Déclaration des ministres de la Défense des pays de l’OTAN

diffusée à l’issue de leurs réunions tenues à Bruxelles les 10 et 11 juin 2010

  • 11 Jun. 2010
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  • Communiqué de presse (2010) 079
  • Issued on 11 Jun. 2010
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  • Mis à jour le: 11 Jun. 2010 10:12

  1. Nous, ministres de la Défense des pays de l’Alliance, rendons hommage, avec nos partenaires de la FIAS et de la KFOR, au professionnalisme et au sens du devoir des femmes et des hommes de pays de l'Alliance et des autres pays qui participent aux missions et aux opérations de l'OTAN. Nous exprimons notre profonde sympathie aux familles et aux proches de ceux qui ont perdu la vie et à ceux qui ont été blessés.
  2. Nous restons pleinement engagés envers l’Afghanistan, qui demeure la priorité essentielle de l’Alliance, afin de garantir que ce pays ne soit plus jamais un sanctuaire pour le terrorisme et de contribuer, avec nos partenaires au sein de la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS) sous mandat des Nations Unies, à offrir un meilleur avenir au peuple afghan.
  3. Les opérations que nous menons en Afghanistan enregistrent des progrès mesurés, s’agissant d’étendre l’influence du gouvernement afghan, de faire évoluer la situation politique et de marginaliser l’insurrection, y compris dans le cadre des efforts particuliers réalisés dans le centre de la province du Helmand et à Kandahar. Des défis majeurs subsistent, et le succès n’est pas encore garanti, mais nous sommes encouragés par les résultats récents.
  4. Tous les pays participant à la FIAS partagent avec le gouvernement afghan une même détermination à créer les conditions qui permettront à l’Afghanistan de prendre en charge sa propre sécurité. Nous avons salué l’amélioration significative des capacités des forces de sécurité nationales afghanes, et nous sommes déterminés à mettre à disposition les formateurs nécessaires pour soutenir ces progrès réguliers. Le transfert de responsabilité aux Afghans constitue une part cruciale de l’ensemble de nos activités, notamment les efforts de lutte contre l’insurrection, et il préfigure une évolution progressive vers davantage de formation à long terme, de partenariat et de renforcement des capacités. Notre engagement est par conséquent un engagement durable. À notre réunion, nous avons souligné l'importance de nos partenaires et de leurs contributions à nos efforts conjoints en Afghanistan.
  5. Nous saluons les efforts réalisés par le gouvernement afghan pour que se concrétisent les perspectives de réconciliation nationale et de réintégration, et nous attendons avec intérêt les résultats de la conférence de Kaboul, où le gouvernement de l'Afghanistan prendra de nouvelles mesures visant à tenir ses engagements, en particulier concernant la gouvernance et la lutte contre la corruption.
  6. Nous avons examiné la situation dans les Balkans occidentaux, et en particulier au Kosovo, avec nos partenaires de la KFOR. Malgré des incidents sporadiques, la situation générale de sécurité au Kosovo reste globalement stable. La réaction aux troubles qui se sont produits récemment à Mitrovica a montré à la fois la nécessité d’une vigilance permanente et l’accroissement des capacités de la police du Kosovo. Nous nous sommes félicités de la réussite du transfert de la responsabilité principale de la sécurité du premier des sites patrimoniaux, de la KFOR à la police du Kosovo, et nous sommes totalement favorables à de nouveaux transferts là où et quand les conditions le permettront. Nous avons examiné la voie à suivre pour parvenir à une décision, le moment venu, sur l’étape suivante du passage conditionnel de la KFOR à un dispositif dissuasif plus limité et plus mobile. Ensemble, nous maintiendrons la capacité de la KFOR d’accomplir sa mission tout au long du processus de transition.
  7. Nos partenaires se sont également joints à nous pour affirmer que nous restons attachés à la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies sur les femmes, la paix et la sécurité, en entérinant sa mise en application permanente dans le cadre des opérations et des missions dirigées par l’OTAN.
  8. La crise financière a de graves incidences sur les dépenses de défense de nombreux pays de l'Alliance et, de ce fait, il est plus important que jamais que l'argent des contribuables de nos pays soit dépensé aussi judicieusement que possible. Nous restons pleinement déterminés à maintenir la capacité de réaliser la vocation essentielle de l’Alliance et à mener toute la gamme de ses missions, aujourd'hui comme à l’avenir. Nous relèverons ces défis en poursuivant la transformation, en menant de profondes réformes, en définissant des priorités claires, en déterminant où des économies seraient possibles, en renforçant et en modernisant la gouvernance financière et en fournissant les ressources nécessaires.
