Le Dialogue méditerranéen

  • Mis à jour le: 10 Dec. 2021 11:47

Le Dialogue méditerranéen (DM) est un forum de partenariat qui vise à contribuer à la sécurité et à la stabilité dans le voisinage méditerranéen et nord-africain de l’OTAN, et à promouvoir les bonnes relations ainsi que la compréhension entre les pays participants et les pays de l'OTAN. Les pays non OTAN ci-après participent actuellement au Dialogue : Algérie, Égypte, Israël, Jordanie, Mauritanie, Maroc et Tunisie.

 

  • Lancé en décembre 1994, le Dialogue méditerranéen a pour objectif général de contribuer à la sécurité et à la stabilité de la région, d’instaurer une meilleure compréhension mutuelle et de dissiper, dans les pays participants, les idées fausses au sujet de l'OTAN.
  • La zone euro-atlantique et la Méditerranée sont confrontées à de nombreux défis de sécurité communs ; il est donc impossible de faire une distinction entre la sécurité de l’une et la sécurité de l’autre.
  • En 1995, un premier groupe composé de l’Égypte, d’Israël, de la Mauritanie, du Maroc et de la Tunisie a rejoint le Dialogue, suivi de la Jordanie en 1997 et de l’Algérie en 2000.
  • Le Dialogue méditerranéen est un forum unique et souple, qui n’a cessé d’évoluer au fil des ans pour répondre aux changements intervenant dans la région. 
  • Les principes fondamentaux du DM, en revanche, n’ont pas changé : non-discrimination, autodifférenciation, engagement à double sens, non-imposition, diversité et complémentarité avec les autres initiatives internationales pour la région.
  • Le Dialogue méditerranéen repose sur deux piliers : le dialogue politique et la coopération pratique.

 

  • Dialogue politique

    Les menaces pour la sécurité dans les régions de la Méditerranée et de l’Afrique du Nord découlent des conflits qui se propagent à partir d’États défaillants ou fragiles, de l’instabilité due au terrorisme et à des groupes terroristes transnationaux, ou encore de toutes sortes de trafics, de cybermenaces, de menaces chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires (CBRN) et de défis liés à la sûreté maritime. 

    Pour parvenir à une même compréhension des défis de sécurité communs, les participants peuvent dialoguer au niveau bilatéral (OTAN+1) ou multilatéral (OTAN+7) et, ce faisant, créer une communauté de sécurité de part et d’autre de la Méditerranée. Chaque année, des réunions bilatérales et multilatérales ont lieu à différents niveaux (chefs d'État et de gouvernement, ministres de la Défense ou des Affaires étrangères, ambassadeurs, services concernés). Ces discussions sont l’occasion de procéder à un échange de vues sur toute une série de questions de sécurité liées à la région et d’examiner les moyens d’élargir les dimensions politique et pratique du Dialogue méditerranéen. C’est au Comité des partenariats et de la sécurité coopérative de l’OTAN qu’incombe la responsabilité générale du Dialogue méditerranéen. Le Comité se réunit régulièrement au niveau des conseillers politiques pour examiner toutes les questions en rapport avec le Dialogue, et notamment son évolution future. 

    Le Dialogue méditerranéen est fondé sur six principes clés :

    • Non-discrimination : les bases de la coopération et du débat avec l’OTAN sont les mêmes pour tous les partenaires ;
    • Autodifférenciation : le Dialogue permet de choisir une approche adaptée aux besoins propres à chaque partenaire ;
    • Engagement à double sens : le DM est une initiative à double sens, dans laquelle l’Alliance cherche à obtenir des contributions des partenaires pour assurer la réussite du Dialogue, par le biais d’un processus de consultations régulières, et où les partenaires font part de leurs besoins et de leurs objectifs à l'OTAN ;
    • Non-imposition : les partenaires sont libres de choisir le rythme et l'étendue de leur coopération avec l’OTAN ;
    • Diversité : le DM respecte et prend en compte le contexte régional, culturel et politique propre à chaque pays partenaire ; 
    • Complémentarité : l'initiative de l'OTAN complète celles d'autres organisations internationales dans la région.
  • Coopération pratique

    Tous les deux ans, l’OTAN et chaque pays du DM se mettent d'accord sur un document de partenariat bilatéral, intitulé « programme individuel de partenariat et de coopération » (IPCP). Au fil du temps, ce document est devenu de plus en plus ambitieux, et il offre un cadre clair de coopération.

    La coopération pratique est un mécanisme à double sens, chacune des parties profitant de l’expérience et de l’expertise de l’autre. Les pays du DM partagent leur expertise, leurs bonnes pratiques et leurs connaissances avec l’OTAN pour la prévention de l'extrémisme violent et la lutte contre ce phénomène, la protection des infrastructures énergétiques critiques, la défense antimissile ou la cybersécurité, pour ne citer que quelques exemples. Ces échanges sont essentiels pour une meilleure compréhension des menaces communes.

