Relations avec l'Ukraine

  • Mis à jour le: 17 Jun. 2022 13:00

Une Ukraine souveraine, indépendante et stable, fermement attachée à la démocratie et à l’état de droit, est indispensable à la sécurité euro atlantique. Nouées au début des années 1990, les relations avec ce pays ont évolué jusqu’à constituer l’un des partenariats de l’OTAN les plus substantiels. Conséquence du conflit qui a éclaté entre la Russie et l’Ukraine, la coopération s’est intensifiée dans plusieurs domaines d’importance critique à partir de 2014.

NATO Secretary General Jens Stoltenberg and the  President of Ukraine Volodymyr Zelenskyy

 

  • Le dialogue a débuté lorsque l’Ukraine est devenue membre du Conseil de coopération nord-atlantique (1991), et la coopération s’est instaurée lorsque le pays a adhéré au Partenariat pour la paix (PPP) (1994).
  • Les liens se sont resserrés en 1997 avec la signature de la Charte de partenariat spécifique, portant création de la Commission OTAN-Ukraine (COU), qui est chargée de mener la coopération plus avant.
  • Depuis 2009, la COU supervise le processus d’intégration euro-atlantique de l’Ukraine, et notamment les réformes menées dans le cadre du programme national annuel (ANP).
  • La coopération, qui s’est approfondie au fil du temps, est bénéfique aux deux parties, l’Ukraine contribuant activement aux opérations et missions dirigées par l’OTAN.
  • L’accent est mis en priorité sur le soutien à une vaste réforme du secteur de la défense et de la sécurité, indispensable au développement démocratique de l’Ukraine et au renforcement de son aptitude à se défendre.
  • Depuis le sommet de Varsovie, en juillet 2016, le soutien pratique apporté à l’Ukraine s’inscrit dans un ensemble complet de mesures d’assistance en faveur du pays.
  • En juin 2017, le Parlement ukrainien a adopté une loi en vertu de laquelle l’adhésion à l’OTAN est redevenue un objectif stratégique de la politique étrangère et de sécurité du pays. L’amendement qui inscrit cet objectif dans la constitution ukrainienne est entré en vigueur en 2019.
  • En septembre 2020, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a approuvé la nouvelle stratégie de sécurité nationale de l’Ukraine, qui prévoit de développer le Partenariat spécifique OTAN-Ukraine en vue d’une adhésion du pays à l’Organisation.
  • À partir de 2014, en réaction au conflit entre la Russie et l’Ukraine, l’OTAN a accru son soutien au développement et au renforcement capacitaires de l’Ukraine. Les Alliés condamnent et ne reconnaîtront pas l’annexion, illégale et illégitime, de la Crimée par la Russie, de même qu’ils condamnent les activités déstabilisatrices et agressives que mène ce pays dans l’est de l’Ukraine et dans la région de la mer Noire. L’OTAN a renforcé sa présence en mer Noire et a intensifié sa coopération maritime avec l’Ukraine et la Géorgie.
  • L’OTAN condamne avec la plus grande fermeté la guerre brutale que la Russie a lancée contre l’Ukraine en février 2022, en l’absence de toute provocation. Cette guerre constitue une grave violation du droit international. La sécurité euro-atlantique s’en trouve menacée comme elle ne l’avait plus été depuis des décennies.
  • L’Alliance condamne la décision de la Russie de reconnaître les « Républiques populaires » (autoproclamées) de l’est de l’Ukraine. Les Alliés appellent la Russie à mettre immédiatement un terme à la guerre, à retirer toutes ses forces d’Ukraine et à s’engager dans un véritable processus diplomatique.
  • L’OTAN est aux côtés du peuple de l’Ukraine ainsi que de son président, de son parlement et de son gouvernement, légitimes et démocratiquement élus. L’Alliance demeure pleinement attachée à l’intégrité territoriale et à la souveraineté de l’Ukraine à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues, et cette position ne changera jamais.
  • Réaction au conflit entre la Russie et l’Ukraine

