Défense antimissile balistique

  • Mis à jour le: 24 May. 2018 13:46

La prolifération des missiles balistiques représente une menace croissante pour les populations, le territoire et les forces des pays de l'OTAN. De nombreux pays disposent déjà de missiles balistiques ou s’emploient à développer ou à acquérir cette technologie. La défense antimissile balistique (BMD) de l’OTAN fait partie intégrante de la réponse de l’OTAN à cette menace croissante et de sa tâche fondamentale de défense collective.

 

Points principaux

  • (BMD) territoriale pour mener à bien la tâche fondamentale de l'OTAN qu'est la défense collective.
  • L'Alliance a le devoir de protéger les populations, le territoire et les forces des pays européens de l'OTAN face à la prolifération croissante des missiles balistiques et aux menaces émanant de l'extérieur de la zone euro-atlantique.
  • La BMD de l’OTAN est purement défensive. Elle représente un investissement à long terme face à une menace sécuritaire à long terme.
  • En juillet 2016, les Alliés ont déclaré la capacité opérationnelle initiale de la BMD de l’OTAN, qui offre une capacité renforcée pour défendre les populations, le territoire et les forces de toute la partie méridionale de l'Europe OTAN contre une attaque potentielle de missiles balistiques.
  • La capacité BMD de l'OTAN combine moyens financés en commun par tous les Alliés ainsi que contributions volontaires apportées par certains d’entre eux à titre individuel.
  • Plusieurs Alliés ont déjà apporté leurs contributions ou entrepris de développer ou d'acquérir de nouveaux moyens BMD, tels que des navires modernisés dotés de radars BMD, des systèmes de défense aérienne et antimissile basée au sol, ou encore des capacités avancées de détection et d'alerte.

Pour en savoir plus

  • Introduction et composantes

    Introduction

    Au sommet de Lisbonne en novembre 2010, les dirigeants des pays de l'OTAN ont décidé de développer une capacité BMD territoriale. L’Alliance a alors décidé d’étendre la portée de son programme de défense active multicouche contre les missiles balistiques de théâtre (ALTBMD) déjà en cours au-delà de la protection des forces déployées par l'OTAN en vue d’assurer également la défense antimissile territoriale.

    Au sommet de Chicago, en mai 2012, l’Alliance a déclaré que la capacité BMD intérimaire de l'OTAN était atteinte. Cette capacité constitue une première étape significative, sur le plan opérationnel, et offre une couverture maximale dans la limite des moyens disponibles pour défendre les populations, le territoire et les forces des pays de l'OTAN de toute la partie méridionale de l'Europe contre une attaque potentielle de missiles balistiques.

    En juillet 2016, les Alliés ont déclaré l’atteinte de la capacité opérationnelle initiale de la BMD de l’OTAN, qui offre une capacité renforcée pour défendre les populations, le territoire et les forces de toute la partie méridionale de l'Europe OTAN contre une attaque potentielle de missiles balistiques.

    L'objectif ultime de la BMD de l'OTAN est d'assurer la couverture totale et la protection de l'ensemble des populations, du territoire et des forces des pays européens de l’OTAN contre les menaces croissantes qu'engendre la prolifération des missiles balistiques. Cette couverture s'appuie sur les principes de l’indivisibilité de la sécurité des Alliés et de la solidarité au sein de l’OTAN, du partage équitable des risques et des charges, ainsi que de l’effort raisonnable. Elle tient compte également du niveau de la menace, de la soutenabilité financière et de la faisabilité technique, et des dernières évaluations communes de la menace agréées par l’Alliance. Si les efforts internationaux devaient permettre de réduire les menaces qu'engendre la prolifération des missiles balistiques, la défense antimissile de l'OTAN pourra être adaptée en conséquence, et elle le sera.

    Composantes

    La BMD de l'OTAN s’appuie sur des contributions nationales volontaires, notamment des intercepteurs et des capteurs à financement national, sur des accords de stationnement, et sur l'élargissement de la capacité de défense active multicouche contre les missiles balistiques de théâtre (ALTBMD). Seuls les systèmes de commandement et de contrôle de l’ALTBMD et leur élargissement à la défense territoriale sont admissibles au financement commun.

