Système de commandement et de contrôle aériens (ACCS) de l’OTAN

  • Mis à jour le: 01 Feb. 2016 11:02

Le programme ACCS (système de commandement et de contrôle aériens) de l'OTAN dotera l'Alliance d'un système unique et intégré de commandement et de contrôle aériens pour la gestion des opérations aériennes à l'intérieur et à l'extérieur de la zone euro-atlantique.


Points Principaux

  • L'ACCS de l'OTAN va remplacer un large éventail de systèmes aériens de l'OTAN et des pays actuellement en service dans toute l'Alliance.
  • Il fournira un système de commandement et de contrôle aériens unifié qui permettra à l'OTAN et aux pays membres de gérer tous types d'opérations aériennes, tant au-dessus du territoire des pays européens de l'OTAN que lors de déploiements hors zone.
  • Une fois pleinement déployé, l'ACCS de l’OTAN couvrira 10 millions de km² d'espace aérien et reliera entre eux plus de 20 centres militaires de contrôle aérien.
  • L'ACCS de l'OTAN en pratique

    L'ACCS de l'OTAN sera l'un des principaux piliers du système OTAN de défense aérienne et antimissile intégrée (NATINAMDS), dont l'objet est de sauvegarder et de protéger le territoire, les populations et les forces des pays de l'Alliance contre toute menace ou attaque aérienne ou de missile.

    Pour la première fois, toutes les opérations aériennes de l'OTAN (police du ciel comprise) bénéficieront d'un système unifié faisant usage d’une base de données unique à la fois cohérente et sécurisée.

    L'ACCS de l'OTAN intégrera, entre autres, les fonctions de contrôle des missions aériennes, de contrôle de la circulation aérienne, de surveillance de l'espace aérien, de gestion de l'espace aérien, de gestion des ressources de commandement et de contrôle (C2) ainsi que de gestion des forces.

    Le système est conçu de façon à faciliter l'ajout de fonctions, l'exécution des mises à niveau nécessaires et la prise en compte de nouveaux besoins liés aux opérations, comme celles de défense contre les missiles de théâtre.

    Placées sous le commandement tactique du Quartier général du Commandement aérien allié (QG de l'AIRCOM), de telles opérations seront menées à partir de toute une série d'installations fixes et déployables. Le QG de l'AIRCOM bénéficie du soutien de deux centres multinationaux d'opérations aériennes (CAOC), l'un à Torrejón (Espagne) et l'autre à Uedem (Allemagne), et aussi d'un centre déployable de commandement et de contrôle aériens (DACCC), situé à Poggio Renatico (Italie).

    Les deux CAOC se composent chacun de deux éléments : un centre fixe de défense aérienne (SADC) responsable de la police du ciel, et un centre déployable d'opérations aériennes (DAOC), qui soutient les opérations. Le DAOC est axé sur l'élaboration de plans de combat et sur la conduite d'opérations de combat. 

    En juillet 2015, le système ACCS a franchi une étape importante lorsque la première station ACCS de l’OTAN a été mise en service à Poggio Renatico. Le 17 juin 2015 a eu lieu la première mission de police du ciel en conditions réelles contrôlée à l’aide de l’ACCS de l’OTAN. L’ordre de décollage a été donné par le CAOC de Torrejón (Espagne) à deux avions Eurofighter Typhoon opérant sous le contrôle de la station ACCS de Poggio Renatico. D'autres stations OTAN et nationales suivront en 2016 et dans les années à venir. 

    Une fois qu’il sera pleinement déployé, l'ACCS couvrira 10 millions de km² d’espace aérien. En reliant entre eux plus de 20 centres militaires de contrôle aérien et en mettant à la disposition de l’ensemble des opérateurs aériens de l’OTAN une large gamme d’outils nouveaux et modernes, l’ACCS améliorera grandement l’efficacité des opérations aériennes de l’Alliance. 

    À l'avenir, l'ACCS réalisera l'intégration des capacités de commandement et de contrôle de la défense antimissile et sera interopérable avec la capacité alliée de surveillance terrestre (AGS) et avec celle de renseignement, surveillance et reconnaissance interarmées (JISR).

    Déployabilité

    Le programme ACCS de l'OTAN fournira des capacités déployables à l'appui des opérations hors zone de l'Organisation. Le centre de contrôle aérien déployable (DARS) est un élément tactique sous abri et mobile de l'ACCS de l'OTAN capable de soutenir toute opération hors zone de l'Alliance et facilement transportable par voies terrestre, aérienne et maritime. Le DARS a atteint sa capacité opérationnelle initiale le 12 juin 2015.

    Partage de l'information

    L'ACCS de l’OTAN est constitué de plusieurs systèmes dédiés nationaux et OTAN mutualisant leurs ressources et leurs capacités pour donner naissance à un nouveau système, plus complexe, plus fonctionnel et plus performant.

