La police du ciel : sécuriser l'espace aérien OTAN

  • Mis à jour le: 23 Jun. 2021 11:22

La police du ciel de l'OTAN est une mission du temps de paix dont le but est de préserver la sécurité de l'espace aérien de l'Alliance. Cette mission collective implique la présence continue – 24 heures sur 24, 365 jours par an – de chasseurs et de pilotes capables de répondre rapidement aux éventuelles violations commises dans l'espace aérien.

 

  • La police du ciel de l'OTAN est une mission collective et purement défensive, qui implique la présence continue de chasseurs capables de répondre rapidement aux éventuelles violations commises dans l’espace aérien.
  • Les pays de l'OTAN dotés des moyens nécessaires aident ceux qui en sont dépourvus à assurer la police du ciel de leur territoire.
  • Le commandant suprême des forces alliées en Europe (SACEUR) est responsable de la mission.
  • La préservation de l’intégrité de l'espace aérien OTAN fait partie des missions de défense aérienne et antimissile intégrée de l'Alliance.
  • La police du ciel de l'OTAN est l’une des missions permanentes du temps de paix de l’OTAN.


Pour en savoir plus

Mission de police du ciel

Sauvegarder l'intégrité de l'espace aérien souverain des membres de l’Alliance est une mission permanente du temps de paix qui contribue à la défense collective de l'OTAN et qui témoigne clairement de la cohésion, du partage des responsabilités et de la solidarité qui règnent au sein de l'Alliance. De plus, les forces chargées de la police du ciel de l'OTAN fournissent également un soutien aux aéronefs civils en détresse – par exemple lorsqu’ils ont perdu le contact avec la tour de contrôle.

La mission OTAN de police du ciel est menée à l’aide du système OTAN de défense aérienne et antimissile intégrée (NATINAMDS). Le commandant suprême des forces alliées en Europe (SACEUR) assume la responsabilité générale de la mission.

Le Commandement aérien allié (AIRCOM), dont le quartier général est situé à Ramstein (Allemagne), supervise quant à lui la mission, dont le commandement et le contrôle sont assurés 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 depuis deux centres multinationaux d'opérations aériennes (CAOC), l'un à Torrejon (Espagne), qui couvre l’espace aérien européen de l’OTAN au sud des Alpes, et l'autre à Uedem (Allemagne), qui couvre la partie nord. Lorsqu’il est nécessaire de procéder à une interception – en cas de violation de l'espace aérien, d’activité aérienne suspecte se produisant à proximité des frontières de l’Alliance ou dans le cadre de toute autre situation aérienne risquée non conforme aux règles internationales applicables en matière de sécurité aérienne – le CAOC concerné désigne les chasseurs d’interception en alerte de réaction rapide (QRA) qui décolleront sur alerte (autrement dit, qui doivent réagir en quelques minutes) en fonction du lieu de l'incident.

Mise en place pendant la guerre froide, en 1961, la police du ciel de l'OTAN fait partie intégrante de la défense aérienne et antimissile intégrée de l'OTAN (IAMD) depuis 60 ans. Active à temps plein et toute l'année, elle est une constante dans un environnement de sécurité en évolution rapide, ce qui permet à l’OTAN de préserver l'intégrité de l'espace aérien de l'Alliance en temps de paix.

Assistance régionale

Les pays de l'OTAN mettent à disposition les aéronefs et les moyens nécessaires pour assurer la police du ciel dans leur propre espace aérien, sous la direction du SACEUR. Les pays dotés de ces moyens aident ceux qui en sont dépourvus à préserver l'intégrité de leur espace aérien souverain. Actuellement, l’OTAN supervise cinq missions régionales de police du ciel :

États baltes

L'OTAN assure la protection du ciel dans les États baltes depuis 2004, lorsque l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie sont devenues membres de l'Alliance. Les pays de l’OTAN qui possèdent une capacité de police du ciel contribuent sur une base volontaire à cette mission dans les États baltes, en se relayant tous les quatre mois. La capacité prévue à cette fin consiste en une série d'aéronefs de combat déployés par l'OTAN à la base aérienne de Siauliai (Lituanie). Depuis 2014, l'OTAN utilise également la base aérienne d'Amari (Estonie) pour le déploiement de moyens de police du ciel supplémentaires.

Police du ciel renforcée

Afin de renforcer la police du ciel le long des frontières orientales de l’OTAN, les Alliés fournissent des moyens supplémentaires qui viennent compléter les capacités existantes dans les États baltes et en Pologne. En parallèle, les Alliés envoient des détachements de chasseurs pour renforcer les capacités nationales de police du ciel des forces armées bulgares et roumaines.

Balkans occidentaux

L'espace aérien de la Slovénie est couvert en permanence par la Hongrie et par l'Italie, tandis que celui de l’Albanie et du Monténégro est couvert par la Grèce et par l’Italie. La police du ciel de l'OTAN au bénéfice de la Macédoine du Nord, tout nouveau membre de l’OTAN, est assurée par l’Italie.

Islande

En 2006, les États-Unis ont mis fin à leur mission de police du ciel permanente en Islande, qui a été remplacée par le déploiement périodique d'aéronefs de combat alliés à la base aérienne de Keflavik, chargés de protéger l'espace aérien islandais. Le premier déploiement effectué dans le cadre de cette mission pour répondre aux besoins de préparation de l’Islande en temps de paix a eu lieu en mai 2008.

Benelux

En 2015, la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas (collectivement connus sous le nom de pays du Benelux) ont signé un accord sur la conduite d'une mission conjointe de police du ciel au-dessus de leurs territoires. En vertu de cet accord, les forces aériennes belges et néerlandaises assurent la défense de l'espace aérien du Benelux, selon le principe de la rotation. Les opérations conjointes ont démarré le 1er janvier 2017.