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Analyse
L'édification de l'Autoroute virtuelle de la soie
 

Les scientifiques et les universitaires d'Asie centrale et du sud du Caucase seront bientôt en mesure de faire un usage nettement plus efficace d'Internet, grâce au plus vaste et plus ambitieux projet parrainé à ce jour par le Programme scientifique de l'OTAN.

Baptisé Autoroute virtuelle de la soie - en référence à la Route de la soie, qui reliait jadis l'Europe à l'Extrême-Orient et stimula les échanges de marchandises, de connaissances et d'idées -, ce projet vise à permettre aux communautés universitaires et scientifiques de huit pays du sud du Caucase et d'Asie centrale de gérer plus facilement des réseaux informatiques et d'accéder aisément à Internet. La connectivité Internet est considérée comme le moyen le plus efficace pour assurer accès et communication aux nombreux scientifiques et chercheurs hautement qualifiés de la région.

"Ce projet est unique à plus d'un titre: nombre de pays impliqués, couverture de deux régions géographiques et niveau élevé de l'investissement", explique Walter Kaffenberger, qui dirige la gestion des réseaux informatiques du Programme scientifique.

Au total, 2,5 millions de dollars américains seront consacrés au projet sur quatre ans. Cela représente 40 pour cent du budget pour la gestion des réseaux informatiques du Programme scientifique et le plus important investissement portant sur un seul projet depuis la création du Programme, voici 44 ans.

Le besoin de connectivité est particulièrement aigu dans les communautés scientifiques et universitaires d'Arménie, d'Azerbaïdjan et de Géorgie dans le sud du Caucase, ainsi qu'au Kazakhstan, au Kirghizstan, au Tadjikistan, au Turkménistan et en Ouzbékistan en Asie centrale. Ces pays sont situés à la périphérie du forum Internet européen et leur niveau de développement est tel qu'ils ne seront pas en mesure de se permettre des connexions par fibres optiques dans un avenir prévisible.

L'alternative réside dans la connexion à Internet par le biais d'un satellite. Cette solution est toutefois onéreuse. En conséquence, la bande passante disponible pour les communautés scientifiques et universitaires de toute la région se situe entre 64 et 384 kilobits/seconde (Kbps) par pays. Par comparaison, en Europe occidentale, une connexion Internet à domicile atteint au moins 56 Kbps en moyenne, un débit qui s'accroît rapidement avec la multiplication des connexions large bande.

L'Autoroute virtuelle de la soie connectera à Internet les communautés scientifiques et universitaires des pays participants par le biais d'un simple rayon satellite. Rentable et sophistiquée, la technologie satellite portera la bande passante pour chaque pays à trois mégabits/seconde et permettra d'utiliser la bande passante non consommée par n'importe quel autre pays participant. Des techniques modernes d'anté-mémorisation collecteront toutes les informations demandées sur le web et les mettront à la disposition d'autres utilisateurs, sans passer par la connexion satellite, ce qui renforcera encore l'efficacité du réseau.

La contribution de l'OTAN consistera à acheter de la bande passante satellite et à financer l'achat et l'installation de neuf antennes paraboliques utilisant la technologie VSAT. Huit petites paraboles seront reliées à une grande, installée à Hambourg, en Allemagne, qui servira de concentrateur européen. D'autres co-sponsors contribuent en espèces au projet.

Cisco Systems fait don de l'équipement, d'une valeur de 400 000 dollars environ, qui sera associé à chaque station terrestre. Deutsches Elektronen-Synchroton, qui travaille depuis longtemps avec les communautés spécialisées dans la physique des particules dans les pays bénéficiaires, fournit des services évalués à 350 000 dollars et liés à l'hébergement du concentrateur européen et au fonctionnement du réseau.

Deutsche Forschungs Netz garantira pour sa part la connexion au gigantesque réseau de recherche paneuropéen gigabit de l'Union européenne, GEANT, lui-même relié à d'autres réseaux de recherche dans le monde. Ce service est évalué à 125 000 dollars américains.

GEANT ne demande aucun paiement pour la bande passante internationale et EurasiaSat fournit la bande passante à des tarifs spéciaux. Le réseau devrait être totalement opérationnel en octobre 2002.

"La priorité consiste désormais à veiller à ce que ce projet sans équivalent soit viable et autosuffisant à long terme, une fois tari le financement de l'OTAN en 2004", déclare le docteur Kaffenberger. Il ajoute: "Des structures adéquates de gestion du projet et de nouvelles sources de financement seront essentielles."

Comme le Programme scientifique de l'OTAN ne peut financer que la construction de l'infrastructure, l'on recherche actuellement un financement de l'Union européenne pour contribuer à l'établissement des structures et des procédures de gestion appropriées, dans le but de transférer progressivement la plus grande part possible de la gestion et du savoir-faire aux pays participants.

L'OTAN soutient l'établissement de Réseaux nationaux de l'éducation et de la recherche (NREN) dans chaque pays participant, dont la tâche consistera à répondre aux besoins nationaux de mise en réseau de leurs establishments universitaires et scientifiques. De tels NREN pourraient prendre le relais et assurer la collecte de fonds au niveau national.

Des contacts sont également établis avec des organisations susceptibles d'être intéressées par le paiement d'une redevance pour l'utilisation du système. Au nombre de ces organisations figurent le Programme de développement des Nations unies, qui développe la connectivité entre les organes gouvernementaux et non-gouvernementaux dans la région, et la Fondation Soros, qui cherche à promouvoir la démocratie par le biais de la connectivité.

Depuis une dizaine d'années, le Programme scientifique de l'OTAN cherche à soutenir les communautés scientifiques d'Europe orientale et de l'ex-Union soviétique, qui ont vu leurs budgets amputés à la suite de l'effondrement du bloc de l'Est. Depuis 1994, l'une des manières de parvenir à cet objectif consiste à promouvoir la gestion locale en réseaux entre les institutions universitaires et scientifiques, en contribuant à l'établissement de l'infrastructure appropriée et de workshops organisateurs. Une fois mis en place l'infrastructure et les réseaux locaux, il était important d'assurer une connectivité Internet de base fiable, afin de faciliter la recherche et les contacts avec la communauté scientifique mondiale.

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