    Les États-Unis contribuent à la BMD de l'OTAN au travers de leur programme d'approche adaptative phasée pour la défense antimissile en Europe (EPAA). La Turquie héberge un radar BMD américain à Kürecik ; la Roumanie héberge une station Aegis Ashore des États-Unis sur la base aérienne de Deveselu (station déclarée opérationnelle le 12 mai 2016) ; l’Allemagne héberge le centre de commandement sur la base aérienne de Ramstein ; la Pologne hébergera une autre station Aegis Ashore à la base militaire de Redzikowo. En outre, dans le contexte de l'EPAA, l'Espagne accueille quatre navires Aegis multimissions dotés de capacités BMD dans sa base navale de Rota. Tous ces moyens constituent des contributions nationales volontaires et font partie intégrante de la capacité BMD de l'OTAN.

    Plusieurs pays de l'Alliance mettent actuellement à disposition des systèmes supplémentaires de défense aérienne et antimissile basée au sol (notamment des systèmes Patriot ou SAMP/T) ou des navires complémentaires pour la protection d'autres moyens BMD. D'autres sont également en train de mettre au point ou d'acquérir des moyens dotés de capacités BMD qui pourraient, à terme, être mis à disposition pour la BMD de l'OTAN.

  • Mécanismes

    Le Comité de la politique et des plans de défense (renforcé) (DPPC(R)) est l'organe de haut niveau relevant du Conseil de l'Atlantique Nord qui supervise et coordonne toutes les activités visant à développer la capacité BMD de l'OTAN au niveau politico-militaire. Il donne également des orientations et des avis politico-militaires sur la BMD de l'OTAN.

    La Conférence des directeurs nationaux des armements (CDNA) est le comité de haut niveau responsable du programme BMD, dont le but est de développer les fonctionnalités techniques dont les planificateurs et opérateurs BMD ont besoin.

    Les autorités militaires de l'OTAN sont responsables de la mise au point d'un cadre doctrinal militaire pour la BMD et pour la planification, la formation et l'exécution opérationnelles dans ce domaine.

    Le Comité de défense aérienne et antimissile (AMDC) est le comité de haut niveau chargé de définir les grandes orientations de la défense aérienne et antimissile intégrée (IAMD) de l'OTAN.

    Plusieurs autres comités de haut niveau de l'OTAN traitent de la BMD de l'OTAN dans des contextes plus larges, comme les plans civils d'urgence ou la gestion de crise.

  • Évolution

    Le grand document d'orientation qui définit le cadre des activités de l'OTAN dans le domaine de la BMD est le concept stratégique de 2010. En outre, la BMD est un élément important de la revue 2012 de la posture de dissuasion et de défense.

    Le concept stratégique stipule notamment que « la prolifération des armes nucléaires, d’autres armes de destruction massive et de leurs vecteurs pourrait avoir des conséquences incalculables pour la stabilité et la prospérité mondiales. Au cours des dix années à venir, cette prolifération sera au plus haut dans certaines des régions les plus volatiles du monde. » En conséquence, l'OTAN « développera sa capacité à protéger les populations et le territoire de ses pays membres contre une attaque de missiles balistiques, en tant qu’un des éléments centraux de la défense collective, qui contribue à la sécurité, indivisible, de l'Alliance. » En tant que capacité défensive, la BMD sera un élément d'une réponse plus large à la menace que représente la prolifération des missiles balistiques.

    Il est également indiqué dans la revue 2012 de la posture de dissuasion et de défense que la défense antimissile peut venir compléter le rôle des armes nucléaires dans la dissuasion, mais elle ne peut pas s'y substituer. Cette capacité est purement défensive et est mise en place à la lumière des menaces provenant de l'extérieur de la région euro-atlantique. Les capacités de défense antimissile de l’OTAN devraient à la fois compliquer les plans d’un adversaire et limiter l'ampleur des dégâts. Une défense antimissile efficace pourrait aussi offrir une marge décisionnelle utile en temps de crise. À l’instar d'autres systèmes d’armes, les capacités de défense antimissile ne peuvent garantir une efficacité totale et pérenne. La capacité OTAN de défense antimissile, de pair avec des forces nucléaires et conventionnelles efficaces, montrera notre détermination à assurer la dissuasion et la défense contre toute menace pour la sécurité et la sûreté de nos populations qui proviendrait de l’extérieur de la région euro-atlantique.

    Au sommet de Lisbonne en 2010, les dirigeants des pays de l'Alliance sont convenus de traiter la défense antimissile balistique de manière holistique en développant un système OTAN de défense aérienne et antimissile intégrée (NATINAMDS). Le NATINAMDS est basé sur le système OTAN de défense aérienne intégrée (NATINADS) qui existait précédemment, auquel ont été ajoutés de nouveaux éléments BMD.