    Dès le début du conflit russo-ukrainien, en 2014, l’OTAN a pris fermement position et manifesté sans réserve son attachement à la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues. Les Alliés condamnent fermement et ne reconnaîtront pas l’annexion, illégale et illégitime, de la Crimée par la Russie, et ils dénoncent l’occupation temporaire de ce territoire. L’Alliance condamne aussi la reconnaissance par la Russie, en février 2022, des « Républiques populaires » (autoproclamées) de Donetsk et de Louhansk, dans l’est de l’Ukraine, décision qui est en contradiction flagrante avec le droit international et qui met un peu plus en péril la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine. Enfin, l’OTAN condamne avec la plus grande fermeté la guerre brutale que la Russie a lancée contre l’Ukraine le même mois, en l’absence de toute provocation. Cette guerre constitue une grave violation du droit international. La sécurité euro-atlantique s’en trouve menacée comme elle ne l’avait plus été depuis des décennies. 

    En conséquence de l’annexion, illégale et illégitime, de la Crimée, les Alliés avaient décidé en 2014 de suspendre toute coopération pratique dans les domaines civil et militaire avec la Russie, tout en maintenant ouverts les canaux de communication politiques et militaires. En février 2022, suite à l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, ils ont imposé à celle-ci des sanctions sans précédent qui concourent à priver de ressources la machine de guerre du Kremlin. Ils continuent de travailler sur ces sanctions afin d’accentuer la pression sur la Russie. Il lui sera ainsi plus difficile de reconstituer son parc de chars, de produire des missiles et de financer sa guerre. Ils appellent la Russie à mettre immédiatement un terme à la guerre et à retirer toutes ses forces d’Ukraine, à respecter pleinement le droit international humanitaire, et à permettre un accès en toute sécurité et sans entrave à l’aide humanitaire pour toutes les personnes qui en ont besoin. Ils appellent également la Russie à cesser d’imposer des restrictions à la navigation dans certaines parties de la mer Noire et d’entraver l’accès à la mer d’Azov. 

    Depuis le début de la crise, au vu des menaces directes pesant sur l’intégrité territoriale, l’indépendance politique et la sécurité de l’Ukraine, la Commission OTAN-Ukraine (COU) se réunit régulièrement pour des consultations. Elle a tenu des réunions extraordinaires eu égard à l’usage injustifié, par la Russie, de la force militaire contre des navires ukrainiens à proximité du détroit de Kertch, en novembre 2018, et à la menace que représentait le renforcement du dispositif militaire russe, en avril 2021. D’autres réunions extraordinaires de la COU ont eu lieu au siège de l’OTAN en janvier et en février 2022, au sujet de la poursuite du renforcement du dispositif militaire de la Russie et de l’invasion que celle-ci a lancée contre l’Ukraine, en l’absence de toute provocation.

    En plus de soutenir l’Ukraine sur le plan politique, l’OTAN a considérablement accru son assistance pratique à ce pays. Immédiatement après l’annexion, illégale et illégitime, de la Crimée par la Russie, en 2014, les ministres des Affaires étrangères des pays de l’Alliance sont convenus d’une série de mesures destinées à renforcer l’aptitude de l’Ukraine à assurer sa sécurité. Ils ont également décidé d’aller plus loin dans le soutien pratique apporté au pays, au travers des programmes de coopération existants, qui ont été sensiblement renforcés, et au travers de nouveaux programmes, au contenu substantiel. Au sommet de Varsovie, en 2016, les mesures de l’OTAN destinées à soutenir l’Ukraine ont été intégrées à un ensemble complet de mesures d’assistance (CAP) en faveur du pays, qui vise à l’aider à assurer sa sécurité et à mettre en œuvre de vastes réformes dans le secteur de la défense et de la sécurité, sur la base des principes et des bonnes pratiques euro-atlantiques.

