Défense aérienne et antimissile intégrée de l'OTAN

  • Mis à jour le: 03 Feb. 2022 13:17

La défense aérienne et antimissile intégrée (IAMD) de l'OTAN est une mission essentielle et permanente, en temps de paix comme en période de crise ou de conflit, qui sauvegarde et protège le territoire, les populations et les forces des pays de l'Alliance contre toute menace ou attaque aérienne ou de missile. Élément essentiel du dispositif de dissuasion et de défense de l’OTAN, elle contribue à la sécurité indivisible de l’Alliance et à la liberté d’action de cette dernière.

Patriot air and missile defence system on display at Allied Air Command (© NATO AIRCOM)

Système de défense aérienne et antimissile Patriot, au Commandement aérien allié (© NATO AIRCOM)

 

  • L’IAMD de l’OTAN est le volet défensif de la puissance aérienne interarmées de l’Alliance, qui, en coordonnant, en contrôlant et en exploitant le milieu aérien, vise à garantir la stabilité et la sécurité de l’espace aérien OTAN.
  • Elle englobe l’ensemble des mesures contribuant à assurer la dissuasion contre toute menace aérienne et missile ou à neutraliser ou réduire l'efficacité d'une action aérienne hostile.
  • L’IAMD de l’OTAN est mise en œuvre dans le cadre d’une approche à 360° sur l’ensemble du territoire de l’OTAN, et elle permet de répondre à l’éventail complet des menaces, tactiques comme stratégiques, émanant de n’importe quelle direction et dans n’importe quel milieu - aérien, terrestre ou maritime.
  • L'IAMD de l'OTAN offre une capacité extrêmement réactive, robuste, rapide et permanente permettant d'atteindre le niveau souhaité de maîtrise de l’espace aérien, auquel l'Alliance peut accomplir toute la gamme de ses missions, en temps de paix comme en période crise et de conflit.
  • Ces dernières années, l’OTAN a renforcé encore ses activités IAMD pour faire en sorte qu’elles restent souples et adaptables, en tenant compte des menaces aériennes et missiles de plus en plus diverses et complexes - depuis de simples aéronefs sans pilote jusqu’à des missiles hypersoniques sophistiqués - auxquelles l’Alliance est confrontée. L’IAMD est particulièrement essentielle dans l’environnement stratégique actuel, qui se caractérise par le développement rapide d’arsenaux de missiles, y compris ceux d’adversaires potentiels, dans le monde entier.
  • L’IAMD de l’OTAN est mise en œuvre au travers du système OTAN de défense aérienne et antimissile intégrée (NATINAMDS), un réseau de systèmes nationaux et OTAN interconnectés, composé de capteurs, de moyens de commandement et de contrôle, et de systèmes d’armes.
  • Le NATINAMDS est placé sous l'autorité du commandant suprême des forces alliées en Europe.
  • Activités

    Les activités IAMD de l'OTAN varient en fonction des aspects spécifiques des situations concrètes et peuvent comprendre la police du ciel, la défense aérienne, la défense antimissile balistique, la défense contre les missiles de croisière, la lutte contre la menace roquettes-artillerie-mortiers, ou encore la lutte contre les aéronefs sans pilote.

    Actuellement, deux activités du temps de paix sont menées dans le cadre de l’IAMD de l’OTAN : la police du ciel de l’OTAN et la défense antimissile balistique (BMD) de l’OTAN.

    La police du ciel de l’OTAN a pour but de préserver l’intégrité de l’espace aérien de l’Alliance. Il s’agit d’une mission collective qui implique la présence continue – 24 heures sur 24, 365 jours par an – de chasseurs d'interception prêts à répondre rapidement aux violations et aux transgressions de l'espace aérien.

    La BMD de l'OTAN a pour but de défendre les populations, le territoire et les forces des pays européens de l’OTAN face à la menace croissante que représente la prolifération des missiles balistiques provenant de l’extérieur de la zone euro-atlantique.

    En période de crise, l’IAMD de l’OTAN contribue à la posture de dissuasion et de défense de l’OTAN en mettant en évidence la capacité et la détermination de l’Alliance à lutter sans délai contre toute action hostile. L’IAMD de l’OTAN fait partie intégrante du système OTAN de réponse aux crises.

