LANGUE
En raison de la traduction la version française de la Revue de l'OTAN paraît en ligne une quinzaine de jours après la version anglaise
Éditions précédentes
Calendrier 2008
Contributions
Dans le prochain numéro
À PROPOS DE LA REVUE DE L'OTAN
PROCÉDURE DE SOUMISSION
DROITS D'AUTEUR
ÉQUIPE DE RÉDACTION
 RSS
ABONNEZ-VOUS À LA REVUE DE L'OTAN
  
Alimentation et sécurité
Le photoreportage de ce mois se penche sur les troubles engendrés par la crise alimentaire, sur les régions touchées, sur le rôle de l’eau et des carburants, et sur les problèmes sécuritaires liés à l’alimentation qui pourraient se poser dans l’avenir.
Un grand expert international des questions alimentaires explique comment les organisations internationales peuvent répondre à la crise alimentaire dans le court et le long terme, et décrit les défis et les opportunités qui se présentent.
Quelle est la corrélation entre le prix des denrées alimentaires et l’accroissement de l’agitation sociale et de l’instabilité politique ? Coup d’œil de la Revue de l’OTAN sur certaines des réponses.
Quelle incidence la crise alimentaire a-t-elle sur les opérations de l’OTAN ? Des informations d’ordre général et un entretien avec la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) donnent un aperçu de la situation critique que connaît le pays.
David Victor, du Conseil des relations extérieures, fait le point sur les origines de la crise de l’énergie, sur la manière dont cette crise est liée aux questions alimentaires, et sur les actions qui sont attendues des gouvernements.
Les professeurs Alpas et Ciracoglu, qui participent à une étude pilote du programme OTAN pour la science au service de la paix et de la sécurité, débattent des questions alimentaires en tant que problème sécuritaire, du travail réalisé dans le cadre des projets de l’OTAN, ainsi que de ce que l’on peut prévoir pour l’avenir.

La plupart des Occidentaux ont vu dans la récente crise alimentaire un problème inquiétant, mais éloigné. Elle n’a apparemment pas franchi nos confortables frontières, si l’on excepte quelques froncements de sourcils devant la facture des courses hebdomadaires. Cette demi-indifférence n’est toutefois pas de mise, pour trois raisons.

Tout d’abord, les plus anciens se rappelleront que l’Ouest a connu des pénuries alimentaires il n’y a pas si longtemps. Lors de la grande dépression des années 1930 aux États-Unis, on trouvait des bidonvilles, nommés «Hoovervilles» (d’après le nom du président de l’époque, Herbert Hoover), dans les grandes villes américaines, de New York à Seattle. Ils étaient peuplés de pauvres, qui n’avaient pas de ressources et manquaient de nourriture. Le président suivant, qui s’est attaqué à ces problèmes, était bien conscient que les pénuries alimentaires représentaient un danger pour la sécurité. « Les gens qui ont faim et sont sans travail constituent la substance dont sont faites les dictatures » disait Franklin D. Roosevelt.

Ensuite, s’il n’y a pas de «Hoovervilles» dans l’Occident d’aujourd’hui, le nombre des pauvres vivant en milieu urbain s’accroît de plus en plus rapidement. Ils sont les plus touchés par la hausse des prix des denrées alimentaires – c’est le phénomène que l’on appelle « la faim invisible ». Les produits sont matériellement à leur portée sur les rayons des magasins, mais ils ne sont pas à leur portée financièrement. Et ces gens, qui se comptent par dizaines sinon par centaines de millions, vont probablement réagir tôt ou tard (et plutôt tôt que tard d’ailleurs).

L’alimentation n’est pas seulement un problème humanitaire qui mérite la sympathie. C’est aussi un problème sécuritaire qui exige que l’on agisse. Paul King