui veulent faire croire que la Serbie

peut avoir une autre solution que l’appartenance à l’UE

en entrant dans la zone d’influence de la Russie non seulement se trompent, mais

se trompent de manière tragique, selon moi, dans ce qu’ils disent à la population de Serbie.

Pourquoi, à votre avis, Ratko Mladic et Karadzic n’ont-ils pas été capturés et arrêtés? Il y a

une réponse très simple avec laquelle nous aimons nous autoflageller en disant : tout est de

notre faute.Il est vrai que nous avons en place l’armée la plus puissante et qu’il faut que

nous mettions absolument tout en œuvre pour arriver au but.

Mais nous ne pouvons y arriver sans l’aide de la population locale.Une chose qui a fait couler

beaucoup d’encre remonte à mon époque.Il y a eu toutes sortes de bruits sur ce qui s’est passé

auparavant.Holbrooke a-t-il conclu un accord avec Karadzic?Je ne sais pas. Il m’a dit que non.

Y a-t-il eu un accord avec les Français parce qu'ils ne voulaient pas que Karadzic accède au

pouvoir en raison de ce qui s’était produit à l’époque du général Janvier à Srebrenica ?

Je ne sais pas ; j’ai entendu des rumeurs.

À l’époque où je me trouvais là-bas, tous les pays de l’OTAN étaient pleinement impliqués

et fournissaient les ressources nécessaires pour rechercher Karadzic et Mladic.Ce n'étaient

ni les efforts ni la volonté de l’OTAN qui faisaient défaut, mais la coopération des Serbes.

La vérité c’est que si Banja Luka ne coopérait pas de manière appropriée, et si

Belgrade ne coopérait pas de manière appropriée, c’était une mission pratiquement impossible.

Et je pense donc qu’au lieu de nous désigner nous-mêmes du doigt- je ne dis pas que nous sommes

irréprochables-et de dire quelle faute avons-nous commise, pourquoi ne l’avons-nous pas

attrapé, nous devons veiller à ce que ce soient les bonnes personnes

qui soient montrées du doigt.

Les carences ont au départ été le fait de Banja Luka, et probablement plus récemment aussi,

et nous avons réussi à faire valoir cela lorsque j’étais là-bas, mais il a fallu des politiques

très fermes, et les carences sont aussi je pense le fait de Belgrade.

À mon avis si Belgrade voulait envoyer Mladic à La Haye, elle pourrait le faire.

Je pense qu’il est protégé par les éléments renégats des forces de sécurité serbes.

Je ne dis pas sous le contrôle de Belgrade, mais Belgrade pourrait mettre un terme à cela.

Et si l’Église orthodoxe serbe voulait faire en sorte que Karadzic soit à La Haye,

elle le pourrait... Et c’est donc sur ces gens-là que nous devons mettre la pression.

S’il y a une chose que je déplore, c’est que, pour des raisons que j’ai du mal à comprendre,

tant l’Europe que l’OTAN ont, à mon grand regret,

relâché la pression exercée sur la Serbie et les institutions serbes et sur Banja Luka pour

qu’elles s’acquittent de leurs obligations internationales et envers le Tribunal de La Haye.

Je crains donc que la perspective de voir Karadzic et Mladic

traduits en justice à La Haye soit plus éloignée aujourd’hui qu’à la fin de la guerre.

Et à quoi attribuez-vous le relâchement de la pression ?

Je ne vais pas mâcher mes mots. Il y eu toute une série d’erreurs de calcul assez malheureuses

de certains des pays occidentaux - et Bruxelles n’est pas exempte de responsabilités -

dont l’obsession vis-à-vis de la question assez limitée et temporelle du Kosovo est telle

qu’ils pensent qu’il faut jouer l’apaisement du côté des forces de Serbie

pour calmer la situation au Kosovo. Le Kosovo n'est

pas le problème à long terme. Dans 5 ou 10 ans, ce ne sera plus qu’une étrange petite enclave

et nous nous en souviendrons comme du Schleswig-Holstein au XIXème siècle.

La vérité est que la question s’est posée, pour résumer, de manière difficile et avec acuité,

mais il n’y avait qu’une solution et il n’y avait qu’une issue.

La véritable difficulté n’est pas le Kosovo.

La véritable difficulté est la manière dont nous allons empêcher la Serbie, et la Bosnie

de s’enfoncer dans le trou noir des situations ingouvernables et de la corruption.

Et nous n’aurions pas dû relâcher cette pression.

À mon grand regret, au cours de la dernière année, la politique générale à l’égard des Balkans

a été menée comme s’il s’agissait d’un élément accessoire de la politique au Kosovo, et nous

avons tout fait pour conserver le calme ailleurs pendant que nous nous concentrions sur le

Kosovo.C’est une erreur de calcul à mon avis.

Le résultat n’a pas été, comme beaucoup l’avait espéré et déclaré,

un renforcement des forces modérées de Serbie,

mais bien, comme c’est toujours le cas quand on joue l’apaisement,

un renforcement des forces radicales du pays. Je crains

donc que cette politique n’ait pas été la bonne et je regrette qu’elle n’ait pas été modifiée.

Le terme « les Balkans » a-t-il aujourd’hui une acception autre que géographique ?

Eh bien oui, de la même manière que l’on dit l’Europe occidentale.

Vous savez, oui, de la même manière que l’on parle des nations gauloises.

C’est un raccourci utile, notamment parce que beaucoup de problèmes y sont semblables.

Mais il peut y avoir des niveaux d’amélioration différents,

comme en Croatie, par exemple, et en Albanie.

Mais je pense que c’est important parce que c’est une façon de parler d’une région

qui, dans une Europe des régions, a son importance propre.

Et je pense que c’est important pour une autre raison aussi, plus convaincante encore,

à savoir que si l’Europe a commis une erreur dans les Balkans,

je dirais que c’est d’adopter à l’égard de chacun des pays de la région la politique des

« petits paquets ». Il y a une politique bosnienne, une politique croate,

une politique serbe, une politique pour le Kosovo, la Macédoine.

Nous ne devrions pas;nous devrions avoir une approche régionale en la matière; c'est seulement

si vous voyez les choses sous l’angle d’une région que vous pouvez commencer à créer la

politique régionale au sein de laquelle tous les problèmes seront plus faciles à résoudre.

Maintenant, franchement, le terme Balkans est trop vaste parce que bien entendu il englobe la

Roumanie, la Bulgarie, la Grèce ; je préfère donc l’expression « Balkans occidentaux ». Mais

c’est un point de nomenclature important, ne fût-ce que parce qu’il devrait indiquer à

l'Europe qu’il faut une politique pour l'ensemble des Balkans occidentaux, et non une politique

des petits paquets. Merci beaucoup de vous être adressé à la Revue.Ce fut avec plaisir.

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