    Depuis 2003, l’OTAN et la Russie ont engagé des discussions et des activités en lien avec la défense contre les missiles balistiques de théâtre (TBMD) sous l'égide du Conseil OTAN-Russie (COR). À partir de 2010, ces discussions et activités se sont étendues à la BMD territoriale. L'OTAN et la Russie ont examiné les domaines de coopération possibles dans ce domaine. Toutefois, les progrès étaient lents, et en octobre 2013, la Russie a décidé de faire une pause dans les discussions avec l'OTAN sur la BMD. En avril 2014, l’OTAN a suspendu toute coopération pratique avec la Russie en réponse à l'annexion illégale et illégitime de la Crimée par la Russie.

     

    Grandes étapes

    OTAN

    Mai 2001

    L'OTAN lance parallèlement deux études de faisabilité portant sur un futur système de défense antimissile de théâtre (TBMD) de l’Alliance.

    Novembre 2002

    Au sommet de Prague, les dirigeants des pays de l’Alliance donnent pour instruction de lancer une étude de faisabilité sur la défense antimissile afin d’examiner les options relatives à la protection du territoire, des forces et des populations des pays de l’Alliance contre toute la gamme des menaces liées aux missiles balistiques.

    Juin 2004

    Au sommet d’Istanbul, les chefs d'État et de gouvernement des pays de l’OTAN donnent pour instruction de poursuivre sans délai les travaux liés à la TBMD.

    Avril 2006

    La défense antimissile balistique est jugée techniquement faisable dans le cadre des hypothèses et des limites de l’étude. Les résultats sont approuvés par la CDNA.

    2007

    L’actualisation de l’évaluation des développements de la menace posée par les missiles balistiques, qui avait été effectuée par l’Alliance en 2004, est achevée.

    Avril 2008

    Au sommet de Bucarest, les dirigeants des pays de l’Alliance décident que le projet d'implantation en Europe de moyens BMD des États-Unis doit être intégré dans toute architecture future de défense antimissile à l’échelle de l’OTAN. Ils demandent que soit définies, à temps pour être examinées au sommet suivant, des options pour une architecture globale de défense antimissile balistique visant à étendre la couverture au territoire de tous les pays de l’Alliance non couverts par le système des États-Unis.

    Avril 2009

    Au sommet de Strasbourg-Kehl, les Alliés constatent que l'apport futur par les États-Unis d'éléments d'architecture importants peut contribuer aux travaux que mène l'Alliance, et ils estiment qu'il faut traiter de manière priorisée les menaces liées aux missiles balistiques, en tenant compte notamment du degré d'imminence de la menace et du niveau de risque acceptable.

    Septembre 2009

    Les États-Unis annoncent leur programme d'approche adaptative phasée pour la défense antimissile en Europe (EPAA).

    Novembre 2010

    Au sommet de Lisbonne, les dirigeants des pays de l'Alliance décident de développer une capacité BMD pour mener à bien la tâche fondamentale de défense collective. Pour ce faire, ils décident d’élargir le programme TBMD existant afin de protéger non seulement les forces mais aussi les populations et le territoire des pays européens de l'OTAN. Dans ce contexte, l'EPAA et d'autres apports des pays constituent des contributions précieuses et bienvenues à l'architecture BMD de l'OTAN.

    Juin 2011

    Les ministres de la Défense approuvent le plan d'action OTAN pour la BMD.

    Septembre 2011

    La Turquie annonce sa décision d'accueillir un radar de défense antimissile des États-Unis dans le cadre de la capacité BMD de l'OTAN.

    Septembre 2011

    La Roumanie et les États-Unis signent un accord sur l'implantation d'un système Aegis Ashore des États-Unis sur le territoire roumain, dans le cadre de la capacité BMD de l'OTAN.

    Septembre 2011

    Un accord entre la Pologne et les États-Unis sur l'implantation d'un système Aegis Ashore des États-Unis sur le territoire polonais entre en vigueur.

    Septembre 2011

    Les Pays-Bas annoncent qu'ils prévoient de moderniser quatre frégates de défense aérienne en les dotant de systèmes de radars à portée étendue à titre de contribution nationale à la capacité BMD de l’OTAN.

    Octobre 2011

    L'Espagne et les États-Unis annoncent un accord sur le stationnement de navires Aegis dans le port de Rota, en Espagne, dans le cadre de la contribution des États-Unis à la capacité BMD de l'OTAN.

    Février 2012

    L'Allemagne an