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Résumés

Reconstruire les relations
Sir Timothy Garden

La rapide victoire militaire en Irak se solde par une tâche qui dépasse la simple reconstruction du pays. De profondes divisions sont apparues entre des alliés de longue date. A la recherche de voies vers une coopération renouvelée, l'Union Européenne, l'OTAN et les Nations Unies ont toutes un rôle crucial à jouer. L'accord atteint à la quasi-unanimité par le Conseil de sécurité le 22 mai à propos de la résolution UNSCR 1483 est peut-être le premier signe que la communauté internationale est prête à aller de l'avant après avoir retrouvé une certaine cohésion. Au sein de l'UE, les optimistes espèrent que la crise irakienne incitera les pays membres à prendre à l'avenir des positions plus homogènes en matière de politique étrangère, alors que les pessimistes mettent en exergue l'absence de progrès dans la fourniture des capacités militaires dont l'Europe a besoin. Les divisions entre les alliés ont provoqué une paralysie virtuelle de l'OTAN dans la période qui a précédé le conflit. Si les blessures morales prendront inévitablement du temps avant de se cicatriser, l'Irak a attisé le questionnement à propos de l'avenir de l'Alliance. En l'absence de réflexion stratégique sérieuse de la part de l'Union Européenne et de l'OTAN, une division des tâches risque de se produire, aux termes de laquelle le rôle de l'Europe se limiterait effectivement au «nettoyage» après les interventions américaines.

Repenser l'OTAN
Tom Donnelly

A la suite de la guerre en Irak, Washington commence à comprendre que même la seule superpuissance au monde a besoin d'aide. Des différences géopolitiques et le fossé de plus en plus grand des capacités militaires entre les forces de l'OTAN ont provoqué une fissure au cour de ce qui fut, pendant les cinq décennies qu'a duré la Guerre froide, un pilier central de la stratégie de sécurité nationale américaine. Mais il est dans l'intérêt des Etats-Unis d'adapter l'OTAN en fonction de nouvelles circonstances stratégiques. Même si l'OTAN lutte pour remodeler ses processus de prise de décision afin de former une coalition plus souple, capable de relever les défis sécuritaires de notre époque, son avenir militaire immédiat réside dans son rôle en tant que pourvoyeur de forces. La «communauté atlantique» de l'Alliance n'est désormais plus définie par des frontières géographiques, mais par sa propension à structurer, entraîner et équiper des forces capables d'interopérabilité avec les forces américaines et par sa volonté de se joindre à une « coalition de volontaires » institutionnelle.

La route de Kaboul
Diego A. Ruiz Palmer

La décision prise par l'OTAN en avril 2003 d'assumer la responsabilité du commandement, de la coordination et de la planification de la Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF) en Afghanistan est révolutionnaire. Elle s'inscrit également dans la foulée de décisions prises par les dirigeants de l'Alliance à Prague, appelant l'OTAN à être prête à soutenir ou à mener des opérations et à déployer des forces partout où l'Alliance le décide. L'ISAF a été initialement constituée par la résolution UNSCR 1386 de décembre 2001 et a reçu pour mandat d'aider l'Autorité transnationale afghane à maintenir la sécurité dans et autour de Kaboul. Depuis sa création, elle a été placée sous le commandement du Royaume-Uni, de la Turquie, et actuellement de l'Allemagne et des Pays-Bas et se compose de contingents fournis par les pays membres de l'OTAN, des pays partenaires et la Nouvelle Zélande. Désormais, c'est le Conseil de l'Atlantique Nord qui assurera la direction politique de l'opération, en consultation étroite avec les pourvoyeurs de forces non membres de l'OTAN. Le SHAPE assumera la responsabilité stratégique du quartier général des opérations et abritera la cellule de coordination internationale de l'ISAF, tandis que l'AFNORTH agira comme Commandement des forces conjoint au niveau opérationnel entre le SHAPE et le quartier général de l'ISAF à Kaboul. Le commandant de l'ISAF pourra compter sur des ressources spécialisées dans des domaines tels que la planification stratégique, sans devoir les déployer en Afghanistan, ce qui permettra potentiellement à l'Alliance, en temps voulu, d'envisager l'extension des tâches de l'ISAF.

