Discours

de M. John Tanner, Président de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN

  • 04 Apr. 2009 -
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  • Mis à jour le: 04 Apr. 2009 14:14

Monsieur le Secrétaire général, Mesdames et Messieurs les chefs d’Etat et de gouvernement,

C’est un grand honneur pour moi de m’adresser à vous en ma qualité de Président de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN.

J’ai en effet le privilège de représenter une organisation où siègent des parlementaires des pays alliés, et en leur nom, j’aimerais évoquer brièvement trois points qui, à leurs yeux, revêtent une importance critique pour l’Alliance et ses pays membres : la mission en Afghanistan, les relations avec la Russie et la nécessité d’un nouveau concept stratégique. Je pense qu’à cet égard les membres de l’Assemblée peuvent jouer un rôle majeur aux côtés des autorités gouvernementales dans la concrétisation de ces objectifs communs.

La mission en Afghanistan est le problème le plus grave qui se pose aujourd’hui à l’Alliance. La présence de l’OTAN en Afghanistan met en exergue la transformation politique et militaire de l’OTAN.

Nos valeureux soldats - hommes et femmes - sur le terrain  sont compétents, déterminés et professionnels. Mais ils ne sont pas assez nombreux et trop souvent bridés dans l’exécution de leurs tâches par des clauses restrictives nationales.  L’Assemblée est pleinement consciente de ces problèmes et fera tout ce qui est en son pouvoir pour vous aider à les résoudre.

Notre Alliance est scellée par des valeurs communes : démocratie, liberté individuelle, droits de l’Homme et primauté du droit. Nous ne pouvons pas laisser l’Afghanistan redevenir un havre pour ceux qui  cherchent à  détruire les sociétés basées sur ces valeurs et ces principes fondamentaux.

Nous devons aider à apporter la stabilité en Afghanistan. Nous devons convaincre l’opinion publique de la nécessité de soutenir cette mission.

L’Assemblée peut, en l’occurrence, jouer un grand rôle, nos membres étant inéluctablement impliqués dans le débat public sur l’Afghanistan. Nous devons expliquer clairement que ce n’est pas juste la réputation de l’OTAN qui est en jeu mais l’avenir du peuple afghan ainsi que la crédibilité de toute la communauté internationale ― y compris l’Union européenne et les Nations unies .

J’en viens à la Fédération de Russie. Manifestement, ses intérêts ne coïncident pas toujours avec les nôtres, mais il en va différemment dans quelques domaines importants, et c’est sur la base de ces intérêts stratégiques communs que nous devons bâtir nos relations avec elle. Nous devons toutefois lui signifier clairement qu’elle ne saurait exercer un quelconque veto sur les politiques de ses voisins. La Russie doit comprendre que l’élargissement de l’Alliance ne menace personne. Les Alliés sont de bons voisins et les nouveaux membres ne font que promouvoir la stabilité euro-atlantique et régionale – ce qui est dans l’intérêt de tout le monde.

L’Assemblée parlementaire de l’OTAN continuera d’œuvrer à l’instauration de relations constructives avec la Russie ; à cet effet, elle mettra à profit les solides liens qui l’unissent à la Douma d’Etat et au Conseil de la Fédération. Elle continuera à travailler à la compréhension commune des dangers auxquels nous sommes tous confrontés et à la définition de la meilleure parade collective.                           

Enfin, il est inutile de vous rappeler que le concept stratégique en vigueur a été adopté en 1999. Les membres de l’Assemblée sont convaincus que l’OTAN, pour rester pertinente, doit l’actualiser. Ils poursuivent à ce sujet une réflexion qui, selon eux, peut apporter une contribution majeure au nouveau concept. Ils seront heureux de vous présenter ultérieurement le résultat de leurs travaux qui attestent de leurs préoccupations en tant que législateurs alliés .

J’ose espérer que vous prendrez ces réflexions très au sérieux car les parlementaires jouent un rôle primordial dans le fonctionnement de l’Alliance. Ils votent le budget de la défense, autorisent l’engagement des forces armées nationales dans des opérations militaires,  ratifient les traités et leurs amendements, et impliquent l’opinion publique dans un débat démocratique sur ces sujets.

Ils peuvent aussi relayer le message de l’OTAN, dont ils incarnent les principes démocratiques et dont ils peuvent parfaitement défendre les idéaux et les valeurs ailleurs dans le monde, là où la réputation de l’OTAN reste alimentée, semble-t-il, par les stéréotypes désuets de la Guerre froide.

Dans nos pays, les parlementaires peuvent expliciter les rôles et les missions de l’OTAN, recenser les sujets de préoccupation de leurs électeurs et les transmettre à nos gouvernements respectifs.

L’Assemblée a montré au fil du temps que la coopération interparlementaire renforçait la coopération intergouvernementale.

Mesdames et Messieurs, j’ai bien conscience des défis auxquels l’Alliance doit faire face en matière de sécurité. Mais je suis confiant dans son aptitude à relever ces défis et à sortir plus forte encore des épreuves. L’Assemblée parlementaire de l’OTAN fera tout ce qui est en son pouvoir pour vous aider dans cette entreprise, et je veux croire que vous continuerez à voir en elle un partenaire aussi fiable qu’utile pour les 60 prochaines années de l’Alliance et même au-delà.