    C’est au titre du CAP que, depuis lors, l’OTAN apporte un soutien à l’Ukraine. Par divers programmes et par des conseils ciblés, l’Organisation a notablement renforcé les compétences et la résilience du secteur ukrainien de la sécurité et de la défense, ainsi que son aptitude à contrer les menaces à caractère hybride. Par ailleurs, l’OTAN et les Alliés ont fourni à l’Ukraine un soutien important en matière de développement capacitaire, qui s’est concrétisé entre autres par des activités de formation ou d’entraînement et par des livraisons d’équipements. Après le déclenchement de la guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine, ces dernières se sont sensiblement intensifiées, tout comme le soutien bilatéral des Alliés à l’Ukraine, qui peut ainsi exercer plus efficacement son droit de légitime défense, consacré par la Charte des Nations Unies. Les Alliés apportent aussi une aide financière et humanitaire substantielle à l’Ukraine, notamment en accueillant des millions de réfugiés. Ils sont convenus d’accroître encore leur aide et de continuer de soutenir Kiev aussi longtemps que nécessaire, pour que l’Ukraine l’emporte.

    L’OTAN est aux côtés du peuple de l’Ukraine ainsi que de son président, de son parlement et de son gouvernement, légitimes et démocratiquement élus. L’Alliance demeure pleinement attachée à l’intégrité territoriale et à la souveraineté de l’Ukraine à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues, et cette position ne changera jamais.

  • Cadre de la coopération

    La Charte de partenariat spécifique OTAN-Ukraine, signée en 1997, demeure le texte fondateur des relations entre l’Organisation et le pays. La Commission OTAN-Ukraine (COU) dirige les activités menées en coopération et constitue un lieu privilégié de consultation entre les Alliés et l’Ukraine sur les enjeux de sécurité d’intérêt commun. La COU peut se réunir à différents niveaux, notamment au niveau des chefs d’État et de gouvernement, des ministres des Affaires étrangères ou de la Défense, des ambassadeurs et de différents groupes de travail.

    La Déclaration venant en complément de la Charte, signée en 2009 pour donner suite aux décisions prises au sommet de Bucarest, en 2008, a donné à la COU un rôle central dans l’approfondissement du dialogue politique et de la coopération, l’objectif étant de soutenir le travail de réforme que mène l’Ukraine pour concrétiser ses aspirations euro-atlantiques et devenir membre de l’OTAN. Le principal outil utilisé à cet effet est le programme national annuel (ANP), qui décrit les objectifs de réforme et ce que Kiev compte faire dans l’année pour s’en rapprocher. Il s’articule autour de cinq chapitres, à savoir les questions politiques et économiques, les questions militaires et de défense, les ressources, les questions de sécurité et les questions juridiques. Les réformes portent notamment sur la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption, l’état de droit, les droits de la personne et le secteur de la défense et de la sécurité, avec en toile de fond les principes et les normes euro-atlantiques. 

    Les Alliés font chaque année le point sur l’exécution de l’ANP. La responsabilité de l’exécution de ce programme incombe avant tout à l’Ukraine. C’est la Commission chargée de la coordination de l’intégration euro-atlantique de l’Ukraine, présidée par la vice-première ministre chargée de l’intégration européenne et euro-atlantique, qui assure la coordination générale de l’exécution du programme par les organes de l’État. 

    La Représentation de l’OTAN auprès de l’Ukraine, établie en septembre 2015, facilite la coopération sur le terrain. Elle regroupe le Centre d’information et de documentation de l’OTAN (NIDC) et le Bureau de liaison de l’OTAN (NLO).

