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Résumés

Conserver sa pertinence
Jonathan Parish

La Déclaration de Londres en 1990 est le point de départ de la transformation en cours de l'OTAN. Elle a ouvert la voie aux nouveaux rôles assumés par l'Alliance et au développement des capacités qui les sous-tendent. Le Sommet de Prague en 2002 a assuré la pérennité de ce processus, tout en veillant à ce que l'OTAN maintienne son engagement transformationnel face aux nouvelles menaces mondiales représentées par le terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive, apparues à la suite des attaques du 11 septembre. Les initiatives transformationnelles initiées par la Déclaration de Londres et confirmées à Prague seront cependant inutiles si les Alliés ne peuvent se mettre d'accord sur un sens commun de la mission. Le point le plus urgent inscrit à l'ordre du jour transformationnel consiste donc pour l'OTAN à promouvoir un plus grand dialogue politique en son sein. Les Alliés doivent être prêts à affronter le défi qui consiste à débattre de questions sécuritaires et politiques controversées. En cas d'échec, une instance alternative sera trouvée.

Le besoin de changement
Henning Riecke

L'émergence de menaces non traditionnelles depuis la fin de la Guerre froide complique la tâche qui consiste pour les Alliés à parvenir à un consensus sur une vision stratégique commune. Parallèlement, faire face à ces menaces exige une plus grande flexibilité de la planification stratégique alliée. Dans ces circonstances, l'OTAN a adopté une approche de la transformation, aux termes de laquelle elle cherche, d'une part, à mettre en place des forces pouvant être déployées rapidement et, de l'autre, à promouvoir la stabilité et la transparence politiques dans les régions en crise. A ce jour toutefois, l'agenda de la transformation n'est pas parvenu à surmonter les divisions entre Alliés. L'OTAN ne constitue pas la seule organisation sécuritaire exigeant une réforme. Tant l'Union européenne que les Nations Unies doivent également s'adapter au nouvel environnement. L'élaboration rapide d'une Politique européenne de sécurité et de défense contribue à la transformation de l'Alliance. La forme et l'efficacité futures des Nations Unies sont également importantes pour la transformation de l'OTAN, car - dans de nombreux cas - un mandat des Nations Unies constitue un préalable nécessaire pour que la plupart des Alliés européens envisagent le recours à la force. Une coopération étroite entre l'Alliance et les Nations Unies en matière de déploiement de la Force de réaction de l'OTAN renforcerait également la base politique nécessaire pour sous-tendre la transformation de l'Alliance.

Transformation de l'OTAN : résultat
Robert G. Bell

L'OTAN est aujourd'hui confrontée non pas à un seul mais à trois agendas pour la transformation : l'Agenda de Prague lancé par l'ex-Secrétaire général Lord George Robertson et centré sur les changements en matière de capacités, missions et structures ; l'Agenda de Norfolk, initié par l'actuel Secrétaire général Jaap de Hoop Scheffer et qui vise à promouvoir la planification de la défense, la constitution de forces et le financement commun ; l'Agenda de Munich enfin, défini par le chancelier allemand Gerhard Schröder et qui concerne le renforcement du rôle de l'OTAN en tant qu'enceinte pour la consultation stratégique transatlantique. La mise en ouvre de l'Agenda de Prague peut être considérée comme positive et a conduit à la création de la Force de réaction de l'OTAN et à la réorganisation de sa Structure de commandement. L'image est plus floue dans le domaine des capacités. En ce qui concerne l'Agenda de Norfolk, des options pour améliorer les processus de planification de la défense et la constitution de forces sont actuellement explorées par les Alliés. Il est trop tôt cependant pour évaluer les progrès accomplis, même si les discussions initiales permettent de constater de sérieuses difficultés. Cela est également vrai pour l'Agenda de Munich. Les Alliés ses sont mis d'accord pour charger le Secrétaire général d'élaborer un plan en vue d'un rôle plus politique pour l'OTAN, mais parvenir à un consensus sur les termes d'une extension du débat politique sera plus difficile.