Manouvres psychologiques
Lieutenant-Colonel Steven Collins

Tant l'Opération Liberté pour l'Irak que les expériences de l'OTAN dans les Balkans montrent l'importance de la «gestion de la perception», et en particulier de la diplomatie publique et des opérations psychologiques (PSYOPS). Malgré leurs efforts visant à revitaliser leurs capacités de diplomatie publique depuis les événements du 11 septembre 2001, les Etats-Unis ne sont pas parvenus à des résultats probants en la matière avant la campagne militaire. Changer des attitudes profondément ancrées exige un effort soutenu sur une très longue période de temps. Pendant la campagne, la Coalition a tenté de modeler favorablement la perception de ce conflit dans le monde, par le biais d'une série de mesures, dont l'«incrustation» de journalistes dans des unités militaires. l'un des facteurs qui minent les efforts en vue d'influencer l'opinion mondiale réside dans la prolifération des sources de nouvelles. Le recours aux PSYOPS en Irak - impliquant l'usage de médias de masse tels que radio, tracts et courriers électroniques ciblés à destination de décideurs essentiels, ainsi que haut-parleurs lors des opérations au sol - s'est apparemment révélé plus réussi. Le problème, comme avec toutes les actions liées aux PSYOPS, réside dans la difficulté de déterminer l'impact réel d'une action de ce type au cours d'un conflit. Comme il existe souvent un vide d'information à combler après un conflit, les PSYOPS peuvent, à ce stade, faire une grande différence. Assez curieusement, il apparaît que les planificateurs militaires de l'Opération Liberté pour l'Irak n'ont pas vraiment prévu de mettre en place une capacité PSYOPS après le conflit.

A la recherche d'un Big MAC des Balkans
Nano Ruzin

La Macédoine* a parcouru un long chemin depuis 2001, lorsque le pays semblait au bord de la guerre civile, et a beaucoup appris de son expérience de collaboration avec des institutions internationales en vue de restaurer la stabilité. Si plusieurs organisations internationales et l'OTAN en particulier ont joué un rôle majeur dans la résolution de la crise, il faut reconnaître que c'est la Macédoine*, son peuple et ses dirigeants qui méritent le plus d'éloges car, ensemble, Macédoniens et Albanais ont cherché à surmonter de graves préjudices. Le fait que la Macédoine* soit partenaire de l'OTAN depuis 1995 facilite également les bonnes relations entre Skopje et les différents acteurs internationaux et a contribué à une résolution rapide de la crise, de même d'ailleurs que la présence existante de l'OTAN dans la région. Par ailleurs, la surveillance permanente de la situation s'est avéré un moyen efficace pour stabiliser le pays. Deux ans après la crise et la tenue d'élections parlementaires, les adversaires d'hier travaillent main dans la main tant au sein du parlement national qu'au sein du gouvernement de coalition. La Macédoine* s'est engagée dans le processus MAP et, avec l'Albanie et la Croatie, elle aspire à rejoindre l'Alliance lors de son prochain Sommet dans ce qui pourrait être qualifié de Big MAC des Balkans.

De grands espoirs
Ronald D. Asmus

Alors que les pays d'Europe centrale et orientale réalisent enfin leurs objectifs d'adhésion à l'Union Européenne et à l'OTAN, ces institutions semblent de plus en plus en désarroi, en partie en raison des dissensions à propos de l'Irak. A terme, la région sera sans doute confrontée à trois défis majeurs au cours de la prochaine décennie : Le premier est transatlantique, le deuxième se situe au sein de l'Europe et le troisième, dans les différents pays. Les pays d'Europe centrale et orientale entrent dans l'Alliance alors que celle-ci se trouve plongée dans un débat sur sa propre finalité et sa future orientation stratégique - un débat auquel ils sont susceptibles de participer directement. De nombreux Américains espèrent manifestement que toute l'Europe centrale et orientale se muera en une série de solides alliés. De nombreux Européens de l'Ouest semblent, pour leur part, considérer que les penchants atlantistes de ces pays constituent un phénomène temporaire appelé à s'estomper. Au sein de l'Union Européenne, nombre de ces pays se tournent, d'instinct, vers le Royaume-Uni sur des questions allant du mode d'organisation et de gestion de l'Europe aux relations transatlantiques. Pourtant, ils devront également veiller à ne pas contrarier les deux puissances continentales essentielles que sont l'Allemagne et la France. Au plan national enfin, ces pays doivent poursuivre le processus de réforme politique et économique entamé en 1989. Pour un petit pays d'Europe centrale et orientale, prendre part au débat sur l'avenir de l'Union Européenne et de l'OTAN représente certes un défi, mais pas supérieur à ce qu'il a connu ces dix dernières années.

...début...

* Les membres de l'OTAN à l'exception de la Turquie reconnaissent la République de Macédoine en tant que ex-République yougoslave de Macédoine. La Turquie reconnaît la République de Macédoine sous son nom constitutionnel.