    • Inauguré en 1997, le NIDC, implanté à Kiev, est chargé d’informer le public ukrainien sur les activités de l’OTAN et les avantages de la coopération OTAN‑Ukraine. Relevant de la Division Diplomatie publique du Secrétariat international de l’Organisation, c’est le premier bureau d’information que celle-ci a installé dans un pays partenaire et ouvert au grand public. Son travail s’articule autour de trois piliers : la connaissance et la compréhension de l’OTAN en Ukraine, l’information du public ukrainien sur les activités menées dans le cadre de la coopération entre l’Organisation et le pays, et le soutien aux institutions de l’Ukraine pour le développement de ses capacités de communication stratégique. Le NIDC apporte son concours à divers projets de diplomatie publique ou de communication – tables rondes, séminaires, conférences, projets multimédias, etc. – à l’appui des principales missions et activités de l’OTAN dans le pays.
    • Le NLO, établi à Kiev en 1999, a pour mission première de faciliter la coopération OTAN-Ukraine. Ses principaux interlocuteurs sont les ministères de l’Intérieur, des Affaires étrangères et de la Défense, le Bureau du président, le Conseil de sécurité nationale et de défense, le Parlement et différents autres organismes publics ukrainiens. Ses grandes priorités sont les suivantes : favoriser l’exécution par l’Ukraine des vastes réformes inspirées par les normes euro-atlantiques ; approfondir le dialogue politique et pratique entre l’OTAN et le pays ; soutenir la transformation et promouvoir la gouvernance démocratique du secteur de la sécurité et de la défense ; aider les forces ukrainiennes à parvenir à l’interopérabilité avec celles des pays de l’Alliance, pour que les unes et les autres puissent répondre ensemble à des défis communs.

    La Représentation de l’OTAN auprès de l’Ukraine est responsable au premier chef de fournir les avis de niveau stratégique que l’OTAN s’est engagée à donner dans le cadre de l’ensemble complet de mesures d’assistance en faveur du pays.

  • Principaux domaines de coopération

    Vu la situation actuelle, l’OTAN a renforcé son aide à l’Ukraine dans certains domaines d’importance critique, tandis que les activités moins déterminantes ont été suspendues ou adaptées. La coopération entre l’Organisation et le pays n’en reste pas moins bénéfique aux deux parties. Elle s’exerce dans les domaines énumérés ci-après.

