SOIE-Afghanistan 2.0 : le programme d'accès à internet préparé pour l'avenir

  • 29 May. 2013 -
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  • Mis à jour le: 04 Jun. 2013 17:22

La cérémonie de lancement de la deuxième phase du programme SOIE-Afghanistan, qui fournit à des universités afghanes ainsi qu'à des institutions gouvernementales un accès internet à haut débit, a eu lieu le 29 mai. La signature d'un contrat entre Afghan Telecom et l'OTAN marque une réorientation qui verra le recours aux satellites abandonné au profit de liaisons par fibres optiques. Il s'agit là d'une solution plus durable, qui contribuera à préparer le transfert ultérieur du réseau à un mécanisme de financement relevant de l'Union européenne.

Cérémonie de signature « virtuelle »

« Cette cérémonie marque un pas important dans l'histoire, encore brève, du programme SOIE-Afghanistan », a déclaré M. Jamie Shea, secrétaire général adjoint délégué à la Division Défis de sécurité émergents de l'OTAN et modérateur de la cérémonie de signature « virtuelle » qui s'est tenue simultanément au ministère afghan de l'Enseignement supérieur, à Kaboul, et au siège de l'OTAN, à Bruxelles.

« En faisant du réseau universitaire afghan, dominé jusqu'à présent par des connexions satellite très coûteuses, un dispositif reposant principalement sur l'utilisation de la fibre optique, nous franchissons une étape majeure vers une plus grande durabilité des investissements qu'a consentis l'OTAN à ce jour », a-t-il expliqué.

À Kaboul, la cérémonie était présidée par le ministre afghan de l'Enseignement supérieur, M. Obaidullah Obaid, en présence du haut représentant civil en Afghanistan, M. Maurits R. Jochems, qui représentait l'OTAN. Exprimant ses remerciements pour le soutien apporté par le programme SOIE au développement de l'infrastructure informatique des établissements d'enseignement afghans, le ministre a souligné que ce projet contribuerait non seulement au système éducatif, mais également au développement économique et social de son pays.

Les propos de M. Obaid ont été reflétés à Bruxelles dans l'intervention de l'ambassadeur d'Afghanistan en Belgique, M. Homayoun Tandar, qui a déclaré que le programme SOIE illustrait les avancées réalisées dans son pays au cours des dix dernières années, mais qu'il était aussi porteur d'espoir pour l'avenir. « Aujourd'hui, plus de deux millions d'Afghans ont accès à internet et plus de 500 000 d'entre eux utilisent Facebook », a-t-il ajouté.

Témoignant de la communauté virtuelle que le programme a contribué à créer, neuf universités du pays ont pu suivre la cérémonie en ligne grâce à leurs moyens de visioconférence.

Si la cérémonie était « virtuelle », les documents, eux, étaient bien réels. Ils ont été signés à Kaboul par le PDG d'Afghan Telecom (AFTEL), M. Gul Ahmad Rastman, et à Bruxelles, au nom de l'OTAN, par le contrôleur des finances, M. Stéphane Chagnot, et le chef du Service Achats, M. Javier Carrasco Pena. La signature du contrat a été formellement attestée par le ministre afghan de l'Enseignement supérieur et par le vice-ministre des Télécommunications et des Technologies de l'information, M. Baryalai Hassam.

Le haut débit pour l’Afghanistan

Le programme SOIE-Afghanistan – baptisé en référence à la Route de la soie, qui reliait jadis l'Asie et l'Europe – est financé principalement par le programme OTAN pour la science au service de la paix et de la sécurité (SPS) et par le Département d'État des États-Unis, avec un apport complémentaire de la Commission européenne. Le gouvernement afghan prend en charge le coût des transferts de données nationaux et les investissements pour le câblage en fibre optique reliant les points d'accès d'AFTEL, dans les villes, aux serveurs des universités.

Lancé en 2006, le programme a été étendu aux provinces et fournit actuellement des connexions internet à haut débit à 18 universités du pays, ainsi qu'à certaines institutions gouvernementales à Kaboul. Quatre universités supplémentaires devraient être raccordées au réseau cet été. Outre la connectivité, le programme permet de financer la mise en place d'infrastructures informatiques et la formation de personnel spécialisé dans les universités afghanes.

Le contrat signé avec Afghan Telecom, pour un montant de 750 000 euros, permettra de fournir une liaison par fibres optiques à quatre sites de la capitale afghane, Kaboul, et à 13 sites implantés dans les provinces. Cinq autres sites continueront d'utiliser la solution plus coûteuse qui fait appel aux liaisons satellite, bien que deux d'entre eux prévoient d'adopter la fibre optique d'ici à 2014/2015.

En plus d'assurer un accès internet à meilleur coût et plus viable, le passage du satellite à la fibre optique est également l'une des conditions à remplir pour que le financement du réseau puisse être assuré à l'avenir dans le cadre d'un mécanisme géré par l'Union européenne.

Par ailleurs, l'OTAN travaille actuellement avec le ministère afghan de l'Enseignement supérieur à la mise en place d'une association consacrée au développement d'un réseau national de recherche et d'enseignement, qui sera connu sous le nom d'AfgREN. L'existence d'une telle association est une autre condition à remplir pour le passage, à terme, à un financement par l'UE.