  9. Dans le prolongement du nouvel élan de réforme donné lors de notre réunion précédente, tenue à Istanbul, nous avons examiné un certain nombre de propositions qui concernent la réforme de la structure de commandement de l’OTAN, ainsi que des agences et du siège de l’Organisation. L’objectif est de rendre nos structures aussi performantes et efficaces que possible, de telle sorte qu’elles puissent répondre avec souplesse aux défis et aux impératifs de sécurité en constante évolution auxquels l’Alliance doit faire face, sur la base du nouveau concept stratégique qui doit être adopté par nos chefs d’État et de gouvernement au sommet de Lisbonne. Ces propositions vont être développées et elles seront soumises à notre examen lors de notre prochaine réunion, en octobre.
  10. Dans le cadre de ces travaux de réforme, nous avons décidé de poursuivre la transformation de nos forces et de nos capacités afin de les rendre plus déployables, soutenables et interopérables, pour que nous soyons prêts à faire face aux défis actuels et futurs, en nous appuyant sur le nouveau processus OTAN de planification de défense. Dans ce contexte, nous avons pris note de propositions prévoyant que nous concentrions nos efforts sur les capacités qui répondent aux besoins les plus urgents de l’Alliance. Nous continuerons de démontrer la capacité de l'Alliance de donner une assurance visible de l'engagement de l'OTAN envers la défense collective. Nous sommes déterminés à faire en sorte que nos décisions sur nos programmes et budgets nationaux de défense tiennent compte de ce dont nous avons besoin en tant qu’Alliance. Nous continuerons d’examiner les possibilités de coopération multinationale et de faire les investissements susceptibles de nous aider à répondre aux besoins opérationnels urgents de la manière la plus efficace possible. Nous avons accordé une importance particulière à nos efforts visant à lutter contre la pose de bombes en bord de route, à accroître la disponibilité d’hélicoptères capables d’opérer dans des environnements exigeants, à améliorer la fourniture de services médicaux à nos forces déployées et à rendre l’Alliance mieux en mesure d’obtenir des résultats en matière de stabilisation et de reconstruction. Dans ce contexte, nous avons demandé que soient préparées, pour que nous les examinions en octobre, des directives politiques sur les moyens de renforcer la participation de l’OTAN à la stabilisation et à la reconstruction. Nous sommes en outre résolus à accroître notre interaction avec l’Union européenne dans le domaine des capacités, conformément au cadre de coopération agréé entre les deux organisations.
  11. Nous avons examiné la possibilité d’étendre le rôle du programme OTAN de défense contre les missiles de théâtre, au‑delà de la protection des forces déployées de l’OTAN, à la défense antimissile territoriale. Si les Alliés décident, au sommet de Lisbonne, de développer une capacité de défense antimissile pour l’OTAN qui permette d’assurer la protection de la population et du territoire des pays européens de l’Alliance contre la menace croissante que représente la prolifération des missiles balistiques, un programme étendu de défense contre les missiles de théâtre pourrait constituer l’ossature de commandement, de contrôle et de communication d’un tel système. L'approche adaptative phasée des États-Unis contribuerait utilement à cette capacité. Cela s’inscrirait dans le cadre de la mission fondamentale de l’OTAN qu’est la défense collective. Nous avons également souligné la possibilité d’une coopération avec les partenaires, notamment la Russie, en matière de défense antimissile.
  12. Nous avons également rencontré nos homologues ukrainien et géorgien. À la réunion de la Commission OTAN-Géorgie, nous avons eu un échange de vues sur la situation de sécurité dans le Sud-Caucase et sur les résultats qu’ont permis d’obtenir les réformes de défense de la Géorgie, et nous avons salué la contribution significative de ce pays à la FIAS. À la réunion de la Commission OTAN-Ukraine, nous avons eu un échange de vues avec le nouveau ministre ukrainien de la Défense, notamment sur les façons de renforcer notre coopération en matière de défense, et nous avons salué la contribution que l’Ukraine continue d’apporter à la plupart de nos opérations.