    Renforcement des capacités et de l’interopérabilité

    • L’OTAN soutient l’Ukraine dans son entreprise de réforme du secteur de la défense et de la sécurité se rapportant à la défense. Elle le fait par l’intermédiaire du Groupe de travail conjoint OTAN­Ukraine sur la réforme de la défense, du processus de planification et d’examen du PPP, du processus OTAN de développement de l’intégrité (BI) et de son programme BI sur mesure, du programme OTAN de renforcement de la formation « défense », du Groupe de travail conjoint sur la coopération militaro-technique, et des conseillers travaillant à la représentation de l’OTAN à Kiev.
    • Depuis 2016, au travers de l’ensemble complet de mesures d’assistance, les Alliés aident l’Ukraine à réformer son secteur de la défense et de la sécurité suivant les normes de l’OTAN, en lui fournissant des conseils de niveau stratégique par l’intermédiaire de la Représentation de l’OTAN auprès de l’Ukraine et en lui apportant un soutien dans le cadre d’une série de programmes de renforcement des capacités et fonds d’affectation spéciale. La coopération dans ce domaine est d’une importance cruciale pour la transformation de la posture de sécurité qu’a engagée l’Ukraine, et elle demeure un élément essentiel du processus de transition démocratique.
    • En réponse au conflit russo-ukrainien, plusieurs projets financés sur des fonds d’affectation spéciale ont été lancés depuis 2014 à l’appui de la mise en place et du développement de capacités pour le long terme dans les domaines clés énumérés ci-après.
      • Commandement, contrôle, communication et informatique (C4) – Le fonds d’affectation spéciale consacré aux C4 permet d’aider l’Ukraine à réorganiser et à moderniser ses structures et capacités C4, à accroître leur interopérabilité avec celles de l’OTAN pour qu’elles puissent contribuer aux opérations et exercices dirigés par l’Organisation, ainsi qu’à renforcer l’aptitude du pays à assurer sa défense et sa sécurité. Plusieurs projets financés sur ce fonds en sont à différents stades d’exécution. Ils répondent à des besoins tenant à la sûreté de l’espace aérien régional, à la sécurisation des communications tactiques, au partage des connaissances et à la connaissance de la situation, ont été approuvés.
      • Réadaptation médicale – Ce fonds d’affectation spéciale, créé en 2014, doit permettre aux patients – des militaires ukrainiens d’active ou dégagés des cadres ainsi que des membres du personnel civil du secteur de la défense et de la sécurité – d’avoir accès rapidement à des soins médicaux appropriés. Il doit aussi aider l’Ukraine à améliorer son système de réadaptation médicale, de manière à ce qu’il puisse offrir des services de qualité dans la durée. Par ailleurs, il a financé la participation d’Ukrainiens aux Invictus Games, événement sportif destiné aux militaires blessés ou malades, d’active ou vétérans.
      • Transition de carrière pour le personnel militaire – Ce fonds d’affectation spéciale permettait d’aider l’Ukraine à élaborer et à mettre en œuvre une approche durable, efficace et intégrée de la réinsertion du personnel militaire, qui fasse partie intégrante de la gestion du personnel des forces armées. C’était un bon exemple de la collaboration qui s’exerçait entre le Bureau de liaison de l’OTAN à Kiev et les échelons les plus élevés des ministères ukrainiens pour favoriser l’élaboration et l’exécution de politiques de portée stratégique. Le fait qu’il soit aujourd’hui dormant montre que les projets évoluent selon les besoins.
      • Traitement des dispositifs explosifs et lutte contre les engins explosifs improvisés – Ce fonds d’affectation spéciale apportait un soutien direct au pays pour la mise en œuvre de certaines des recommandations formulées dans le plan OTAN d’aide à l’Ukraine concernant le traitement des dispositifs explosifs (EOD) et la lutte contre les engins explosifs improvisés (EEI). Il prévoyait un soutien ponctuel en faveur des activités humanitaires civiles liées à l’élimination d’explosifs, EEI compris, et il contribuait à établir les bases nécessaires pour la transformation du processus EOD et le développement de la lutte contre les EEI en Ukraine.
      • Cyberdéfense – Ce fonds d’affectation spéciale, dont les objectifs ont été atteints et qui a ainsi été clôturé en 2017, visait à aider l’Ukraine à développer les capacités techniques, strictement défensives, nécessaires pour contrer les cybermenaces. Il a notamment contribué à la mise en place d’un centre de gestion des incidents et de surveillance ainsi que de laboratoires qui enquêteront sur les incidents.
      • Logistique et normalisation – Ce fonds d’affectation spéciale visait à concourir à la réforme des systèmes de logistique et de normalisation des forces armées et d’autres corps militaires du pays, dont la Garde nationale et le Service d’État des gardes-frontières, selon les besoins.
    • La participation au processus de planification et d’examen du PPP aide l’Ukraine à se fixer et à atteindre des objectifs ambitieux mais réalistes s’agissant de procéder à des réformes et à une transformation du secteur de la défense et de la sécurité, d’en développer les capacités, de rendre ses forces plus aptes à agir aux côtés de celles des Alliés et des pays partenaires dans le cadre d’opérations de réponse aux crises ou de soutien de la paix, et d’améliorer sa capacité à accueillir les forces des Alliés et des partenaires pour des exercices et des formations.