    L’intégration est une condition essentielle pour l’IAMD étant donné qu’elle permet de coordonner et de synchroniser toutes les capacités de défense aérienne et antimissile disponibles. Un préalable indispensable pour l'intégration est l’interopérabilité (procédurale, technique et humaine).

    Le système OTAN de commandement et de contrôle aériens (C2 Air), qui fournit à l’Alliance une capacité permettant de gérer les opérations aériennes de l’OTAN à l’intérieur et à l’extérieur de la zone euro-atlantique, est un exemple concret d’intégration. Les systèmes C2 Air de l'OTAN intègrent, entre autres, les fonctions de contrôle des missions aériennes, de contrôle de la circulation aérienne, de surveillance de l'espace aérien, de gestion de l'espace aérien, de gestion des ressources de commandement et de contrôle (C2) ainsi que de gestion des forces. Ces systèmes (hors capacités déployables) couvrent un théâtre d’opérations de 81 millions de kilomètres carrés, depuis l'extrême nord de la Norvège jusqu'à l'extrême sud de la mer Méditerranée, et de l’extrême est de la Turquie jusqu’à l’Atlantique Nord. Ils constituent un des principaux piliers du NATINAMDS, dont l'objet est de sauvegarder et de protéger le territoire, les populations et les forces des pays de l'Alliance contre toute menace ou attaque aérienne ou de missile.

  • Comités OTAN compétents

    Le Comité de la politique de défense aérienne et antimissile intégrée (IAMD PC) est le comité de haut niveau responsable de tous les éléments de l’IAMD de l’OTAN et des aspects pertinents de la puissance aérienne interarmées. Il est aussi responsable des aspects politico-militaires de la défense antimissile balistique de l’OTAN. Il relève du Conseil de l’Atlantique Nord, le principal organe de décision politique de l'Alliance.

    Le Groupe de travail du Comité militaire sur la défense aérienne et antimissile est chargé d'examiner les aspects militaires des questions de défense aérienne et antimissile, ainsi que de donner des avis et de formuler des recommandations à ce sujet pour le Comité militaire de l'OTAN, la plus haute instance militaire de l’OTAN.

    La Conférence des directeurs nationaux des armements (CDNA), qui fait également rapport au Conseil, promeut la coopération entre les pays dans le domaine de l’armement et supervise la mise en œuvre du programme BMD de l'OTAN.

  • Évolution

    L’IAMD de l’OTAN est le résultat de l’évolution du concept de défense aérienne intégrée de l’OTAN. Ce concept fut à l’origine mis en œuvre en 1961 dans le cadre de l’utilisation du système OTAN de défense aérienne intégrée (NATINADS), placé sous le commandement et le contrôle du commandant suprême des forces alliées en Europe (SACEUR).

    Durant la Guerre froide, le NATINADS était un système essentiellement statique déployé en ceintures successives pour faire face à la menace unidirectionnelle et bien définie que représentaient les aéronefs pilotés. Depuis, le NATINADS a évolué jusqu’à devenir le système OTAN de défense aérienne et antimissile intégrée (NATINAMDS), qui permet de relever les défis de l’environnement d’aujourd’hui, moins prévisible, et d’intervenir pour faire face à l’ensemble complet des menaces aériennes et missiles.

    Le programme ACCS (système de commandement et de contrôle aériens) de l'OTAN a été officiellement lancé en novembre 1999. Son but est de doter l'Alliance d'un système unique et intégré de commandement et de contrôle aériens pour la gestion des opérations aériennes à l'intérieur et à l'extérieur de la zone euro-atlantique. Depuis lors, les systèmes C2 Air de l’OTAN ont continué d’évoluer et permettent à l’Alliance de faire face à n’importe quel défi ou n’importe quelle menace.

    Compte tenu de la dégradation importante de l’environnement de sécurité euro-atlantique au cours de la décennie écoulée – l’Alliance étant confrontée à des menaces aériennes et missiles de plus en plus diverses et complexes –, l’OTAN a renforcé encore ses activités IAMD pour en préserver la souplesse et l’adaptabilité. Elle a notamment augmenté progressivement la quantité de moyens IAMD disponibles au sein des forces de ses pays et a mis au point de nouveaux processus et nouvelles procédures permettant de faire en sorte que ses forces IAMD soient toujours au bon endroit au bon moment, même en cas de crise en évolution rapide. Une IAMD réactive demeure une pierre angulaire de la crédibilité de l’Alliance, de sa solidarité et de sa cohésion.