    La formation et l’entraînement militaires représentent la majeure partie de l’agenda de coopération pratique ; plus de 37 domaines de coopération sont proposés à tous les pays du DM au travers d’un menu de coopération partenariale (PCM). Les activités peuvent être variées : réforme du secteur de la sécurité, renforcement des capacités, interopérabilité, résilience face aux menaces CBRN, lutte contre le terrorisme ou encore sûreté maritime. Cette large gamme d'activités vise à aider les participants à faire face aux menaces régionales auxquelles les pays de l’OTAN sont également confrontés. Les activités sont sélectionnées dans des domaines présentant un intérêt tant pour l’OTAN que pour chaque pays du DM, en fonction des spécificités du pays concerné. Elles peuvent porter sur les armes légères et de petit calibre, la cyberdéfense, la modernisation des forces armées, la protection des infrastructures énergétiques critiques ou encore la préparation du secteur civil. Au total, plus d'un millier d'activités sont proposées aux pays de l’OTAN et du DM.

    Les pays du DM participent et contribuent par ailleurs à diverses activités de l’OTAN, notamment à certaines opérations, et ils accueillent des exercices militaires. Ainsi, l’Égypte et le Maroc ont contribué à la Force de mise en œuvre (IFOR)/Force de stabilisation (SFOR) en Bosnie-Herzégovine, la Jordanie et le Maroc ont contribué à la Force pour le Kosovo (KFOR), et la Jordanie a participé à la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS) en Afghanistan, et à l’opération Unified Protector (OUP) en Libye. Les pays du DM ont participé à des exercices militaires de l'OTAN et des Alliés, et la Jordanie a accueilli en 2017 un exercice régional soutenu par l’OTAN, REGEX 2017. En 2020, le Maroc a été le deuxième pays à accueillir cet exercice (REGEX 2020). 

    Participation des pays du DM à REGEX 2017, exercice régional accueilli par la Jordanie et soutenu par l’OTAN.

    Outre le PCM, il existe d'autres programmes de coopération : les pays du DM participent activement au programme pour la science au service de la paix et de la sécurité (SPS) ; la Jordanie et la Tunisie bénéficient de l’initiative de renforcement des capacités de défense et des capacités de sécurité se rapportant à la défense, participent au processus de planification et d'examen du PPP (PARP), et contribuent au cadre pour le développement de l'intégrité (BI) ; la Jordanie, la Mauritanie, le Maroc et la Tunisie participent au programme de renforcement de la formation « défense » (DEEP) ; et plusieurs pays du DM s’entraînent avec les pays de l’OTAN dans le cadre du Centre euro-atlantique de coordination des réactions en cas de catastrophe (EADRCC) ou participent avec eux à des activités du Centre.

    La règle de l’autofinancement s’applique en principe aux activités menées dans le cadre du Dialogue méditerranéen. Les Alliés examinent cependant les demandes d'aide financière visant à soutenir la participation des partenaires aux activités du Dialogue, et autorisent notamment le financement intégral des frais de participation aux activités du DM.

  • Historique

    Depuis sa création, en 1994, le Dialogue méditerranéen a évolué afin de répondre aux changements toujours plus nombreux dans l’environnement politique et de sécurité. La coopération s’est progressivement étendue à toute une série de domaines, et les deux parties ont intensifié les échanges, renforçant ainsi le Dialogue. 

    Établi en juillet 1997, le Groupe de coopération méditerranéenne (MCG) a donné un nouvel élan à l’initiative, tandis que la coopération s’est accrue et que les relations se sont renforcées au travers de plusieurs visites et accords bilatéraux. Le MCG a été remplacé en 2011 par le Comité politique et des partenariats (PPC), lui-même remplacé en 2014 par le Comité des partenariats et de la sécurité coopérative (PCSC).

    Au sommet d’Istanbul, en juin 2004, l’OTAN a invité ses partenaires méditerranéens à établir un cadre plus ambitieux et plus large, en se fondant sur le principe de la coappropriation et en prenant en compte leurs intérêts et besoins particuliers. Le programme de travail annuel du Dialogue Méditerranéen, qui repose sur des domaines prioritaires agréés, est devenu le principal instrument de coopération. 

    À la réunion qu'ils ont tenue à Berlin en avril 2011, les ministres des Affaires étrangères des pays de l'OTAN ont entériné l'établissement d'un menu de coopération partenariale unique pour tous les partenaires, ce qui a considérablement augmenté le nombre d'activités accessibles aux pays du DM.

    Au sommet de l’OTAN tenu à Bruxelles en juin 2021, les chefs d'État et de gouvernement des pays de l'Alliance sont convenus de renforcer les deux piliers que sont le dialogue politique et la coopération pratique avec les pays du Dialogue méditerranéen.


    Photo de groupe du Conseil de l'Atlantique Nord avec les pays du Dialogue méditerranéen à l’occasion du 25e anniversaire du Dialogue, en 2019.