    • Un programme de perfectionnement professionnel destiné aux civils travaillant dans les institutions de défense et de sécurité ukrainiennes a été lancé en octobre 2005. Le budget alloué à ce programme a été doublé en 2014 pour soutenir les processus de transformation et de réforme. En 2017, de nouveaux projets ont été mis en place dans le cadre de ce programme, notamment « Champion 100 », qui apporte un soutien aux fonctionnaires ukrainiens directement responsables du processus d’intégration euro-atlantique.
    • Depuis 2007, l’Ukraine participe à l’initiative OTAN pour le développement de l’intégrité, qui apporte aide pratique et conseils pour le renforcement de l’intégrité, du compte rendu et de la transparence dans le secteur de la défense et de la sécurité. En octobre 2019, neuf organismes du secteur ukrainien de la défense et de la sécurité ont finalisé le processus OTAN d’autoévaluation et d’évaluation collégiale du développement de l’intégrité, qui a permis de faire le point sur leurs besoins et vulnérabilités et de formuler un ensemble de recommandations sectorielles d’ordre politique visant l’amélioration de la gouvernance et la réalisation de réformes durables en matière de lutte contre la corruption dans les secteurs de la défense et de la sécurité se rapportant à la défense. Sur cette base, un programme d’activité sur mesure a été établi, dans le cadre duquel deux types d’assistance continuent d’être proposés en matière de renforcement des capacités : l’aide d’experts chargés de conseiller les institutions sur des questions de gouvernance et de gestion des ressources de défense (financières, humaines et matérielles), et des activités de formation théorique et pratique pour le développement des compétences individuelles et la promotion d’une culture de l’intégrité au sein des différents organismes.
    • Le programme de renforcement de la formation « défense » (DEEP) a aidé l’Ukraine à améliorer et à restructurer les systèmes d’instruction et de formation professionnelle de son armée, plus particulièrement au sein de huit instituts supérieurs de formation militaire et de cinq centres de formation pour sous-officiers. De plus, dans le cadre du DEEP, l’Ukraine reçoit des conseils sur la gestion des établissements de formation et des universités, sur les méthodes d’enseignement ainsi que pour la mise en place de cours sur le leadership et les processus décisionnels.
    • L’OTAN contribue au renforcement des capacités dans le domaine de la cyberdéfense afin d’améliorer la coopération et la coordination interinstitutionnelles et d’aider l’Ukraine à élaborer une stratégie de cybersécurité nationale.
    • Depuis 2004, le Groupe de travail conjoint OTAN-Ukraine sur la coopération militaro-technique œuvre à l’intensification de la coopération entre l’Organisation et le pays pour ce qui est du renforcement des capacités, des processus d’acquisition de matériels de défense, et de l’élaboration de normes techniques. Au nombre de ses compétences figurent la normalisation, la codification, la logistique et la gestion du cycle de vie, ainsi que la coopération avec la Conférence des directeurs nationaux des armements des pays de l’OTAN et l’Organisation OTAN pour la science et la technologie. Les efforts que l’Ukraine déploie pour réformer son industrie de défense font aussi partie des sujets traités par ce groupe de travail.
    • L’Ukraine participe au programme d’échange de données sur la situation aérienne depuis juillet 2006. Il s’agit dans ce cadre de réduire les risques d’incidents transfrontaliers et d’optimiser les réponses à apporter en cas d’attentats terroristes perpétrés à l’aide d’avions de ligne. Du fait de la crise russo-ukrainienne, la zone couverte par les informations sur la situation aérienne que fournit l’OTAN a été étendue.
    • La participation de l’Ukraine à un large éventail d’activités et d’exercices militaires au titre du plan de travail du Comité militaire avec l’Ukraine vise l’amélioration de l’interopérabilité et des capacités opérationnelles des forces armées ukrainiennes, mais contribue aussi grandement aux réformes du secteur de la défense et de la sécurité engagées par Kiev.
    • En prenant une part active au programme OTAN d’évaluation et de retour d’information relatif au concept de capacités opérationnelles, l’Ukraine contribue au développement de ses forces armées, tout en permettant à l’Alliance de constituer des ensembles de forces sur mesure susceptibles d’être déployés à l’appui d’opérations ou de missions dirigées par l’OTAN.
    • Un cadre juridique a été élaboré pour permettre à l’OTAN et à l’Ukraine d’intensifier leur coopération opérationnelle. Il s’agit notamment de la Convention sur le statut des forces applicable au Partenariat pour la paix (entrée en vigueur en mai 2000), de l’accord sur le soutien fourni par le pays hôte (ratifié en mars 2004) et de l’accord sur le transport aérien stratégique (ratifié en octobre 2006).
    • Depuis juin 2020, l’Ukraine a accédé au statut de partenaire bénéficiant du programme « nouvelles opportunités » (EOP). Lorsqu’ils ont contribué de manière particulièrement importante aux opérations et à d’autres objectifs de l’OTAN, les pays qui participent à l’initiative OTAN pour l’interopérabilité avec les partenaires peuvent se voir octroyer le statut EOP. Celui-ci facilite la coopération avec l’Ukraine en ce qu’il donne à cette dernière un accès privilégié à toute la panoplie d’outils d’interopérabilité de l’OTAN, et notamment aux exercices, aux formations, aux échanges d’informations et aux activités de connaissance de la situation. Les autres partenaires EOP sont l’Australie, la Finlande, la Géorgie, la Jordanie et la Suède.
    • L’Ukraine renforce également ses capacités et son interopérabilité au travers de sa participation à la Force de réaction de l’OTAN.

