La protection des enfants en temps de conflit armé

  • Mis à jour le: 12 Jul. 2018 10:22

Les enfants sont affectés à bien des égards par les conflits armés. Ils sont tués ou mutilés, recrutés ou utilisés comme soldats, exploités sexuellement ou enlevés, leurs écoles et leurs hôpitaux sont attaqués, et ils n’ont pas accès aux services humanitaires. L'OTAN reconnaît que la protection des enfants contre les effets des conflits armés est à la fois un impératif moral et un élément essentiel pour rompre le cycle de la violence. Dans le cadre de l'action menée par la communauté internationale au sens large, l'OTAN prend des mesures pour résoudre ce problème.

Credit: UNICEF

 

Points principaux

  • L’OTAN a élaboré une politique intitulée « La protection des enfants dans les conflits armés – voie à suivre » en étroite coopération avec l’Organisation des Nations Unies (ONU).
  • Ce document donne des directives claires pour que la résolution 1612 et les résolutions connexes du Conseil de sécurité de l'ONU soient davantage intégrées dans la doctrine, la formation, l'entraînement et les exercices militaires de l'Alliance, ainsi que dans les missions et les opérations dirigées par l’OTAN.
  • L'OTAN dispose d'un point de liaison principal pour les enfants dans les conflits armés, et des points de liaison pour les enfants dans les conflits armés ont été désignés dans toute la structure de commandement de l'OTAN.
  • En Afghanistan, la mission Resolute Support de l'OTAN soutient activement l'action de l'ONU et de la communauté internationale visant à protéger les enfants des effets des conflits armés.
  • En avril 2016, un conseiller principal pour la protection des enfants dans les conflits armés a pour la première fois été déployé dans le cadre d'une mission dirigée par l'OTAN, en l'occurrence la mission Resolute Support.

Pour en savoir plus

  • Le cadre politique

    La question de la protection des enfants en temps de conflit armé, dans le cadre d'opérations ou de missions dirigées par l'OTAN, a été examinée pour la première fois par les dirigeants des pays de l’Alliance au sommet de Chicago, en 2012. À cette occasion, l'OTAN a décidé de mettre au point des mesures concrètes axées sur le terrain, afin de lutter contre les violations commises contre les enfants en temps de conflit armé.

    Quelques mois plus tard, l'OTAN a adopté ses premières lignes directrices militaires sur les enfants dans les conflits armés. Ces lignes directrices présentaient un vaste cadre pour l'intégration de la résolution 1612 et des résolutions connexes du Conseil de sécurité de l'ONU dans les activités opérationnelles, ainsi que dans la formation et l'entraînement. Peu après, le Conseil de l'Atlantique Nord a désigné, au sein du Secrétariat international de l'OTAN, le secrétaire général adjoint pour les opérations en tant que point de liaison principal de l'OTAN pour les enfants dans les conflits armés. Le point de liaison principal est chargé de maintenir un dialogue étroit avec l'ONU sur ce sujet.

    L'OTAN a également mis au point un module de formation en ligne sur la protection des enfants, destiné aux troupes déployées. Conçu en collaboration avec l'ONU en 2013, cet outil en ligne est accessible à l'ensemble des Alliés et des pays partenaires. Il présente les six violations graves commises contre des enfants qui ont été recensées par le secrétaire général de l’ONU, ainsi que les cadres juridiques applicables en matière de protection des enfants dans les conflits armés.

    Au sommet du pays de Galles, en 2014, les dirigeants des pays de l'OTAN ont décidé que l'Alliance devrait faire en sorte d'être suffisamment préparée, quel que soit le moment ou l'endroit où la question des enfants et des conflits armés se pose. En exécution de ce mandat, l'OTAN, en coopération étroite avec l'ONU, a élaboré le document d'orientation intitulé « La protection des enfants dans les conflits armés – Voie à suivre ». Approuvé par le Conseil de l'Atlantique Nord en mars 2015, ce document donne des directives supplémentaires pour que la résolution 1612 et les résolutions connexes du Conseil de sécurité de l'ONU soient davantage intégrées dans la doctrine, la formation, l'entraînement et les exercices militaires de l'Alliance, ainsi que dans les missions et les opérations dirigées par l’OTAN.

    Le document contient une série de grandes priorités, dont les suivantes :

    • l'OTAN doit soutenir les efforts déployés par l'ONU pour surveiller les cas de violations graves commises à l’encontre d'enfants dans des conflits armés ;
    • lorsqu'ils participent à des opérations ou à des missions dirigées par l'OTAN, les responsables et les personnels militaires doivent être formés à déceler les cas possibles de violations graves recensées par le secrétaire général de l’ONU et à y réagir ;
    • lorsqu'elle forme des forces locales, l'OTAN doit veiller à ce que la question de la protection des enfants touchés par des conflits armés reçoive l'attention voulue ; l'OTAN doit en outre encourager l'utilisation de mécanismes de signalement et de surveillance adéquats axés sur les six violations graves ;
    • des instructions permanentes pour le signalement des cas de violations doivent être mises au point.
  • Des mesures concrètes

    Des procédures standard pour la surveillance et le signalement des six violations graves dans le cadre de missions ou d'opérations dirigées par l'OTAN ont été élaborées en concertation avec les organisations non gouvernementales (ONG) et les responsables de l'information concernés. En Afghanistan, le mécanisme de signalement existant est en cours de modernisation, le but étant d'améliorer le partage d'informations avec l'ONU. 

    La question du sort des enfants en temps de conflit armé est actuellement intégrée dans les scénarios d'exercices militaires de l'OTAN. En d'autres termes, les commandants OTAN sont formés à réagir lorsque sont commises une ou plusieurs des six violations graves.
    Des points de liaison pour les enfants dans les conflits armés ont été désignés dans toute la structure de commandement de l'OTAN. Leur rôle consiste à appuyer l'intégration des lignes directrices militaires sur les enfants dans les conflits armés dans la formation, les exercices et la planification de missions.

    En coopération avec les ONG et les organisations internationales concernées, ces points de liaison sont formés à la protection des enfants et aux droits de l'homme – notamment aux droits de l'enfant –, et ils sont sensibilisés à la résolution 1612 et aux résolutions connexes du Conseil de sécurité de l'ONU.

    En Afghanistan, la mission Resolute Support de l'OTAN, dont le but est de former, de conseiller et d'aider les forces de défense et de sécurité nationales afghanes (ANDSF), appuie activement l'action de l'ONU et de la communauté internationale en faveur de la protection des enfants.

    La mission Resolute Support a récemment revu sa formation concernant le sort des enfants dans les conflits armés afin de s'assurer que les ANDSF sont conscientes de leur obligation de protéger les enfants. À cette fin et pour la première fois, en avril 2016, un conseiller spécial pour la protection des enfants dans les conflits armés a été déployé dans le cadre d'une mission dirigée par l'OTAN. Enfin, les responsables de l'OTAN continuent de mettre à profit leur dialogue politique et militaire avec les hauts responsables afghans pour appeler l'attention sur la question de la protection des enfants.