Armes non létales – les dernières nouveautés dans le matériel de défense

  • 07 Nov. 2011 -
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  • Mis à jour le: 15 Nov. 2011 11:57

L’édition 2011 du salon North American Technology Demonstration (NATD) parrainée par l’OTAN qui s’est tenue à Ottawa (Canada) a été le cadre de la plus grande démonstration jamais organisée au monde d’armes non létales.

Les commandants sur le terrain sont de plus en plus nombreux à réclamer des capacités non létales dans l’arsenal des armes compactes. Ces armes causent moins de dommages aux infrastructures, aux bâtiments et à l’environnement et, bien entendu, elles épargnent les civils. Elles témoignent aussi du bon vouloir des soldats lorsqu’ils sont confrontés à la population locale dans le cadre d’opérations.

Selon Gábor Iklódy, secrétaire général adjoint pour les défis de sécurité émergents à l’OTAN, « La mise au point de capacités non létales est un élément très important de la réponse de l’OTAN, tant dans la lutte contre le terrorisme que sur les différents champs de bataille dans le cadre des opérations que l’OTAN mène actuellement et qu’elle mènera à l’avenir. Ces capacités peuvent aussi permettre à l’OTAN d’atteindre ses objectifs en épargnant des vies humaines et en évitant la destruction des biens. »

Des armes qui préservent la vie

Les fabricants en général mettent au point de nouveaux dispositifs qui répondent à ces exigences, mais certaines entreprises fabriquent déjà exclusivement des armes non létales, car elles préfèrent axer leurs efforts sur la sauvegarde des vies humaines.

Kevin Williams travaille pour l’une de ces entreprises : « Pour nous, il est très important de développer des technologies qui permettent de régler des conflits dans des situations dangereuses sans que la vie des acteurs de ces conflits soit mise en danger », dit-il.

Kevin est convaincu que les armes non létales ont leur place dans les conflits modernes. « Chaque mort crée un engrenage pernicieux. Ce type de technologie permet de d’enrayer cet engrenage, » explique-t-il. « Mais surtout, elle permet de pouvoir arrêter ou écrouer des individus qui sont susceptibles de fournir aux commandants des informations importantes sur les mouvements des insurgés ou sur les projets de certains groupes. En tuant quelqu’un on se prive de ces informations. On cherche donc à épargner des vies humaines pour plusieurs raisons et pas seulement pour des raisons morales, » dit-il.

Un moyen de dissuasion qui reste dangereux

Les entreprises du monde entier qui participent au salon NATD présentent des matériels de défense, depuis les armes de petit calibre jusqu’aux équipements militaires en passant par les engins pyrotechniques. Un exposant fait la démonstration d’un pistolet à gaz poivre, dont il est possible d’inverser rapidement les effets en appliquant de l’eau et un autre explique les avantages d’une mitraillette qui peut tirer 150 balles en plastique de 6 mm par seconde.

Kevin est au salon NATD pour présenter les dernières nouveautés de sa société en matière d’autodéfense et notamment un projectile sans fil qui est conçu pour provoquer un effet taser à distance.

Bien que cette arme ne neutralise la personne que pendant trente secondes environ, lorsque le projectile se fixe sur elle et qu’un signal électrique provoque une immobilisation, Kevin ne se fait pas d’illusions sur la nature de son produit. Après tout, on tremble en imaginant la paralysie musculaire que provoque un projectile incapacitant tiré par un lance-grenades de 40 mm à faible vitesse.

« Cela fait peur et c’est le but recherché. Cet outil se veut dissuasif. Je ne voudrais sûrement pas qu’on me tire dessus avec cette arme. Elle n’est pas sans danger. Elle est conçue pour faire mal et elle fait mal, » explique Kevin.

Certes, l’incapacité physique que provoquent les armes non létales ne doit être que temporaire, mais il ne fait aucun doute que les matériels exposés sont des armes dangereuses qui peuvent jouer un rôle important dans un conflit ou dans d’autres situations à haut risque.