    Ce nouveau système permettra de mieux partager l'information et les données relatives à la connaissance de la situation entre des stations décentralisées, favorisant ainsi la collaboration. Il partagera aussi les informations avec une multitude d'organismes externes (de circulation aérienne civile, par exemple).

  • Étendue du programme

    Globalement, le programme ACCS de l'OTAN comprend les éléments suivants :

    • environ 300 sites de surveillance aérienne connectés à plus de 40 types de radars différents ;
    • environ 16 interfaces, liaisons et types de données standard de base ;
    • environ 550 systèmes externes répartis sur 800 emplacements avec 6 500 interfaces physiques ;
    • 81 millions de kilomètres carrés de théâtres d'opérations (sans compter les capacités déployables), depuis l'extrême nord de la Norvège jusqu'à l'extrême sud de la Turquie ;
    • plus de 13 millions de lignes de codes logiciels intégrés et fournis ;
    • 27 sites opérationnels et éléments déployables ;
    • 142 rôles d'opérateur, plus de 450 postes et plus de 60 serveurs ; -
    • environ 200 produits commerciaux sur étagère servant d'outils opérationnels.
  • Gestion

    L'Agence OTAN d'information et de communication (NCIA) est chargée de l'acquisition de l'ACCS de l'OTAN et de sa fourniture aux responsables opérationnels.

    Le Bureau de programme et de services de commandement et de contrôle aériens (AirC2 PO&S) de la NCIA, avec à sa tête un directeur, a été créé à partir d'un certain nombre d'anciens organes de l'OTAN suite à la réforme des agences de l'OTAN en 2012. La réorganisation s'inscrit dans le cadre d'un processus de réforme en cours à l'OTAN, dont le but est de renforcer l'efficacité et l'efficience de la fourniture des capacités et des services, de parvenir à une meilleure synergie entre les fonctions similaires, et de développer la transparence et la responsabilisation.

    L'AirC2 PO&S a pour mission de superviser les programmes C2 Air de l'OTAN et se compose d'experts des pays de l'OTAN, dont la majorité ont des compétences dans les disciplines suivantes : acquisition d'équipements de défense, ingénierie systèmes et conception de logiciels, opérations, logistique, assurance qualité, gestion de la configuration, communications, essais et évaluations, technologies de l'information, et sécurité de l'information. L'AirC2 PO&S est actuellement installé sur le site du siège de l'OTAN à Bruxelles (Belgique) et sur deux sites de l'Agence OTAN d'information et de communication (NCIA), à savoir La Haye (Pays-Bas) et Glons (Belgique).

  • Évolution

    Il y a cinquante ans, les pays membres de l'OTAN ont pris conscience du fait que la protection de leur espace aérien pourrait être assurée plus efficacement s'ils travaillaient en coopération. Ils ont délégué le contrôle opérationnel des missions de police du ciel – même en temps de paix – au commandant suprême des forces alliées en Europe (SACEUR). Les différents éléments du système de commandement et de contrôle aériens nécessaire – moyens de surveillance, réseaux de commandement et de contrôle, systèmes d'armes basés au sol et avions intercepteurs – opèrent de manière cohérente avec les moyens de l'OTAN et ceux des pays dans le cadre d'une approche collective et globale.

    Le système OTAN de défense aérienne intégrée (NATINADS), aujourd'hui appelé système OTAN de défense aérienne et antimissile intégrée (NATINAMDS), a été le premier exemple de ce que l'on a plus récemment baptisé la « défense intelligente » – une initiative de coopération multinationale destinée à fournir les capacités nécessaires pour assurer une protection et un soutien 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 aux missions de police du ciel.

    Les systèmes doivent bien entendu s'adapter à l'évolution de la situation politique et de la menace. Ainsi, les moyens aujourd'hui nécessaires pour assurer la défense de l'Alliance doivent tenir compte du large éventail des menaces apparues depuis la fin de la Guerre froide, il y a plus de vingt ans. Les missiles balistiques, les missiles de croisière, les avions furtifs et les avions civils détournés pour servir d'armes sont venus s'ajouter au spectre de la menace, et la capacité requise pour mener des opérations en dehors du territoire des pays de l'OTAN nécessite des systèmes plus souples et déployables.

    L'espace aérien est une ressource partagée par le secteur civil et par le secteur militaire ; sa gestion doit donc être étroitement coordonnée. Les initiatives civiles comme le ciel unique européen ou NEXTGEN, en Amérique du Nord, vont entraîner des changements dans la politique et les procédures de gestion de l'espace aérien. NEXTGEN est un terme générique désignant la transformation que subit actuellement le système de gestion de l'espace aérien des États-Unis.