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Aller-retour pour Sarajevo

Sgt. Peter Fitzgerald
Premire publication dans le
Journal de la SFOR#129, le 26 dcembre, 2001

La 1Cl américaine Aleksandra Vukosavljevic est née et a grandi à Sarajevo, avant que la guerre ne la sépare de ses parents pendant deux ans. La famille, une fois réunie, a immigré aux Etats-Unis et a pris la nationalité américaine. Aujourd’hui, Aleksandra est de retour, mais cette fois comme soldat de la SFOR.

Sarajevo – Aleksandra revoit enfin sa ville, comme échappée d’un souvenir d’enfance, d’une enfance interrompue par la guerre. Elle flane le long des rues de Sarajevo, confrontant sa mémoire au présent. Pour elle, le passé est toujours là, flottant quelque part dans les airs.
“Je n’arrive pas à y croire, c’est comme dans un rêve,” s’exclame-t-elle.
Sarajevo
La petite fille qui quittait Sarajevo à l’âge de douze ans est aujourd’hui la 1Cl Aleksandra Vukosavljevic, de retour depuis septembre dernier en tant que soldat américain de la SFOR. A 23 ans elle a enfin la chance de revisiter sa ville abandonnée dix ans plus tôt.
Même plusieurs années après la guerre, Sarajevo mêle tristesse et beauté, confronte sans cesse la mémoire au présent. Ici comme partout ailleurs dans le pays; la vie tente de retrouver sa place au milieu des ruines. Il est douloureux pour Aleksandra de superposer des images d’enfance au spectacle de destruction qui s’offre à elle aujourd’hui.
“C’est difficile de regarder cette ville en face, reconnaît Aleksandra, c’est là que j’ai grandi, que je jouais avec mes amis.”
Née en 1978, Aleksandra a passé une grande partie de son enfance dans la banlieue de la capitale de Bosnie-Herzégovine, au sein de ce qui était alors la République socialiste fédérale de Yougoslavie. Elle habitait à quelques pas de son école. Elle se souvient des Jeux olympiques de 1984, lorsque Sarajevo était encore aux yeux du monde symbole de cosmopolitisme et de tolérance. Son propre sang témoigne de la diversité des cultures. De père orthodoxe et de mère catholique, Aleksandra a été élevée suivant les deux confessions.
La liberté religieuse qui faisait la fierté des Yougoslaves est vite devenu un instrument de confrontation pendant la guerre. L’idéal cosmopolite symbolisé par Sarajevo fut trahi, et les religions se résumèrent souvent à des identités ethniques. Prévoyant la catastrophe, les parents d’Aleksandra décidèrent alors de l’envoyer, elle et son frère, chez leur grand-mère à Belgrade. Les enfants pensaient partir pour quelques mois. Ils ignoraient alors qu’ils ne reverraient leurs parents que deux ans plus tard.
Belgrade
“C’était comme partir en vacances, sauf que nous ne sommes jamais revenus.”
A Belgrade, Aleksandra et son frère vécurent avec leur grand-mère paternelle, malheureusement trop âgée pour bien s’occuper d’eux. Les enfants furent quelque peu laissés à eux-mêmes. “C’était dur de grandir sans parents, on n’avait rien. On était des réfugiés, alors on acceptait tout ce qui nous tombait entre les mains.”
Les deux enfants se souviennent avoir travaillé dur à l’école pour faire la fierté de leurs parents. Mais alors que les mois passaient, le sentiment d’abandon et la peur se faisaient plus présents. Les lettres de leurs parents arrivaient toujours avec plusieurs mois de retard, laissant présager le pire. “On ne savait rien de ce qui se passait, se remémore Aleksandra. Nous ne savions rien de nos parents et je m’en voulais de les avoir abandonnés.”
Après deux ans, les parents d’Aleksandra réussirent à rejoindre Belgrade. La première fois, elle ne les reconnut pas. Les privations et le stress avaient rendu sa mère méconnaissable. Aleksandra dut réapprendre à les appeller “Maman” et “Papa”. “J’avais oublié ce que celà signifiait pour moi, je refusais de les appeler comme ça, j’étais très en colère contre eux. J’ai mis du temps à comprendre qu’ils avaient agi pour notre bien.”
Aleksandra et son frères étaient devenus des adolescents aux yeux de leurs parents. La séparation et la vie à Belgrade restent pour la jeune Américaine les années les plus noires de sa vie. “Je suis restée bloquée là, dit elle. Peu importait l’avenir, je voulais juste partir.”
A suivre

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