Repenser la transformation des forces de l'OTAN
Anthony H. Cordesman

Depuis la première Guerre du Golfe, l'OTAN cherche à transformer ses forces militaires afin de les doter d'une rapidité de déploiement, d'une interopérabilité et d'une capacité de soutien calquées sur l'exemple américain. Les progrès sont lents et, actuellement, seule une minuscule fraction du personnel total de l'OTAN peut être déployée au-delà des frontières nationales. Parallèlement, les désaccords transatlantiques demeurent importants. Il semble que l'OTAN constitue désormais une alliance au sein de laquelle les Etats membres forment bien plus souvent des coalitions ad hoc en réaction à des crises et circonstances qu'ils n'agissent à l'unisson. Avant de porter le deuil de l'Alliance, il convient toutefois de tenir compte du fait que la plupart des critiques adressées à la transformation des forces de l'OTAN reposent sans doute sur des considérations stratégiques erronées et de fausses priorités. La Guerre en Iraq montre que des systèmes d'armes existants peuvent être adaptés à de nouvelles missions. Plus important encore, les conflits en Afghanistan et en Iraq démontrent l'importance des capacités dans des domaines où l'Europe a beaucoup plus à offrir que les Etats-Unis. Il convient également de noter que les différends transatlantiques et la coopération basées sur des coalitions ad hoc de forces américaines et européennes ne constituent pas une nouveauté.

Progression et amplification de l'agenda Transformation
Mark Joyce

En maintenant la Force de réaction de l'OTAN sur les rails, afin qu'elle soit pleinement opérationnelle pour 2006, en cajolant les membres de l'Alliance afin qu'ils honorent les engagements souscrits lors du Sommet de Prague et en renforçant la présence de l'Alliance en Afghanistan, le Secrétaire général de l'OTAN Jaap de Hoop Scheffer a fait progresser les réformes initiées par son prédécesseur, Lord George Robertson. Il a également dépassé la simple gestion de l'héritage de son prédécesseur, en couplant les réformes des capacités de l'Alliance à un appel renouvelé à une Alliance plus politique et en accélérant la transformation militaire en cours. Les appels à une stratégie politique transformationnelle sont depuis longtemps implicites dans les réformes militaires de l'OTAN, mais ce n'est que depuis peu que celle-ci a l'occasion de se positionner comme un intermédiaire essentiel pour canaliser l'activisme stratégique commun, alors que les Européens commencent à clairement exprimer leur propre version d'un engagement international transformationnel préemptif. De même, l'opportunité offerte à la transformation militaire s'est améliorée, en raison de courants transformationnels élargis. L'expérience acquise en Iraq a eu un puissant impact sur les architectes de la transformation des forces américaines, les rapprochant d'une vision qui séduit les Européens et à laquelle ils peuvent contribuer.

Le défi de la transformation
John J. Garstka

La transformation est un processus permanent, dont l'objectif consiste à créer ou maintenir un avantage concurrentiel, lorsque des changements marginaux sont insuffisants pour affronter de nouveaux défis. Elle vise à renforcer les capacités existantes ou à permettre l'apparition de nouvelles capacités, par le biais d'innovations synchronisées au niveau des processus, des organisations, des technologies et du capital humain. Cela s'applique aussi bien dans un contexte commercial que militaire. Lorsque l'on examine l'environnement stratégique actuel, la nécessité pour l'OTAN de se transformer apparaît clairement. L'environnement sécuritaire fluide et complexe de l'après-Guerre froide, qui inclut la menace représentée par des concurrents transnationaux et non constitués pas des Etats, a conduit les Alliés à se prononcer à Prague, en 2002, sur la nécessité de disposer de forces intégrées, en mesure d'être déployées et disposant d'une capacité de soutien. La Force de réaction de l'OTAN (NRF) constitue le moteur principal de cette transformation. Le fonctionnement efficace de la NRF exige des changements technologiques, comme par exemple sous la forme d'une capacité de transport aérien stratégique. Il exige également des innovations au niveau des effectifs, pouvant être déployés en dehors de leurs frontières nationales. Il exige enfin des changements au niveau des processus et de l'organisation, en particulier sous la forme d'investissements dans les capacités réseau-centrées.

L'adéquation des capacités et des engagements
Steve Sturm

La pertinence de l'OTAN se mesure de plus en plus à son aptitude à mener des opérations de réponse à des crises. En conséquence, l'Alliance cherche en permanence à améliorer son efficacité opérationnelle. Les Alliés doivent en particulier combler le fossé entre l'engagement politique à lancer des opérations et la mise à disposition des forces exigées par ces opérations. Des efforts sont actuellement consentis pour améliorer le processus de constitution de forces de l'OTAN, ainsi que pour accroître l'interopérabilité des forces alliées. Depuis le Sommet d'Istanbul, l'OTAN prépare des Directives politiques globales destinées à fournir une orientation au développement des futures forces et capacités militaires de l'Alliance, ainsi qu'à améliorer la planification et le renseignement. Ces initiatives constituent des outils importants pour aligner les capacités des Alliés sur leurs engagements, mais elles exigeront une volonté politique pour aboutir.








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