    Autres domaines de coopération

    • Suite aux actions agressives de la Russie visant l’Ukraine, il a été décidé au sommet de Varsovie, en juillet 2016, de créer la plateforme OTAN-Ukraine pour la lutte contre les pratiques de guerre hybride. Il s’agit d’un mécanisme qui doit permettre à l’Ukraine de mieux détecter les menaces hybrides ainsi que de se doter des moyens d’identifier les vulnérabilités et de renforcer la résilience des institutions étatiques et de la société. Plusieurs projets ont été lancés (recherche, formation et consultations entre experts), qui mettent l’accent sur les enseignements tirés, la lutte contre la désinformation et l’amélioration de la résilience.
    • Depuis le début de la crise en Crimée et dans l’est de l’Ukraine, en 2014, des experts conseillent les autorités ukrainiennes sur les plans de circonstance et les mesures de gestion de crise à prévoir en matière de protection civile et de protection des infrastructures énergétiques critiques. Aujourd’hui, la coopération se concentre sur l’amélioration de la capacité nationale de préparation du secteur civil et de résilience face aux menaces hybrides. En 2019, une équipe consultative sur la résilience (RAST) a adressé aux institutions ukrainiennes des recommandations pour l’amélioration de la résilience du pays. Les travaux menés dans ce domaine sont supervisés par le Groupe de travail conjoint OTAN-Ukraine sur les plans civils d’urgence. Par ailleurs, l’Ukraine participe régulièrement aux activités organisées par le Centre euro-atlantique de coordination des réactions en cas de catastrophe et a déjà accueilli plusieurs exercices de réaction aux catastrophes.
    • Depuis 1991, l’Ukraine participe activement au programme OTAN pour la science au service de la paix et de la sécurité (SPS). Le Groupe de travail conjoint OTAN-Ukraine sur la coopération scientifique et environnementale s’attache à déterminer les domaines prioritaires de la coopération qui s’exerce dans le cadre de ce programme. En 2014, en réponse à la crise en Ukraine, la coopération dans le secteur des sciences et technologies civiles liées à la sécurité a été renforcée, et le pays est devenu depuis le principal bénéficiaire du programme SPS. Les principales activités menées avec l’Ukraine dans ce cadre concernent les technologies de pointe, la lutte contre le terrorisme, la défense contre les agents chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires (CBRN), ainsi que la sécurité énergétique et environnementale. À cet égard, il convient de signaler que l’Ukraine participe au programme DEXTER, qui porte sur le développement d’un système intégré de détection des explosifs et des armes à feu dans les lieux publics.
    • L’OTAN aide l’Ukraine à mettre en application la résolution 1325 du Conseil de sécurité de l’ONU sur les femmes, la paix et la sécurité.
    • Le Bureau de liaison de l’OTAN est responsable au premier chef de l’aide fournie par les conseillers des pays de l’Alliance dans le cadre de la réforme du secteur de la défense et de la sécurité.
    • Le Centre d’information et de documentation de l’OTAN, établi à Kiev, soutient les activités que des autorités et organisations non gouvernementales ukrainiennes qui visent à fournir au grand public des informations sur l’OTAN et à expliquer les relations OTAN-Ukraine. L’Organisation fournit également des conseils et une aide financière à Kiev afin de renforcer les compétences des autorités ukrainiennes dans les domaines de la diplomatie publique, des relations avec les médias et de la communication stratégique.

    Soutien aux opérations dirigées par l’OTAN

    • L’Ukraine a contribué aux opérations de soutien de la paix en Bosnie-Herzégovine et continue de contribuer à la mission de la Force pour le Kosovo (KFOR), notamment avec une unité de génie lourd dotée de moyens de désamorçage d’engins explosifs improvisés.
    • L’Ukraine a apporté son soutien à la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) en Afghanistan, en autorisant le survol de son territoire ainsi que le transit de l’approvisionnement. Elle a également mis à disposition du personnel médical pour épauler les équipes de reconstruction provinciales en Afghanistan, ainsi que des instructeurs qui ont servi dans le cadre de la mission OTAN de formation en Afghanistan. Après l’achèvement de l’opération de la FIAS, en 2014, elle a contribué à la mission Resolute Support (2015-2021), qui consistait à offrir formation, conseil et assistance aux forces de sécurité afghanes.
    • Dès mars 2005, l’Ukraine avait mis des officiers à la disposition de la mission OTAN de formation en Iraq, jusqu’à ce que celle-ci prenne fin, en décembre 2011.
    • À six reprises entre 2007 et 2010, l’Ukraine a déployé des navires à l’appui d’Active Endeavour, l’opération de surveillance maritime que l’OTAN menait en Méditerranée à des fins de lutte contre le terrorisme. En 2013, elle a contribué à l’opération OTAN de lutte contre la piraterie, Ocean Shield. Et depuis le lancement de l’opération maritime Sea Guardian, en 2016, elle fournit à l’OTAN des informations à l’appui de la connaissance de la situation maritime dans la région de la mer Noire.

    Groupe de travail conjoint OTAN-Ukraine sur la réforme de la défense

    • Dans le domaine de la réforme du secteur de la défense et de la sécurité, l’OTAN coopère avec l’Ukraine plus qu’avec tout autre pays partenaire. Le Groupe de travail conjoint sur la réforme de la défense (JWGDR) est la pierre angulaire de la coopération OTAN-Ukraine en matière de réforme.
    • Créé en 1998 sous les auspices de la Commission OTAN-Ukraine, le JWGDR est chargé de mener à bien des initiatives dans différents domaines : relations entre civils et militaires, contrôle démocratique et gestion civile des forces armées et des autres organismes du secteur de la sécurité, planification de défense, et élaboration de politiques, de stratégies et de concepts de sécurité nationale.
    • Le JWGDR permet à l’Ukraine de tirer parti de la grande expérience et de la vaste expertise des Alliés, qui passent par ce groupe de travail pour apporter leur aide au pays. Il sert également de base institutionnelle à la coopération avec les ministères et les organismes œuvrant à la réforme du secteur de la défense et de la sécurité en Ukraine, notamment le Conseil de sécurité nationale et de défense, les ministères des Affaires étrangères et de la Défense, la Garde nationale, le Service d’État des gardes-frontières, le Service de sécurité d’Ukraine et la Verkhovna Rada (parlement ukrainien).
    • Tous les pays membres de l’OTAN et l’Ukraine sont représentés aux réunions du JWGDR, auxquelles sont également conviés, au cas par cas, des représentants de pays partenaires et de la société civile.